Un mois de juin difficile pour la Grèce

Très prochainement, la Grèce sera officiellement en cessation de paiement.

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Un mois de juin difficile pour la Grèce

Publié le 1 juin 2015
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Par Stéphane Montabert

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Grèce – Crédits : RG1033 (Creative Commons)

 

La Grèce fera officiellement défaut au mois de juin. L’information a été très publiquement révélée il y a quelques jours par le ministre de l’Intérieur Nikos Voutsis sur la chaîne privée Mega, interrogé à propos des échéances dues au FMI dès le 5 du mois jusqu’au 19 et totalisant 1,6 milliard d’euros :

« L’argent ne sera pas versé. Il n’existe pas. »

Les coffres de la Grèce sont à sec. En réalité, la Grèce aurait dû échouer à rembourser le FMI dès le mois de mai. On raconte qu’il serait resté moins de 30 millions dans les caisses. M. Tsipras avait même rédigé une lettre en ce sens au FMI de Mme Lagarde. L’échéance fut respectée au dernier moment par l’utilisation inopinée d’un fonds d’urgence du FMI de 650 million d’euros théoriquement réservés aux circonstances exceptionnelles (catastrophe naturelle par exemple) et remboursable sous un mois, et dont le gouvernement grec n’avait pas connaissance !

On croit rêver mais c’est la stricte vérité : la Grèce a payé les traites du mois de mai au FMI avec de l’argent soutiré au FMI. Bel exemple de circularité.

Même si la Grèce pratique la cavalerie aux yeux de tous depuis des années (comme toutes les social-démocraties occidentales d’ailleurs) la ficelle a été cette fois-ci suffisamment grosse pour que le FMI jette l’éponge. Il a demandé à être relevé des négociations sur un prochain plan d’aide européen pour la Grèce.

Depuis et indépendamment de cette anecdote, la Grèce se démène pour tenter d’arracher un allègement de la dette du pays, ce qui implique évidemment que les prêteurs assument des pertes sur leurs créances, articulées entre 60 et 85%. Inacceptable pour les pays européens qui sont devenus les principaux bailleurs depuis la dernière restructuration de la dette consécutive à la faillite de 2012. Ce n’était jamais que la sixième du genre

Pour ne pas provoquer une panique bancaire (qui arrivera quoi qu’il arrive dans les prochains jours), le gouvernement grec passe son temps à souffler le chaud, selon lequel un accord va bientôt être trouvé, alors que l’Europe souffle le froid à l’aide de démentis cinglants.

Les positions sont tout simplement irréconciliables.

grèce rené le honzecCôté grec, on estime avoir fait tous les efforts possibles. Le gouvernement accepte l’idée des réformes mais a posé certaines « lignes rouges » sur ce qu’il est prêt à accepter de la part de la Troïka. Malheureusement, ces lignes infranchissables concernent la privatisation de services publics, la diminution du nombre de fonctionnaires et d’autres mesures qui vont totalement à l’encontre de la base idéologique de Syriza, le parti au pouvoir (sans compter qu’elles ne ramèneraient jamais assez d’argent).

Côté européen, la position grecque exaspère. Le gouvernement Tsipras a perdu l’essentiel de sa crédibilité. Sachant que la Grèce est sur une trajectoire impossible à stopper, l’Europe n’a guère envie de lui accorder les milliards d’euros de la dernière tranche du « plan d’aide » bloquée depuis l’automne dernier.

Après des années de lutte, de tergiversations et de faux-semblants, la situation est arrivée à son dénouement. La Grèce n’a plus aucun expédient pour payer les échéances de ses dettes, et probablement plus assez pour payer les traites des fonctionnaires, les retraites ou simplement les fournitures de base de ses hôpitaux.

Incapable d’honorer les remboursements de ses créanciers, incapable de faire face à ses engagements intérieurs, le gouvernement d’Alexis Tsipras est promis à l’effondrement. Le gouvernement grec est loin de reposer sur une base solide. Le parti Syriza, peu accoutumé aux compromis qu’implique l’exercice du pouvoir, se partage entre les « pragmatiques » et les « idéalistes ». Une motion de la « plateforme de gauche » (un courant dans le parti) demandant une cessation de paiement explicite fut rejetée de justesse dimanche dernier avec une avance de seulement 20 voix. Dans le contexte actuel, ce vote n’a plus aucune importance, mais il révèle les fractures au sein du parti d’extrême-gauche.

Le 5 juin, la Grèce sera en cessation de paiement. Elle ne pourra pas allouer d’argent à son créancier le plus prioritaire. Il faudrait trouver pour cela 2,2 milliards d’euros d’ici au 16 juin ! Et il ne s’agit que du remboursement pour le FMI ; la Grèce doit encore rembourser un total de 7,8 milliards d’euros d’ici au 25 juillet. L’Europe peut faire une croix sur ces versements, tout comme la BCE d’ailleurs, qui n’avait même pas le droit de donner de l’argent au pays mais qui s’est permise de le faire tout de même…

Lorsque M. Tsipras enverra pour de bon la lettre avouant au FMI que son pays est incapable d’honorer ses engagements, il ouvrira une période de négociation d’un mois pendant laquelle il faudra que quelqu’un cède – mais quoi qu’il advienne, l’addition sera forcément pour l’Europe. Ce sera un saut dans l’inconnu.

Décidément, le mois de juin sera bien difficile pour la Grèce.


Sur le web.

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  • Il suffit de voir les récents « commentaires » des Etats-Unis au sujet de la crise grecque…
    Des ordres plutôt.
    Contrairement à ce qu’un esprit rationnel pourrait penser : il ne se passera rien. Du moins, il n’y aura pas défaut. Et la Grèce ne sortira pas de l’Euro.
    L’Euro est politique. Et donc irrationnel.
    Je vous rappelle que toutes les déclarations émanant de Bruxelles… n’ont aucune importance. Celui qui tient le jeu c’est Draghi, à la BCE.
    Et au-dessus, la FED, et donc les USA.
    Sans oublier qu’il y a un enjeu géopolitique avec la Grèce (rapprochement possible avec la Russie en cas de clash).
    Or la BCE alimente en cash les banques grecques, lequel cash sort ensuite, d’un côté par les clients vidant leurs comptes, de l’autre par l’achat de dettes… grecques. La faillite des banques est ainsi évitée.
    Alors oui bien entendu, il y a les échéances. Un « accord » de dernière minute sera trouvé. Un accord qui comme tous les précédents sera un non-accord. De la poudre aux yeux. Mais le cash sera envoyé en Grèce, et sortira ensuite immédiatement pour rembourser les échéances.
    Car, et c’est là où c’est magique… le passif grec est…. notre actif.
    Laisser la Grèce faire défaut, c’est porter un coup de poignard au système bancaire de la zone Euro, avec le risque de mettre à mal le fragile équilibre des taux bas, le QE de la BCE qui sert à refinancer les états etc.
    En clair, quelque chose d’inacceptable pour une institution dont la seule obsession est « save Euro whatever it takes ».

    • Quelqu’un va bien finir par se rendre compte que la survie de la Grèce n’est pas indispensable à la prolongation de l’euro. En fait, tout le monde le sait, mais personne ne veut faire le premier pas de peur d’être accusé d’avoir déclenché le chaos. Mais tout le monde prend ses dispositions en douce, et quand on se résoudra devant les circonstances à lâcher la Grèce, ou à offrir ce cadeau danéen à Poutine, les turbulences s’apaiseront vite.

      • Ce qui fait peur aux dirigeants européens est que la sortie de la Grèce de l’euro pourrait s’avérer une réussite pour la Grèce.
        Ils sont à l’équilibre budgétaire (hors paiement de la dette) et ils n’auraient plus de dettes. Ils auraient du mal à de nouveau emprunter dans un premier temps, mais ils pourraient toujours négocier avec la Chine et la Russie leur position stratégique (ils feraient tjs partie de l’UE).

        Cela apporterait beaucoup d’eau au moulin à un parti tels que le FN (ou d’autres partis nationalistes en Europe), et ça les responsables politiques veulent à tout prix l’éviter, indépendamment de toute notion de bon sens économique.

        • Le resteront-ils une fois sortis de l’€ ?

        • Des chars russes à Athènes ? Oui, c’est peut-être la solution …

        • S’ils sortent de l’Europe et font défaut, ils auront du mal à emprunter, et donc à financer les délires d’un gouvernement socialiste.

        • Passer dans le giron russe, c’est passer de l’Euro-PQ au Rouble-PQ. Leurs caisses sont mal en point, pour les prochaines années.

        • Ne rêvons pas. Le déficit de la Grèce est de 23 milliards, et les intérêts de la dette de 7.2 milliards. Pour aboutir à un prétendu excédent primaire, il faut compter en recettes les aides de la BCE aux banques et la part due à l’effet grec sur les profits de la dite BCE. Le déficit primaire en situation de grexit reviendrait immédiatement à environ 10% du PIB. Pour être viable, la Grèce devra encore faire un rééquilibrage de cet ordre.

          Les responsables politiques n’ont pas à craindre que la Grèce soit un exemple de redressement par la sortie, leur principal problème est de cacher qu’ils ont continué à dépenser des milliards d’argent du contribuable dans un jeu de patate chaude alors qu’ils savaient pertinemment que ça serait en pure perte.

          • Je peux me tromper mais si ils font défaut, ils ne payent plus ni les intérêts nit le capital, donc ils économisent beaucoup plus que 7 milliards pas an.

            • Hum, la dette reste due, ce serait un peu trop facile. Oups, je fais défaut, et chouette, j’ai plus à rien à payer :mrgreen:

              Dans ces conditions, quand est-ce que la fRance s’y met ❓ Cela allégerait le budget ❗

              • Et vous comptez faire comment pour obliger les grecs à payer leur dette?
                A moins d’envahir la Grèce il n’y a pas de solution.

                Si les grecs sont en excédant primaire alors ils ont intérêt à laisser tomber la dette. Ils ne pourront plus emprunter, c’est tout, mais ça c’est pas bien grave.

                • Et quels engagements ont-ils pris ❓ ❓ ❓ ❓ ❓ ❓ ❓ ❓ ❓
                  C’est de cela que tout dépend.
                  Être obligé de louer son ambassade, c’est moins glamour hein ❗

                  Et l’Argentine ❓ Personne n’envahit ce pays ou n’envisage de le faire. Vous déraillez complètement 🙁

                  Si vous pensez qu’ils ont intérêt à le faire, mais qu’ils le fassent donc. Ils arrêteront de nous arnaquer. Alors là, je ne demande pas mieux. Une bonne purge.

                • Comme je le dis plus bas, ils ne sont pas en excédent primaire, cet « excédent » est constitué pour près de 10% du PIB d’aides de l’UE, du FMI et de la BCE, qui ne seraient pas maintenues en cas de défaut.

              • Ah non, ils s’ils décident de faire un défaut total alors ils ne doivent plus rien.

              • La solution est d’annuler , au niveau étatique grec , la dette due au autres états …comme l’URSS l’a fait en 1920. Evidemment , ensuite , vous devenez une sorte de paria international et plus personne ne vous prête un kopeck et comme ce son t des socialistes qui dirigent , cela me semble caduque …

            • Le déficit ne comprend pas le remboursement du capital de la dette. Quel que soit le pays. La dette grecque est de 320 ME, le déficit de 23. En 2014, la Grèce a emprunté dans les 60 à 70 ME, principalement au FMI, à la BCE, et aux contribuables européens à l’insu de leur plein gré, qu’elle a utilisés pour rembourser les emprunts venant à échéance et dépenser 23 ME de plus que ses recettes, dont seulement 7 pour payer les intérêts. En faisant défaut, elle ramènerait sa dette à 0, et toutes choses égales par ailleurs, devrait emprunter 16 ME pour compenser les (23-7) de déficit restants. A la fin de l’année, sa dette serait revenue de 0 à 16, puis 32 l’année suivante, etc. Dans ces conditions, personne ne lui prêtera les 16 ME, bien qu’ils ne fassent que le quart de ce qu’on lui prête actuellement, parce que l’illusion qu’elle puisse les rembourser un jour au lieu de faire défaut à nouveau se sera évanouie.

              • Je ne veux pas être pointilleux, mais quand on parle d’ excédent primaire, que vous mentionnez dans votre premier poste, on parle de la situation budgétaire avant le service de la dette. Le service de la dette comprend les intérêts et le principal (le capital remboursé dans l’année) pas juste les intérêts.

                • Ca n’a pas l’air si clair, car en toute logique, le déficit étant un flux et la dette un stock, si vous comptez les remboursements de principal dans le service de la dette à propos du déficit, vous devez leur soustraire le principal des nouveaux emprunts. Bien entendu, pour la Grèce, le statut des emprunts/aides et des remboursements couverts par la main gauche du prêteur est suffisamment flou pour aboutir à un « excédent primaire », mais en l’absence de ces éléments exceptionnels non récurrents, et avec annulation de la dette, il manquerait bien une quinzaine de milliards pour équilibrer le nouveau départ.

                  • Le capital remboursé dans l’année, si ils empruntent 50 de plus au 1er janvier et qu’ils remboursent le 31 décembre, le service de la dette sur la partie capital sera nulle par contre si ils font faillite le 1er juin , ils gardent les 50 en trésorerie.
                    Evidemment, je grossis le trait mais dans le bordel que doit représenter la gestion de la dette grecque, il y a un moment où ils peuvent avoir de la trésorerie d’avance et qui peut être le moment idéal pour faire faillite. En tout cas, je pense que quelque soit le gouvernement grec qui tente la faillite totale, il le fera après la saison touristique. Je pense que octobre ou novembre 2015 vont être intéressants.

                • Le service de la dette est une grandeur qui agrège ce qui relève de l’activité (intérêts) et du bilan patrimonial (principal). Mais dans les dépenses budgétaires, seuls les intérêts dus pour la période sont comptés. C’est ce qu’on appelle la charge de la dette, mesure différente du service de la dette.

                  Si jamais un Etat veut réellement rembourser le principal de sa dette sans avoir recours à la cavalerie, il n’y a pas de mystère : il doit dégager un excédent après avoir payé la charge de la dette. Autrement dit, l’excédent primaire ne suffit pas. C’est désormais le cas de la Grèce qui n’a plus accès au marché et qui a craché à la figure des derniers créanciers qui voulait bien lui prêter encore.

                  Pour l’Obèse franchouillard, les prévisions 2015 de charge de la dette sont de 45 milliards inscrits au budget de l’Etat :
                  http://www.aft.gouv.fr/rubriques/charge-de-la-dette_93.html
                  et 115 milliards de principal arrivé échéance non inscrit au budget (35 ont déjà été levés) :
                  http://www.aft.gouv.fr/articles/encours-detaille-de-la-dette-a-moyen-et-long-terme_149.html
                  Voilà pour le service de la dette (160 milliards).

                  Mais avec un déficit qui devrait avoisiner les 75 milliards qui s’ajoute aux échéances, l’AFT doit en réalité trouver 187 milliards sur les marchés en 2015. C’est le besoin de financement :
                  http://www.aft.gouv.fr/rubriques/programme-de-financement-de-l-etat_40.html
                  N’oublions pas également le court terme avec les BTF qui n’apparaissent pas non plus au budget :
                  http://www.aft.gouv.fr/articles/encours-detaille-des-btf_184.html

                  On arrive enfin au besoin total (BF + BTF), grandeur encore différente des autres, la seule qui compte vraiment mais qui n’est jamais mesurée, encore moins commentée. Je vous laisse la calculer. En cas de crise type grecque, c’est ce montant qu’il faudra économiser de toute urgence. A ce sujet, notez les échéances pour les années à venir… et bien sûr, on ne parle ici que de la dette de l’Etat au sens strict, sinon ce ne serait pas amusant.

    • « Laisser la Grèce faire défaut, c’est porter un coup de poignard au système bancaire de la zone Euro ». C’est plutôt l’analyse opposée qui semble tenir la corde désormais.

      Céder aux exigences farfelues de Tsipras serait ruiner à coup sûr la confiance dans l’euro. Si elle veut conserver sa crédibilité, la zone euro est contrainte d’expulser la Grèce. En effet, si jamais une partie réussit des négociations agressives, insultantes, avec des lignes rouges artificielles qu’elle prétend ne pas pouvoir franchir, tout en sachant qu’elles sont inacceptables, elle démontre incidemment que son interlocuteur n’a aucune crédibilité. L’autre partie n’a alors d’autre option qu’une inflexibilité de principe. Désormais, ou bien Tsipras cède pour sauver la Grèce et il perd le peu de crédibilité politique intérieure dont il dispose (à l’extérieur, il n’en a aucune), ou bien il ne cède pas, et il devra assumer la ruine de son pays.

      Tsipras a fait « tapis » avec son pays. Il a perdu. Le scandale, c’est qu’un idéologue sans légitimité puisse obérer avec autant de désinvolture l’avenir de ses compatriotes, les Grecs ayant refusé de voter pour lui à une majorité écrasante. A ce sujet, l’argument du résultat démocratique opposé aux créanciers ne tient pas la route une seconde. Ce n’est pas parce que 2 millions de Grecs ont voté pour Tsipras que les 8 millions de Grecs qui n’ont pas voté pour lui, sans oublier les 500 millions d’Européens, devraient supporter les conséquences de ce vote. Tsipras n’a aucune légitimité démocratique.

      D’ailleurs, nous subissons le même problème en France et dans la plupart des social-démocraties. Il y a décidément quelque chose de pourri au royaume des fausses démocraties engluées dans la démagogie socialiste périmée, parfaitement incompatible avec le XXIe siècle.

      • Ce matin Charles Gave dans son billet livre une interprétation assez différente et pense que Tsipras et Varoufakis savent parfaitement ce qu’ils font et ont des cartes en main. Charles se base sur un constat que l’on peut résumer comme suit:

        Lorsque vous devez 100 000 € à votre banquier, vous avez un problème. Lorsque vous devez 300 Mds € à vos créanciers, ce sont eux qui ont un problème…

        • Certes, mais si vous êtes un banquier avec ce genre de problème, vous allez pédaler frénétiquement pour vous couper de votre mauvais client avant que les autres ne pigent le truc. Donc nous sommes dans la phase « canard », nage calme à la surface, palmage accéléré sous la surface.

          • Dans un monde fait de réglementations bancaires qui responsabilisent les acteurs je dirais oui : Puisque l’euro est une création purement politique, et que les règles prudentielles ont changé partant du principe – hélas faux – qu’un état ne faisait jamais faillite, Tsipras a tout intérêt à jouer la montre autant que les banques à prêter à agents insolvables. On voit bien que la première crise s’est soldée par un renflouement d’acteurs privés par de l’endettement publique à cause du « too big to fail », la seconde sera le renflouement des états cigales par les états fourmis, ce qui démontre aussi les fameux transferts qui manquerait à l’euro pour fonctionner ne changeront rien à cette imbécillité monétaire.

            Je crois que Charles a une formule choc du style : Voilà 150 ans que l’industrieuse Italie du nord paie pour le sud et devinez quoi? Le sud est toujours pauvre, sous-industrialisée et gangrenée par la corruption. On peut fabriquer tous les mécanismes qu’on veut, tant que l’irresponsabilité n’est pas sanctionnée (i.e. virer la Grèce de la zone euro) l’euro ne marchera jamais. Comme il y a bien d’autres cigales (suivez mon regard) on va aller à une solution pourrie. Je suis même certains que le QE finira par engendrer des tensions entre états alors que souvenez-vous l’Europe, tousssa c’est la paix et l’euro la croissance et la prospérité pour tous…

        • Avez vous le lien, svp?

        • Sauf qu’en sortant de l’€, la Grèce sombrera sans doute dans une dépression, la drachme s’effondrerait …

          Qui ramènerait ses avoir placés à l’étranger, en supposant qu’ils n’aient pas été confisqués à la chypriote, dans un pays d’EG dont les finances publiques sont à sec ….

          En 1893, la Grèce fit défaut, 10 % de la population du pays quitta le pays …

          Posez-lui la question, QUI va accepter de prêter à la Grèce ? Les Chinois ? Les Russes ? Les US ?

  • les coffres de la grèce sont à sec ……on va leur envoyer nos politiques du ps , ce sont des magiciens , même quand nos caisses sont vides elles sont toujours trés distributives ….quand y en à plus , y’en a encore……

  • C’est une tragédie … grecque moderne. Homer, c’est du passé, on a donc Homer d’alors… Comment rire d’une tragédie?

    La BCE crachera, comme d’habitude, au bassinet au dernier moment, à la rigueur quelques jours plus tard.
    Cela n’empêche pas de se poser la question du maintien de la Grèce dans la zone Euro.

    • bonjour MichelC, Homer d’alors ; j’apprécie je n’y aurais pas pensé ! Quand à la question du maintien de la Grèce dans la zone Euro, quelques autres pays se la pose également .

      • 🙂

        Tout à fait : comment demander aux estoniens avec peu de ressources, qui ont fait des efforts et arrivent à satisfaire les critères, de faire des efforts supplémentaires pour un pays au soleil qui pourrait vivre du tourisme avec peu de chauffage alors que les estoniens n’ont pas grand-chose dans ces domaines. Être visité par les russes ne doit pas trop enchanter ce petit pays balte. Cinq ans pour être encore en déficit, c’est très long, ils sont partis pour plus de 10 ans pour arriver à zéro.

        Si certains peu dotés y arrivent, pourquoi pas ceux qui sont encore plus que dotés correctement ?

        Il est temps de mettre un terme à cette immense plaisanterie.

  • Rappelons pour la bonne bouche… le calendrier officiel des remboursements… jusqu’en 2057.
    http://www.zerohedge.com/news/2015-05-30/greece-what-hell-looks
    Cela met en perspective la pathétique pseudo comédie qu’on nous joue depuis des années.
    La Grèce ne paiera pas.
    Ce qui va se passer : on lui donnera la capacité de « roll over » les remboursements. Elle pourra ainsi emprunter chaque année environ 9 milliards… pour rembourser les 9 milliards de dettes échues.
    Mais ce plan (rappel ; tous les états fonctionnent selon le même principe : un vulgaire ponzi financier)… ne peut fonctionner que si par ailleurs la Grèce n’a pas besoin de X autres milliards pour payer ses dépenses courantes !
    Voilà où est le hiatus.
    Car la Grèce est un pays du tiers monde, fondamentalement. A part du soleil, des iles, de la feta, de l’ouzo et des sites archéologiques… il n’y a rien en Grèce. Hélas… Le « berceau de la civilisation »… Hum…
    Et les Grecs ont pris, hélas, de très mauvaises habitudes gauchistes : fonctionnaires à gogo, dépenses somptuaires (songez aux JO, au métro à Athènes), fraudes, corruption etc.
    Oui je sais on dirait une description de la France. 😉
    Le scénario est donc le suivant :
    -la Grèce restera dans l’Euro
    -on lui donnera indirectement et/ou non officiellement… de quoi rembourser chaque année ses échéances
    -mais dans le même temps… c’est à dire plusieurs décennies… le programme s’appelle « la fête est finie » pour tous les grecs : appauvrissement réel, et sur la durée.
    Un bémol : les grecs reviendront simplement à leur niveau de vie « naturel », c’est à dire avant la bulle Euro.
    Donc pas de quoi réveiller un colonel grec mort.

  • Même s’ils sortent de l’Euro, il leur faudra payer leur dettes.
    Peuvent-ils rester en insultant constamment les Allemands, Les Portugais, les Hongrois, Les Slovaques et les Espagnols ?

  • il faut les virerde l europe et passer les dettes en pertes ,qu ils emettent une nouvelle monnaie et qu ils se demerdent ,comme les pays du magreb!!

  • Faut-il penser pour autant que la Grèce va sortir de la zone euro ? Je ne crois pas, à moins vraiment qu’il n’y ait aucune autre alternative. Imaginez les conséquences économiques qu’aurait un éventuel Grexit…

  • Les retraités grecs touchent plus d’argent que les retraités allemands: http://www.slate.fr/story/99413/retraites-grecs-allemands

  • Le beau révolutionnaire Ministre des Finances Yanis Varoufakis et sa belle famille richissime Stratos. http://www.grreporter.info/en/financier_proletariat_and_his_rich_artistic_wife/12279

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