Laissez-nous faire !, d’Alexandre Jardin

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Laissez-nous faire !, d’Alexandre Jardin

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 20 juillet 2015
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Par Francis Richard

laissez-nous-faire- alexandre jardin
Couverture Alexandre Jardin, Laissez-nous faire !

Alexandre Jardin, sans que je l’aie jamais lu, est de réputation, un écrivain « fleur bleue », « rêveur et accaparé par des trouvailles sentimentales », ce qu’il confirme dès les premières pages de son livre. Il reconnaît plus loin qu’il est « un écrivain ivre de mots légers », ce qui n’est pas, pour le coup, pour me déplaire, et m’inciterait plutôt à lire ses autres livres…

Le titre de ce dernier ouvrage donne envie de le lire parce que « laissez-nous faire » est la maxime attribuée à l’économiste Vincent de Gournay (1712-1759), partisan de la liberté de commercer, de produire et de travailler. Un titre réjouissant donc. Qui va à l’encontre de la mentalité mainstream d’aujourd’hui en France.

Alexandre Jardin confie que, sous le masque du romancier qu’il est, se cache un autre lui-même, lequel, depuis longtemps, veut « prendre soin de la France », depuis ses quinze ans précisément, âge auquel il écrit une lettre dans ce sens à son père, Pascal Jardin, peu de temps avant que celui-ci ne soit emporté par le crabe.

Si les souvenirs personnels, qui émaillent le livre, expliquent l’engagement, différé par la peur, d’Alexandre Jardin et sont donc utiles pour comprendre d’où lui viennent toutes ses idées pour réparer la France, ce sont toutefois les actions concrètes, dans la droite ligne de ces idées, menées ou initiées par lui, qui revêtent de l’intérêt et lui permettent de dire qu’« on a déjà commencé ».

Ernest Renan avait dit à Paul Déroulède : « jeune homme, la France se meurt : ne troublez pas son agonie. » Cela fait donc bien longtemps que l’on parle du déclin de la France, avant même, peut-être, qu’il n’ait vraiment commencé. Ce n’est en tout cas pas une phrase qu’Alexandre Jardin aurait supporté d’entendre et qu’il n’évoque d’ailleurs pas, s’il la connaît.

Car, de toute façon, Alexandre Jardin est de ceux qui, comme ses modèles, Winston Churchill ou Charles de Gaulle, ne sont pas du genre à se résigner à la fatalité et qui veulent transmettre aux autres leur joie de citoyen. Comment ? En agissant, plutôt qu’en disant. En faisant avec ceux qu’il appelle « les Faizeux », ou « les Zèbres », qu’il oppose aux « Diseux », qui disent mais ne font pas.

Si la France décline, c’est bien parce que les Français ont accepté de se laisser diriger, élection après élection, par ceux qu’Alexandre Jardin appelle des mini-Colbert : « nous avons tous lâchement obéi à des bureaucrates hors-sol, à des conseils-d’étateux fâchés avec le sens commun, à des médiocrités convaincues que chaque problème est soluble dans une solution technocratique. »

Résultat : les étatismes de droite comme de gauche des partis dits « de gouvernement », par leur impéritie, leurs promesses non tenues, leurs dires non suivis d’actions, sont en train de faire le lit d’un hyper-étatisme autrement redoutable, et autrement menaçant, celui prôné par le FN de Marine Le Pen :

« Par cet étatisme décomplexé, le Front National est encore pire que la droite, le centre et la gauche réunis ! D’ailleurs c’est bien comme cela qu’il gagne du terrain : en rameutant la vieille nostalgie de l’État-recours, alors que c’est précisément notre étatisme prodigieusement inefficace et coûteux qui empêche la France des Faizeux de régler nos difficultés. »

Il suffit de faire un tour sur le site bleublanczebre.fr pour se rendre compte de tout ce que ces Faizeux font déjà, dont l’auteur donne de nombreux exemples impressionnants, avec pourtant peu de moyens, pour combattre l’illettrisme, éduquer des jeunes, permettre de trouver ou de retrouver un emploi, mettre des livres à portée de défavorisés, transporter des personnes à mobilité réduite, donner accès à un logement décent à ceux qui n’en ont pas etc. Leurs solutions, rassemblées en bouquets, fonctionnent… parce qu’elles sortent du cadre.

Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues : « ces Faizeux sont d’une gauche sincère, d’une droite de conviction, du centre souriant, verts ou parfaitement dégoûtés de la vie partisane.» Mieux, ces Faizeux de tout poil se parlent et s’écoutent : « les Faizeux réunis peuvent être des entreprises portées par des actionnaires privés, des associations, des maires créatifs, des acteurs de l’économie sociale et solidaire ou collaborative. »

En 2017, année d’élection présidentielle, les Zèbres comptent bien peser de tout leur poids, acquis par leurs réalisations concrètes, pour obliger les partis discrédités à conclure des contrats de mission avec eux qui représentent la société civile dans l’éclat joyeux de ses réussites. Ils demanderont « non des facilités, mais des difficultés à résoudre », agiront indépendamment « d’une administration empesée » et refuseront toute tutelle des mini-Colbert. Sinon, ils iront eux-mêmes à la bataille…

Les Zèbres sont des bons vivants : « ils vont déshabituer ce vieux pays à faire de la politique sans bonheur, inciter les gens par leur propre exemple à se convertir à leurs désirs, à chevaucher ardemment leur culot ».  À leur instar, Alexandre Jardin exhorte ceux qui le lisent à passer à l’acte : « laissez jaillir de votre cœur la joie d’agir soi-même, localement, quand les élites font à ce point défaut ! Renoncez à l’inaction mortifère, à l’incantation sans portée et à l’indignation stérile. »

Alexandre Jardin, Laissez-nous faire – On a déjà commencéRobert Laffont, 2015, 216 pages.


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  • Si je ne dis pas de bétises, Alexandre Jardin était a l’origine (ou participait activement) de 100.000 entrepreneurs, l’association qui faisait intervenir des entrepreneurs dans les écoles pour expliquer ce que c’était de créer et d’avoir son entreprise. Superbe initiative déjà.

    Il rassemble ici avec les Zebres, tous les faiseux lié au social. Et c’est tout simplement génial.

    Il part du principe, et cela c’est dur dans nos esprits, que la politique ne pourra jamais rien faire pour libérer les talents, que ce n’est pas son role (ca d’accord), et que du coup, c’est a chacun de prendre sa vie en main, et de faire des choses. Et bien je dis bravo, car meme si il est très « fleur bleu », ca fait du bien, face a ce pessimisme ambiant qui recherche continuellement le responsable des maux qu’il créé lui-meme.
    Ca fait du bien, et il faudrait qu’ils soient plus nombreux dans les médias a faire ainsi, au lieu de perpetuellement jouer sur les peurs, a nous raconter les pseudos début de commencement de tentative d’attentat, ou que les méchants immigrés volent le travail des supers travailleurs que sont les francais,… Il y a un moment ou il faut assumer ce que l’on est, et prendre sa vie en main, au lieu d’attendre de l’Etat, dont tout le monde dit qu’il est trop présent, mais veulent a tout prix qu’il leur dise ou, quand et comment pisser.

  • …l »idée est bonne MAIS !!! la premiére des choses est d »amalgamer au maxi le peuple

  • Le problème avec les causeux, c’est qu’ils verrouillent l’énergie, et ils sont nombreux !
    Le faiseux est beaucoup plus pragmatique,
    Il est dans l’action ce qui l’amène à la responsabilité.
    Enfin un peu d’air …

  • Sacré Alexandre toujours aussi jubilatoire et PRAGMATIQUE
    Les solutions viendront des gens PAS des politiques

    • 100% d’accord ! Je cherchais récemment, dans ces colonnes, des têtes d’affiches opérationnelles pour créer un vrai parti dépolitisé, uniquement voué à ce que la maison France fonctionne, ainsi que ses habitants. Alexandre et sa bande me paraissent tout indiqués !

  • J’aime beaucoup Alexandre Jardin pour son esprit léger et poétique, qui devrait être remboursé par la sécu, tellement ça fait du bien. Je l’aime encore plus pour « des gens très bien », livre avec lequel il dépouille ce qui le gêne aux entournures, pour balayer là où ça doit l’être, même si ça lui fait mal. J’aime aussi ses initiatives dont pas une n’est à jeter. Alexandre Jardin est l’un des humains qui fait que beaucoup d’autres se réconcilient avec la nature humaine, rien que parce que lui, existe.

  • cette histoire , que l’on dit réelle , se passe sous Louis 14 :

    Celui-ci se déplace à Saint Malo pour proposer de l’aide aux marchands de la ville , victimes du blocus et des guerres avec les Anglais …
    Messieurs , dit le Roi , que puis-je faire pour vous ?
    Surtout , répondent les marchands ne faites rien ( sous entendu , votre aide serait contre productive , nous savons ce que nous avons à faire )…

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