Climathon, semaine 18 : l’arme de propagande massive

Tout au long de l’année 2015, le climathon récompense chaque semaine la plus belle pièce de propagande climatique de la semaine écoulée.

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Propagande communiste (Crédits : Liz Lister, licence CC-BY 2.0), via Flickr.

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Climathon, semaine 18 : l’arme de propagande massive

Publié le 9 mai 2015
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Par Benoît Rittaud.

Image de propagande nord-coréenne (Crédits : Liz Lister, licence CC-BY 2.0), via Flickr.

 

Belle percée cette semaine, avec un vainqueur qui repousse encore les limites de l’indécence pour s’imposer avec une innovation qui devrait faire école.

Le jury du Climathon a la joie cette semaine d’attribuer un accessit à Pierre Radanne, injustement oublié ces dernières semaines malgré les efforts hebdomadaires et méritoires qu’il fait dans sa chronique sur RFI. Cette fois-ci, il nous gratifie de conseils sur la manière dont nous devons nous alimenter pour éviter d’émettre trop de CO2. À l’inévitable méthane émis conséquemment à notre consommation de viande rouge (lisez : les vaches pètent) et à la non moins inévitable relocalisation nécessaire de la production (on suppose que ce sera moins cher pour le consommateur, il n’en parle pas, mais c’est sûrement vrai), l’ « expert énergie et climat » ajoute quelques détails intéressants. Pour notre plus grand malheur à tous en effet, nous mangeons mieux et plus varié. Par ailleurs, « la quantité d’hectare de surface cultivable par personne ne cesse de diminuer », entre autres à cause de l’ « extension des déserts« . Foin du CO2 qui nourrit les plantes, foin du progrès technologique qui améliore les rendements, foin de toute référence sur l’extension alléguée des déserts… de la belle ouvrage, donc. Un compétiteur prometteur.

Second accessit pour le journal Les Échos, qui a découvert cette semaine que lorsque la Terre se réchauffe, il y a davantage de pics de chaleur. Il paraît que ce genre de vérité première « va apporter de l’eau au moulin de ceux qui bataillent contre le réchauffement climatique ». En effet, il n’est évidemment pas nécessaire de se demander d’où vient le réchauffement : c’est l’homme le coupable, on le sait tous.

Un troisième accessit de cette semaine est attribué à tous ceux qui ont servilement recopié une dépêche AFP dignement reporté les résultats d’une « étude » tout en faisant preuve d’un louable esprit critique sur ses conclusions proprement délirantes qui nous dit que ce serait très grave. L’hypocrite Le prudent conditionnel porte cette fois sur l’éventualité qu’une espèce sur six disparaisse à cause du réchauffement climatique. L’affaire est rapportée notamment par Le Parisien, avec une trop mignonne photo de panda géant, mais le jury, grand amateur de peur exponentielle comme chacun sait, avoue avoir une préférence pour la manière dont Direct Matin essaye de nous faire très très très peur :

« Selon l’étude, le nombre d’espèces menacées d’extinction augmente pour chaque Celsius gagné. Plus inquiétant encore, cette hausse est non-linéaire et s’accélère à mesure que les températures grimpent à la surface du globe. »

En plus, Direct Matin nous montre un ouistiti pygmée qui, lui aussi, pourrait disparaître. La photo est trop chou, on craque encore plus que sur le panda.

Le vainqueur de la semaine 18

Pour gagner le climathon, il faut n’avoir aucune retenue, aucune honte, aucune limite. Et pour le plus grand plaisir du jury, ce genre d’attitude combattante a guidé avec succès les efforts du Conseil économique, social et environnemental (CESE) lors de ses deux journées consacrées au climat les 28 et 29 avril qui lui valent le titre de vainqueur de la semaine 18. Son président, Jean-Paul Delevoye, a annoncé la couleur dès le début de son discours introductif, en indiquant que le débat c’est bien, mais que bon, on parle de la planète, alors ce serait quand même mieux si on pouvait dire d’emblée qu’on est tous d’accord (1′20) :

« [Je souhaite remercier] toutes celles et ceux qui, par leur présence, leur contribution, leur travail, nous offrent aujourd’hui ce moment fort de débat, mais surtout de mobilisation autour d’une cause qui nous dépasse, et d’un bien commun qu’il nous appartient d’entretenir : l’avenir de notre planète, mais aussi l’obligation que nous avons par rapport aux générations montantes. »

Ce genre de déclamations, énoncées sur un ton monocorde particulièrement soporifique sérieux et digne, n’aurait toutefois mérité qu’un accessit si le CESE n’avait, dans un élan touchant au sublime, atteint quelques minutes plus tard un sommet en faisant intervenir deux écoliers qui ont été invités à lire à la tribune les conclusions de leur travail. Ces enfants expliquent notamment ce qu’il faut faire pour sauver le monde en se désolant que les adultes n’adhèrent pas davantage à l’idée de changer à cause du climat (Ça commence à 16′25.)

Cette pièce maîtresse de propagande peut se targuer d’un effet inédit. En effet, pour la première fois depuis le début du climathon, même le jury, pourtant rôdé, a eu un moment de révulsion si fort qu’il a dû s’y reprendre à deux fois pour parvenir à visionner en entier cette odieuse instrumentalisation d’élèves de dix ans. Ceux qui y parviendront du premier coup seront d’office nommés membres titulaires du jury pour les semaines à venir. Pour ceux en revanche, probablement nombreux, qui n’auront pas l’estomac assez solide pour digérer un tel morceau, indiquons que les enfants mentionnent avoir travaillé avec « monsieur Jean Jouzel ». « Ce sont des chercheurs du GIEC comme Jean Jouzel qui ont alerté sur le changement climatique, nous avons besoin d’eux », précisent les enfants. Nous savons ainsi à qui nous devons cette pièce unique de bourrage de crâne idéologique. À l’évidence, le vainqueur de la semaine 18 est un nouveau concurrent sérieux au titre de champion de printemps.


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  • C’est sûr que ça se réchauffe ! Il y a en ce moment un typhon qui va frôler les Philippines dans quelques jours et une dépression tropicale qui pourrait bien s’aventurer là où j’habite maintenant, l’archipel des Ogasawara. Il faut absolument en parler dans les médias car la saison des typhons ne fait que commencer et comme l’océan se réchauffe dangereusement (de quelques millièmes de degrés depuis dix ans) ça va dépoter !
    Renseignement pris, il y a rarement des typhons sur les Ogasawara Islands et comme El Nino – tiens donc ! on n’en parle plus du tout – ne contribuera pas cette année au réchauffement climatique, grave erreur de prévision de la NASA, je peux dormir sur mes deux oreilles …

  • C’est effectivement assez infect, cette manipulation des enfants qui ont généralement confiance en ce que leurs racontent les adultes.

    Allez hop, un bon coup de « mobilisez vous pour lutter contre le réchauffement de la planète » (comme ça vous aurez la chance de vivre soit sous une bonne petite dictature, soit écrasé par encore plus de dettes que celles qu’on vous avait déjà collé sur le dos sans rien en dire, au nom du futur -le nôtre, pas le vôtre, voyons!)

    • Si on essaie de formater les enfants, c’est clairement pour leur imposer une vie que les adultes d’aujourd’hui refuseraient en masse. Ca en dit long sur les buts et les méthodes de certains. Et ils parlent toujours de l’avenir de ces mêmes enfants avec une belle hypocrisie, alors qu’on leur prépare une vie misérable mais religieusement « écologique » à rembourser les dettes de leurs aînés.

    • à dire et à répéter sans cesse aux enfants : » écoute les mais ne les crois jamais « 

  • « l’obligation que nous avons par rapport aux générations montantes »… Obligation de les manipuler? Obligation de réduire leur niveau de vie? Obligation de les transformer en parfaits abrutis par manque de culture et d’esprit critique? C’est une honte de se parer de bonne morale vis-à-vis des jeunes pour mieux leur savonner la planche!

  • A noter qu’en ce mois de mai plutôt glacial, on a (un peu) moins de propagande à la télé (en avril, c’était tous les jours ou presque). Preuve qu’on ne s’adresse pas à notre raison: si c’était le cas, l’argumentation n’aurait pas besoin d’une température adéquate pour mieux passer.
    Je me suis fait la même réflexion au sujet des alertes aux particules fines qui reviennent de façon marquée tous les ans au mois d’avril-mai. Juste au moment où les pollens produisent leurs effets allergiques sur beaucoup de gens…
    Bizarre…

    • Mois de mai glacial? Ou ça?

    • Si vous parlez de la France, ou bien vous faites de la propagande mensongère, ou bien vous êtes berné par le réchauffement des températures observés depuis 30 ans en France notamment au printemps et vous êtes devenus d’une incroyable exigence. Ce mois de mai n’a rien de glacial. Il est plutot chaud au contraire. Je vous rappelle que la moyenne dans le bassin parisien est de+7/+19… Un mois de mai plutot glacial devrait débuter avec un petit 13 en Txm sur la première décade.. l’ennui c’est que on a eu des températures de saison, voir un peu au dessus.

  • Quelques remarques. A propos de la désertification, je ne crois pas qu’elle fasse véritablement débat aujourd’hui, c’est une réalité. Est-ce un problème ? C’est un autre débat. Si en même temps les rendements augmentent, les capacités d’exploitation des terres arides augmentent, cela mérite de prendre le temps d’y réfléchir : c’est de la mathématique très simple, calculer une différence et estimer le signe du résultat. Concernant le CO2 fertilisant de plantes, il faut rappeler certains faits. L’impact fertilisant du CO2 n’est pas le même sur toutes les plantes. On distingue souvent les plantes C3 et C4. L’effet fertilisant du CO2 est bien plus important chez les plantes dites C3 que C4 (l’augmentation de CO2 n’a aucun effet, une sorte de saturation en quelque sorte). Vous me direz heureusement les plantes C4 représentent seulement 5% du règne végétal. Certes mais on trouve quand même le maïs et le sorgho dans cette catégorie. Concernant les autres plantes, il semblerait également que l’effet fertilisant du CO2 ait été surestimé (selon une étude du département américain de l’agriculture). Mais ce qui est important c’est votre raisonnement imprécis : on a l’impression que vous nous dites « s’il y a changement climatique, l’augmentation de CO2 compense les effets négatifs (par exemple sécheresse, hausse des températures, etc). C’est bien beau mais cela reste très approximatif, il conviendrait de calculer là encore la différence entre effets néfastes et positifs. Cela serait crédible.

    Quant à ce qu’écrit Les Échos, sans savoir si c’est un résultat neuf ou non, un mathématicien devrait tout de même savoir que la forme des perturbations auquel est soumis un système n’est pas à prendre à la légère (continue, par saut, linéaire, avec des pics à la dirac, etc).

    Autant souvent vous mettez le curseur sur de réelles âneries, autant là vous faites fausse route, votre idéologie prenant le dessus sur votre raisonnement.

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