Au Japon, le Maglev bat le record mondial de vitesse ferroviaire

Un Maglev en 2013 sur le circuit d'essai de Yamanashi, Japon (Crédits Saruno Hirobano, licence CC-BY-SA 3.0), via Wikimedia Commons.

La société japonaise de chemins de fer JR vient de franchir un nouveau pas dans la vitesse ferroviaire le 21 avril 2015 en atteignant 603 km/h.

Par Jacques Henry.

Un Maglev en 2013 sur le circuit d'essai de Yamanashi, Japon (Crédits Saruno Hirobano, licence CC-BY-SA 3.0), via Wikimedia Commons.
Un Maglev sur le même circuit d’essai de Yamanashi, Japon (Crédits Saruno Hirobano, licence CC-BY-SA 3.0), via Wikimedia Commons.

La société japonaise de chemins de fer JR vient de franchir un nouveau pas dans la vitesse ferroviaire le 21 avril 2015 en atteignant 603 km/h sur une ligne expérimentale située entre Uenohara et Fuefuki (préfecture de Yamanashi) à l’ouest de Tokyo. Il s’agit de la première ligne de chemin de fer, mais le terme n’est plus approprié, en lévitation magnétique avec une rame en vraie grandeur. Le 20 avril ce train avait atteint la vitesse déjà inégalée de 590 km/h.

Il faut faire ici quelques petits rappels historiques. Le Japon est le premier pays à avoir mis en place une ligne de trains à grande vitesse entre Tokyo et Osaka l’année des jeux Olympiques de Tokyo en 1964. Cette ligne Shinkansen, littéralement « ligne de nouveau train » est la seule ligne à grande vitesse dans le monde avec celle reliant Paris à Lyon en France qui soit rentable. Même au Japon, les autres liaisons « Shinkansen » sont déficitaires. Le Japon est donc le premier pays du monde à détenir ce record de vitesse avec un train qui n’est plus vraiment un train roulant sur des rails mais un véhicule futuriste sustenté par un champ magnétique et n’offrant donc aucun contact mécanique avec la ligne elle-même. L’entreprise française Bertin, innovante dans de nombreux domaines, avait tenté ce même type d’approche mais elle resta lettre morte …

Alsthom, devenu Alstom, n’a jamais réussi à vendre son train à grande vitesse à d’autres pays qu’à « son » client captif la SNCF. On voit donc qu’une entreprise largement contrôlée par l’État et n’ayant que l’État comme client ne peut s’aventurer dans l’inconnu comme l’a tenté avec succès la JR, soutenue, certes, par l’État Japonais mais restant une entreprise de service public à capitaux largement privés, ce qui n’a jamais été le cas de la SNCF en France depuis sa nationalisation qui a conduit à un pourrissement de l’intérieur par des syndicats plus politiques que professionnels ayant gangrené toute initiative industrielle innovante, au mépris de tout rentabilité économique, avec un service public dégradé ; et c’est bien dommage.

Comme je le mentionnais dans un précédent billet, le Japon est déjà dans le futur quoiqu’on en pense dans la petite lorgnette européenne. Prudents, les Japonais n’envisagent une exploitation commerciale du Maglev qu’à l’horizon 2027. En effet la construction des lignes nécessitera un investissement pharaonique et cet investissement ne pourra être que très progressif. Longue vie à la JR !

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