La révolte des élites s’intensifie

Quand le fossé entre les « élites » et le peuple se creuse…

Par Serge Federbusch.

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« Paris veut les jeux » proclame une affiche incongrue sur les panneaux censés vanter l’action municipale dans les rues de la capitale. La cocasse affaire de la candidature aux jeux olympiques est en réalité symptomatique du refus des prétendues élites qui nous gouvernent de tenir compte des sentiments et idées du peuple autrement que lorsqu’il se révolte durement. N’en déplaise à quelques sondages commandés par les promoteurs de cette opération, il suffit de surfer sur les articles consacrés à ce nouveau subterfuge et de lire les commentaires des internautes pour y découvrir un rejet massif et catégorique de cette dilapidation d’argent public, toutes opinions politiques des lecteurs confondues. Mais tout se passe comme si la volonté populaire était délibérément écartée du processus de prise de décision sur ce sujet comme sur les autres. Les « décideurs » ayant besoin de paravents à leur tétanie sur les enjeux importants, s’accrochent à de pseudo objectifs mobilisateurs en invoquant un consensus imaginaire.

C’est le déni de réalité au pouvoir, c’est même le pouvoir réduit à la capacité de nier la réalité. Pas étonnant, dans ces conditions, d’entendre François Hollande s’autoproclamer chef audacieux ! La machinerie bureaucratique fonctionne en autonomie quasi-complète. Il faut que rien ne change pour qu’elle survive. L’irréel et l’artificiel sont aux commandes. En dernier ressort, on imprime la monnaie de singe qui permet à cette « Ponzi society » de continuer à fonctionner. Comme au temps de Shakespeare, notre odorat suffit pourtant à sentir qu’il y a quelque chose de pourri en ce royaume d’Europe.

La tragi-comédie grecque, qui a connu un bref entracte cette semaine, en est une autre illustration. Le MESF prête à la Grèce l’argent pour rembourser la BCE qui achète la dette des États membres qui prêtent au MESF l’argent qu’il prête à la Grèce, etc., etc. Le serpent européen se mord la queue sur les marches de l’Acropole. La dette grossit sans frein mais on a temporairement différé, une fois de plus, la publication de l’acte de décès d’une union monétaire non viable. Le fossé entre élites et masses se creuse. Ceux qui le disent se font aussitôt taxer de populisme, injure politique aussi commode qu’elle est insignifiante. Là aussi le système, qui a atteint un point de conservatisme extrême, ne tient plus que sur l’apparence, la manipulation.


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