Le Québec : un cordonnier de l’énergie bien mal chaussé

Pourquoi le Québec, qui regorge de ressources énergétiques bon marché, s’engage-t-il en faveur des plus coûteuses et des moins efficaces ?

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Le Québec : un cordonnier de l’énergie bien mal chaussé

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 29 avril 2015
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Par Youri Chassin, depuis le Canada.

Parc éolien CC NguyenDai
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Le Québec regorge de ressources énergétiques. Nous avons principalement la chance d’avoir des cours d’eau si puissants qu’ils fournissent à 96% de la population l’électricité que nous consommons. Il s’agit non seulement d’une énergie abondante, mais aussi d’une énergie propre et renouvelable.

Notre territoire recèle aussi des quantités très alléchantes d’hydrocarbures, pétrole et gaz. Le gouvernement du Québec semble d’ailleurs ouvert  à ce que l’exploration et l’exploitation éventuelle du pétrole puisse avoir lieu. Il s’agit d’une excellente nouvelle puisque, jusqu’ici, le Québec si riche sur le plan énergétique ressemblait au proverbial cordonnier : très compétent dans son domaine, mais incapable de prendre les bonnes décisions pour lui-même !

Ainsi, les gouvernements successifs ont à maintes reprises fait le choix de supporter de coûteux projets énergétiques parce qu’ils étaient perçus comme étant bénéfiques pour l’environnement. La filière éolienne qui nous coûte collectivement 695 millions de dollars par année, soit 200$ par ménage par année, en est un exemple patent. L’électricité produite à partir de l’éolien ne représente pourtant qu’une infime partie de notre production totale, sans ajouter quoi que ce soit à notre bilan environnemental déjà enviable.

De plus, le gouvernement du Québec subventionne largement l’achat de voitures électriques ou hybrides rechargeables. Ces subventions peuvent atteindre 8000$ pour l’achat de la voiture et 1000$ pour la borne de branchement.  En 2014, ce programme a coûté environ 22 millions de dollars pour moins de 3000 voitures et ce coût continuera d’augmenter.

Nous avons démontré dans une Note économique que ces subventions n’avaient pas du tout les effets escomptés. Pour atteindre l’objectif d’avoir une flotte de 300 000 véhicules électriques sur les routes québécoises d’ici 2020, le gouvernement du Québec devrait dépenser plus de 12,1 milliards de dollars en subventions. Ceci porterait le coût d’évitement d’une tonne de GES à 1560 $, en comparaison avec 11,39$ pour un quota sur le marché du carbone. Le gouvernement du Québec pourrait donc atteindre le même objectif environnemental en achetant des quotas d’émission pour environ 88 millions de dollars, soit un coût 137 fois moins élevé.

Ces programmes qui n’atteignent pas leurs objectifs environnementaux ont été mis en place en invoquant la création de richesse. Par contre, lorsque certains projets peuvent réellement nous rapporter de l’argent, sans investissement de la part du gouvernement, des groupes d’activistes se mobilisent et on traîne de la patte pour octroyer les autorisations nécessaires. Récemment en Gaspésie, Junex produisait 2723 barils de brut léger en cinq jours et avec des coûts de production très bas (environ 20$ le baril). Cela laisse présager une production commerciale dès 2016 et une profitabilité même avec un prix du pétrole faible.

Mais le plus grand potentiel pétrolier se trouve sur l’île d’Anticosti, où on estime que dorment 40 milliards de barils de pétrole.  Même à 50 $ le baril, l’exploitation de ce pétrole injecterait annuellement un minimum de 160 millions de dollars de redevances dans le trésor québécois sur une période de 30 ans. Dans un scénario plus réaliste, on peut estimer les redevances à environ 978 millions par année.

En combinant les économies qu’entraîneraient l’abolition de subventions et les redevances générées par l’exploitation de nouvelles ressources pétrolières, cela représenterait 1,7 milliard de dollars par année de plus pour le trésor québécois. Et ce, sans avoir besoin de subventionner les entreprises, mais seulement d’autoriser l’exploitation de notre pétrole. Cela ne révolutionnerait pas complètement les finances publiques québécoises, mais ce serait un grand pas dans la bonne direction !

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  • Encore un néolibéral qui n’a que foi pour la divine machine financière de planification centralisée. Chaque fois c’est la même chose: ils comparent le prix de toutes les énergies au prix du pétrole et utilisent le soit-disant « marché » comme argument.

    Soyons très clairs: je n’appuie aucune forme de subventions gouvernementales pour quelque cause que ce soit. Justement.

    On parle du prix du pétrole. On parle d’abord d’un prix soumis à un « marché » qui transige en devises fiduciaires à cours forcé. Ce seul détail apporte une nuance énorme à la notion même de « prix du pétrole ». Mais faisons-en fi, car il y a d’autres problèmes.

    Donc supposons que le pétrole se transige dans un marché de devises à cours libre. Manifestement, le coût du pétrole « au marché » ne peut à lui seul représenter son coût réel, puisque la géopolitique du pétrole à elle seule présente un coût immense. En effet, au coût du pétrole au « marché » (qui n’a rien de libre), il faut ajouter des éléments importants directement liés au coût du pétrole: une part des taxes que vous payez, la destruction d’autres sources de revenus à long terme et des échanges non réalisés.

    Concernant les taxes, il s’agit des dépenses des États pour les opérations diplomatiques, les opérations secrètes, les renversements de gouvernements et éventuellement les opérations d’occupation militaire dans les pays producteurs de pétrole.

    Concernant la destruction de sources de revenus, on parle évidemment d’épuiser en 30 ou 50 ans des réserves d’énergie fossiles en échange d’un grand profit rapide, au risque d’endommager d’autres sources de revenus lents (ressources naturelles renouvelables: faune, biodiversité, etc..) mais qui fonctionnent depuis des milliers d’années. À long terme, le calcul est sujet à une valuation contingente. Comme la « propriété publique » permet au gouvernemaman d’esquiver le fait que, dans un pays libre, le territoire est la propriété privée des citoyens, il suffit de jouer une mascarade médiatique en guise de valuation contingente pour éviter d’avoir à définir clairement les droits de propriété individuels.

    Concernant les échanges non réalisés, on parle des embargots et des sanctions économiques liées à l’influence du marché du pétrole sur les politiques internationales. Ce sont des enjeux qui se jouent sur la scène internationale, et le « prix du pétrole » au niveau d’une province de colonisés y est complètement soumis, sans aucune influence possible.

    Si on aditionne tout ces coûts au coût du pétrole, si le pétrole était réellement échangé dans un marché purement libre, son coût serait énormément plus élevé.

    La prestidigitation ultime des maîtres du pétrole est d’avoir réussi à forcer l’utilisation de devises fiduciaires pour réaliser les échanges, permettant alors à ceux qui contrôlent les presses à billets de créer la plus grance machine de planification centralisée que l’histoire ait connu.

  • le pourquoi d’un telle situation est pourtant simple: le profit .si l’etat subventionnait les trous , ils creuseraient des trous reste a savoir qui demande a l’état ces subventions..toujours les mêmes .

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