États-Unis : le bilan de la Fed est clair

L’absence de transparence des comptes de la Fed est un mythe.

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Federal Reserve Bank of New York Credit Friscocall (Creative Commons)

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États-Unis : le bilan de la Fed est clair

Publié le 8 juillet 2015
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Par Guillaume Nicoulaud.

Federal Reserve Bank of New York Credit Friscocall (Creative Commons)
Federal Reserve Bank of New York Credit Friscocall (Creative Commons)

Parmi les légendes urbaines qui font florès ces dernières années, il en est une qui voudrait que le bilan de la Federal Reserve1 soit entouré d’un épais mystère et que personne, en dehors de quelques élus mis dans la confidence, ne saurait ce que la banque centrale des États-Unis détient à son actif. Comme annoncé ci-dessus, c’est un mythe ; on peut sans doute reprocher beaucoup de choses à la Fed mais certainement pas un manque de transparence.

Avec une simple connexion internet, je puis vous affirmer qu’au 24 juin 2015, l’actif total de la Fed atteignait 4 495.055 milliards de dollars. Il était composé essentiellement d’un portefeuille d’emprunts d’État étasuniens pour 2 460.911 milliards de dollars (54.7% du total) et, à hauteur de 1 746,393 milliards (38.9%), des fameuses Mortgage-backed securities2 rachetées aux banques durant la crise. Ces chiffres sont mis à jour chaque semaine (le jeudi) sur la base des positions de la veille.

Si vous souhaitez avoir plus de détails et, notamment, savoir ce que valent vraiment ces titres sur le marché, rien n’est plus facile : il suffit de vous rendre sur le site de la Fed de New York où vous trouverez rien de moins que l’intégralité du portefeuille, ligne par ligne et avec les codes Cusip de chaque titre. Vous pouvez ainsi vérifier avec moi que parmi les emprunts d’État détenus par la Fed, on trouve une position de 7 158 553 000 dollars3 sur la US T-Note 4-5/8 15 Fév. 2017 (Cusip : 912828GH7) qui, au prix du marché ce jour-là, aurait pu se revendre pour un peu plus de 7.753 milliards (avec le coupon couru).

Bref, on a absolument tout ou, du moins, tout ce qui est nécessaire pour évaluer très précisément ce que contient et ce que vaut vraiment le portefeuille de la Fed et ce, mis à jour chaque mercredi. En matière de transparence, c’est même tout à fait remarquable.

Alors évidemment, il se trouvera forcément quelqu’un pour imaginer que ces positions sont fictives et que le Board of Governors dont les sept membres, je le rappelle, sont nommés par le président des États-Unis et confirmés par le Sénat, s’amusent à mentir à tout le monde en inventant de toutes pièces ce portefeuille. Mauvaise pioche : il est audité. En 2014, c’est Deloitte & Touche qui s’y est collé. Vous pensez que l’auditeur n’est pas vraiment indépendant ? Pas de problème : le Government Accountability Office (GAO), l’agence qui audite pour le compte du Congrès4, repasse régulièrement derrière.

Bref, non, oubliez ça.

Sur le web

  1. Il s’agit ici, bien sûr, du bilan consolidé de l’ensemble du Federal Reserve System ; c’est-à-dire des douze Federal Reserve Banks.
  2. Ce sont des titrisations d’emprunts hypothécaires (a.k.a. actifs toxiques) c’est-à-dire, pour faire simple, des crédits immobiliers transformés par les banques en obligations négociables sur les marchés.
  3. C’est un chiffre exact : la valeur nominale d’une T-Note américaine est toujours de 1 000 dollars.
  4. C’est important : le GAO est aux ordres du législateur et pas de l’exécutif.
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  • La prudence convient de relativiser ce que vous écrivez… Car enfin :

    -comptes audités
    Ceux d’ENRON été aussi « audités ». Ceux de la Grèce également… L’histoire financière est jonchée de sociétés « auditées »… qui trafiquaient leurs comptes.

    -bilan
    Tout le monde sait qu’un bilan se trafique. Donc là encore, dire simplement « le bilan de la FED est publié c’est bien la preuve que… » relève d’une certaine naïveté.

    -valorisation
    Vous nous dites « regardez, c’est facile de vérifier la valeur du portefeuille de la FED »… Mais vous semblez oublier les charmes du « market to fantasy » !

    Quand la BCE dit très sérieusement que les colatéraux apportés par les banques grecques « valent » tant… c’est une vaste blague, puisque par ses actions la BCE fixe elle-même la « valeur » de ce papier (en achétant elle fait baisser le rendement, et donc monter le prix de ces obligations).

    Le monde est plein de « valorisation »… mais si ces dernière sont fictives, alors votre « bilan » est de facto tout aussi fantaisiste.

    Conclusion
    Je ne dis pas du tout que la FED n’a pas des comptes fidèles à la réalité, je souhaite simplement relativiser votre enthousiasme devant la simple publication en ligne de « bilans comptables ».

    Dernier point : une question BEAUCOUP PLUS intéressante par rapport à la FED serait d’obtenir un audit indépendant…. de ses stocks d’or, vous ne croyez pas ?

    Une requête que, mystérieusement, la FED fait tout pour faire capoter (plusieurs initiatives parlementaires ont été tuées dan l’oeuf).
    😉

    Comme c’est étrange….

    • Vous confondez : la FED ne détient pas d’or du tout
      http://www.federalreserve.gov/faqs/does-the-federal-reserve-own-or-hold-gold.htm
      il y a bien pour ~ 600 M$ (*) d’or au conservé dans les coffres de la Federal Reserve Bank of New York, mais ils appartiennent au Trésor américain, et n’apparaissent donc pas au bilan de la Fed, évidemment.
      Vous trouverez au bilan des gold certificate correspondant à la nationalisation de l’or, en 1934, par Roosevelt le fasciste

      (*) à la valeur officielle de 42 $ 2/9 l’once. comptez 25 fois plus au cours réel, ce qui fait environ 15 milliards d’or. Impressionnant pour un particulier, ridicule à l’échelle des USA.

    • -bilan :

      c’est très facile à falsifier. Juste un coup de téléphone à une société complice, et un tout petit détail change, et il est très probable que personne ne le verra. Et si jamais l’auditeur le remarque, oups, ils se sont trompés, on va corriger… Mais à 99.99%, c’est sûr. Et en attendant, on a pas fait faillite…

      Et ce genre du trucs, Goldman Sachs doit le savoir, et savoir le faire, mais est incapable de le détecter faute de temps. Alors au niveau d’un pays, toute la merde au chat passe sous le tapis, et tout est propre… enfin presque… On a vu ce que cela a donné avec la Grèce. Imaginons avec la France… Cela ne doit pas être triste !!!

  • Etrange comme article. Tout le monde sait bien que ce qui est demandé est un audit des pratiques de la Fed. La liste est longue des actions qui ne passent pas le « smelling test »… Et en première ligne bien entendu on trouve la Fed de NY.

  • Oui, j’ai confondu la campagne Audit the Fed de R.Paul avec la polémique sur les stocks d’or (quantités) aux USA, dans les coffres de la FED de New York (l’or allemand par exemple).

  • La Fed est contrôlée pas des banques privées d’où son nom de banque fédérale, bien entendu (fallait le faire quand même, mais bon à l’époque …)

    Après on peut toujours croiser les doigts et fermer les yeux tant que l’on peut, mais pour ceux qui ont les yeux ouverts, il est plus qu’évident que cette banque est une arnaque et ce depuis sa création !

    • Sans rentrer dans le détail des très étranges statuts de la banque centrale des États-Unis, il faut rappeler que les banques privées nationales ont l’obligation d’être actionnaires, à hauteur d’un montant défini par la loi, d’une des douze banques régionales de la Fed , que ces actions ne sont pas transférables, ne comportent pas de droit de vote et ne donnent droit qu’à un dividende statutaire de 6% du montant investi. Par ailleurs, la politique monétaire est décidée au sein du FOMC qui est composé de douze membres dont sept (le Board of Governors) sont désignés par le Président des États-Unis et confirmés par le Sénat. La Fed n’est donc pas plus privée que notre Sécurité sociale : c’est bien une agence fédérale réputée – je dis bien réputée – indépendante.
      Pour faire simple, la Fed est un organisme d’économie mixte disposant d’un monopole du seul fait de la loi, organisme qui n’existerait pas sans la volonté des hommes de l’Etat.
      http://ordrespontane.blogspot.be/2011/08/la-fed-est-une-banque-privee.html

      • Oui, tout monopole est nécessairement une excroissance de l’Etat, peu importe le statut de façade de la structure. La monnaie ne fait pas exception, hormis le fait que le monopole monétaire est le pire, le plus destructeur de tous.

        • Oui, bon… tout est dans le concept et la définition.

          Imaginez corporation privée qui appartient à un groupe d’actionnaires. Ce groupe d’actionnaires choisit des administrateurs et établit un processus de prise de décisions collectives afin d’établir les règles de fonctionnement interne de la corporation. Cette corporation comprend plusieurs divisions, notamment une qui gère des propriétés territoriales sur lesquelles elle exploite des ressources naturelles, des activités de villégiature, de développement, une autre dividion qui gère des services de sécurité, une division qui offre des services de cour de justice, etc, etc…

          Cette corporation est également subdivisée en juridictions territoriales pour différentes propriétés et services. Les différentes juridictions ont, à travers la corporation principale, des accords commerciaux et de libre-échange qui permettent aux différentes juridictions corporatives d’échanger entre elles et de partager des capitaux. Ceci permet aux actionnaires de jouir d’un certain droit d’occupation ou d’exploitation sur les capitaux de la corporation à travers les différentes juridictions.

          Les personnes qui ne sont pas actionnaires n’ont pas le droit de vote, ni le droit d’occupation. Si une personne qui n’a pas de droit de propriété vient occuper un territoire de la corporation, cette personne est expulsée.

          Cette corporation, cette propriété privée, c’est un État.
          Alors, qu’est-ce qu’une propriété publique?

  • La Réserve Fédérale Américaine, elle n’a pourtant aucune réserve et n’est pas fédérale car elle est détenu à 100% par des banques privées.
    Mais elle est américaine, ça c’est vrai.
    La bible pour tout savoir est là : http://www.amazon.fr/secrets-R%C3%A9serve-F%C3%A9d%C3%A9rale-Michel-Pr%C3%A9face/dp/2355120315/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1436349505&sr=8-1&keywords=reserve+federale

    • il est totalement faux de dire que c’est une organisation totalement privée, lisez mon commentaire au dessus

      • Non c’est tout à vrai, et il faut être sacrément aveugle pour ne pas le voir.

        • public ? privé ? débat inutile. La Fed est une organisation privée totalement contrôlée par la puissance publique, elle même totalement de connivence avec les gens qu’elle est censée contrôler (les banquiers).
          La plus parfaite incarnation de l’économie mixte à l’américaine, ce qu’il appellent eux-même « crony capitalism ».

          • Dans le mille.

            Il n’y a fondamentalement pas de différence ultime entre le privé et le public. À la limite on peut aussi bien dire que tout est privé, sinon tout est public, selon l’approche.

            Il faut parler en terme d’organisation. Un groupe d’humains qui doit prendre des décisions collectives qui affectent l’ensemble du groupe. Plus le groupe est grand, plus il y a d’information à traiter au sujet des activités et enjeux du groupe.

            Un groupe dans lequel l’information circule difficilement est un groupe qui finit par prendre des décisions fondées sur un petit nombre d’individus.

            Les asymétries d’information provoquent des sélections advreses et des aléas moraux. D’où le « crony capitalism ».

        • Si les banques privées étaient propriétaires, elles auraient le droit de vendre et de diriger le Fed.
          Elles ne l’ont pas.
          Donc c’est une administration et l’argent payé par les banques pour être qualifiées de propriétaire est un impôt.

          Par ailleurs je vais proposer une loi pour que vous soyez propriétaire d’une maison de mon choix.
          Vous devrez me payer 100 KEUR.
          Sinon vous n’aurez le droit d’avoir aucune maison.
          Vous n’aurez aucun droit d’usage, et encore moins d’habitation de cette maison, puisque c’est moi qui l’occuperai à mes conditions et gratuitement.
          Mais on vous appellera propriétaire de cette maison, par la loi, et vous paierez les impôts locaux.

          Ça vous dit ?

  • Une banque centrale en faillite…Enfin un dollar ne reposant sur strictement rien…

    • Si sur l’or.

      Il n’y a jamais eu qu’une seule monnaie : l’or, même si les keynésiens prétendent que c’est une relique inutile.
      Ce n’est pas une question de quantité mais de prix. L’or est toujours là et il va revenir sur le devant de la scène, c’est inévitable.

      • Le keynésianisme n’est rien d’autre qu’une lutte contre l’or : la lutte du rentier contre l’entrepreneur.

      • L’or (et l’argent), c’est le papier monnaie des temps ancien. frapper une pièce en métal rare (mais inutile) n’était qu’une façon d’éviter la contrefaçon du titre de créance sur la vraie valeur dont la pièce est représentative : la tête de bétail (en latin : pécunia ! ).

        Le rentier et l’entrepreneur sont dans le même camp : celui des gens qui ont une préférence pour le futur, qui sont prêts à réduire leur consommation actuelle dans l’espoir d’une consommation future.
        Il n’y a pas de différence d’objectif entre eux, tout au plus une différence de méthode : l’entrepreneur fait lui-même, le rentier sous-traite à l’entrepreneur en lui fournissant des fonds.
        Ils ont le même ennemi : le parasite qui veut consommer de suite, et après lui le déluge.
        Keynes voulait « euthanasier les rentiers » au profit des entrepreneurs, mais ce ne sont pas les entrepreneurs qui y gagnent, ce sont les parasites.

      • non, c’est absurde, si il n’y avait pas d’or il y aurait autre chose… L’or est UNE forme de monnaie quoi.

  • C’est lignes sont sorties du marché. Si, demain ces lignes étaient sur le marché, les cours s’effondrerait.

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