Ce terrorisme créé par l’antiterrorisme

grenade terrorisme credits Israel defense forces (licence creative commons)

Quelle part du terrorisme a été créée au nom de la lutte contre le terrorisme ?

Par Aster.

grenade terrorisme credits Israel defense forces (licence creative commons)
grenade terrorisme credits Israel defense forces (licence creative commons)

N’entrons pas dans les théories du/des complots.

Sous le prétexte de la sécurité, certains États s’autorisent à infiltrer des groupes pour y favoriser l’extrémisme sous couvert de vérifier si ils présentent un terreau fertile. Au motif d’un amour sélectif des droits de l’homme, d’autres États les autorisent à intervenir au-delà de leur frontière, à armer les uns pour défaire les autres.

Si la seconde déclaration ne fait pas de doute, la première peut-être un peu plus :

Sur un plan moins discutable :

  • La CIA a soutenu avec ardeur ceux qui sont devenus les talibans (et donc également Al-Qaida) quand il s’agissait de gêner les Russes.
  • Il y a deux ans la Syrie était dirigée par un dictateur sanguinaire qu’il fallait renverser. De grands humanistes ont donc financé et armé les rebelles. Les rebelles syriens aujourd’hui se divisent globalement en quatre factions : des salafistes qui passent pour des laïques comparés aux deux autres, un groupe faisant partie d’Al-Qaida (les gentils du jour), l’État Islamique (ISIS, les méchants cette fois), et les Kurdes qui, à défaut d’être des extrémistes sont un groupe ethnique. Les Kurdes sont un peu ennuyeux, le Kurdistan chevauchant la Turquie, ils n’étaient donc pas les premiers clients d’une aide. Le dictateur d’hier a soudain normalisé ses méthodes de guerre, comme par magie, et celles-ci sont passées dans le camp adverse… C’est tellement grossier de lire, à un an d’intervalle, les mêmes sujets visités par les deux parties, que l’on se demande presque comment, soudain, les journalistes cessent d’évoquer l’un pour évoquer l’autre. Exemple, chez Assad en mars 2014, à l’ISIS en décembre 2014.

Aujourd’hui la peur est là, le message à faire passer est clair, il faut troquer sa liberté contre davantage de sécurité.

La question qu’il convient de se poser est de savoir quelle est la part du terrorisme générée au nom de la lutte contre le terrorisme, ou pour la démocratie ?

Que cela soit délibéré ou pas, il semble légitime de se demander si l’origine de ces troubles ne proviendrait pas de ceux-là même qui tentent maintenant de les résoudre, à grands coups d’État omnipotent ; procédure qui a déjà été dans l’histoire le moyen d’action de certains fascistes, la stratégie de la tension.

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