À 70 ans, la Sécu peut-elle se contenter d’un lifting ?

70 ans d’histoire de la Sécurité Sociale soulignent le besoin urgent d’une vraie réforme, une réforme libérale.

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Médecin consultation ordonnance (Crédits : Life Mental Health, licence CC BY 2.0)

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À 70 ans, la Sécu peut-elle se contenter d’un lifting ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 17 mai 2015
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Par le docteur Bernard Kron.

Médecin consultation ordonnance (Crédits : Life Mental Health, licence CC BY 2.0)
Médecin (Crédits : Life Mental Health, licence CC BY 2.0)

Le premier régime de protection sociale a été créé par Colbert pour les marins au XVIIe siècle. C’est ensuite en Allemagne au XIXe siècle que le Chancelier Bismarck eut l’idée de créer un système d’assurance sanitaire. Aux États-Unis, il faudra attendre 1935 pour que Franklin Delanoo Roosevelt crée le « Social Security Act ».

La France a avancé à tous petits pas avant de marcher plus vite que ses capacités financières.

Le premier système obligatoire au bénéfice des salariés de l’industrie et du commerce date d’avril 1928. Il sera complété par le système d’allocations familiales en 1932. Les congés payés verront le jour en 1936 avec le Front Populaire. C’est seulement après la Libération que la Sécu va réellement se mettre en place.

Les Trente Glorieuses

En mars 1944, le Conseil National de la Résistance sous l’influence de Pierre Laroque et Maurice Thorez propose un « plan complet de Sécurité Sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence s’ils sont incapables de se les procurer par le travail ».

Les ordonnances d’octobre 1945 créent le système de Sécurité Sociale tel que nous la connaissons actuellement. Les textes vont se multiplier pour l’étendre à tous les citoyens.

En août 1967, la réforme Jeanneney crée les régimes d’assurance vieillesse pour les artisans, les professions industrielles, commerciales et libérales et pour les exploitants agricoles.

Ils seront administrés par trois caisses nationales : la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS), la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des Travailleurs Salariés (CNAVTS) et enfin la Caisse Nationale des Allocations Familiales (CNAF). La gestion de la trésorerie de ces différentes branches est confiée à l’Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS).

Les Trente Piteuses

Après les chocs pétroliers, les années 70 vont voir l’État creuser les déficits. Le système se complexifie et étend les protections à tous, y compris à ceux qui ne payeront pas toujours leurs contributions. De nouvelles lois instituent la protection obligatoire des salariés agricoles contre les accidents du travail et rapprochent les régimes d’assurance vieillesse des professions industrielles, commerciales et artisanales. Elles les généralisent à tous les résidents du territoire français.

Avec Valéry Giscard d’Estaing la situation va se détériorer 

Jacques Barrot bloque les honoraires des médecins libéraux, ce qui donnera lieu à des manifestations monstres de ces derniers avec une charge mémorable de CRS à Paris sur le pont Alexandre III. Le ministre donnera ensuite son aval à une convention médicale qui prévoit la création d’un secteur 2 permettant de contenir les revendications tarifaires des médecins sans coûter trop cher à la collectivité.

L’arrivée des socialistes en 1981 développera encore davantage la pensée unique qui gouverne la France : aller vers toujours plus d’assistance.

François Mitterrand va élargir le périmètre des avantages sociaux tout en augmentant les prélèvements. Les ordonnances de 1982 abaissent l’âge de la retraite à soixante ans. Le Revenu Minimum d’Insertion (RMI) apparaît en 1988, suivi en 1990 par la Contribution Sociale Généralisée (CSG) sur tous les revenus. Tel ‘Robin des Bois’, l’État prélève chez les nantis ce qu’il distribue aux plus démunis, tout en récompensant au passage ses « serviteurs zélés ». 

La droite est de retour en 1995 mais elle est anti libérale.

De retour au pouvoir en 1995, la droite va pérenniser la hausse des prélèvements et donner aux parlementaires par ordonnances (Juppé) le contrôle du budget de la Sécurité Sociale. Déficits et chômage ne cessent d’augmenter.

1996 voit apparaître de nouveaux modes de financements comme la Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) dont le produit est affecté à la Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale (CADES) chargée de la gestion des déficits des régimes de Sécurité Sociale.

La réforme de la constitution de la Ve république crée en 1996 les Lois de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS).

Le vœu pieux de la représentation nationale est d’assurer l’équilibre financier de la Sécurité Sociale :

  • la loi organique du 22 juillet 1996 en précise le contenu, vote des prévisions de recettes, des objectifs de dépenses par branches et des dépenses nationales d’assurance maladie.
  • la carte Vitale est mise en place en 1997, puis la Couverture Maladie Universelle (CMU) en 1999. Les abus et les trafics de toutes sortes vont pervertir un système déjà trop complexe et trop administré : « je paye donc j’ai droit » !
  • l’Aide Médicale d’État (AME) permet de soigner gracieusement les étrangers, même en situation irrégulière.
  • en 2002, les lois About et Kouchner sur la protection des malades vont peser encore plus négativement sur le système de soins.
  • en 2004, la réforme de l’assurance maladie étatise un peu plus le régime avec la création du médecin traitant référent qui va précéder de peu l’apparition du parcours de soins. C’est un premier pas vers une médecine à deux vitesses en fonction du pouvoir d’achat du patient. Les soins par l’argent !

Les années calamiteuses

Les plans hôpitaux sont programmés sous Jacques Chirac. Avec les dettes, les normes et les 35 heures le désastre se précise : l’arrivée de Nicolas Sarkozy en 2007 va apporter un début d’espoir avec la timide réforme des retraites qui recule progressivement l’âge légal de départ de soixante à soixante-deux ans.

Mais il faut vite déchanter avec les plans hôpitaux qui avaient été initiés sous Jacques Chirac et avec la loi HSPT. Ces plans financés par la dette et des emprunts que l’on pourrait qualifier de toxiques menacent de ruiner l’hôpital.

L’étatisation va se poursuivre avec les avenants conventionnels qui menottent peu à peu le corps médical. Les promesses de 2004 faites par Xavier Bertrand aux chirurgiens pour revaloriser leurs actes techniques ne seront jamais tenues.

En 2012 la gauche est de retour. Elle s’engouffre dans les pas de la loi HSPT de 2011 pour programmer la mort de la médecine libérale avec la nouvelle loi Santé votée en 2015 qui généralise le tiers payant.

Le déficit chronique social

En 2011, la dette sociale de la France s’élevait à un peu plus de 142 milliards d’euros, soit plus de 7% du Produit Intérieur Brut, alors que dans le même temps, près de 60 milliards d’euros ont déjà été remboursés. Le trou de 14 milliards d’euros pour le régime général en 2013 persiste en 2014 et risque de s’aggraver en 2015 du fait de la dégradation de la conjoncture.

L’impact sur l’évolution des ressources de la Sécurité Sociale ne peut que se poursuivre avec la crise, les prélèvements du régime général des cotisations et de la CSG ont été inférieurs de plus de quatre milliards d’euros aux prévisions en 2013.

La dette sociale en 2014 approche des 160 milliards d’euros et devrait se creuser de plus de 72 milliards d’ici 2018.

L’amélioration de la situation financière de la Sécurité Sociale est un mirage entretenu par le monde politique.

La légitimité de notre modèle social est en jeu, selon les magistrats de la Cour des Comptes, mais celle-ci est rarement écoutée. En fait, tout est mis en place par l’État pour limiter l’accès aux soins :

  • Les médicaments génériques dont la prescription est de plus en plus imposée sont moins efficaces.
  • La diminution catastrophique de la densité de médecins généralistes et spécialistes rend l’accès aux consultations des plus aléatoires.
  • La mutualisation des moyens hospitaliers en province va faire disparaître un à un les petits hôpitaux de proximité.
  • La limitation des examens et des actes paramédicaux rend la prise en charge du patient plus difficile.
  • L’asphyxie des laboratoires pharmaceutiques par les mesures de l’État a fermé et va fermer encore les seuls centres de recherche fondamentale encore en activité.
  • La fermeture des cliniques privées chirurgicales par manque de moyens face aux normes imposées, limite l’accès aux soins au bénéfice des chaînes.
  • Et tant d’autres mesures qui devraient nous alarmer, telles les RTT qui s’accumulent à l’hôpital asphyxié par les dettes avec parfois des prêts toxiques…

Ces mesures ne vont entraîner que de minimes économies qui ne combleront pas le gouffre de la Sécurité Sociale.

Les affections de longue durée

Près de dix millions d’assurés sont concernés. À eux seuls ils concentrent 65% des remboursements. Il serait légitime que des maladies comme le cancer, le diabète, les maladies de cœur, soient intégralement remboursées par la Sécurité Sociale dans le cadre de la prise en charge de l’Affection de Longue Durée (ALD) si leur nombre cessait d’augmenter.

Le manque de prévention primaire, en particulier pour la pollution, la mal bouffe, l’alcool et le tabac menace de faire sombrer tout l’édifice. Ces derniers domaines sont politiquement sensibles car sources majeures d’apport d’impôts indirects pour l’État.

Le tabac et l’alcool sont responsables de 150 000 morts par an en France. Ces assassins tuent dans quatre grands domaines :

  1. Les cancers
  2. Les maladies de l’appareil cardio-vasculaire
  3. Les maladies de l’appareil respiratoire
  4. Les accidents de la route

À elles seules, elles coûtent des dizaines de milliards en dépenses de santé, mais y toucher entraînerait la révolution.

Le déficit de la Sécurité Sociale va  signer la fin de la médecine libérale si aucune réforme en profondeur n’est programmée. Sa mort est annoncée par le rapport de Brigitte Dormont conseillère du PS et par la loi Santé qui sera en débat au Sénat en juillet. Pourtant les médecins libéraux ne sont en rien responsables de ces dérives.

À terme et de manière inéluctable, l’espérance de vie va raccourcir pour les couches sociales les moins aisées. Cette cynique et colossale économie sur… les retraites est en filigrane de cette loi !

Lisez Chirurgie « Chronique d’une mort programmée.», Éditions L’Harmattan dans lequel je développe ces arguments.

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  • Le manque de prévention primaire pour l’alcool et le tabac ? Ca fait vingt ans qu’on est au courant des dangers inhérents à la consommation de ces produits, que ces produits sont taxés assez lourdement.
    La prévention primaire elle a été assez assuré comme ça et en noir sur blanc, sans demi-mesures, ni nuances.

    Autrement votre analyse est plutôt pertinemment argumentée.

    Je boirais même un coup de rouge à votre santé !

  • Pour changer les choses, ifaudrait deja les clarifier.

    Commençons par ne plus parler de « sécurité sociale » et précisons à chaque fois de quoi nous parlons:
    Assurance maladie, assurance chômage, vieillesse, allocs,…
    Rendre indépendant l’administration et les revenus de chacun de ces items serait déjà un bon debut !…

    • bonjour gc,bonne idée ,hélas hors de question d’appliquer dans l’état d’utopie générale où nous sommes enfermés ,car les responsables seraient obligés de justifier les attributions ,de rendre des comptes ; c’est bien plus facile de « taper  » dans une caisse globale sans destination précise ,de distribuer l’argent public sans discernement comme c’est le cas depuis des décennie ;d’où à mon avis le fameux « trou » ! Trou supposé ,car invérifiable ,juste mis sur le tapis pour culpabiliser le citoyen !

  • Le scandaleux monopole de la SS ne tient qu’à un ou deux textes, pour ne pas dire une ou deux phrases. Si l’opposition en était réellement une, il lui suffirait de quelques instants pour y mettre un terme définitif. Existe-t-il seulement une opposition dans ce pays ? Que vaut la démocratie en l’absence d’opposition sur le fond ?

    • L’étatisation a commencé en 1996 avec les ordonnances Juppé et le PLFSS……….
      Je pense que le patronat et l’opposition sont d’accord pour »acheter la paix sociale » au détriment de la qualité des soins:
      12UMP et 1 UDI étaient présents lors du vote de la loi Santé généralisant le tiers payant:
      Ils sont complices de cette dérive.
      On finira par croire que l’UMPS=FNPS et à ne plus aller voter car en fait c’est la « Bruxellomania » qui dirige

      • Le scandaleux monopole de la SS existait avant l’étatisation. Franchement, que le système soit dirigé par des syndicalistes avinés ou par des fonctionnaires corrompus devrait vous laisser de marbre.

        Que vient faire Bruxelles dans cette galère ? C’est même plutôt Bruxelles qui offre une possibilité de sortie.

      • Ceci dit, on constate comme vous la connivence de l’opposition dans la défense acharnée du monopole de la SS. Désespérant ! Où est passée l’opposition dans ce pays quand, sur le fond du débat, rien ne la distingue du pouvoir en place ?

        Une opposition factice vide le débat démocratique de son sens pour la population, qui le démontre en refusant majoritairement de voter pour l’un ou l’autre des partis en lice. Lâcheté, corruption ou conviction, peu importe, les politiciens n’auront pas la paix sociale pour autant.

    • Vous oubliez tous les systèmes mafieux qui se gavent grâce à la gouvernance paritaire du système social français.
      En particulier les mandataires syndicaux qui ne manquerait pas de mettre le pays à feu et à sang sous des prétextes fallacieux: il en va de leur survie.

      • Certes, le quadrillage du pays pour rançonner ses habitants semble insurmontable à première vue. Mais ce n’est qu’une illusion.

  • Il faudrait arrêter de croire que la santé est un droit et surtout il faufrait abolir la sécurité sociale car ce systeme mène à tous les abus, l’idée était peut être bonne mais toutes les dérives se sont installées dans ce système au fil du temps, la sécurité sociale est devenu l’irresponsabilité sociale, des fourmis dans les pieds, un régime pour perdre du poids qui tourne mal, trop de beuveries, des abus de nourriture, des activités pour booster des emotions qui se gâte….et on fonce chez le docteur, la sécurité sociale a été detournée de son véritable but (protection des travailleurs).

    • L’ensemble des pays développés a opté pour un système administré. Sauf les US (qui dépensent du coup davantage que la France pour un service immonde).

      De grâce ne me parlez pas du système Suisse, qui est tout ce qu’il y a de plus public (c’est une simple délégation de gestion à des organismes privés, qu’il faut sans cesse recadrer, et maintiennent une illusion de choix).

      Posez vous cette question : qu’est ce qui fait que, même dans des pays de culture libérale forte (Canada, UK), le système de santé soit resté majoritairement public et administré ? Un complot communiste international ?

      Non, juste le phénomène simple de sélection adverse face à un risque hautement imprévisible.

  • Il convient aussi de prendre en compte les faits suivants :
    -L’espérance de vie a augmenté énormément, la demande de soins est plus importante. Des pathologies sont apparues qui n’existaient pas chez les gens mourant plus jeunes.
    -Le développement technologique rend les traitements de plus en plus onéreux. En ce qui concerne les maladies importantes dont parle l’auteur, le coût de leur traitement est aujourd’hui hors de portée de la majorité des individus.

    Notons que dans un système privé comme aux USA, les gens sont assurés jusqu’à une certaine somme, dépendant de la cotisation payée. Si le coût du traitement dépasse cette somme, l’assurance ne rembourse pas.
    Le système français, jusqu’à maintenant, paye, y compris les traitements les plus onéreux pour les gens les plus pauvres.

    • Le développement technologique fait baisser les coûts globaux des soins de santé, comme toujours. Certes, de nouvelles pathologies apparaissent. D’autres disparaissent. Effectivement, l’augmentation de l’espérance de vie augmente certains coûts, en réduit d’autres. Mais elle permet l’augmentation parallèle du pouvoir d’achat, puisqu’on peut travailler plus longtemps. Oui, le progrès fait naître de nouveaux désirs de consommation, attitude strictement privés. Et alors ? Pas besoin de la SS !

      Les coûts de traitements ne sont pas hors de portée puisqu’on les finance. C’est le principe de l’assurance et de l’épargne santé privées de les prendre en charge en lissant les frais dans le temps et entre les individus, y compris pour les pauvres. Pas besoin de la SS pour cela ! C’est un des plus grands mensonges de la SS de faire croire qu’en son absence, il n’y aura plus d’assurance et que les individus seront seuls face aux difficultés de la vie. C’est totalement faux.

      Les USA n’ont pas un système privé pur mais plutôt un système intermédiaire puisque les dépenses publiques de santé y sont pratiquement aussi élevées qu’en France. En revanche, leurs dépenses de santé hors prise en charge publique sont plus élevées. Dans un système réellement privé, les gens sont assurés en fonction de leurs cotisations volontaires. Ils cotisent pour être assurés à un certain niveau conformément à leur demande. C’est un choix de consommation strictement personnel. Toujours pas besoin de la SS ! Les « plus pauvres » (1 ou 2% de la population tout au plus) sont pris en charge quoi qu’il arrive par des institutions publiques ou de charité. Décidément, la SS ne sert à rien.

      Enfin si, la SS permet à quelques parasites de s’engraisser aux dépens de la population mise au chômage et appauvrie. C’est à peu près le seul objet de la SS.

      • Vous vous trompez: les coûts de traitements sont hors de portée des individus ordinaires.
        Ne serait-ce qu’une pathologie aussi courante qu’un cancer de la prostate.
        Ou même une coxarthrose demandant la pose de prothèses de hanches.
        Vous dites que puisqu’on les finance, donc ils sont à portée.
        Vous oubliez qu’ils sont financés par voie mutualiste: ceux qui ne sont pas malades payent pour les autres.

        • Les individus ordinaires financent leurs frais de soins par le biais de l’assurance, grande innovation financière des siècles passés. Ces coûts ne sont donc pas hors de portée, contrairement à vos affirmations fausses. Mais, en niant les fondamentaux de l’assurance pour de perverses justifications politiciennes, la SS engendre chômage et pauvreté. La SS non seulement ne sert à rien, mais pire encore, elle est économiquement et socialement nuisible.

          « ceux qui ne sont pas malades payent pour les autres » : encore une pensée-slogan qui empêche de réfléchir au sujet. Rendre solvable ses clients est le principe de l’assurance, pas celui de la SS. Mieux, vous ne payez pour les autres que très ponctuellement, notamment en début de vie professionnelle. Vous payez essentiellement pour vous-même car l’assurance, combinée à l’épargne, organise votre solvabilité tout au long de votre vie en équilibrant les cotisations aux frais prévisibles. Les « plus pauvres » (encore un slogan) relèvent d’institutions spécifiques, publiques (si nécessaire) ou charitables (beaucoup mieux), à la marge du système commun d’assurance. La SS ne sert toujours à rien.

          Si le mutualisme ne fonctionne pas comme l’assurance, il pose alors de nombreux problèmes bien connus. Mais ce n’est pas une raison pour l’interdire si certains se satisfont de ce système déficient, du moins tant que son accès reste libre et non contraint. Les clients des mutuelles doivent simplement savoir qu’ils ne peuvent en espérer une performance semblable à celui d’une assurance, que ce soit en terme de prise en charge ou de coût. Mutualisme ou pas, la SS ne sert décidément à rien.

          • Suite d’affirmations sans preuves sorties de l’imaginaire.
            Vous êtes aussi dogmatique que les socialistes.
            Mon propos n’est pas de défendre la sécu, à qui on peut reprocher beaucoup, et surtout d’être trop chère. Encore faut-il user d’une argumentation crédible, sinon on fait du tort à la cause pour laquelle on tente de militer.
            Je dis et je répète, parce que c’est l’évidence, que les soins pour grande maladies sont devenus trop onéreux pour la bourse d’un individu moyen.
            Quant aux assureurs privés, ils sont là pour prendre des cotisations, mais essayent de se défiler par tous les moyens quand il s’agit de faire face à un sinistre.
            Avant de généraliser un système d’assurances privées, il faut installer une justice rapide et efficace, et générer un cahier des charges auquel l’assureur et la justice devront se référer.
            Et si l’assureur privé doit prendre en charge tout soin, même le plus onéreux, on verra combien de cotisations il faudra lui verser.

            • Je dis et je répète, parce que c’est l’évidence, que les soins pour grande maladies sont devenus trop onéreux pour la bourse d’un individu moyen.

              La sécu, que tout le monde nous envie, ne rembourse pas tout en cas de cancer. Il existe maintenant des assurances privées pour ce genre de cas.

              Je peux vous confirmer que dans d’autres pays ce n’est pas le cas.

              Mais que fait l’état ❓ :/ :\

            • Bonjour Kulasec
              C’est vous qui êtes dogmatique et sans preuves sorties de l’imaginaire.
              D’après votre argumentation, il faudrait nationaliser les assurances habitations, parce que les grands sinistres (la maison brûlée) sont trop onéreux..
              Les assurances maladies privées fonctionnent très bien, mais c’est une autre logique que la redistribution qui nous plombe.

              • Je n’ai à aucun moment parlé de nationaliser les assurances. J’ai avancé qu’il fallait, avant de privatiser, créer un cahier des charges et une justice rapide et efficiente pour le faire respecter.
                Si votre maison brûle et connaît des dégâts importants, l’assureur fera tout pour essayer de ne pas payer: démontrer que vous n’avez pas respecté les règles de sécurité, que c’est de votre faute, que vous fumez au lit, que votre poêle à bois n’est pas conforme, que sais-je….
                Par ailleurs, pour avoir vécu aux USA, je sais que dans ce pays l’assureur paye, mais jusqu’à un certain niveau de prix, déterminé d’avance par le montant des cotisations. J’ai, par exemple, un ami qui a reçu en France deux greffes du foie à la suite d’une hépatite, la première greffe ayant connu un rejet. Ceci n’aurait pas été possible aux USA, et il ne serait plus vivant.
                Et si, dans ces mêmes USA, vous avez le malheur d’avoir un enfant handicapé de naissance, aucun assureur ne le prendra en charge. Même chose si vous présentez un risque génétique.

                • Ne soyez pas de mauvaise fois, vous parlez dans votre post de coxarthrose, ou d’un Kc de la prostate, les tarifs ne sont pas exorbitant.
                  Personnellement je n’ai pas de mutuelle et je n’ai jamais de pb pour payer un dentiste (couronne) ou chirurgien.
                  Vous oubliez les cotisations exorbitantes que l’URSSAF nous extorque, même pour un smicard.
                  Alors évidemment on se fait peur avec des cas extrème qui font pleurer dans le chaumières.
                  Au secours sans secu on va tous mourir!

                  • Mauvaise foi? Et pourquoi donc, je ne défends aucune cause, je regarde la réalité en face, et vous invite à en faire autant .
                    Cancer de la prostate: une intervention chirurgicale pour extraire les métastases, 35 séances de radiothérapie, 3 ans d’hormonothérapie. Renseignez vous sur le prix avant de dire n’importe quoi.
                    Pas besoin de mutuelle, c’est pris en charge à 100%.
                    Quant au dentiste, il n’a rien à voir là dedans, de toute façon, les prothèses dentaires ne sont pas prises en charge.

                    • Vous êtes dans votre doxa, sans secu on est mort.
                      Actuellement avec les cotisations obligatoires les malades se font soignés (mal avec pénuries et gaspillages).
                      Je ne vois pas pourquoi avec des assurances privées cela ne serait pas possible.
                      Actuellement le monopole empêche des solutions low cost démergées.

                    • humm.. d’émerger

                • « J’ai avancé qu’il fallait, avant de privatiser, créer un cahier des charges et une justice rapide et efficiente pour le faire respecter. » Voilà, c’est ça, sauf que c’est pile l’inverse. Avant de nationaliser, il faut un cahier des charges etc… Dans un pays normal, on ne nationalise jamais car nul n’ignore que le cahier des charges ne peut pas être respecté.

                  L’état normal du financement des soins, c’est l’assurance privée concurrentielle. Un système national obligatoire est une incongruité qui va se terminer, comme toutes les institutions collectivistes, par une faillite exemplaire, après plus de 70 ans de destruction économique. Alors, ceux qui se croyaient couverts par le système public, notamment les « plus pauvres », seront abandonnés à leur sort et subiront une perte de chance fatale parce qu’ils ne pourront plus accéder aux soins, comme on l’observe en Grèce.

                  La SS, en plus d’être inutile, est dangereuse pour la santé des patients.

                  • Si vous allez voir un assureur privé, il vous demandera jusqu’à quel niveau vous voulez être assuré, et vous informera des cotisations à payer pour chaque niveau. Si vous voudrez être assuré sans limite, la cotisation vous coûtera la peau des fesses, tellement cher que vous n’y souscrirez pas.
                    C’est ce qui se passe avec la sécu: vous êtes assuré sans limite, et cela coûte la peau des fesses.
                    La sécu coûte plus cher que le privé, c’est tout à fait vraisemblable. Mais au moment de payer, elle ne se défile pas.
                    La sécu est obligatoire, alors que le privé vous propose un pari sur vos pathologies futures.
                    Vous avez certainement le droit, au nom de la liberté et de la responsabilité individuelle, de refuser le système proposé et de préférer le pari.
                    Encore faut-il être conscient de la problématique, et ne pas dire n’importe quoi pour justifier vos options théoriques personnelles.
                    Le côté positif de la sécu: mutualisation du risque, ce qui n’est possible qu’en assurant une grande quantité d’affiliés, mais permet le remboursement intégral pour tous.
                    Le côté négatif: gestion étatique, avec tous les inconvénients que pose une méga-fonction publique.
                    En réalité, le vrai problème, qu’on aborde jamais, c’est que les avancées technologiques rendent la santé de plus en plus onéreuse. Bientôt nous vivrons 120 ans avec des greffes du coeur ou d’autre organe.

    • 2300 cadres de la Sécu qui émargent à plus de 100 000 euros nets par an. Même GOOGLE ne peut se le permettre. A peine une vingtaine émargeraient à un tel salaire dans le privé concurrentiel.

  • Il faut prendre exemple sur le système de santé de singapour (même si ce sont deux pays très différents ce qui veut dire qu’il y a bcp de choses à adapter à la France): http://accessh.org/wp-content/uploads/2014/08/affordable-excellence-French.pdf
    http://www.institutmolinari.org/medisave-le-modele-singapourien,1002.html
    http://www.minarchisteqc.com/2010/01/privatisation-du-systeme-de-sante-lexemple-de-singapour/

  • Un oubli important me semble-t-il. En France bien plus qu’ailleurs la sécurité sociale est un très fort mécanisme de redistribution.

    Autrement dit ce n’est pas qu’un mécanisme d’assurance mais également à système d’impôts. C’est particulièrement vrai en assurance maladie :les cotisations sont proportionnelles au revenu mais les prestations ne dépendent que des maladies. Même chose en matière d’allocations familiales.

    Le phénomène est moins fort pour les retraites et les accidents du travail mais il existe toutefois des minima de prestations qui conduisent à des transferts.

    Tant qu.on ne fera pas la différence entre ce qui relève de l’assurance des risques et du transferton n’y comprendra rien.

  • Mais la sécurité sociale meurt parce qu’il existe une véritable volonté de destruction (en novlangue lire sauvetage).
    1/ aucun gouvernement ni de droite et pas plus de gauche n’a voulu considérer le financement de la SS d’une manière intelligente et pérenne. Les problèmes de la SS ont été refilés au gouvernement suivant: politique de la patate chaude. Les tables démographiques existent encore faudrait il les utiliser. Le financement sur uniquement le travail est obsolète et depuis longtemps. La seule réforme intelligente a été la création de la CSG (pourtant honnie par la droite).
    2/ Toutes les taxes crées pour financer la SS n’ont pas été versées à cet organisme au prétexte qu’il n’y a pas d’impôt affecté …
    3/ Plusieurs gouvernements ont puisé dans les finances de la SS: modernisation des hôpitaux par exemple alors que ce ne relève pas de son rôle ( Cour des comptes 2000 à 2005)
    4/ la privatisation par le biais des complémentaires est bel et bien en route et la vitesse s’accélère et petit à petit « ON » remplace la notion de solidarité par un individualisme forcené.
    4/ Quand la privatisation sera établie les assurances se comporteront comme pour l’automobile: résiliation pour trop de maladies, surprimes pour tout et n’importe quoi: risque génétique, cancer,, risque génétique … etc …
    5/ la gestion « paritaire » de la SS est catastrophique (j’ai fait partie de la commission paritaire locale de la SS dans mon département) … quelle est la représentativité des syndicats si puissants pour que rien ne bouge.
    A vouloir copier le modèle U.S. il faudrait y réfléchir à deux fois car le % des dépenses de santé dans le PIB est bien plus important aux USA que chez nous pour une couverture plus que restreinte.
    La Suède, le Dannamark ont modernisé leur couverture sociale. C’est faisable encore faut il en avoir la volonté et gouverner autrement qu’à la hussarde.

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