3 536 000 chômeurs : pas de panique !

Rendez vous chez Pole Emploi Chômage (Crédits philippe leroyer, licence Creative Commons)

Ce chiffre intéresse-t-il encore quelqu’un ?

Par Jacques Garello.

Rendez vous chez Pole Emploi Chômage (Crédits philippe leroyer, licence Creative Commons)
Rendez vous chez Pole Emploi Chômage (Crédits philippe leroyer, licence Creative Commons)

C’est à croire que non. On constate d’abord que le retard de quelques jours avec lequel il a été publié par le Ministère du Travail n’a choqué personne. D’ailleurs la presse n’a pas titré à la une : la hausse du chômage est une banalité. Si les 12.000 chômeurs en moins de janvier avaient éveillé quelque curiosité, les 25.000 en plus de mai ne présentent aucun intérêt. La hausse du chômage est devenue banale. L’opinion publique a guetté pendant quelques mois la courbe du chômage pour la voir s’inverser, maintenant plus personne ne l’observe.

Elle n’a d’ailleurs jamais eu aucune signification. D’une part, elle concerne uniquement les chômeurs de catégorie A, ceux qui n’ont pas fait une seule heure de travail au cours du mois. Sont exclus de la statistique les personnes au chômage mais qui ont eu la bonne chance de travailler quelques heures au cours du mois (catégorie B). Le vrai chiffre serait donc aujourd’hui de plus de 5 millions de chômeurs. D’autre part, ces chiffres globaux masquent des situations et des populations très différentes. Ils sont inquiétants quand ils frappent des personnes dont les revenus d’activité sont les seuls de la famille, ou des chômeurs de longue durée envahis par le désespoir, ou des jeunes devant lesquels les portes du marché du travail sont fermées (principalement à cause du SMIC et des conditions d’embauche).

Finalement, ceux qui s’accommodent le mieux du chômage, ce sont les ministres eux-mêmes. Le ministre du Travail fait remarquer que depuis quelques mois les signes de la reprise sont là, que la confiance des entrepreneurs revient, que les consommateurs ont un surplus de pouvoir d’achat grâce à la baisse des carburants (!). Le Premier Ministre explique qu’il va créer 100.000 emplois en contrats aidés : avec quel argent et pour déboucher sur quelle situation ?

Quant au fond, les gouvernants ne sont-ils pas persuadés que les réformes amorcées avec la loi Macron vont venir à bout du chômage ? L’inflexion sociale libérale n’est-elle pas salutaire ? On se rassure comme on peut. Il est lucide d’affirmer qu’il faut lutter contre ce fléau grâce à des réformes structurelles. Encore faut-il les accepter et restaurer la libre entreprise en mettant fin aux contraintes fiscales, sociales, financières et réglementaires qu’elle subit.

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