Lean Start-up : une idée révolutionnaire ?

La Liberté guidant le peuple par Delacroix (Image libre de droits)

Que change le Lean Start-up pour les entreprises ?

Par Alain Goetzmann.

La Liberté guidant le peuple par Delacroix (Image libre de droits)
La Liberté guidant le peuple par Delacroix (Image libre de droits)

L’émergence du Lean Start-up enseigne, tant aux entreprises nouvellement créées qu’à celles établies depuis longtemps que, pour survivre, il faut aujourd’hui être en mesure d’évaluer les hypothèses de marché aussi vite que possible et de la façon la plus économique, en testant concrètement des dizaines d’idées jusqu’à ce que la bonne se détache enfin. Même de très grandes entreprises utilisent la méthode. General Electric, Intuit et Paypal, par exemple, l’ont intégrée, rejoignant ainsi la noria des start-up travaillant à partir de cybercafés ou de locaux de co-working de la Silicon Valley.

La majeure partie des enthousiastes du Lean management est pénétrée de la culture du « SMED » (Single Minute Exchange of Die). Née du constat, dans l’industrie automobile, qu’il était coûteux de faire de grandes modifications techniques au moment de basculer d’un modèle à l’autre, les entreprises du secteur avaient conçu, en son temps, des modèles d’optimisation des quantités à produire et créé des systèmes permettant de réduire à quelques minutes les temps de modification des outillages spécifiques, auparavant très longs.

Le processus « SMED » a constitué une véritable révolution en permettant l’élargissement de l’offre, la réduction des coûts et l’amélioration de la qualité, apportant, de surcroît, une grande flexibilité aux entreprises. Il a également permis de raccourcir les décisions relatives au renouvellement des modèles et leur adaptation rapide aux besoins du marché.

Le Lean Start-up introduit un nouveau palier de flexibilité en imposant aux entreprises une réactivité exclusivement liée aux résultats des allers-retours des différentes idées testées, bien avant qu’elles puissent être mises en œuvre. C’est une démarche radicalement différente de celle qui a prévalu jusqu’ici. Imaginer des hypothèses de marché aux produits ou services en cours de création, investir ensuite en séquence dans les moyens de production, puis de marketing et espérer engendrer un succès, constitue aujourd’hui la plus sûre façon d’échouer au moment du lancement.

Le Lean Start-up est donc une méthode qui permet de mieux contrôler le déroulement du processus de création et les sorties de cash correspondantes.

L’économie réalisée sur les moyens de production et de marketing, tant que le nouveau produit ou service n’a pas encore trouvé son vrai public, permet d’utiliser le cash levé en amorçage sur une durée beaucoup plus longue. À l’issue de cette période, lorsque la preuve de concept aura été apportée, une nouvelle levée de fonds, plus facile, dans un contexte plus lisible, permettra alors de faire les investissements de réalisation et de lancement.

C’est la raison pour laquelle le Lean Start-up suscite aussi tant d’intérêt de la part des grandes entreprises. Disposant de budgets « Recherche & Développement » colossaux, au sein desquels les directions ne parviennent plus à distinguer l’efficacité de l’inefficacité, celles-ci sont à l’affût de méthodes plus agiles, comme le Lean Start-up et l’innovation frugale sur laquelle il repose. Le monde entre dans une ère de frugalité rendue nécessaire par la prise de conscience du gaspillage auquel se livrent, sans retenue, les populations dites développées.

Le Lean Start-up, qui se présente comme la nouvelle révolution industrielle, participe de cette frugalité.

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