Free Banking : plaidoyer pour la fin des banques centrales

Pourquoi ne pas donner le libre choix de l’outil monétaire aux utilisateurs ?

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Free Banking : plaidoyer pour la fin des banques centrales

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 21 juin 2015
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Plutôt que de défendre la monnaie unique, plutôt que de prôner le retour aux monnaies des États-nations, pourquoi ne pas donner le libre choix de l’outil monétaire aux utilisateurs ?

Par Ferghane Azihari.

imgscan contrepoints 642 Mystère de la monnaie

En cette période trouble pour la Grèce et la zone euro, nombreux sont ceux qui défilent dans les médias pour affirmer le retour inéluctable des monnaies nationales face à un système financier européen totalement dysfonctionnel. Un tel scénario serait catastrophique mais la monnaie unique n’est pas soutenable pour autant.

Nationalisme primaire

Les pseudo-intellectuels qui prêchent pour le retour des monnaies nationales ne sont que des imposteurs qui aiment usurper le statut de scientifique ou d’expert pour dissimuler leur nationalisme primaire. Et pour cause, les banquiers centraux nationaux ne sont pas par essence plus compétents, plus sages et moins diaboliques que les banquiers centraux européens. Rappelons d’ailleurs que les premiers décident avec les seconds. Malgré les apparences, la BCE n’est ni plus ni moins qu’une instance inter-gouvernementale. Il n’y a qu’à lire dans les traités européens le mode de gouvernance de cette institution ainsi que le mode de désignation des individus qui y opèrent pour s’en convaincre. Eh oui, contrairement à ce que laissent entendre les jérémiades nationalistes ou les satisfécits fédéralistes, les élites politiques nationales n’abandonnent pas leur pouvoir aussi facilement. Lorsqu’elles concluent des traités, ce n’est que pour conforter leur pouvoir sur la société et non pour l’affaiblir. Il faut être naïf pour penser le contraire.

Les nationalistes primaires prônent le retour à la pleine compétence monétaire des États-nations également au nom de la diversité des modèles économiques nationaux. Là encore, il s’agit d’un vocabulaire politique dépourvu de réalité scientifique destiné à tromper la société. La « diversité des modèles économiques nationaux » ne veut absolument rien dire. Cette formule n’est que le reflet d’un biais cognitif sans aucun fondement rationnel : le nationalisme méthodologique. L’économie francilienne a bien plus de points communs avec Londres et Francfort qu’avec la Corse et la Réunion. Étrangement, nous n’entendons point les chantres de la diversité plaider pour un franc corse, un franc francilien et un franc réunionnais.

L’échelle de la politique monétaire est un faux problème

Le problème de la politique monétaire n’a aucun rapport avec son échelle. Le problème de l’outil monétaire tel qu’on le connaît aujourd’hui tient à sa situation de monopole. C’est très simple. Aucun organisme, aucune entreprise, aucune institution, aucune autorité n’est en mesure d’être bienveillante lorsqu’elle est en situation de monopole. Toute institution a besoin de contre-pouvoirs pour fonctionner efficacement afin d’éviter de se transformer en outil d’oppression des peuples. C’est encore plus vrai pour les autorités monétaires dont le pouvoir est incommensurable. Et le contre-pouvoir le plus puissant qui existe sur cette terre, ce n’est pas un Parlement, un exécutif fort ou un système juridictionnel à l’indépendance relative. C’est la libre-concurrence. C’est la possibilité de dire à un financier : « Ton système est mal fait. Dans ces conditions, moi et d’autres agents économiques allons créer ou rejoindre un système monétaire et financier beaucoup plus sain et je te garantis que si tu ne changes pas tes mauvaises pratiques financières, plus personne n’utilisera ton outil ».

En Europe comme dans la quasi-totalité des pays de la planète, cette possibilité n’existe pas. Le système monétaire et financier est verrouillé par des monopoles à tous les niveaux. Lorsque la gauche marxiste utilise la formule « dictature de la finance » pour décrire le système actuel, elle n’est en réalité pas loin de la vérité. Sauf que cette dernière est incapable d’identifier correctement le lien de subordination en ce qu’elle estime que les dominés sont les États et qu’il faut par conséquent les renforcer face à l’hégémonie de l’industrie financière privée. Identifier le rapport de domination ne devrait pas être aussi compliqué. Il suffit de se poser la question suivante : qui a déjà vu Mario Draghi ou une banque centrale mendier de l’argent auprès d’une banque commerciale ? Personne. En revanche, voir une banque commerciale mendier du crédit auprès des banques centrales, c’est très courant. Si dictature de la finance il y a, les banques commerciales en collusion avec les pouvoirs publics ne sont que les lieutenants tandis que le dictateur est celui qui, à Francfort, a reçu des États-nations le monopole de l’émission monétaire.

Les banques centrales n’ont jamais été créées pour rendre les monnaies stables

Le mythe économique dominant destiné à entretenir un culte inconditionnel vis-à-vis de la bureaucratie dans la régulation des activités économiques et sociales attribue la stabilité monétaire aux banques centrales. Ce serait leur raison d’être. Il s’agit là d’un révisionnisme éhonté. Les banques centrales n’ont jamais été créées pour stabiliser le système monétaire. C’est même tout le contraire !

Lorsque la Banque de France obtient de Napoléon le monopole de l’émission de la monnaie, lui et ses proches sont actionnaires de celle-ci. L’autocrate pouvait donc faire marcher la planche à billets pour remplir son portefeuille et celui de ses proches tout en permettant à l’État français de faire face à ses dépenses de guerre en appauvrissant la population de manière beaucoup plus subtile que la fiscalité. Voir cet excellent récit de l’historien Henri Guillemin sur la Banque de France.

Aux États-Unis, la naissance de la réserve fédérale a été orchestrée par des élites financières qui avaient besoin d’un système  pyramidal avec à sa tête une institution monopolistique qui puisse prêter en dernier ressort en créant de l’argent open-bar. Ainsi les principaux établissements financiers pouvaient échapper à toute forme de responsabilité financière en émettant excessivement du crédit – cf le système de réserves fractionnaires – tout en étant assurés de la possibilité de bénéficier de la création monétaire en cas de problème.

Il n’est pas difficile de voir que la BCE s’adonne aux mêmes mécanismes. Les quantitative easing sont une nouvelle forme de planche à billets qui permettent aux États-nations corporatistes de financer leurs dépenses sans prendre le risque d’affronter les contribuables en utilisant la voie légale de la fiscalité. Les banques continuent à prêter de l’argent qu’elles n’ont pas et perçoivent des intérêts sur de l’argent créé ex-nihilo. Les indices boursiers européens sont totalement déconnectés de l’économie « réelle » et une bulle semble se former sous le regard hypocrite de son architecte. Enfin le monopole monétaire est un puissant outil de domination financière qui donne au pouvoir politique des dimensions inacceptables comme on le voit actuellement.

La seule alternative viable : le Free Banking

Les déboires de la monnaie unique et les rapports de force délétères qu’elle engendre montrent une fois de plus que l’outil monétaire est bien trop précieux pour être placé entre les mains des politiciens. Peut-être est-il temps de considérer que les peuples doivent se réapproprier l’outil monétaire que les gouvernements ont longtemps confisqué pour satisfaire des intérêts particuliers. Comment ? En permettant aux individus de choisir leur monnaie indépendamment des injonctions des politiciens.

Jadis, les métaux précieux constituaient le choix dominant. Mais on peut imaginer d’autres initiatives monétaires spontanées. Les crypto-monnaies décentralisées qui fonctionnent en peer-to-peer font parties des alternatives de plus en plus crédibles pour permettre aux peuples de retrouver de la liberté face aux manœuvres politiciennes. Ainsi de plus en plus de Grecs plébisciteraient le Bitcoin – la crypto-monnaie la plus connue, en lieu et place de l’euro.

Bien évidemment pour ceux qui n’ont aucune confiance en ces monnaies qui fonctionnent sans banque, d’autres systèmes monétaires spontanés sont envisageables. On peut penser au système coopératif ou à la banque libre classique. Du reste, ces monnaies privées correspondent parfaitement aux canons fédéralistes. Elles font fi des frontières nationales et permettent d’établir des liens entre individus indépendamment des querelles politiciennes. Mieux encore, leurs bases sont contractuelles et peuvent donc se targuer d’être réellement « fédérales » au sens étymologique du terme, qui renvoie explicitement au consentement et au contrat, contrairement aux monnaies étatiques qui ne sont que le produit de la violence légale. Pourquoi donc s’acharner à soutenir une bureaucratie monétaire si ce n’est par euro-nationalisme primaire ?


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  • Oui le système de réserve factionnaire est le problème.

    Mais le free banking ne permet en aucune façon de régler ce problème : rien n’empêche une banque libre de créer de la monnaie fiduciaire d’une monnaie provenant d’une autre banque

    La seule solution est le plan de Chicago : separer création monétaire, réservée à une banque centrale et gestion du crédit en supprimant les réserves fractionnaires.

    • Une banque libre qui émet trop de crédit s’expose à la faillite lorsque les déposants veulent récupérer leur argent.

      • Ce qui est vrai pour toute réserve fractionnaire, y compris pour des crédits émis en monnaie d’une autre banque, le fait d’avoir N monnaies ne fait qu’amplifier le problème.

      • En relisant, je crois que c’est l’argument le plus stupide que j’ai pu lire sur le free banking, vous vous êtes relu ?

        C’est exactement l’inverse : si une banque libre émet trop de crédit et qu’elle ne peut plus couvrir les retraits, elle peut créer de la monnaie : elle ne peut en aucune façon faire faillite, elle peut par contre complétement ruiner ses déposants en fabriquant de la monnaie de singe en pagaille.

        Sauf si vous séparez monnaie et crédit, mais on revient alors exactement au plan de Chicago et le fait d’avoir une multitude de monnaies n’apporte absolument rien.

    • Non, le système de réserve factionnaire n’est pas le problème.

      Il est illusoire d’espérer trouver la confiance dans un monopole quelque soit le bien produit. Un monopole interdit le sain processus de découverte permanente des prix. La monnaie, qui est un bien comme un autre, n’échappe pas à cette nécessité économique fondamentale. Une banque centrale, même équipée des meilleurs experts au monde, est incompétente et falsifie le prix de l’argent. Les meilleurs experts du monde regroupés dans une banque centrale ne pourront jamais égaler en efficacité et en pertinence l’ensemble des interactions humaines constamment renouvelées sur un marché libre.

      Comment le faux monnayage pourrait-il exister sous régime de concurrence monétaire ? Il faudrait vraiment être un arriéré mental pour émettre de la fausse monnaie, prendre le risque de se retrouver au gnouf pour de longues décennies, quand la possibilité de créer librement sa propre monnaie est offerte à chacun. Le faux monnayage n’existe que dans la mesure où règne l’injustice flagrante d’un monopole monétaire.

      Interdire les réserves fractionnaires n’est possible qu’en situation de monopole, c’est-à-dire en faisant un usage illégitime de la violence. Pire, l’interdiction des réserves fractionnaires combinée au monopole monétaire ruinerait l’économie inéluctablement, en la plaçant sous la sujétion permanente des détenteurs de monnaie à un instant t.

      Sous régime de concurrence monétaire, chaque banque décide librement de recourir ou non au principe des réserves fractionnaires. Les clients choisissent telle ou telle banque en fonction de leurs besoins, très certainement plusieurs banques en même temps. Le système de réserves fractionnaires n’est pas le problème. Le problème, c’est le monopole monétaire.

      • Pour une fois on sera d’accord. Le système de réserves fractionnaires est un problème dans la mesure où il y a un monopole monétaire capable de déresponsabiliser celui qui émet du crédit.

        Dans un système concurrentiel, celui qui émet plus de crédit que de dépôt doit assumer si il cause des problèmes à ses déposants.

        • Si le problème est inexistant, tant mieux

        • Non, rien n’empêche une banque de proposer du crédit non couvert dans une monnaie d’une autre banque, ou encore de créer des monnaies composites style Sicav, ou de composer ses réserves dans une autre monnaie, etc…

          Ce système déresponsabilise complètement les banques qui ne prennent plus aucun risque et sont presque obligées de créer des bulles en jouant sur les monnaies des autres banques pour se couvrir.

          Sauf si vous interdisez aux banques d’utiliser les monnaies des autres banques, ce système ne fait que multiplier la fragilité du système et surtout la connivence avec l’Etat.

          • Si la monnaie est adossée à du concret (monnaie représentative), le système de banque libre ne permet pas ultimement à une banque d’utiliser la monnaie d’une autre banque car en réalité, quand un billet d’une banque aboutit dans une autre banque, la banque qui reçoit le billet n’a aucun intérêt à le conserver et préfère impérativement récupérer le capital au coffre de la première banque.

            Daans un tel cas, les billets servent finalement au transfert de biens de valeur d’un coffre à l’autre dans des banques qui gèrent différemment les risques qu’elles prennent avec ce que ses clients y déposent. L’intervention de l’état n’est absolument pas nécessaire.

            Dans un tel système, la responsabilité des banques touche uniquement leurs clients. On peut anticiper qu’une banque qui prend un peu de risques en créant un tout petit peu plus de monnaie que la somme des biens de valeur dans son coffre pourra réaliser des profits sur intérêts et en faire profiter ses clients (ceux qui ont risqué de perdre ce qu’ils ont déposé dans le coffre). Une banque qui manque de transparence face à ses clients ou qui prend trop de risques finira par perdre ses clients qui ramèneront les billets et reprendront leurs biens de valeur au coffre pour les transférer ailleurs.

            • « banque qui reçoit le billet n’a aucun intérêt à le conserver » … sauf à créer du crédit par réserve fractionnaire, ce business étant largement plus lucratif que le 100% monnaie.

              Dans le fond, ce que vous dites est que pour éviter les réserves fractionnaires, la solution est le free banking qui permet par mécanisme de concurrence de sélectionner les banques propres … Non : l’attractivité d’une monnaie vient de son acceptation et des taux, absolument pas de sa stabilité, ce qui rend les banques utilisant les réserves fractionnaires bien plus performantes que les autres : le mécanisme d’inflation en free banking ne joue que pour les dépôts … ce qui n’a aucun sens quand la banque utilise des réserves fractionnaires.

              • La « banque qui reçoit le billet n’a aucun intérêt à le conserver… sauf à créer du crédit » : on ne voit trop pas en quoi ni comment un actif (réserve de change constituée des monnaies des autres banques) viendrait créer un autre actif (crédit au secteur non financier).

                • Du crédit dans la monnaie de l’autre banque, de la même manière que sont gérés les prêts en devises, le billet entrant dans la réserve.

                  Ne me dites pas que vous ne comprenez pas qu’une banque qui fasse de la création monétaire n’ai pas intérêt à stocker en réserves la monnaie d’une banque qui n’en fasse pas ni à spéculer sur la monnaie des autres.

                  Il est complétement illusoire de penser que tous les bricolages que les banques font avec la monnaie centrale, elle ne le feraient pas avec la monnaie des autres.

                  • Pour fidéliser sa clientèle, la banque libre a intérêt à maintenir un équilibre relatif entre la valeur de sa monnaie vis-à-vis des autres monnaies et le développement de son activité rentable de crédit. Elle n’a évidemment pas intérêt à dilapider son précieux passif en contrepartie de réserves de changes sans rendement, contribuant à la dévaluation de sa monnaie et faisant la fortune de ses concurrents. Décidément, votre remarque ne semble pas correspondre à un comportement cohérent.

                    • La valeur de la monnaie ne dépend que de la masse en circulation (quantité – vitesse)

                      C’est pour cela que proposer du crédit et des comptes en monnaie d’autre banque est tout bénéfice : la banque ne prend aucun risque sur sa monnaie et spécule sur la nature de ses réserves.

                      Votre erreur est de penser que les banques fonctionneront avec leur monnaie alors qu’elles ont tout intérêt à fonctionner en interne avec la meilleur monnaie, à placer leurs réserves dans la meilleure monnaie et à attirer les clients utilisant toutes les monnaies.

                    • Le passif d’une banque est libellé dans sa monnaie : affirmer qu’une banque pourrait proposer des comptes (donc des crédits) dans une autre monnaie que la sienne n’a pas de sens. Une banque peut tout au plus vendre ses réserves de change à ses clients mais elle récupère alors sa propre monnaie, ce qui revient à la détruire. Dans le cadre des monnaies monopoles, une banque liée à un monopole peut éventuellement disposer d’un établissement dans la zone géographique d’un autre monopole. Mais précisément, cette notion de zone géographique disparaît avec la concurrence monétaire. Reste éventuellement la question de la fausse monnaie, sujet indifférent quel que soit le régime monétaire. Sincèrement, vos inquiétudes ne sont pas fondées.

                    • Le passif d’une banque … Dans le free banking cela est complètement hors sujet, ou alors vous établissez des règles de gestion comptable, ce qui revient à donner à l’Etat le fin mot de l’histoire et dans ce cas, la suppression des réserves fractionnaires semble mille fois plus simple : unité de compte unique, pas de bulle, suppression des impôts en tout genre, gestion des risques séparée, les avantages sont nombreux.

                      Si vous réfutez complètement le rôle de l’Etat dans les banques, alors le système tourne à l’envers : ce sont les banques les plus mal gérées qui sont les plus intéressantes pour leurs clients et c’est open bar pour tous les montages de ponzi possibles : génération de cash pour prendre des positions spéculatives, connivence sur l’inflation, spéculation sur les monnaies des autres banques, génération de crédits scripturaux non couverts, crédits renouvelés a l’infini, participations croisées…

                      Un pourcentage infime de voyous peut vite tout mettre par terre, créer des bulles énormes et partir avec la caisse … L’Etat en premier lieu.

                      La simple concurrence sur les taux d’intérêt est ingérable parce qu’elle ne s’arrête que quand la bulle explose.

                    • Partir avec une caisse remplie d’une monnaie qui ne vaut plus rien est idiot. Même les voyous les plus endurcis ne le sont probablement pas autant. On dirait bien que vous projetez les tares des monopoles sur la concurrence monétaire. Mais c’est une impasse logique car ces tares résultent des monopoles monétaires.

                      Les monopoles monétaires sont comme n’importe quel monopole public, bourrés d’effets indésirables parfois non désirés, mais plus souvent avidement recherchés par leurs bénéficiaires pour parasiter l’économie.

                    • Mais absolument personne ne peut vous dire qu’une monnaie ne vaut rien, ou qu’elle vaut quelque chose …. à part la partie émettrice, donc toute banque peut à tout moment partir avec son stock d’or ou de monnaie d’autre banques dès lors qu’elle voit que son business tourne vinaigre.

                      Elle peut aussi spéculer sur des valeurs et émettre du cash pour couvrir, ou émettre des taux trop hauts pour gagner des clients, taux qu’elle ne peut fournir que par création monétaire, etc…

                      Tous cela n’a rien à voir avec une histoire de monopole, c’est intrinsèque à la nature de la monnaie qui projette le problème dans le futur.

                      « Vous n’avez plus d’argent sur votre compte dit le banquier … c’est pas grave, je vais vous faire un chèque dit le client »

                      La seule solution est de séparer complétement monnaie et crédit – dixit Allais, Friedman, Rothbard …

                    • @Stéphane Boulots
                      « absolument personne ne peut vous dire qu’une monnaie ne vaut rien, ou qu’elle vaut quelque chose …. à part la partie émettrice »
                      C’est exactement le contraire : une monnaie ne vaut plus rien quand plus personne ne veut la RECEVOIR, quoi que puisse en penser la « partie émettrice »
                      Si, une banque émettrice de monnaie gère mal sa propre monnaie, elle n’aura vite plus de clients pour utiliser cette monnaie et disparaîtra donc de la scène monétaire, d’autant plus qu’en gérant bien ses réserves (dans des monnaies plus solides que la sienne comme vous le suggérez), elle aura favorisé ses propres concurrents.
                      Comme si Renault se mettait à offrir des voitures pourries tout en stockant des Mercedes. In fine, Renault ne vendrait plus ses propres voitures et n’aurait plus qu’à devenir revendeur de Mercedes. A votre avis, qui serait le gagnant ?

              • Il faut voir la monnaie représentative strictement comme un outil dans un système de gestion de risques.

                Le vrai capital, c’est ce qu’il y a de réel et d’utile dans le coffre de la banque qui émet la monnaie: de l’or, des , des titres de propriété, etc…

                Le coffre de la banque représente une sécurité contre le vol et un outil de contrôle de la propriété. Quand vous déposez un objet de valeur dans le coffre, la banque vous donne un billet qui représente cet objet. Ce billet est beaucoup plus facile à transporter et échanger que l’objet lui-même. L’objet ainsi laissé dans le coffre devient plus sécuritaire que s’il fallait se présenter au marché avec de lourds sacs d’or qu’on risque de se faire voler, ou d’encombrants stocks ou n’importe quel objet de valeur que l’on veut échanger.

                Le coffre de la banque peut aussi inclure des titres de propriété sur des biens de valeur qui se trouvent à l’extérieur du coffre. Ces titres de propriété, sous forme de papier, sont bien sécurisés à l’intérieur du coffre, mais les biens eux-même sont quand même soumis à certains risques, comme par exemple une propriété immobilière risque l’incendie, une propriété territoriale risque l’invasion, etc.

                Quand une banque reçoit un billet d’une autre banque, elle n’a absolument aucun incitatif à conserver ce billet et à absorber les risques qui lui sont liés à travers les prêts de l’autre banque. Si une banque reçoit un billet qui représente un pourcent de la valeur d’une propriété territoriale stockés dans le coffre d’une autre banque, il est alors préférable de directement réclamer un pourcent de la propriété et de redonner son billet à la banque émettrice, puis de stocker le titre de propriété au coffre. Ceci évite que ce même titre de propriété subisse les risques pris par l’autre banque via le fractionnement de ses réserves.

                Le plus logique pour une banque qui reçoit un billet d’une autre banque, c’est de retourner le billet de banque et de réclamer sa valeur représentative au coffre, puis de gérer elle-même le risque sur ce capital.

  • Pourquoi utiliser des mots comme: Les pseudo-intellectuels, imposteurs, diaboliques pour décrédibiliser ceux qui ont d’autres vues sur la monnaie ?
    La qualité de votre analyse et propositions ne suffisent pas ?

    • Parce que j’aime bien troller les nationalistes primaires 🙂 et que le nationalisme est sans doute la philosophie que j’abhorre le plus. Que voulez-vous, la neutralité n’existe pas !

  • Guillemin excellent !

  • Le free banking fait référence à Hayek (ultra-libéral). C’est la mise en concurrence des monnaies bancaires. Le problème est de savoir si ladite concurrence peut réellement exister.

  • Dans quelle monnaie payera-t-on ses impôts ?

    Une monnaie étatique est indispensable pour payer ses impôts. Doit-elle être en monopole pour autant ? Non.

    • Je ne vois pas a priori d’incompatibilité entre free banking et le fait que l’État définisse une monnaie (même la sienne, tant qu’elle n’est pas en position de monopole) pour le règlement des impôts.

  • A propos de votre paragraphe sur le « nationalisme primaire », d’abord, je trouve le terme « nationalisme » maladroit ou malhonnête, le terme « souverainisme » me semble plus adéquat, non seulement il décrit mieux la pensée de ce que vous nommez ces « pseudos intellectuels », mais il est aussi tout de même moins connoté. La question de la compétence des fonctionnaires des banques centrales n’est pas la question, ce qui importe c’est les choix, les décisions qui font la politique de ces banques. Remarquez bien que je parle de politique et non pas d’économie car les banques centrales font de la politique, c’est pour cela que les laisser hors du contrôle démocratique pose problème (ce qui ne signifie pas les subordonner à une instance, après tout nous vivons dans des sociétés démocratiques qui connaissent la séparation des pouvoirs). Or ces choix, ces décisions ne seront pas les mêmes selon que ce soit une banque centrale nationale ou confédérale (ou fédérale). C’est une évidence, dans le cas d’une banque centrale nationale, on peut imaginer que les décisions prises iront dans l’intérêt du pays, dans le cas d’une banque centrale confédérale ou fédérale, les décisions seront prises en fonction des rapports de force entre confédérés, certains y gagnant et d’autres étant lésés. Votre comparaison Ile-de-France, Francfort, Londres, Corse, Réunion n’a pas grand sens car vous oubliez un élément fondamental, dans un pays comme la France, il existe un système de transfert entre régions. Même si celles-ci sont économiquement différentes, ces transferts sont là pour compenser cette différence. C’est précisément ce manque que dénoncent ceux qui prônent un retour aux monnaies nationales. Si ce transfert avait lieu, un retour aux monnaies nationales n’aurait pas lieu d’être.

    Vous dites que la BCE a le monopole d’émission monétaire, c’est à moitié vrai. Les banques privées émettent, créent de la monnaie en permanence et contrairement à la pensée dominante (le fameux multiplicateur monétaire), ce n’est pas la conséquence d’une émission monétaire des banques centrales. Au contraire, comme l’ont démontré Prescott et Kydland, la causalité est inverse : c’est parce que les banques privées créent de la monnaie que les banques centrales doivent augmenter la base monétaire. Par contre, il est vrai que les euros créés par la banque A ont la même valeur que les euros créés par la banque B. On pourrait imaginer un système où les euros A et les euros B seraient soumis à un marché de change, ce système en plus d’être compliqué pour les transactions, conduirait à des coûts de conversion important, et serait très instable. Vous semblez également critiquer la création monétaire des banques privées, mais sans cette création monétaire, le profit monétaire et in fine le capitalisme est impossible, comme l’ont expliqué des auteurs aussi divers que Marx, Keynes, Schumpeter, Minsky !

    Enfin, il est dans la nature de la monnaie d’être monopolistique. Imaginons une société qui ne possède aucune monnaie, les échanges se résument à du troc. Maintenant imaginons un groupe d’individus qui décident pour faciliter les échanges entre eux de s’entendre sur une marchandise commune qui servira d’intermédiaire entre les échanges, une proto-monnaie est née. On peut bien entendu imaginer qu’à l’intérieur de cette société, d’autres groupes se formeront et institueront leur propre proto-monnaie (dans la suite du paragraphe afin d’alléger, je parlerai de monnaie). Un individu isolé qui veut commercer, sera donc contraint d’adopter la monnaie d’un des groupes. Ainsi, lorsque vous écrivez « chacun devrait librement utiliser ce qu’il considère comme monnaie et en quoi il a le plus confiance », c’est impossible en matière monétaire. Ce qui compte ce n’est pas ce que vous considérez comme monnaie mais ce que considère les autres comme monnaie, non seulement pour pouvoir vous procurez des marchandises mais également lorsque vous vous faites payer, pour être certain que ce qu’on vous donne comme monnaie sera acceptée par les autres agents si vous voulez vous procurer des marchandises. Il sera alors plus avantageux pour l’individu isolé d’adopter la monnaie du plus grand groupe, puisque celle-ci lui permettra d’effectuer un plus grand nombre d’échanges. Les membres des groupes minoritaires auront eux-aussi intérêt à adhérer au groupe majoritaire s’ils veulent augmenter leurs possibilités d’échange. Sinon, pour commercer avec des membres du groupe majoritaire, ils devront convertir leur monnaie en monnaie du groupe majoritaire, ce qui entraînera des coûts de conversion. Pour minimiser ces coûts de conversion tout en ayant la plus grande possibilité d’échanges, la meilleure solution est bien d’adopter la monnaie du plus grand groupe. Ainsi, petit à petit, le groupe majoritaire deviendra dominant jusqu’à devenir monopolistique. Bien entendu, on peut imaginer qu’il restera un groupe minoritaire qui préfèrera conserver sa propre monnaie pour des raisons extra-économiques mais si on s’en tient à la dimension économique, on voit bien qu’il est dans la nature de la monnaie de devenir monopolistique.

    • Rien dans tout ça ne justifie un véritable monopole imposé par la loi.

      • la loi ne fait constater une situation de facto

        • On connait cette théorie « moderne » de la monnaie. Une théorie efficace pour de la monnaie un outil au service des gouvernants. Pour une théorie qui permet d’avoir une monnaie au service des acteurs économique, il faut aller ovir ailleurs.

        • Non, elle va plus loin en imposant une monnaie d’Etat. Même si de fait les agents économiques décidaient librement d’utiliser tous la même monnaie par commodité, ça n’est pas une raison d’interdire d’en proposer ou d’en utiliser une autre. Ne pas confondre monopole légal avec le fait que tout le monde utilise (librement) le même instrument d’échange.

          • Ce qui me pose problème dans cette distinction monopole de jure/monopole de facto (tout comme dans la distinction de Hayek entre ordre spontané et ordre dirigé) c’est qu’elle ne permet pas de comprendre d’où vient le monopole de jure (ou d’ordre dirigé). On peut très bien concevoir que ce monopole légal est une conséquence de la main invisible, les individus se mettent d’accord pour ne tolérer qu’une seule monnaie. Cela ne signifie pas que ce monopole existera éternellement, il pourra être renversé, l’histoire est pleine d’exemples, et là encore ce sera là encore le résultat de la main invisible.

            C’est une des grandes faiblesses des libertariens, ne pas concevoir que l’existence de l’Etat et donc de monopole de jure puisse être la conséquence de la main invisible.

            • Sauf qu’on sait bien que les individus ne sont pas mis d’accord pour tolérer une seule monnaie. Dès lors qu’une telle unanimité est impossible à prouver, non seulement à son origine mais également à chaque instant, le monopole légal est manifestement non conforme à la volonté de chacun.

              C’est la grande force des libéraux de prouver sans contestation possible que l’existence de l’Etat non régalien n’est pas la conséquence du marché libre par le simple fait qu’ils contestent cette forme d’Etat. Il en va de même avec les autres mensonges collectivistes, contrat social et consentement à l’impôt par exemple. C’est bien pourquoi le libéralisme fait paniquer les socialistes de toutes les couleurs.

              Ah, au fait… Affirmer que « c’est parce que les banques privées créent de la monnaie que les banques centrales doivent augmenter la base monétaire » démontre sans doute une imagination très fertile dans l’expression de thèses économiques farfelues mais est évidemment faux du point de vue de Prescott et Kydland. Prescott et Kydland ont seulement démontré que les politiques discrétionnaires étaient nécessairement inefficaces. Conclusion : les banques centrales ne doivent pas avoir de politique monétaire, ce qui signifie en dernière analyse qu’elles ne doivent pas exister. Là encore, tempête sous le crâne de nos braves collectivistes qui s’empressent d’inventer n’importe quelle calembredaine pour dissimuler les évidences de la réalité.

              • En réalité, si on s’en réfère à la théorie de l’action de Mises, le fait que chaque individu utilise la monnaie officielle lors de transactions est la preuve du consentement des individus ! Une des contradictions de l’école Autrichienne (parmi d’autres) .

                Autre argument : si on admet les postulats néoclassiques et de l’école autrichienne, à savoir pour faire simple, les individus veulent maximiser leur profit, le recours à une unique monnaie est une conséquence logique. Il est donc logique d’imaginer que les individus se mettent d’accord sur une monnaie unique. Si on n’admet pas cela, cela signifie qu’on remet en cause les fondements néoclassiques et de l’école autrichienne !

                Que tous les individus ne soient pas d’accord ne prouve nullement qu’il ne s’agit pas d’ordre spontané. Une entreprise peut très bien cesser de produire un bien qu’elle estime pas assez rentable parce que quasiment plus personne n’en veut, cela ne signifie pas que tous n’en veulent pas. L’ordre spontané pas plus que l’ordre dirigé ne permet un accord de tous.

                L’Etat régalien n’est pas non plus la conséquence de l’ordre spontané ou du marché libre.

                Je vous invite à lire « Business cycles : real facts and a monetary myth », dans lequel Kydland et Prescott grâce à une étude empirique montre que c’est l’agrégat monétaire M2 voire la différence M2-M1 qui pilotent les cycles monétaires.

                Le paradoxe lorsque je vous lis, c’est que vous êtes un défenseur de l’ordre spontané mais en même temps vous voulez déformer, changer la réalité actuelle (par exemple en proposant de supprimer les banques centrales). C’est une caractéristiques là encore à la fois des néoclassiques et de l’école autrichienne. Comme la réalité ne correspond pas à leurs théories, il faut la changer. C’est pleinement ce que Hayek appellerait du constructivisme !

                •  » le fait que chaque individu utilise la monnaie officielle lors de transactions est la preuve du consentement des individus »

                  Ben non puisqu’on les FORCE, au vrai sens du terme, à utiliser la monnaie officielle.

                • « Autre argument : si on admet les postulats néoclassiques et de l’école autrichienne, à savoir pour faire simple, les individus veulent maximiser leur profit, le recours à une unique monnaie est une conséquence logique »

                  Pour commencer, les postulats de l’école néoclassique et ceux de l’école autrichienne ne sont pas les mêmes donc faire comme s’ils l’étaient démontre soit la malhonnêteté soit l’ignorance de l’auteur. Et d’autre part, il faudra m’expliquer, avec les postulats de l’école autrichienne, en quoi un système monopolistique de monnaie unique en serait une conséquence logique.

                  Plus généralement, quand on vous lit on se demande si vous avez compris quoique ce soit aux théories autrichiennes ou à l’ordre spontané. Parler d’une loi non librement consentie, imposant par la force le monopole légal d’un produit ou d’un service comme un exemple d’ordre spontané, c’est… comment dire… Non je ne dis rien, je vais être désobligeant…

            • C’est pourtant simple : il suffit d’observer. Si chacun agit pour lui-même sans décider à la place des autres; l’ordre qui en résulte est spontané. Dès l’instant où certains décident à la place des autres, on ne peut plus parler d’ordre spontané. Il « résulte de leurs actions, mais n’entrait pas dans leurs intentions » (Adam Smith). Un monopole de jure vient de la volonté de certains de l’imposer.

              • Un exemple sur l’ordre spontané. Imaginons, deux tribus qui guerroient pour un territoire, l’issue de la guerre, et donc la domination du chef de l’une ‘entre elle sur les habitants du territoire est une conséquence d’un ordre spontané (décisions des chefs, capacité de commandement et de stratégie, efficacité des membres des tribus respectives, géographie du terrain, météo, etc). Par contre, l’extermination des membres de la tribu vaincue décidée par le chef est le résultat d’un ordre dirigé. L’ordre spontané peut engendrer un ordre dirigé et réciproquement un ordre dirigé peut engendrer un ordre spontané. C’est d’ailleurs un paradoxe de la pensée libertarienne : pour atteindre leurs objectifs politiques ou tout simplement que leurs théories économiques correspondent à la réalité, il est nécessaire de transformer celle-ci, de la changer. Du constructivisme aurait dit Hayek.

                • Non effectivement, vous n’avez rien compris à l’ordre spontané. Prendre comme exemple, la violence, donc l’atteinte aux droits naturels d’autrui, pour l’illustrer le prouve.

        • Nous avons tous que les dirigeants (despotes) ont toujours eu pour principale but de contrôler la monnaie véritable symbole et arme du pouvoir. La loi c’est moi disait déjà henry IV et cela n’a pas changer jusqu’à aujourd’hui. si demain les échanges commerciaux en or son autorisé je fait le parie qu’une part non négligeable du commerce y aura recourt.

    • Non, nationalisme est bien plus évocateur pour désigner ceux qui ne conçoivent pas la société au-delà du cadre de nation.

      Ensuite, je ne vois pas en quoi une monnaie est amenée à être monopolistique. Vous pouvez très bien avoir un marché dans lequel le prestataire accepte d’être payé en plusieurs monnaies. Et même si la société se réunit autour d’une seule monnaie (ce qui me paraît improbable tant que n’importe quoi peut faire office de « standard »), à partir du moment où cette monnaie « unique » est susceptible d’être remplacée par une autre, ce n’est pas un monopole au sens classique du terme.

      • C’est bien cela qui me pose problème. Ceux que vous appelez nationalistes ne sont pas tous des individus qui ne conçoivent de sociétés au-delà du cadre de nation. Il font simplement le distinguo entre leurs rêves et la réalité présente. J’ajoute que comme je l’ai expliqué ce qu’ils critiquent c’est l’absence de transferts entre Etats confédérés. Si cela existait pas de doute, ils seraient les premiers à défendre ce supranationalisme (sous la condition qu’il respecte la souveraineté démocratique bien entendu).

        Si vous admettez les hypothèses suivantes : (1) la monnaie a pour objectif de faciliter les échanges. (2) Les individus désirent maximiser leurs possibilités d’échange. (3) Les individus désirent diminuer les coûts. La seule solution pour que ces 3 hypothèses soient vérifiées est qu’il existe une unique monnaie (c’est le processus décrit dans mon premier commentaire). Bien entendu on peut imaginer des individus qui acceptent plusieurs monnaies, mais étant donné que tous ne le feront pas, il sera plus avantageux pour les individus de disposer d’une unique monnaie qui maximisera leurs possibilités d’échange et minimisera les coûts de conversion. On peut aussi faire l’hypothèse folle que tous les individus accepteront toutes les monnaies, mais dans ce cas parler de monnaies différentes n’a pas grand sens, les deux seront équivalentes.

        Un monopole même légal peut être remplacé et disparaitre, il suffit de regarder l’histoire pour s’en apercevoir.

        • Absolument d’accord, la monnaie est avant tout ontologique : c’est un symbole culturellement admis qui signifie « valeur due » : la monnaie est avant tout une dématérialisation, un intermédiaire de l’échange.

          Les différents systèmes : coquillages, or, pièces, billets etc… Ne sont que des tentatives d’implémentation plus ou moins proche du pur système ontologique.

          Toute matérialisation de la monnaie est toxique car elle amène des problèmes : limitation du volume, effets sociaux et psychologiques, puissance réservée à certains…

          La privatisation de la monnaie n’est pas du tout cohérent avec la logique libérale : elle donne un énorme pouvoir à l’Etat et aux banques qui n’en sont qu’une version évoluée de manipulation.

          Quel que soit le système, c’est toujours le citoyen qui paie le taux d’intérêt.

        • Vous avez peut-être raison, mais l’important est que les gens restent libres d’utiliser une autre monnaie que cette monnaie « unique », même s’ils sont en minorité. A chacun de décider si c’est plus ou moins avantageux.

          • En fait, il me semble qu’il existe déjà des monnaies alternatives en France, ce qu’on nomme des monnaies complémentaires.

        • Souveraineté démocratique…je sais même pas ce que cela signifie…qu’on peut faire n’importe quoi du moment qu’une majorité d’imbécile l’on décidè. Comme les grecque qui décide démocratiquement de ne pas rembourser leur dettes? à quand le vote pour décider quand commence le jour et finit la nuit?

          • Si vous ne voyez pas la différence entre le fait qu’un individu puisse décider des lois sans rendre compte à personne et le fonctionnement de nos sociétés modernes, je ne peux pas faire grand-chose. En général contre la mauvaise foi, il n’y a pas grand-chose à faire.

            • Par contre les libéraux voient très bien la différences entre démocratie libérale et dictature de la majorité, ou entre les lois respectueuses du Droit et lois qui le violent.

    • L’adoption de la monnaie du plus grand groupe est-elle réellement la solution ? Est-elle seulement envisageable ?

      Tout d’abord, lorsque les coûts de conversion sont réduits, l’argument tombe, entraînant avec lui celui d’un meilleur accès aux échanges. Or, c’est l’essence du progrès économique de réduire les coûts de transaction en général, donc les coûts de conversion en particulier.

      Mais surtout, se pose la question de la liquidité effective de la monnaie. Comment le groupe minoritaire aura-t-il accès à la monnaie du groupe majoritaire ? Il n’y a pas de raison objective pour que la majorité laisse les minoritaires posséder leur monnaie, représentant un droit de tirage sur leur activité, sans leur imposer des conditions d’accès extrêmement défavorables décourageant les transactions et les contrats. Il n’y a pas de raison non plus que les minoritaires acceptent un lien de dépendance aussi déséquilibré. Le groupe minoritaire a tout intérêt à émette sa propre monnaie (gérer ses propres dettes) et à démontrer sa valeur spécifique au groupe majoritaire (sens de l’effort, respect des engagements, honnêteté des transactions, disponibilité). La liberté d’émission monétaire, c’est la liberté de contracter, de s’engager, de s’endetter, sans dépendre d’un groupe spécifique prétendant imposer son hégémonie économique. Plus prosaïquement, si on ne veut pas des monopoles étatiques, à commencer par les monopoles monétaires, c’est bien parce qu’on n’a pas confiance en eux, éclairés par la longue histoire de leurs crimes (mensonges, vols, meurtres).

      Sinon, on n’oublie pas que les monopoles portent en eux les gènes de leur déchéance, parce qu’ils empêchent le processus sain de découverte des prix. Sans les vrais prix déterminés par le marché libre, aucune activité économique n’est durable. Les tarifs (les taux des BC) ne sont pas de vrais prix : les prix administrés sont des faux prix mensongers, décidés arbitrairement par des amateurs économiques, professionnels de la politique ou de l’administration. La violence politique, avec la multiplication de lois immorales, retarde temporairement l’échéance. Mais, de crises en crises de plus en plus rapprochées, le moment de l’effondrement approche inéluctablement. Pire, à chaque effondrement, les Nations ont jusqu’à présent instauré de nouveaux monopoles, promesse du prochain effondrement dans un cycle tragique. L’institution d’un régime de concurrence monétaire (une banque = une monnaie) est l’unique moyen d’échapper définitivement à l’instabilité intrinsèque des monopoles.

      Si on s’en tient à la dimension économique, la confiance dépendant de la liberté contractuelle, notamment celle des prix, on voit bien qu’il n’est pas dans la nature de la monnaie de devenir monopolistique. Ce n’est pas l’économie mais bien la nature illégitime du pouvoir politique qui explique l’existence des monopoles.

      • Comme je l’ai dit précédemment, si on admet les postulats suivants (qu’admettent à la fois les néoclassiques et l’école autrichienne) : (1) la monnaie a pour objectif de faciliter les échanges. (2) Les individus désirent maximiser leurs possibilités d’échange. (3) Les individus désirent diminuer les coûts, la conséquence logique est une monnaie unique.

        Les coûts de conversion en seront jamais nuls, il faudra toujours payer les individus qui permettront de changer la monnaie, même dans le cas de monnaie numériques, sans compter la perte de temps, sans parler non plus de l’instabilité d’un tel système, le taux de change n’étant pas nécessairement fixe au contraire.

        « Comment le groupe minoritaire aura-t-il accès à la monnaie du groupe majoritaire ? » Deux possibilités. Dans le cas de ce que je nomme une proto-monnaie ou monnaie marchandise, (par exemple des coquillages, du bois voire même de l’or), chaque individu peut produire cette monnaie (ramasser des coquillages, couper du bois, extraire de l’or). Dans le cas d’une monnaie « moderne », il obtiendra de la monnaie tout simplement en échangeant ses marchandises contre des membres du groupe dominant.

        La nature de la monnaie est d’être hégémonique, nier cela c’est nier la réalité, vouloir la déformer, la transformer. De la même manière il n’existe pas de « vrais » prix dans la réalité, seulement dans les modèles économiques néoclassiques ou autrichiens qui n’ont pas grand-chose de réalistes.

  • Que pensez vous de ce document émis par la Bank of England, expliquant le système de réserve fractionnaire ?
    http://www.bankofengland.co.uk/publications/Documents/quarterlybulletin/2014/qb14q102.pdf

    • Excellent document qui explique bien que le système actuel est exactement identique au free banking et que les banques centrales n’ont absolument aucun impact sur les réserves fractionnaires, à part une régulation complètement illusoire : se sont au final les citoyens qui paient la création monétaire, création qui retourne dans les caisses de l’Etat.

      Toute création monétaire finit toujours par être payée par le citoyen et par aboutir dans les poches de l’Etat.

      • Sur ce dernier point, vous avez raison, mais il est faux de dire que « les banques centrales n’ont aucun effet sur les réserves fractionnaires ». Justement parce que la création monétaire aboutit dans les poches de l’Etat, celui-ci l’encourage en dispensant les banques de supporter les conséquences d’une création monétaire excessive qui, dans un régime de banque libre, les conduirait à la faillite, et dans un régime de concurrence monétaire éliminerait certaines monnaies au profit d’autres mieux gérées.

        • L’Etat ne peut pas faire faillite, au pire il peut faire défaut, disparaitre, devenir totalitaire … mais il n’a de compte à rendre à personne et surtout pas aux citoyens, ni aux banques.

          A l’extrême limite aux autres pays si ceux-ci lui prêtent de l’argent, mais la faillite du système islandais et son impact sur les avoirs anglais ont bien montré la limite du système : dans un système de connivence privé publique, l’intervention d’un Etat pour récupérer ses avoirs trouve très rapidement ses limites. Le psychodrame grec en est un autre exemple.

          Le point qu’il faut bien comprendre est qu’une monnaie est bien plus intéressante pour ses clients quand elle est très mal gérée, donc la concurrence marche complétement à l’envers avec la monnaie.

          Vous placerez votre argent dans une banque qui vous rémunère à 0% ou à 10% par an votre compte courant ?

          Tout système de création monétaire est un système de Ponzi en puissance, d’une manière ou d’une autre.

          C’est pour cela que la seule solution est de complétement banaliser ce système – cf le plan de Chicago, qui paradoxalement implique une monnaie unique, centralisée, un taux directeur nul et une interdiction de la création monétaire autonome, mais qui est la seule solution qui permette au reste de l’économie de fonctionner dans un marché libre.

          Ce n’est pas l’Etat qui encourage les banques à la création monétaire : c’est le business model actuel des banques de faire de la création monétaire : les dégâts étant recyclés via les dettes publiques, c’est au final le citoyen qui paie.

          • Et vous, si vous avez le choix, vous placerez votre argent dans une monnaie qui perd 10 ou 20% de sa valeur chaque année parce on en crée trop ? (qui que ce soit qui la crée ?)

            Ce n’est pas pour ses clients qu’une monnaie est bien plus intéressante quand elle est très mal gérée, mais pour ceux qui la gèrent (en l’occurrence les États, à condition qu’ils en aient le monopole).

            En régime de libre concurrence entre monnaies, les monnaies mal gérées disparaîtront comme les voitures mal conçues et mal construites dans un régime de libre concurrence entre les marques d’automobiles.

            • Alors là oui, mille fois oui : je n’ai aucune raison de stocker du PQ, mais par contre, j’adore les crédits avec 20% d’inflation. Et comme les réserves fractionnaires permettent de fabriquer du crédit à volonté …

              Et si c’est dans la monnaie d’une autre banque, alors là c’est carrément Byzance : je ne prend aucun risque pour mes dépôts et je plante une autre banque, ce qui fait que je ne rembourserais même pas le crédit !

              • Donc si je vous comprends bien vous auriez acheté des marks en 1923, des cruzeiros brésiliens dans les années 80 et des dollars zimbabwéens en 2000. Chapeau !
                En tous cas, je ne vous confierais pas mes économies.

                • Pour ce qui est des économies vous avez raison, mais ceux qui ont obtenu un prêt en mark pour acheter de l’or l’ont remboursé avec un dixième de leur stock un mois plus tard.

                  A moindre niveau l’inflation a favorisé l’achat immobilier et les investissements spéculatifs dans les années 50 70

                  La création monétaire favorise les bulles et les banques sont les premières à se servir (ou à tenter leur chance)

                  La seule vraie richesse est patrimoniale et tout système monétaire ne fait que rendre toxique l’économie : en fin de compte le seul bénéficiaire même en free banking est l’Etat parle que dans tout système monétaire à masse finie, la balance penche toujours vers le plus gros patrimoine et les biens individuels étant préemptibles par l’Etat c’est David contre Goliath.

                  La seule solution est le 100% monnaie parcs qu’alors la monnaie redeviendra ce qu’elle a toujours été sensé être : une reconnaissnce de dette, un symbole de crédit.

      • Rien de nouveau sous le soleil, et alors? Je doute fortement que les banques centrales ai été créé pour rien…

      • « le système actuel est exactement identique au free banking »

        LOL.

  • Tout cela rejoint au final la disparition progressive du principe d’Etat nation.
    Je pense que progressivement nous allons y venir, l’actualité et l’avenir nous montrent bien que ce principe va peu à peu devenir obsolète.
    Comme le dit l’auteur en effet il y a plus de similitudes entre Londres et Paris que Paris et la Corse par exemple.
    Je vis à Bruxelles, ville très cosmopolite, et on ressent bien ce brassage.
    Avec internet, vous pouvez désormais communiquer avec n’importe qui dans le monde.
    Je pense qu’il y aura dans le futur de plus en plus de petits groupes, avec leurs modes de vie, système économiques etc, donc pourquoi pas des émissions privées.
    Si une banque privé fait faillite, sa devise le sera aussi, tant pis pour ceux ayant fait confiance à cette banque.
    Après tout ce n’est qu’une question de cycles, nous avons eu les tributs, les royaumes, les tirannies, les empires, les duchés, les cités etats, les etats nations etc….

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