Libéralisme : le malentendu

atlas credits jeff berman (licence creative commons) https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/

On ne peut pas être libéral à moitié.

Par Marius-Joseph Marchetti.

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Je souhaiterais récapituler ce qu’est être libéral car apparemment certains ont encore le don de ne pas comprendre. Être libéral, ce n’est pas juste être opposé aux hausses d’impôts, ce qui serait trop facile. Être libéral, c’est respecter tous les droits de propriété légitimes, sans distinction, sans chercher à savoir si ces propriétaires sont entrepreneurs, homosexuels, parents, religieux, commerçants, ou qu’importe.

Ainsi, dire de quelqu’un qu’il est plus ou moins libéral qu’un autre est absurde car vous ne pouvez qu’être libéral ou ne pas l’être. Si vous êtes déterminé à ce que tous les droits de propriété soient respectés, même ceux des personnes que vous n’aimez pas, vous êtes libéral. Si certains droits de propriété vous déplaisent et que vous souhaitez qu’il soit légiféré à leur propos, vous êtes plus ou moins étatiste, selon que vous nuisez énormément ou peu aux droits de propriété d’autrui.

Lorsque vous êtes libéral, vous n’êtes pas seulement opposé aux hausses d’impôts, aux dépenses publiques et aux réglementations. Vous êtes également favorable à la dépénalisation et la légalisation des drogues, à la privatisation du mariage, au port d’arme libre ; vous êtes pour que chacun dispose librement de son corps dans la limite de ses propres droits de propriété, pour que les vices ne soient pas considérés comme des crimes (car la seule personne à laquelle vous nuisez, c’est vous-même). Lorsque vous êtes libéral, vous êtes profondément anti-guerre (sauf si il s’agit de se défendre) car ne pas déclarer la guerre à autrui et protéger la propriété procèdent de la même démarche, et c’est ce qui fonde le pacifisme libéral décrit par Ludwig von Mises. Lorsque vous êtes libéral, la légitime propriété privée est le socle sur lequel reposent conjointement les deux atouts majeurs d’une société libre : la Liberté et la Responsabilité. Lorsque vous êtes libéral, vous faites confiance aux individus. Même si vous n’entrevoyez pas de solution, sachez que vous n’êtes nullement omniscient, comme tout planificateur, et que seul le marché, seule la somme de nos intérêts personnels nous permet de dégager des solutions aux problèmes de nos sociétés modernes.

Un libéral croit en la liberté en tout moment. Il n’a nullement la prétention d’expliquer à ses compagnons comment ils doivent vivre. Cela ne veut pas dire que nous ne réagissons pas face à des situations que nous estimons immorales. Nos solutions divergent des étatistes en ce qu’elles sont avant tout individualistes et qu’elles reposent sur la responsabilité et la liberté de chacun.

L’État n’est pas la solution, car il ne vit pas grâce à sa propre responsabilité. L’État se nourrit de nos forces individuelles. La sphère dite sociale ou culturelle et la sphère dite économique sont intrinsèquement liées car elles relèvent en réalité d’une seule et même entité : la raison humaine. On ne peut pas dire que dans un cas, l’homme de par sa nature fait de meilleurs choix que des planificateurs centraux et que dans l’autre, il est inapte et par nature irresponsable. C’est cracher sur la raison humaine que d’être à ce point hypocrite. Le marché n’a pas qu’une dimension économique. Le marché, c’est avant tout la somme de nos individualités, de nos rationalités. Nous ne pouvons limiter la sphère économique sans toucher à la sphère culturelle, et inversement, pour la simple et bonne raison qu’elles ne font qu’une. Ces deux dimensions que nous avons la mauvaise habitude de séparer ne sont que les deux faces d’une même pièce qui correspondent à l’individualité et la rationalité de chacun d’entre nous. Tout acte relevant de la sphère culturelle ou économique n’est rien d’autre qu’un acte rationnel, et en cela il est aisé de constater qu’il est ridicule de se revendiquer du « libéralisme économique », du « libéralisme sociétal », du « libéralisme continental » et que sais-je encore ! Il n’y a qu’un seul libéralisme : celui qui respecte les droits de propriété, et les considère comme droits de l’homme, et la raison humaine. N’oublions jamais ce que nous a dit Ayn Rand : « Sans droits de propriété, aucun autre droit n’est possible. »