Canada : les bananes de Saint-Jérôme en péril

Remplacez les bananes par le pétrole et, tout à coup, l’exercice paraît moins saugrenu pour certains.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
bananes credits Ram Reddy (licence creative commons)

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Canada : les bananes de Saint-Jérôme en péril

Publié le 21 juillet 2015
- A +

Par Youri Chassin, depuis le Québec.

bananes credits Ram Reddy (licence creative commons)
bananes credits Ram Reddy (licence creative commons)

Ce titre loufoque serait ma suggestion à un site satirique comme Le Navet, The Onion ou La Pravda pour un faux article qui irait un peu comme suit :

« Hier, l’administration Coderre a annoncé son intention de taxer lourdement les bananes livrées par bateau au Port de Montréal, mais qui ne sont pas dévorées par des Montréalais. Cette taxe n’est que justice, selon le maire : « La livraison de bananes vers Saint-Jérôme entraîne une hausse de l’achalandage dans le Port de Montréal, ainsi qu’un cortège sans fin de camions de livraisons qui empruntent nos rues et nos boulevards. Il pourrait y avoir un déversement de bananes à tout moment sur l’île alors que Montréal ne profite pas des retombées économiques ou nutritives de ces bananes », explique le pétillant élu. Opinant vigoureusement du bonnet lors de cette annonce majeure, les maires de Laval et de Sainte-Thérèse étaient venus appuyer la démarche de la métropole en songeant à l’imiter. »

Un lecteur saurait tout de suite qu’il s’agit d’une satire, qu’une telle nouvelle est si invraisemblable qu’elle ne risque pas de se produire. À moins que… Remplacez les bananes par le pétrole et, tout à coup, l’exercice paraît moins saugrenu puisqu’on reconnaît le discours des Premiers ministres du Québec et de l’Ontario au Conseil de la fédération.

Après tout, pourquoi le Québec verrait-il d’un bon œil un pipeline sur son territoire s’il n’y a pas d’emplois associés à son opération, si les retombées ne sont pas au rendez-vous, si ce pétrole est en partie dirigé vers les exportations ? Le problème de ce raisonnement apparaît évident lorsqu’on pousse la logique jusqu’au ridicule, comme dans la satire ci-haut. Si chaque ville et village cherchaient son intérêt dans tout ce qui transite par son territoire, le commerce et l’économie en souffriraient !

Qu’une chose soit claire : avoir des réserves sur les projets de pipelines se défend très bien. On peut exiger des contrôles, des procédures d’urgence, des garanties. Le gouvernement est légitime d’exiger que l’exploitation d’une infrastructure comme un pipeline respecte une réglementation sévère. Par contre, on ne peut penser que tout ce qui se fait au Québec doit toujours n’être qu’exclusivement pour nous et nous seuls. Il faut permettre que des bateaux empruntent la voie maritime du Saint-Laurent, que des trains et des camions se rendent de l’Ontario vers les provinces maritimes, et vice-versa.

Tenter d’arrêter le commerce qui transite par le Québec équivaut à une demande de rançon : donnez-nous des retombées économiques sinon… pas de projets ! Le problème, c’est que demain, qui se permettra de jouer les brigands de grands chemins à nos dépens ?

Sur le web

Voir les commentaires (2)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (2)
  • On peut tenir le même discours à propos de l’espace aérien, j’imagine les provinces essayer de bloquer l’espace aérien sous prétexte que les vols font courir trop de risque et ne rapporte pas à la province.

  • L’Ukraine n’aaucun problème à appliquer cette politique aux gazoducs qui trasitent sur son territoire

  • Les commentaires sont fermés.

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Cet article analyse les composantes du prix de l’électricité, et son évolution depuis le début de la crise énergétique en 2021. De cette analyse découlent les conclusions suivantes : 

Il existe dès à présent une marge de diminution de 15 à 20 % du prix de l’électricité en France pour les particuliers et les TPE, sans grever les finances publiques par une diminution de la TVA à 5,5 %. EDF et plusieurs fournisseurs proposent dès à présent des offres marché 15 à 20 % en dessous du tarif régulé. Le Tarif Régulé de Vente de l’Électricité (T... Poursuivre la lecture

Nous sommes en été : les panneaux photovoltaïques démarrent tôt le matin, culminent vers 14 heures, et s’éteignent vers 22 heures… On pourrait penser que ça tombe bien, puisque la pointe de consommation est l’après-midi, en partie à cause des climatisations…

 

Oui, mais il y a plusieurs problèmes : regardons la journée ensoleillée du 28 juin sur les diagrammes de RTE (eCO2mix)

- Avec nos 19 GW, c’est déjà trop : la puissance solaire croît plus vite que la montée de la consommation.

- C’est la même chos... Poursuivre la lecture

Pourquoi ?

Parce que, d’une part, l’essentiel de l’effondrement du pouvoir d’achat de l’économie française – celui des particuliers n’en étant que le volet aggravant – découle directement du tarissement délibéré de ce gisement et, d’autre part, parce qu’aucune dynamique physique ou biologique ne peut s’imaginer sans consommation d’énergie dans un univers vierge de toute civilisation, a fortiori dans un univers en réalité constamment améliorée voire réinventée par cette dernière. On ne doit pas perdre de vue que le poste de dépenses le plus él... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles