Nicolas Sarkozy et la droite française ont-ils vraiment changé ?

Nicolas Sarkozy (Crédits : UMP Photos, licence CC-BY-NC-ND 2.0)

Nicolas Sarkozy n’a pas été et ne sera pas le Thatcher français : c’est simplement le Mitterrand de droite.

Nicolas Sarkozy n’a pas été et ne sera pas le Thatcher français : c’est simplement le Mitterrand de droite. Le changement à l’UMP se fera par un changement d’idées, pas par un changement de nom.

Par Marius-Joseph Marchetti.

Nicolas Sarkozy (Crédits : UMP Photos, licence CC-BY-NC-ND 2.0)
Nicolas Sarkozy (Crédits : UMP Photos, licence CC-BY-NC-ND 2.0)

 

Ce qui est amusant avec les admirateurs de Nicolas Sarkozy est qu’ils clament que sa présidence a été ternie par une crise dont il n’était pas responsable ; mais ils oublient de dire que celui-ci admirait les mesures américaines de relance dans l’immobilier par l’endettement des ménages qui ont causé la crise (comme le Community Reinvestment Act). Il souhaitait reproduire la même chose en France. Sans surprise, on n’en a plus entendu parler après 2007. Nicolas Sarkozy n’a pas pu incarner un changement à cause d’une crise déclenchée par des personnes ayant la même vision que lui en économie. L’ironie est palpable.

Sur son bilan, Nicolas Sarkozy a effectivement réformé l’ISF et défiscalisé les heures supplémentaires. Mais à y regarder de plus près, le poids global des impôts a augmenté. Là où les Français gagnaient désormais plus grâce aux heures supplémentaires défiscalisées, une partie de leur revenu était par ailleurs davantage taxée. Un écran de fumée en somme. Quant à l’ISF, il aurait été bien plus courageux et utile de purement et simplement le supprimer, sachant qu’il ne rapporte quasiment rien en net, les coûts de son prélèvement étant presque aussi élevés que ce qu’il rapporte (4 milliards d’euros). S’il souhaitait vraiment aider les personnes qui travaillent, il aurait dû diminuer les dépenses publiques pour diminuer globalement les impôts. Mais cela est assurément plus dur.

Les sarkozystes nous disent que l’ancien président n’a pas pu incarner un changement à cause de la crise. C’est une erreur de calcul. C’était justement l’occasion de montrer que la restauration des incitations productives nous permettait de sortir de la crise, d’amoindrir l’effet des prochaines et d’enfin atteindre le plein-emploi. La crise de 1920 est un bon exemple qui montre que diminuer les dépenses publiques n’est pas risqué mais au contraire extrêmement efficace si on espère une reprise. En 1920, les États-Unis sont en crise et le chômage augmente à plus de 12%. Qu’a donc fait l’État ? Il n’a pas étendu ou augmenté les impôts. Les dépenses de l’État fédéral ont en réalité diminué de 50%. En 1922, le chômage avoisinait 6% et l’année suivante, il était inférieur à 3%. On rêverait d’un tel courage politique en France. Savez-vous qui souhaitait au contraire augmenter les dépenses de l’État fédéral pour relancer l’économie ? Le secrétaire général au commerce : à savoir celui qui sera plus tard le Président Hoover.

Margaret Thatcher était également dans une situation autrement plus délicate que celle de Nicolas Sarkozy. Son propre parti lui était même opposé. Cela ne l’a nullement empêché d’accomplir ce qui devait être fait. Tout n’est qu’une question de volonté et de courage. Sarkozy n’est pas le Thatcher français. C’est simplement le Mitterrand de droite.

Pardonnez la vulgarité mais l’un des problèmes de la France, ce doit être le fait qu’elle possède la droite la plus bête du monde. Observez encore le Parti Conservateur au Royaume-Uni : David Cameron n’a pas hésité à diminuer les dépenses publiques et a supprimé des normes sans augmenter les impôts. (Tout n’est cependant pas rose, comme un système de santé plus étatisé que le système français, des filtres anti-pornographie depuis peu ainsi qu’une surveillance généralisée sur Internet depuis quelques années). Il a été réélu et possède désormais la majorité absolue avec dix libéraux-démocrates.

L’UMP est une sorte de socialisme qui aurait séché au soleil. Et ce n’est pas changer de nom qui changera le problème. Le changement se fera par un changement d’idées.