Réforme du collège : asinus asinum fricat

Le regard de René Le Honzec

Education Contrepoints445

Je ne vais pas revenir sur les critiques justifiées et venant de tous les bords, depuis Herr Ayrault jusqu’à Jacky Lang, en passant par 150 députés pétitionnaires. La faillite de l’Éducation Nationale, qui fut un lien et un liant de la Nation depuis les Hussards Noirs de la République jusqu’aux années soixante est éclatante : le pourcentage d’élèves incapables sortant de ses griffes ne se compte plus, les illettrés sont des centaines de milliers. L’Armée estime que 10% des jeunes gens du Jour de La défense ne savent pas lire. Et attendez, il s’agit d’un programme de cinéma qu’il faut déchiffrer. Imaginez le nombre réel en face d’un texte – heu – normal ?

Mais en vérité, je vous le dire mes très chères frères, c’est depuis 68 que ça a commencé à déconner. La gauche qui s’était pris une claque aux différentes élections, renonçait à une victoire rapide et misait sur le noyautage marxiste de l’enseignement et de la Culture. Le récent ministre de l’Éducation Peillon l’écrivait encore : « La Révolution Française n’est pas terminée ». Il ne faut pas croire que ces gauches disparates mais unies dans une haine de « la société bourgeoise capitaliste » avaient renoncé. L’Éducation nationale était mise en coupe réglée, on écartait les pédagogues classiques pour les remplacer par des idéologues qui envisageaient l’école comme un moyen de conquête du pouvoir. Ainsi, la « réforme des ensembles » en maths permettait de supprimer le lien entre l’enfant et ses parents, pour en faire l’homme nouveau.

Et Peillon, 40 ans plus tard, nous le confirmait : « Ce qui manque au socialisme pour s’accomplir comme la pensée des temps nouveaux, c’est une religion nouvelle : « D’où l’importance de l’école au cœur du régime républicain. C’est à elle qu’il revient de briser ce cercle, de produire cette auto-institution, d’être la matrice qui engendre en permanence des républicains pour faire la République, République préservée, république pure, république hors du temps au sein de la République réelle, l’école doit opérer ce miracle de l’engendrement par lequel l’enfant, dépouillé de toutes ses attaches pré-républicaines, va s’élever jusqu’à devenir le citoyen, sujet autonome. C’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle Église, avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la Loi. » Et « c’est au socialisme qu’il va revenir d’incarner la révolution religieuse dont l’humanité a besoin, en étant à la fois une révolution morale et une révolution matérielle, et en mettant la seconde au service de la première. »

Ce que fait Belkacem, appuyée officiellement par son mentor Hollande, c’est de continuer d’appliquer ces réformes dont le but est le nivellement par le bas : pas question d’enrôler dans la lutte des classes des élèves de bon niveau, à l’esprit critique développé par la culture et le savoir, alors il faut les supprimer, par exemple en leur refusant les classes refuges, genre « classes Camif », les classes latin-grec, en leur refusant la méritocratie, en supprimant les bourses aux meilleurs, en leur inculquant une Histoire lobotomiesque.

Méfiez-vous de Flanby, il ne croit à rien, sauf à son pouvoir, il ne connaît que le socialisme, il l’utilisera en croyant que c’est la clé de sa réélection. C’est un animal à sang froid.