Il est temps d’abréger les souffrances des Grecs

Alexis Tsipras - Crédit caricature : DonkeyHotey via Flickr (CC BY-SA 2.0

Quel avenir pour la Grèce dans la zone euro ?

Par Nathalie Janson.
Un article de Trop Libre

Alexis Tsipras - Crédit caricature : DonkeyHotey via Flickr (CC BY-SA 2.0
Alexis Tsipras – Crédit caricature : DonkeyHotey via Flickr (CC BY-SA 2.0

Décidément les week-ends sont fatals aux Grecs. Après la rupture des négociations par Tsipras et l’annonce du référendum le 26 juin, voilà le durcissement inattendu des négociations par l’Allemagne appuyé notamment par la Finlande ce samedi 11 juillet qui fait tourner court l’Eurogroupe. Malheureusement pendant ce temps la Grèce est dans une situation économique chaque jour plus précaire en l’absence de visibilité sur son avenir au sein de la zone euro.

Pourquoi ce regain de tension si près du but ?

crise grecque rené le honzecPourtant vendredi la réunion de l’Eurogroupe prévue samedi s’annonçait sous les meilleurs auspices Les nouvelles propositions grecques avaient reçu un accueil favorable de la Troïka et avaient été approuvées par le parlement grec alors qu’elles semblaient contredire le « non » issu du référendum le dimanche 5 juillet. Ce vent d’optimisme sous-estimait la question fondamentale de la crédibilité de la mise en œuvre des propositions grecques. En effet, sur le papier, les propositions vont dans le sens des créanciers en particulier l’augmentation de la TVA, la réforme de l’administration fiscale, le durcissement du régime de retraite et le programme de privatisation. L’équation que doit résoudre Alexis Tsipras est simple. Il doit obtenir des excédents budgétaires primaires afin de pouvoir faire face à ses échéances. Les moyens pour y parvenir sont classiques : il doit augmenter les recettes et réduire les dépenses et c’est bien l’objectif de ces propositions. Cependant il est bien spécifié que le niveau des excédents budgétaires primaires est conditionnel à la croissance économique grecque. Rien de tel pour alarmer de nouveaux les plus sceptiques comme l’Allemagne et la Finlande ! En effet, comment croire un gouvernement d’extrême gauche populiste qui vient d’obtenir un « non » à un référendum justement sur la question du renforcement de l’austérité, qu’il va soudainement mettre en place une telle politique jugée excessive ?

Un doute plus que raisonnable

En réalité nous en revenons inlassablement à la même question et les Allemands et les Finnois ont raison de la remettre au premier plan, la réponse à cette question est essentielle. La Grèce peut-elle se maintenir durablement dans la zone euro compte tenu de la discordance de son modèle économique par rapport au reste des pays de la zone euro ? Les Allemands comme les Finnois n’oublient pas les principes économiques qui sous-tendent l’union monétaire. Afin qu’une union monétaire fonctionne, il faut une convergence économique des pays membres. Or le modèle économique grec reste distant. C’est un pays où la confiance institutionnelle est faible, où l’État clientéliste distribue des privilèges et où les petits arrangements prévalent sur l’État de droit. Changer un tel modèle ne se fait pas du jour au lendemain et demande une réelle adhésion à la fois du peuple et de sa classe dirigeante. Quand on connaît les origines politiques de Tsipras, il est difficile de se convaincre qu’il est l’homme de la situation. Le pire dans cette histoire est que les Allemands sont considérés comme les « méchants ». On pourrait plutôt leur reprocher de ne pas avoir été plus pugnaces depuis le début et d’avoir contribué à fragiliser la situation de la Grèce en prolongeant l’agonie. Le résultat des urnes du mois de janvier avec la victoire d’Alexis Tsipras signifiait la fin de la Grèce dans la zone euro. Élire Tsipras c’est vouloir maintenir les spécificités de l’économie grecque. C’est donc un divorce clair avec le reste de la zone Euro. Il n’existe pas de troisième voie possible. Ou le pays se normalise et reste dans l’euro ou bien il préfère son mode de développement et il en sort. Ce constat n’est pas un jugement de valeur sur les options possibles, c’est un principe de réalité économique.

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