Extrémisme : un 1er mai qui a tenu toutes ses promesses

À l’occasion de la fête du travail, extrême droite et extrême gauche ont joué un même sketch surréaliste.

Par le Parisien libéral

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Chaque année, à l’occasion de la fête du travail, dont on ne rappellera jamais assez qu’elle a aussi une origine pétainiste, on assiste à la même pièce de théâtre, dans laquelle les mêmes acteurs jouent le même scénario. D’un coté, on a l’extrême droite qui, débarquée des quatre coins de France, hurle en plein Paris, entre le Louvre et la place de l’Opéra « on est chez nous », et de l’autre, on a l’extrême gauche, celle qui a pris en otage le pays en 1945, qui crie du coté de Bastille-République-Nation « gardons notre modèle social ». En fait, ils jouent le même sketch, d’autant plus surréaliste que la scène n’est pas adaptée.

Prenez le Front National (FN). De quel nous parle-t-il ? De la France de la bière, ou de la France du vin ? De celle du beurre, ou celle de l’huile d’olive ? De celle de la langue d’Oc, ou celle de la langue d’oïl ? Cette propension à fantasmer la concordance de la vision jacobine et de la réalité un peu plus complexe qu’est la France réelle est toujours fascinante, surtout chez ceux pour lesquels le substrat historique de notre pays est soi-disant important.

Et prenez, identiquement le Front de Gauche (FdG). Quand il réclame davantage de social, d’intervention de l’État, de dépenses publiques (comme son alter ego du FN qui partage le même programme économique et social) ou quand il se réclame de l’exception française ou du programme du conseil national de la résistance, quand admettra-t-il que, bien loin de nous protéger, le système social français n’est qu’un dommage de guerre qui nous plombe, y compris et surtout les plus faibles que la gauche dit vouloir protéger ?

Dans ce match extrême gauche/extrême droite, l’une de deux parties bénéficie quand même d’un sacré désavantage : elle joue le rôle du méchant. L’autre, en revanche, se voit pardonner ses petits écarts, surtout quand ils ne collent pas avec le script.

Il y avait deux infos, hier, qui auraient dû faire l’objet d’un traitement médiatique au moins équivalent. D’une part, une série d’incidents ont émaillé le défilé du FN (intrusion des Femen place de l’Opéra, qui ont fait le salut nazi, et prise de bec entre un élu FN et des équipes de Canal+). D’autre part, une agression antisémite s’est produite dans le 11ème arrondissement. Deux  juifs tabassés par des colleurs d’affiches du NPA, qui est au FdG ce que le Parti de France est au FN, l’extrême dans l’extrême.

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Comment se fait-il que cette agression n’ait pas fait l’objet d’une couverture médiatique large et de condamnations unanimes, notamment de la part des antiracistes professionnels (SOS Racisme & Cie). Et où sont tous ceux qui, comme Anne Hidalgo, Julien Dray ou David Assouline, passent leur temps à combattre la résurgence du racisme ? Sont-ils gênés en raison de leur sympathie pour l’extrême gauche ?

Quand serons enfin mis sur le même plan extrême droite et extrême gauche ? C’est la même haine, des deux cotés.


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