Enseigner l’économie aux jeunes : oui, mais…

Intéresser nos jeunes à l’économie, c’est avant tout leur inculquer des notions de base qui leur serviront toute leur vie.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Professeur d'université (Crédits : Université de Montréal, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Enseigner l’économie aux jeunes : oui, mais…

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 9 mai 2015
- A +

Par Michel Kelly-Gagnon, depuis Montréal, Québec

Professeur d'université (Crédits : Université de Montréal, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.
Professeur d’université (Crédits : Université de Montréal, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

Le fondateur d’Alimentation Couche-Tard, Alain Bouchard, réclame des cours d’économie pour les jeunes Québécois.

Comme d’autres personnalités du monde des affaires, il croit que les Québécois seraient mieux outillés pour comprendre le fonctionnement de l’économie et les questions financières s’ils avaient accès à une formation. Si les gens comprennent comment l’économie fonctionne, ils vont peut-être économiser eux même et mieux articuler leurs demandes aux gouvernements, dit-il, ajoutant que les gens « de gauche, qui critiquent actuellement l’austérité, seraient en mesure de mieux articuler leurs demandes. »

Je suis bien d’accord avec le principe. Nos jeunes, et la population en général, bénéficieraient d’une meilleure compréhension des principes économiques de base. Et je parle ici des principes universellement reconnus, qui font consensus chez les économistes de tout horizon, tels qu’enseignés dans les cours d’économie 101 de nos universités.

Cependant… tout en appuyant les intentions de M. Bouchard, je lui répondrais : be careful what you wish for.

Car si l’idée d’enseigner l’économie à nos jeunes est louable et souhaitable, le défi serait de trouver des canaux d’enseignement qui n’impliqueraient pas nécessairement le système scolaire tel qu’on le connaît. C’est-à-dire extrêmement bureaucratisé, fonctionnarisé, syndiqué, et, n’ayons pas peur des mots : dont l’employé médian est certainement plus à gauche qu’à droite sur l’échiquier idéologique…

Or en éducation, il est toujours plus facile d’enseigner de nouvelles connaissances sur une page blanche, que d’avoir d’abord à déconstruire des faussetés et des préjugés tenaces, pour ensuite enseigner la nouvelle matière.

Enseigner l’économie, oui. Mais tout dépend de qui l’enseigne, et à quel établissement, on pourrait se retrouver avec des jeunes non seulement toujours ignorants de certains principes de base, mais en plus, avec une formation de base solidement ancrée en « études anticapitalistes »…

Ce n’est sûrement pas l’objectif recherché par M. Bouchard, ni par quiconque ayant à cœur l’enseignement de l’économie à nos jeunes.

Ceci dit, je suis convaincu qu’une majorité de personnes au ministère de l’Éducation sont de bonne foi et professionnelles. Mais je crois que pour atteindre cet objectif, il faut « sortir de la boîte » et penser à des moyens différents d’intéresser nos jeunes à l’économie (pas seulement dans la salle de classe), afin de leur inculquer des notions de base qui leur serviront toute leur vie.


Sur le web.

Voir les commentaires (7)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (7)
  • En france on a une grande expérience:

    Les sections economiques FOOrmidables pour l’OUUverture sur le monde sont en fait bien souvent pretexte à propagande d’idées gauchistes.
    D’ailleurs elles débouchent au mieux sur des chercheurs universitaires du même moule, au pire à des représentants ps ou syndicaux, et rarement à de vrais acteurs du monde économique, qui souvent, eux, s’en tirent tres bien malgré l’absence d’ économie de leurs filières scientifiques.

  • question : qu’est-ce qu’on leur enseigne ? La loi de Say ? La loi de la demande ? L’hypothèse de la rationalité au sens de Samuelson ? Le croissance du coût marginal de production ? L’hypothèse des marchés efficients ? Autrement dit, ce qu’on apprend aux étudiants de licence et qui s’avère être faux ?

  • ne pourrait-on pas faire un cours sur you tube, sur you tube , mais de qualité, avec des simili-tutorial pour approfondir, aider ceux qui aurait une formation différente, commenter et indiquer les fausses routes.

  • Humm j’ai appris en économie niveau secondaire que l’on pouvait augmenter le salaire des fonctionnaires a l’infini puisqu’ils paient des impôts et taxes. Également que l’endettement est causée par trop de publicités. Que le salaire est plus bas que jamais tandis que les prix montent.

    Mouaisssss…. Attention à ce que vous souhaitez, ça pourrait se réaliser.

  • je suis d’accord: il faut enseigner l’économie à l’école mais il faut s’assurer que cet enseignement de l’économie soit impartial et ne soit pas de la propagande gauchiste (comme en France). D’ailleurs, il faut se poser la question d’une problématique bcp plus large que l’économie: comment s’assurer que l’enseignement publique soit impartial et ne dérive pas en propagande socialiste comme c’est souvent le cas dans bcp de pays (particulièrement en France), il serait intéressant de se poser cette question et d’essayer de trouver des réponses

  • Les commentaires sont fermés.

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Les nations changent et évoluent à travers l’enseignement, ce dernier est au cœur des civilisations. Selon Le Robert, dictionnaire en ligne, l’enseignement est "l’action, l’art d'enseigner, de transmettre des connaissances".

L’enseignement se distingue de l’apprentissage qui est l’activité de l’étudiant lorsqu’il s’accommode des connaissances et l’éducation dont le but est l’acquisition globale des connaissances d’un individu à différents niveaux : intellectuel,  moral, social, culturel et scientifique. Nous pouvons donc dire que l’ens... Poursuivre la lecture

Montréal ville francophone
1
Sauvegarder cet article

Début 2015, dans La langue française : une arme d’équilibre de la mondialisation je dressais un panorama de la situation du français dans le monde, point d’appui pour les militants de la langue française et avec l’espoir de les multiplier.

Sept années ont passé, voyons comment la situation a évolué.

 

Les Français ont l’impression que leur langue est en recul

Ils constatent l’invasion des mots anglais dans leur environnement et l’usage de l’anglais à Bruxelles malgré le Brexit.

À l’inverse les études de l’OIF ... Poursuivre la lecture

décroissance
3
Sauvegarder cet article

Par Germain Belzile et Alexandre Moreau, depuis le Canada. Un article de l'Institut économique de Montréal

 

Récemment, une série de capsules vidéo sur la « décroissance économique » et ses bienfaits a enflammé la toile québécoise. Cette série, produite par Radio-Canada, suggère que nous vivons sur une planète de moins en moins propre, plus pauvre, mal nourrie et que la santé des humains diminue.

Il n'y aurait qu'une minorité de riches qui tirent profit de la situation actuelle et ceux-ci alimentent une croissance ef... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles