10e anniversaire du référendum sur la constitution européenne

Daniel Hannan - Crédits : Gage Skidmore via Flickr (CC BY-SA 2.0

Une déclaration du député européen Daniel Hannan en mémoire du référendum français du 29 mai 2005.

Une déclaration du député européen Daniel Hannan en mémoire du référendum français sur le traité constitutionnel européen qui s’était déroulé le 29 mai 2005.

Par Daniel Hannan.

Voilà dix ans que la France a rejeté la constitution européenne. 15 millions de Français courageux ont voté par procuration, au nom des 500 millions d’Européens privés de référendum. Vous avez voté pour que vive la démocratie, la liberté et, oui, pour que vive l’Europe : la seule, la vraie, celle de nos vieilles et belles nations, porteuses d’une civilisation millénaire. Vous avez voté pour l’Europe des nations souveraines, contre cet Empire de la norme piloté par Bruxelles.

Ce jour-là, le 29 mai 2005, c’est l’honneur de la France qui a rayonné, partout. Dans tous les pays, les amoureux de la liberté vous ont applaudis. Car, sachez-le, chers amis Français, dans le monde entier, on se fait « une certaine idée de la France ». L’idée d’une France confiante, souveraine, française et donc libre.

Ce jour-là, cette « certaine idée » s’est exprimée haut et fort. Les peuples croyaient alors en avoir fini avec l’empire des technocrates apatrides.

Dix ans plus tard, que s’est-il passé ? Mise à la porte par les peuples, cette Constitution est revenue par la fenêtre du traité de Lisbonne, avec :

  • Un Président européen,
  • Un ministre des Affaires étrangères et son armée de diplomates,
  • Une liste illimitée de pouvoirs entre les mains des commissaires,
  • La majorité qualifiée, sans droit de veto pour protéger les intérêts vitaux,
  • La subordination de nos Constitutions nationales.

Les technocrates ne construisent pas l’Europe des nations. Ils essaient de fusionner nos peuples, malgré eux.

Le choix démocratique a donc été simplement annulé. Le « non » du peuple français a été effacé. Comme celui des Pays-Bas et de l’Irlande. Comme le « non » de tous les peuples, dont le mien, réduits au silence, parce que leurs dirigeants étaient trop lâches pour leur demander leur avis.

Le projet supranationaliste est comme un mort-vivant. Vous pensiez l’avoir tué, il parvient à arracher le pieu de son cœur et à reprendre sa route. Criblez-le de balles, il titube à peine. Rien ne l’arrête : ni le droit, ni la volonté des peuples européens.

Mes chers amis, vous n’avez pas mérité cela. Nous méritons tous d’être respectés, dans notre expression démocratique et dans nos singularités nationales.

Le jour approche où les Européens, les vrais, auront à rebâtir, au milieu des débris. Refonder l’Europe de la dignité, de la souveraineté et de l’indépendance des nations. Une Europe où nous pourrions vivre non en mauvais colocataires, mais en excellents voisins. Une Europe où la loi, l’impôt seront décidés par vos représentants, et personne d’autre. Une Europe dans laquelle, votre pays comme le mien, pourront de nouveau être eux-mêmes.

Vive la démocratie ! Vive la République ! Et vive la France !