Grèce : le calice de l’euro, jusqu’à la lie

Le Grexit a été évité au prix fort pour la Grèce : Alexis Tsipras a cédé sur absolument toute la ligne.

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Grèce : le calice de l’euro, jusqu’à la lie

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 15 juillet 2015
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Par Stéphane Montabert

Alexis Tsipras, Syriza - Joanna (CC BY 2.0)
Alexis Tsipras, Syriza – Crédit photo : Joanna via Flickr (CC BY 2.0)

 

Nouveau week-end, nouveau sommet de la dernière chance ; après dix-sept heures de négociations marathon, lundi au petit matin, au cours d’une énième concertation, Alexis Tsipras et Angela Merkel se retrouvent avec François Hollande et Donald Tusk dans le bureau du président du Conseil européen. Donald Tusk intervient : « personne ne quitte cette pièce ». Les bourses européennes vont bientôt ouvrir. Un départ signifierait un Grexit. Après avoir échangé des regards lourds de sens, les acteurs du drame – Angela Merkel, François Hollande, Alexis Tsipras, Donald Tusk puis Christine Lagarde – s’attellent une fois de plus alors à dresser les contours de quelque chose qui puisse être présenté au monde comme un succès.

Alexis Tsipras cède. Ainsi naît le troisième « plan d’aide » de la zone euro à la Grèce, qui ressemble à s’y méprendre à un collier d’esclave.

Daladier contre la Troïka

Les Grecs sont atterrés de la trahison d’Alexis Tsipras. L’homme avait invoqué un référendum contre la rigueur de la Troïka. Il se retrouve moins de deux semaines plus tard à accepter des conditions faisant passer le plan précédent pour une aimable plaisanterie.

En répondant à l’appel de la démocratie et en soutenant à 61% le Non prôné par un Premier ministre apparemment combatif et prêt à les défendre, les Grecs furent victime d’une terrible méprise. Aujourd’hui il paraît clair qu’Alexis Tsipras n’avait pas l’intention de mener le référendum à son terme et encore moins d’en respecter la conclusion. L’appel au peuple n’était rien d’autre qu’une démonstration de force destinée à impressionner les créanciers de la Grèce, certainement pas une arme dans une guerre que le Premier ministre n’avait nullement l’intention de déclencher.

Toute la stratégie du gouvernement grec tenait en trois points : effrayer l’Europe et la planète financière face aux perspectives d’un Grexit ; montrer son intransigeance en affirmant que tous les efforts possibles avaient déjà été faits ; et combiner les deux phénomènes pour contraindre les créanciers du pays à renoncer à une bonne partie de leurs espérances sans faire plus de concessions.

Les négociateurs du reste de l’Europe se retrouvèrent en position de force par hasard, simplement pour avoir pris leur adversaire au sérieux. Interloqués par l’intransigeance mêlée de bravade de Tsipras et de son ministre Varoufakis, ils se résignèrent finalement à entrer en terre inconnue en évoquant la mise en quarantaine de la Grèce en zone euro. Cette bouffée de realpolitik eut pour effet de mettre le gouvernement grec au pied du mur, face à ses contradictions. Alexis Tsipras ne voulant pas passer à la postérité pour celui qui aurait fait sortir la Grèce de la zone euro, son bluff s’effondra alors totalement.

Le résultat est désormais connu : le Premier ministre grec – dont la carrière politique vient de se pulvériser en vol – a cédé sur absolument toute la ligne.

La Grèce face à ses nouveaux maîtres

Qu’a obtenu la Grèce en échange de sa capitulation sans condition ? Pas grand-chose, malheureusement. Au niveau des concessions, on compte :

  • une hausse de la TVA de 10 points, de 13 à 23%, sur la nourriture ou l’énergie, et l’abandon progressif d’une TVA avantageuse pour les îles ;
  • une nouvelle réforme supprimant les retraites anticipées et portant en quelques années l’âge de la retraite à 67 ans ;
  • des coupes « automatiques » dans les dépenses publiques en cas de déviation de la nouvelle trajectoire budgétaire, et une indépendance accrue des instituts de statistique pour s’assurer de disposer de chiffres authentiques ;
  • la constitution d’un fonds de 50 milliards d’euros de biens de l’État grec, fournis comme garantie à la Troïka et dont les revenus de privatisation serviront essentiellement à renflouer les banques et payer le service de la dette.

En échange de quoi la Grèce reçoit les bénéfices suivants :

  • un maintien dans la zone euro ;
  • un troisième plan d’aide de 82 à 86 milliards de financement, livrés à Athènes d’ici fin 2018 ;
  • l’évocation d’une possible réforme, indéfinie à cette heure, de la dette du pays.

Écrivons-le noir sur blanc : hormis un soutien à court terme de ses banques acquis au prix fort, la Grèce n’a rien obtenu. Le troisième plan d’aide généreusement accordé aggravera encore l’endettement du pays, l’amenant au-delà des 200% du PIB. Aucune mesure concrète n’est annoncée pour la renégociation des 320 milliards d’euros de dette actuelle ; des sources du FMI (toujours partie de l’équation malgré la volonté grecque de l’évincer) font état d’un possible allègement des taux d’intérêt ou d’un allongement de la durée… Mais pas question de toucher au principal.

Cerise sur le gâteau, ce chapitre pourtant fondamental pour Syriza ne sera abordé que lorsque la Grèce aura atteint l’ensemble des autres objectifs. L’expression « calendes grecques » prend tout son sens.

Le point le plus crucial tient évidemment au nouveau fonds de privatisation doté de 50 milliards d’actifs de l’État grec. Histoire de bien faire comprendre qui serait aux commandes il était d’abord question de l’établir au Luxembourg avant que la Troïka ne fasse la modeste concession de le laisser siéger à Athènes – « mais sous la supervision des institutions européennes », précise Angela Merkel.

Que contiendra ce fonds ? Tout ce qui est vendable, sur le modèle de ce qui se fit pour la RDA à l’époque de la réunification. Et il faudra faire preuve d’imagination : ports, aéroports, îles, immeubles, casernes, sociétés publiques, mais aussi marchés publics et droits d’exploitation comme des péages… Il faudra liquider encore et encore jusqu’à parvenir à amasser 50 milliards d’euros. La somme est colossale, elle représente un quart du PIB du pays. Au prix où sont valorisés les actifs locaux en ce moment, l’État deviendra probablement locataire de ses propres murs.

La Grèce restera dans l’euro en lui sacrifiant à peu près tout. Face à une misère à venir encore pire que ce qu’ils endurent depuis des années, bien des Grecs se demanderont si le jeu en valait la chandelle.

Les prochaines étapes

Grèce  le calice jusqu'à l'euroCette semaine verra l’adoption du train de mesure par tous les pays d’Europe, à marche forcée.

L’adhésion du parlement grec est acquise. Le parti Syriza est promis à l’éclatement entre les « pragmatiques » qui suivront leur leader et les « idéalistes » pour qui le diktat ramené de Bruxelles incarne à peu près tout ce contre quoi le parti s’est battu depuis qu’il existe. Mais l’effondrement de Syriza ne fera pas tomber tout de suite le gouvernement ; il y a probablement encore trop d’europhiles dans l’assemblée grecque (même si leur enthousiasme s’est passablement refroidi) pour que le texte échoue à passer la rampe. Et aucun homme politique grec n’a vraiment envie de remplacer Alexis Tsipras en ces heures !

Ailleurs en Europe, malgré des protestations pour la forme, le deal sera lui aussi accepté. Mme Merkel a donné ses instructions au Bundestag. On imagine mal la classe politique de petits pays comme l’Autriche ou la Finlande oser contrevenir aux décisions prises ce week-end par la grande Allemagne, même si certains élus doivent en avaler leur programme électoral.

Les bourses monteront, l’argent sera débloqué, le FMI remboursé et les échéances de la dette grecque respectée : comme d’habitude, la Troïka aura trouvé des fonds pour se rembourser elle-même.

À court terme, cependant, le destin du gouvernement Tsipras semble scellé. Les cicatrices sont trop vives pour que l’assise parlementaire dont il dispose tienne jusqu’à la fin de son mandat. La coalition volera en éclats lorsque les élus grecs devront s’attaquer aux détails du plan. Qui obtiendra le pouvoir alors ? Aube Dorée ? Un nouveau parti anti-euro qui reste à inventer ? Des militaires par un coup d’État ?

En Grèce, l’histoire reste à écrire. Ailleurs en Europe, les partisans du Brexit se sentent pousser des ailes…

Destin d’esclave

La social-démocratie à la sauce grecque est morte cette semaine. Les « coupes automatiques » dans les budgets garantiront l’éviction de quasiment tous les fonctionnaires et la fin de la plupart des mécanismes redistributifs. La vente de tous les actifs grecs forcera le recentrage de l’État sur ses seules fonctions régaliennes (qu’il aura le plus grand mal à assumer) et la drachme pourrait être réintroduite de toute façon. La crise humanitaire sera massive. Les comptes bancaires du pays seront probablement tronqués « façon Chypre ».

Tout ceci aurait pu arriver à travers une cessation de paiement qui aurait au moins mis le pays au clair face au fardeau de sa dette ; mais ici, au contraire, l’Europe en remet une couche. L’État grec est quasiment démantelé mais la Grèce n’obtient aucun allègement. Elle continuera à perpétuité de traîner son insoutenable dette, comme le boulet du condamné. Les Grecs qui le peuvent cherchent à quitter le pays ; les autres subiront les prochaines vagues d’austérité de plein fouet.

Pour ceux qui y ont jamais cru, l’idéal d’un continent rebâti sur un modèle d’équité et de démocratie semble très loin. L’endettement croisé et l’idéologie de la monnaie unique auront dissipé les dernières illusions. La démocratie est un mot vide de sens. Les référendums sont ignorés. Les traités sont bafoués. Les institutions indépendantes ne le sont pas. Les décisions se prennent sur un coup de dé au petit matin. L’euro justifie tous les moyens. Les parlements nationaux ne servent qu’à ratifier les instructions venues du sommet. L’Allemagne décide.

Et l’Europe vient de réduire officiellement un de ses peuples en esclavage.


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  • Quand on vote pour un parti marxiste, il faut accepter une économie marxiste à la sauce cubaine !
    Le leader s’est dégonflé, mais le résultat est le même. Une grande gueule ne sert à rien si on a pas les moyens de sa politique ! Avis aux adorateurs des extrémistes !

  • « Et l’Europe vient de réduire officiellement un de ses peuples en esclavage.

    Vous faites plus de cas d’un soi-disant esclavage que du respect d’un contrat et de l’expropriation des prêteurs. 2P2M.

    • Le respect du contrat n’est pas la raison de la capitulation grecque.
      La raison est que le gouvernement grec veut emprunter encore.
      S’il n’en avait pas besoin il ferait défaut.

    • Ou ça un contrat ?
      Contrairement aux suisse, les grecs (comme les français) n’ont aucun contrôle sur les politiciens.
      Les seuls qui devraient payer sur leurs biens personnels, ce sont ces derniers….

  • Le seul article, notamment sur Contrepoints, qui analyse avec une grande lucidité et avec courage, la situation Grecque et Européenne.

    Le pire reste à venir pour la Grèce et l’Europe.

    François Hollande, particulièrement, restera dans l’histoire comme le fossoyeur de l’Europe, lui qui se gausse du contraire… c’est son inébranlable constance à réagir plus qu’à analyser, qui démontre son incroyable incompétence.

    • Arrêtez avec sa soit disant incompétence !
      Il est président de la république, voyage en jet privé, dors dans les plus beaux palais de la république, touche un salaire qui le place parmi les 0.0000001% les plus riches du monde sans compter les avantages et une retraite garantie.
      Il travaille un peu mais ne donne pas l’impression de se tuer à la tâche et peut, comme tout bon météorologue, raconter n’importe quoi et ne jamais devoir rendre de compte.
      Donc il est peut être incompétent mais c’est surtout un gros malin pourri jusqu’à l’os.

      • Merci de confirmer ce que je dis : incompétent, ce qui n’exclue pas malin.
        Figurez vous que j’ai pronostiqué que Hollande serait président plus de 2 ans avant les dernières élections présidentielles, tout comme la chute de DSK, le tout à la virgule près. Suis je devin ? non. Observateur tout au plus, non bercé d’illusions surement.

        • Figurez vous que j’ai pronostiqué

          Vantard : un socialiste ne rend jamais son tablier avant l’heure.

          J’avais prévu dès janvier 2002 l’éviction de Jospin, mais c’était facile à pronostiquer : les électeurs n’aiment pas les collabos.

        • incompétence ?
          Et si ce qualificatif ne faisait que traduire l’optimisme de ceux qui l’emploi ?
          Et si la faillite massive était « prévue », planifiée pour collectivisé les ruines ! Quand l’argent ne représenterais plus rien et que ne resterait que la force ?

          • @yrokwa : il n’y a rien de programmé, l’aboutissement des « ismes » et particulièrement du socialisme (qui s’en défend) est la réduction des libertés.

        • un type qui atteint SES objectifs ne peut pas être qualifié d’incompétent. surtout quand l’objectif est aussi ambitieux que « président de la République »

  • A mon avis il y a un problème: dû à un certain chauvinisme : Mme Merkel ne peut décider sans son parlement, qui doit approuver le plan, ainsi que la Finlande, L’Autriche, la Slovaquie, Estonie, et Pays bas.. tous devant leur parlement.
    Un seul dit NOn et tout est a recommencer.
    Chauvinisme que de croire que tout est joué, car chez nous Notre Roi décide seul, ce n’est pas le cas partout.
    Il faut attendre le vote de ces parlements, avant de crier que le Grexit est évité.
    L’image est belle : Hollande et Merkel seuls à décider dans un bureau de l’avenir de la Grèce, au détriment du Bundestag et de 5 autre parlements..

    DESTIN D’ESCLAVE :
    Institut de protection du lac KOPAIS en Grèce : quel labeur pour ces 1 763 employés de préserver sa pureté, pour les générations futures en touchant en moyenne 60 000Euros par an, et en étant de ces professions spéciale, décrétée par les Socialistes en 1978, qui peuvent partir en pré-retraite à
    52 ans avec 4 000Euros par mois en moyenne.
    >>> d’autant que ces ESCLAVES ont une tâche de préservation très dure : LE LAC EST SEC DEPUIS 1930.

    Les orphelines de père ou mère, qui était fonctionnaire, perçoivent une pension de 1 800Euros, On ne peut revenir la dessus, une orpheline de père fonctionnaire à 2 ans il y a 3 ans a déjà accumulé 64 800Euros sur son compte..Elle en aura : 345 600Euros à 18 ans— Le vilain gouvernement de droite, qui a perdu, les élections, car il s’était attaqué au problème des retraites. A décidé de freiner ce genre de pensions ; c’est à partir de 18 ans que le nouveaux bénéficiares pourront toucher leur pension. Mais pas touche aux droits acquis…
    Pour rappel ces horribles Allemands ont des travailleurs (ils travaillent) à 450Euros par mois.
    La pension solidaire des veuves en France est à 798Euros.
    Quel destin d’esclave qu’ont ces Grecs..J’en pleure !

  • « Et l’Europe vient de réduire officiellement un de ses peuples en esclavage. »
    C’est discutable. Quand on fait des grosses bêtises on doit être sanctionné.

    Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi ne pas laisser sortir la Grèce de l’euro, pourquoi sont ils si accroché à ce petit pays et pourquoi nous parle-t on toujours de catastrophe économique dans le cas de sortie de l’euro sans aucune preuve concrète ?

    • Oui, au moins par un bimonétarisme, l’état payant en Drachme, l’Euro pour le reste.

    • « pourquoi ne pas laisser sortir la Grèce de l’euro »

      voyons, voyons !

      cette affaire n’est ni économique ni financière. Elle est politique !!
      Nos oligarques ne peuvent laisser la Grèce, ou un autre pays, sortir de la zone euro. Ce serait un formidable aveu. L’aveu que cette zone avec la monaie unique ne fonctionne pas.
      Il faut considérer l’aspect géopolitique. La Grèce est au frontière de l’orient, fait parti de l’OTAN, et est un pays orthodoxe.
      Les USA ne sauraient accepter que la Grèce se rapproche de la Russie, et, par exemple, offre des facilités portuaires à la marine nationale russe.De plus la Grèce est au carrefour d’importants gazoducs qui auront dans l’avenir une importance considérable.

      C’est politique vous dis je…………….

      • Cela vaut il autant de dettes qui ne seront jamais remboursées?

        Je suis d’accord avec vous sur une peur que d’autres pays suivent le mouvement, ce qui ferait éclater l’euro « allemand ».

        Mais on pourrait très bien sortir la Grèce de l’euro (coté économique) mais la conserver dans l’UE (coté politique) en expliquant aux européens que l’eurozone a déjà fait tout ce qu’elle pouvait pour eux et qu’il est temps que les Grecs se débrouillent seuls économiquement.

    • Bonjour;1) cela est interdit par les traités qu’ils ont signés sans nos accords .
      2) Cela signifirait tout simplement la faillite du système Euro :Paix et Prospérité.
      3) Tout cet argent a servi entre autre a acheter du matériel militaire allemand c’est de la géoplitique .
      4) L’Europe se construit à l’envers depuis le début maintenant c’est la fin d’un système IMPOSÉ aux peuples
      pour leurs bonheurs parait-il.
      L’Europe se prend pour les Etats -Unis ce qu’il ne sont pas
      Voilà je ne sais pas si cela répond à votre question .
      Il y a aussi la symbolique démocratie quand tu nous TUES !!!!!!!!!

    • Pistolet sur la tempe, les banques considèrent les dettes souveraines comme totalement sûres.
      En conséquence de ces actifs certains, elles peuvent créer de la monnaie.
      Donc si ces actifs fondent, elles doivent supprimer de la monnaie.
      Parce que les politiciens en ont décidé ainsi.

      Il va de soi que sans réglementation, les baques n’auraient pas considéré la dette grecque comme totalement sûre. La réglementation ne moralise pas l’activité bancaire mais la pervertit au service des hommes des États.
      Elle leur permet de s’approprier toutes les ressources, décider de tout.
      Jusqu’à la ruine.

      Mais puisque telle est la réglementation, il faut que la dette grecque soit reprise par des États, d’où l’impasse de Tsipras.

    • Quand les bêtises sont punies par le garde-chasse qui braconne quand il n’est pas à Bruxelles, ça devient pathétique.

  • Article probablement complètement erroné, car les grecs feront comme les fois précédentes( et comme les français): dépenser l’argent qu’ils n’ont pas.
    Rendez-vous en 2018 si je comprend bien ?

    En tout cas fh a réussi son objectif principal: reculer le problème grec à plus tard, après la présidentielle de 2017.

    • Les contribables européens ont perdu plus de 80 milliards d’euros qu’ils ne reverront jamais. Les super réformes grecques ne verront jamais le jour, sauf sur le papier. La TVA à 23% ne rapportera que du travail au noir. Les coupes « automatiques » ne seront jamais appliquées. La retraite à 67ans sera vite oubliée (avant les « quelques » années).
      Bref, juste un sursis gagné par nos politichiens européens, au prix fort (pour nous).

  • « Grèce : le calice de l’euro, jusqu’à la lie » ou bien l’hallali ????

    C’est pour quand une Europe « INTELLIGENTE » ???

  •  » fonds de privatisation doté de 50 milliards d’actifs »

    je me demande comment ces actifs ont été évalués ?? 50 milliards pour un petit pays comme la Grèce c’est énorme.

  • L’Union Européenne est une construction bancale. L’euro réunit des pays qui n’ont pas le même niveau de développement, mais en outre, pas la même conception de l’état et du droit. Donc, dés qu’il y une crise, on retrouve les éternels facteurs de l’affrontement diplomatique: le rapport de forces. Le plus puissant, avec ses alliés, impose ses vues aux plus faibles.
    On s’est étendu longuement sur le contexte économique et financier de la crise.Ce qu’on a pas assez souligné, c’est les différences de conception politique. Dans l’Europe du Nord, on soumet les « accords » de Bruxelles aux parlements; on considère que c’est l’argent des citoyens-contribuables qui est en jeu. On estime que les états sont soumis au droit comme les particuliers; l’attitude de l’état grec a donc choqué. Contrairement à l’auteur de l’article, je ne parierais pas sur une acceptation automatique des parlements en question.
    Mais il y a une autre conception de l’état: l’état prédateur.Elle est commune à la Grèce, à la France et à quelques autres pays. Les détenteurs du pouvoir étatique sont là pour se servir, servir leur clientèle. C’est ce qu’a fait Syriza qui s’est empressé de faire embaucher ses adhérents dans les administrations d’état et de leur donner les postes les plus juteux (exemple: 2000 syrisistes dans la radio-télé publique !). La conception française de l’état n’est pas trés éloignée, bien qu’un peu plus policé, d’où une sympathie naturelle. L’état socialiste (mais, aussi, un peu l’état UMP) doit d’abord servir sa clientèle électorale et la gloire du monarque. Les contribuables ne sont que des manants taillables à merci; il ferait bon voir qu’ils se soustraient à leur obligation de payer. Donc, inutile de les consulter. Si le monarque veut faire plaisir à ses amis étrangers, à ses courtisans, même aux petits laquais (comme les intermittents du spectacle), il n’y a qu’à se tenir dans la Galerie des glaces et attendre le passage du Roi qui distribuera, aux uns des pièces d’or, aux autres d’argent et aux troisièmes de cuivre.
    D’où viennent ces pièces ? Peu importe… Si le menu peuple gémit trop sous le poids des taxes, on se tournera vers l’étranger. Hollande n’avait-il pas laissé entendre, en 2012, que l’Allemagne paiera ? Il avait été plus bafouilleux que Tsipras, mais c’était bien de ça qu’il s’agissait. Le Teuton s’étant méchamment soustrait à son devoir, on se tourne vers les vilains financiers. C’est ce que faisait Louis XIV qui (lisez Saint-Simon) considérait indigne de sa majesté de les rembourser. Il en a ruiné ainsi plusieurs; c’est bien fait pour eux. Hollande et Tsipras sont sur cette sensibilité.
    Bref, comment peut-on espérer réunir dans une fédération d’états des pays dont le degré de développement économique mais surtout démocratique est si différent!

  • « Et l’Europe vient de réduire officiellement un de ses peuples en esclavage. » : je pense que les ancêtres des Noirs américains auraient signé des deux mains pour pouvoir vivre cet esclavage plutôt que celui qu’ils ont connu…

    Parler ici d’esclavage est aussi stupide qu’excessif. Le bon terme est « sous tutelle ». Ce n’est certes pas drôle, mais on peut comprendre l’Allemagne qui refuse enfin de continuer à payer les folies grecques sans rien dire. Plus inconséquente est l’attitude de la France qui était prête à remettre au pot en se contentant de promesses que l’on sait pourtant jamais tenues…

    • A Rome, des esclaves faisaient prospérer les affaires de leur maître. Sauf bienveillance particulière, ils restaient malgré tout des esclaves.

  • j’ai un peu l’impression que l’auteur oublie complètement le fond du problème : la Grèce n’a jamais maîtrisé son destin depuis 1923 : ce pays est sous tutelle (ou sous influence) au gré des enjeux géostratégiques de la région.

    Les grecs ont vu en Tsipras exactement ce que les Français voient dans le FN : le dernier espoir de concerver leurs privilèges et l’utopie de l’Etat Providence, de la gabegie payée avec l’argent des générations futures, l’argent des autres.

    L’Europe vient de libérer un de ses pays de l’esclavage

  • Ça file des leçons à tire larigot. Et bien chiche: foutons tous nos retraités à 360€ de pension par mois, ça nous fera des économies, hein?
    Ah, j’entends les sonotones qui grésillent.
    L’Europe n’a pas réduit un de ses peuples en esclavage, elle a tout simplement détruit le principe de démocratie dans le pays qui l’a apporté au continent. A vitesse grand V.

    • Unknown,

      Et si vous nous expliquiez en quoi l’Europe s’est montrée non démocratique dans ce dossier, svp ? Ou pire, qu’elle a carrément « détruit le principe de démocratie » ?

      • Simple:
        1) les Grecs ont voté pour des Marxistes, qui font les gros bras pour essayer d’obtenir autre chose que des réformes bancales, (après leurs propres solutions on s’en moque, vu que Bruxelles n’en à rien à carrer de l’opinion du peuple Grec)
        Les fonctionnaires de Bruxelles disent nein.
        2) Les Grecs reconfirment leur refus des mesures préconisées par Bruxelles et qui depuis 5 ans ne marchent pas.
        Re-nein de Bruxelles.
        Moralité: voter ne sert à rien face à Bruxelles. Donc la démocratie est morte en Grèce.
        C’est même Juncker en personne qui l’affirme:
        « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. »
        Et les exemples ne font que se multiplier:
        Le referendum de 2005.
        La négociation complètement opaque du TAFTA… (sans aller jusqu’aux extrémités avancées par les gauchistes paranos)…

        • voter ne sert à rien face à Bruxelles.

          C’est un peu plus compliqué que ça. D’abord les Grecs peuvent voter que le soleil doit se lever à l’ouest et se coucher à l’est si cela leur chante.

          Ensuite les Grecs peuvent voter que les citoyens des autres pays de la zone Euro doivent continuer à les financer à perte. Si c’est ça que vous appelez le principe de démocratie…

          • Manichéisme, manichéisme… Les autres pays n’ont pas à financer à perte un Etat Grec qui de toute façon à toujours mal fonctionné, c’est vrai. Mais dans ce cas les Grecs n’ont pas non plus à se saigner pour des dettes qu’ils ne pourront techniquement jamais rembourser.
            Une restructuration de la dette grecque et une sortie ordonnée de la Zone euro (comme Schauble le proposait à la fin) était la chose la plus rationnelle et respectable à faire.
            Et de toute façon avec la solution actuelle, on continuera à financer à perte l’état Grec, qui redemandera un bailout dans un an, deux ans.
            Mettez les sous tutelles comme ça pendant 5 ans encore, et Aube Dorée aura de très beau jour devant elle.

        • Les Grecs reconfirment leur refus des mesures préconisées par Bruxelles

          Ils n’étaient que 36 % à voter pour. La majorité des Grecs est donc pour ou en a rien à branler

          • Ou alors la majorité des grecs étaient d’avis qu’on ne peut pas s’opposer à Bruxelles… D’une manière ou d’une autre, les dégâts sur la démocratie sont là.

            • Quels dégâts sur la démocratie ? Les grecs ont voté comme des cons pour le maintient de l’Euro avec ses avantages et ce aux frais des autres.
              La démocratie eut voulu que la question posée au référendum fût : non à l’euro, non à l’UE et annulation unilatérale de la dette (un remake de l’emprunt Russe en quelque sorte).
              Mais voilà Siriza a montré qu’il était aussi pourri que les autres partis politiques en promettant le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière….

              • Exact, on ne peut pas non plus occulter le fait que Tsipras ai promis quelque chose d’impossible et de complètement fantaisiste par le biais de ce référendum. Dès le départ, de toute façon, le nigaud avait signé son aveu de niaiserie crasse, en expliquant qu’il n’avait pas mandat pour faire sortir la Grèce de la zone Euro…Ce qui aurait pourtant été sa seule arme lors des négociations (et aurait sans doute épargné ce plan foireux qui va encore pomper du fric dans nos poches pour le tonneau des danaïdes).

  • L’euro à bon dos. Si la Grèce n’était pas rentrée dans l’euro, les politiciens démagogues et autres corrompus auraient quand même prospéré sur le dos de leurs victimes. L’Obèse grec aurait dévalué la drachme, certes plus progressivement qu’avec un défaut, mais aurait quand même fini par atteindre le seuil de l’intolérable pour les Grecs. Alors, l’Europe aurait quand même payé, à fonds perdus, pour éviter une guerre civile ou une dictature à ses frontières.

    Le problème de la Grèce n’est pas la monnaie mais son Etat obèse. Se focaliser sur la monnaie, c’est confondre le fait générateur avec une de ses conséquences.

    Ceci dit, il n’est pas certain que l’accord de ce WE soit le plus efficace possible pour réduire l’Obèse néfaste, surtout quand on constate que certains des médecins sont au moins aussi malades que le patient. Dans peu de temps, l’infirmerie européenne risque de saturer.

    • Les Grecs n’ont jamais payé d’impôts directs, et je caricature à peine : ce n’est tout simplement pas dans leur tradition. Avant d’adopter l’euro, l’Etat grec avait coutume de se payer sur la bête, càd de tout bêtement photocopier les drachmes nécessaires à la banque centrale pour payer chaque mois ses fonctionnaires. Cela induisait une inflation continue à laquelle les gens étaient résignés. Les impôts directs (TVA, impôts sur le revenu, etc) étaient donc simplement remplacés par cette forme d’impôt indirect – un impôt sur la possession de monnaie – que constitue l’inflation. Et de la monnaie à « imposer » ainsi, il y en avait un paquet : tout s’échangeait en liasses ! Comparée à l’usine à gaz bureaucratique que représentent une administration fiscale chargée de collecter l’impôt, l’inflation est particulièrement économe en fonctionnaires : cela fonctionne tout seul. Il suffit en fait d’un seul fonctionnaire préposé à la photocopieuse de la banque centrale pour collecter tout l’impôt nécessaire. Et pour les investissements, il y avait peu de problèmes, puisque l’Etat grec n’a jamais été plus pointilleux sur les montages offshore (qui évitent le drachme et donc la ponction inflationniste sur les avoirs en drachmes) qu’avec ses propres armateurs. Contrairement à ce que vous dites, les choses auraient pu continuer ainsi pendant de très nombreuses années.

      L’adoption de l’euro a fait foirer cette vénérable machine huilée à l’huile d’olive. Habitués à augmenter les prix chaque mois, les Grecs (à commencer par les entreprises publiques) ont d’abord continué à augmenter les prix en euros, jusqu’à perdre très rapidement toute compétitivité dans tous les domaines, sauf dans le gonflement de la fonction publique. Pas de chance : il n’y avait plus moyen de dévaluer ! Le gonflement de la fonction publique était, lui, rendu tout à fait officiellement nécessaire par le remplacement de l’ « impôt » inflatoire (ne nécessitant qu’un seul fonctionnaire à la photocopieuse) par l’usine à gaz des impôts directs voulus par Bruxelles, qui en nécessitait des dizaines de milliers. Tous ceux qui perdaient leur emploi dans un secteur privé devenu non compétitif étaient embauchés comme fonctionnaires, grâce à la miraculeuse manne du financement européen : la manne des emprunts à volonté en euros à des taux rendus artificiellement bas par le fait que les… Allemands – et non les Grecs – géraient correctement leur économie !

      • « les choses auraient pu continuer ainsi pendant de très nombreuses années » : Il y a toujours un seuil d’intolérance à l’inflation. Dans le cas contraire, on n’en parlerais même pas et ce serait la fête 24/7 chez les imprimeurs étatistes.

        Bien avant l’euro, l’Europe a régulièrement payé pour la Grèce, histoire de remettre les compteurs à zéro, évitant l’effondrement économique complet du fait du processus inflationniste que vous avez décrit. La Grèce a par exemple bénéficié de substantielles aides communautaires depuis son adhésion à la CEE. Les aides à la Grèce à fonds perdus pour limiter le dérapage inflationniste, ce n’est pas nouveau.

        Sans doute l’euro accélère la survenue des corrections mais elles finissent par arriver inéluctablement quelle que soit la monnaie.

    • L’Etat grec n’est pas Obèse, c’est juste une machine à distribuer ce qu’il n’a pas.

      • Aux alentours de 50% du PIB, il vaut bien le qualificatif. Quand il sera revenu à moins de 20%, on pourra lui en attribuer un autre. « Distribuer ce qu’il n’a pas » est une excellente définition pour n’importe quel Etat obèse, qui doit voler avant de redistribuer. Qu’il vole ses créanciers internationaux ou son propre peuple pour parvenir à ses fins paraît assez indifférent.

        • Ce que je veut dire c’est que l’Etat grec n’est pas actif (ou interventionniste) dans l’économie, il est juste prodigue : il crée artificiellement un certain niveau de vie. Le PIB grec n’a aucun sens : les 50% d’Etat sont en grande partie artificiels et se rajoutent au peu d’économie réelle. L’Etat Français est bien plus obèse parce qu’il intervient profondément dans l’économie en la colonisant.

  • D’ habitude plutôt d’ accord avec le ton de vos articles je vous suis moins dans le cas grec. Comme le disait lui même Tsipras il y a quelques temps, il acceptait d’ être jugé pour les six mois de sa présidence, pas pour l’ héritage des quarante années précédentes. Depuis quarante ans avec des éclipses les grecs ont voté librement, élisant systématiquement de quelques bord qu’ ils soient des politiciens incompétents et corrompus qui ne leur ont été imposés par personne que je sache. Le corollaire de la liberté est la responsabilté , je n’ apprendrai rien au libéral que vous êtes…. on ne peut pas délier les grecs des conséquences de leur choix, ou alors la démocratie n’ est qu’ un mot vide de sens. En ce sens les français qui on fait à peine mieux qu’ eux depuis les années 70 finiront par en subir les conséquences…

  • Cet accord, c’est la mise au pas par le super Etat national socialiste d’un dissident, avec Tsipras dans le rôle de Nagy ou Dubcek. Ceux qui seraient tentés d’en faire autant sont donc avertis. Le socialisme ne sait que détruire.

  • Il n’est qu’à voir la tête de Tsipras quand il se fait apostropher par Farage au parlement de l’EURSS pour comprendre que ce type n’est qu’un merluchon jeune …

  • Parce que les traités sont irréversibles donc antidémocratique .
    Que L »‘Europe se drape dans le faux drapeau de la démocratie née là bas et qu’elle est incapable de se dire qu’en 2015 rien n’est pareil
    Que l’Europe veux absolument copier les USA et montrer au monde sa puissance .
    Que l’argent verser sert parait-il a acheter du matériel militaire made in Germany .
    Que l’Europe se prend pour ce qu’elle n ‘est plus un exemple de démocratie pour le Monde
    Raison pour laque

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