Roland Garros, ou la vision de la démocratie de Valls et Hidalgo

Roland Garros - Maria Sharapova - Crédits : Rocor via Flickr (CC BY-NC 2.0

Le Premier ministre va signer les permis d’extension de Roland-Garros sur les Serres d’Auteuil.

Par le Parisien libéral

Roland Garros - Maria Sharapova - Credits Rocor  (CC BY-NC 2.0)
Roland Garros – Maria Sharapova – Crédits : Rocor via Flickr (CC BY-NC 2.0)

 

Le tournoi de Roland Garros est bientôt fini, la productivité va pouvoir remonter… Enfin, bientôt fini, pas exactement. Comme dirait Alexandre Gady, le président de la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France, « c’est la guerre ! »

Voyez plutôt !

tweet élus PS Paris

Qu’est-ce qui rend la maire de Paris, le maire du Xème, le maire du IIIème et le président de l’Assemblée Nationale si guillerets ? Ils se sont rendus à Roland Garros, et en plus, ils en ont profité pour montrer à Manuel Valls à quel point ils sont contents de la décision du gouvernement, prise vendredi : le Premier ministre va signer les permis d’extension de Roland-Garros sur les Serres d’Auteuil.

Souvenez-vous : le tournoi de Roland Garros a un problème, il dispose d’une surface trop petite, et pour pouvoir rester compétitif, il dispose de deux options : s’agrandir ou déménager. Pour le déménagement, apparemment, c’est exclu. La très chic FFT juge que les villes de Gonesse, Évry, Marne-la-Vallée et même Versailles, oui, Versailles, ne sont pas dignes d’accueillir l’open de France.

C’est le 16ème ou rien !

Quant à l’agrandissement, il y avait, là encore, deux options : une qui consistait à couvrir un bout d’autoroute, la A13, afin de gagner de la surface utile, ou d’étendre le stade sur un espace vert voisin et classé, les Serres d’Auteuil.

D’aucuns, à commencer par Anne Hidalgo, maire de Paris, et Manuel Valls, Premier ministre, diront : on peut bien sacrifier les Serres d’Auteuil si cela sert le fameux intérêt général, vous savez, celui qui a couvert le pays de lignes TGV déficitaires, et la dette qui va avec. Mais, en même temps, Anne Hidalgo n’est-elle pas la maire qui a déclaré : « nous présentons dès le début de la mandature une somme de mesures destinées à favoriser la participation de nos concitoyens. Parce que les Parisiens ont toute légitimité à prendre part aux débats portant sur l’avenir de leur ville, je veux leur donner les moyens d’une expression libre et élargie » ? N’est-elle pas la maire qui crie au « recul démocratique » quand  les députés votent, contre son avis, la création de « zones touristiques internationales », en particulier à Paris, où les commerces pourront ouvrir les dimanches et soirs ?

Autrement dit, pour Manuel Valls et Anne Hidalgo, la démocratie consiste-t-elle à être d’accord avec les décisions déjà actées par la mairie de Paris et l’exécutif ?

C’est à souhaiter que les ZADistes de Notre Dame des Landes plantent leurs tentes Porte d’Auteuil ! Le dialogue fondé sur les arguments de droit et la demande de respect de l’opinion des riverains pèse peu lourd face à la volonté du PS de construire un pôle de sport business dans le sud du 16ème, en total accord avec la vision jacobine des socialistes, et contre tout bon sens.


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