Belgique : des socialistes en dessous de tout

Le clientélisme du parti socialiste wallon n'est pas seulement une aberration économique : il met aussi à mal l'éthique la plus élémentaire comme le montre sa réaction sur le génocide arménien.

Par Emmanuel Perclus, depuis la Belgique

Armenians being deported credits Narek  (CC BY-SA 2.0)
Armenians being deported credits Narek (CC BY-SA 2.0)

 

La Wallonie, ce bout de terre de Belgique que même le nord de la France ne nous envie pas, vient de connaître quelques journées plutôt riches en rebondissements.

D’abord, tout commence comme un festival autour du génocide arménien. Oui, l’Empire Ottoman a bien commis un génocide en Arménie, cela doit être dit. Il ne s’agit pas de quelques victimes de guerre mais bien d’un massacre commis par un État envers une population qui avait été désignée dans son ensemble comme coupable et responsable de la défaite militaire (face à l’armée tsariste). L’État Ottoman était responsable et il est indécent aujourd’hui de refuser ce fait. Une minute de silence avait donc été demandée au parlement Bruxellois. Le PS et quelques députés d’origine turque que l’on sait depuis longtemps proches de l’extrême droite turque ont tout fait pour que cette minute de silence n’ait pas lieu. Le Parti Socialiste de Wallonie, qui sévit donc également à Bruxelles (j’y reviens tout de suite), lui si prompt à se draper du Bien, ce parti de la Gentillesse incarnée n’hésite pas à s’acoquiner des pires crapules et des Loups Gris en niant le génocide de près d’1,5 million de civils. Laurette semble ne plus entendre les bruits de bottes

Cet événement ne doit bien entendu jamais être oublié. Non seulement ces socialistes nous sucent notre pognon, détruisent notre économie et donc nos moyens de vivre, nous prennent pour des enfants, décident pour nous ce qui est bon et ce qui ne l’est pas, passent leur vie à nous donner des leçons de morale, mais en plus et par-dessus le marché, ils sont prompts à écraser la moindre lueur d’Humanité quand elle apparaît, pour défendre leurs courtes vues électoralistes. Pire : il est probable qu’en interne, la plupart des cadres du parti sont tout à fait prêts à reconnaître le génocide des Arméniens. Mais tout ce qui compte pour eux, ce sont les voix, nombreuses à Bruxelles et donc vitales, de la communauté turque notamment de Schaerbeek et de Saint-Josse-ten-Noode. Peu importe si le nombre de jeunes Turcs reconnaissant le génocide semble de plus en plus élevé. C’est une illustration parfaite de ce qui compte pour les partis politiques d’aujourd’hui : des voix, du pouvoir, de l’électorat, du pognon. Rien d’autre. Même plus un semblant d’honneur.

Je disais que le PS nuisait également à Bruxelles, et non pas seulement en Wallonie, je m’en voudrais donc si j’oubliais de rappeler ici que la commune de Molenbeek-Saint-Jean, fief socialiste de longue date et dirigé jusqu’il y a peu et pendant 20 ans par l’une des plus grands figures que le PS n’ait jamais connu, Philippe Moureaux, est officiellement en faillite. Ou presque, car il est probable que la Région décide d’asperger la commune de l’argent des autres, histoire de remettre les comptes dans une situation moins catastrophique. Gestion misérable est une expression faible quand on connaît sa gestion clientéliste, son irrespect total des comptes publics (la dette est passée de 21 à 70 millions entre 2011 et 2014 !) et qu’on apprend que Moureaux, une fois mis au pied du mur, rejette la faute sur les autres. Le socialisme, décidément, ça a beau foirer un peu partout, ce n’est pas demain que l’on entendra un seul de ses partisans reconnaître que cela ne fonctionne pas.

Qui dit clientélisme, dit argent à distribuer. Et pour que cela fonctionne, il faut toujours donner l’impression que l’argent ponctionné provient de la poche des autres.

À ce petit jeu, le gouvernement wallon est en train de faire très fort. Un rappel des faits avant de continuer. La Belgique est devenue fédérale en 1981, cela fait donc 34 ans. Et depuis lors, le PS a été de toutes les législations. Toutes, sans exception, même après les affaires de 2005. Mieux que ça, tous les ministre-présidents de Wallonie, à l’exception de Damseaux en 1982, furent des socialistes. Depuis 1918, et surtout après 1936, le PS a très régulièrement été associé (en coalition, certes) au pouvoir également au Fédéral (ou au gouvernement Belge d’avant le fédéralisme). Il l’était jusqu’à dernièrement de manière ininterrompue depuis 1990. Le dernier gouvernement avait quand même Di Rupo, chef de file socialiste, pour Premier ministre. Et ça, c’est sans oublier les provinces comme Liège, largement gouvernée par la gauche de 1927 à 2004 ! Autrement dit, l’état de la Belgique, et singulièrement de la Wallonie (dont les grandes villes, Liège et Charleroi, ont des bourgmestres socialistes depuis la fin des années 60) est absolument de leur ressort. Ils en sont les premiers responsables.

Or, depuis les dernières élections, le gouvernement régional est supposé avoir un budget à l’équilibre, ordre du Fédéral. Ce dernier ayant baissé légèrement les impôts, il y a donc en plus de l’équilibre, un peu moins d’argent à se partager. Résultat, 800 millions d’euros à économiser pour les Wallons, qui reprochent alors au gouvernement fédéral sa gestion financière. Le gouvernement Michel 1er fait probablement n’importe quoi, mais on croit rêver quand on sait tout ce que j’ai rappelé ci-dessus. On frise l’attaque cardiaque en lisant que nos socialistes refusent de toucher au Plan Marshall, ce plan de relance wallon bricolé sur un coin de table par des amateurs. Pourtant, il coûte 320 millions par an, plus d’1,6 milliard sur 5 ans. Pour quels résultats ? Quelques milliers d’emplois subventionnés, quelques multinationales qui empochent l’argent (et probablement quelques PME au passage pour les miettes). Autrement dit, rien en regard des hausses d’impôts nécessaires au financement de ce gouffre budgétaire. Une bonne économie, facile, aurait été de supprimer cette usine à gaz et à mensonges, afin d’aider les entreprises de manière passive et gratuite pour tous : baisser les charges excessives qu’on leur colle sur le dos et mettre en place un contexte juridique stable et non kafkaïen. Mais voilà, cela veut dire retirer un peu de pouvoir aux élus, et ça, c’est pas dans le programme.

Pendant ce temps, nos habituels tartuffes syndicalistes expliquent doctement que ceux qui se plaignent des grèves en cours devraient comprendre que c’est à ça que ressemblerait le monde si les services publics n’existaient plus. J’aimerais tellement qu’un jour les entreprises fassent grève, histoire de voir la CGSP comprendre ce qui arrivera quand les robinets à argent gratuit seront aux abonnés absents. Vraiment, cette semaine, à gauche, on y a pas été de main morte niveau stupidité ambiante.

Heureusement, tout n’est pas noir. Parfois, un éclair de lucidité apparaît. Deux, en l’occurrence : Bruxelles, bien qu’elle se débat dans ses torrents socialistes, vient de prendre deux mesures libérales. D’abord, le gouvernent bruxellois (étiqueté PS, cherchez la cohérence) semble s’être mis d’accord pour rendre Uber légal en obligeant les chauffeurs à adopter un statut d’indépendant complémentaire. Cela semble sonner le glas du monopole des taxis. Ensuite, les magasins du centre-ville vont enfin pouvoir ouvrir le dimanche, au bénéfice des touristes et de ceux qui bossent la semaine, des étudiants qui pourront y travailler et des employés qui auront la possibilité de faire quelques heures supplémentaires afin d’arrondir leurs fins de mois. Tout ceci est bon pour l’économie, bon pour nous et ne coûte pas un balle à l’État. Mieux, il va en rapporter plus grâce aux impôts et à la probable légère baisse du taux de chômage (il faudra bien des employés supplémentaires dans ces magasins ! ).

Espérons que cela serve de leçon à certains.

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