Que l’État abandonne le mariage !

Pourquoi l’État devrait-il prendre en charge le mariage ?

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Que l’État abandonne le mariage !

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 25 avril 2015
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Par Marius-Joseph Marchetti.

mariage rené le honzec L’État n’aurait pas du légaliser le mariage homosexuel. Non, je ne veux pas dire qu’il aurait du l’interdire. Ce que je prétends, c’est qu’il n’aurait jamais du vouloir régir cette institution qu’est le mariage, à la suite de l’Église.

Non, je ne dis pas non plus que le mariage aurait du être laissé à l’Église, pour la simple et bonne raison que le mariage est avant tout un contrat d’ordre privé entre personnes consentantes. Ensuite, il est faux d’avancer que le mariage est d’abord d’ordre religieux, justifiant ainsi l’opposition au mariage homosexuel. En effet, avant que L’Église prenne effectivement le contrôle de cette institution importante qu’est le mariage, une grande majorité de ceux-ci était d’ordre privé. C’est notamment Bertrand Lemennicier qui nous le rappelle dans un de ses articles sur Contrepoints :

« Avant l’an mille, le mariage était une affaire privée. Dans les siècles qui suivirent les familles furent contraintes de déclarer leurs mariages aux prêtres et à le célébrer à l’église. Cette lutte contre la pratique privée du mariage a duré quelques siècles. Les tribunaux jouèrent alors un rôle éminent, et partisan, en condamnant les familles qui osaient faire du mariage de leurs enfants une affaire privée. Selon Jack Goody (1985) qui reprend les travaux de Georges Duby : « Dans soixante-dix pour cent des litiges matrimoniaux plaidés à la Cour d’Ely entre mars 1374 et mars 1382, le mariage avait été contracté en privé ». Après le treizième siècle, l’église a conquis la juridiction exclusive sur le mariage. En 1789, l’État a repris cette exclusivité à son propre profit ! Il ne l‘a pas lâché depuis. »

Pourquoi donc alors, l’État a-t-il pris en charge le mariage ? De la même façon qu’il s’ingère dans toutes les activités de la société civile, industries, relations, contrats, l’État cherche toujours à asseoir son pouvoir. C’est pour cela, par exemple, qu’il exige auprès des chrétiens qu’ils passent d’abord à la mairie, pour la simple et bonne raison que, sans cela, il serait aveugle et impuissant. Et s’il y a bien quelque chose que craignent  les politiciens, c’est la privatisation du mariage. Celle-ci, et donc la déclaration de notre identité et celle de nos enfants à une haute autorité, comme le sous-entend Bertrand Lemennicier, aurait pour conséquence de très fortement limiter le pouvoir de l’État. Ne soyez pas dupes, l’État n’a pas monopolisé le mariage dans le but de « permettre une égalité des droits » ou au contraire « être le défenseur des traditions ». Non, l’État n’a monopolisé le mariage que dans l’objectif de prendre davantage d’ampleur. Selon Bertrand Lemennicier :

« On peut rappeler les conditions familiales du XIXème siècle et des précédents siècles. Au XVIIème siècle, la moitié des enfants meurent avant l’âge de 16 ans. L’âge moyen de décès est 52 ans. La majorité des personnes mariées deviennent veuves avant le dix-septième anniversaire de leur mariage. La plupart des enfants n’ont jamais connu leurs grands-parents. 20% des femmes meurent durant l’accouchement, les enfants étant alors élevés par d’autres femmes, et ont un parent qui ne leur est pas lié biologiquement. À l’âge de 8 ou 10 ans, ils quittent le foyer familial pour être formés comme apprentis par un autre foyer, celui des artisans, ou bien ils vont travailler à la ferme voisine. Aujourd’hui comme hier, les enfants dont la mère biologique est décédée n’ont pas la chance de pouvoir échanger avec elle de son expérience de vie. En revanche si vous êtes élevé principalement par l’un de vos parents, divorcé ou célibataire, vous pouvez toujours connaître et fréquenter votre autre parent biologique, s’il le désire. Laquelle des deux situations est la meilleure ? »

Une autre critique du mariage homosexuel est relative à son corollaire, l’éducation des enfants : les homosexuels seraient moins aptes que d’autres à élever des enfants car ils ne seraient pas, par définition, leurs parents biologiques (du moins pour l’un d’entre eux). Qu’est-ce donc tout d’abord que la parentalité ? Comme il la définit dans son Éthique de la Liberté, Murray Rothbard nous explique qu’elle est avant tout un droit de garde ou une relation de protection de l’enfant jusqu’à ce qu’il pétitionne pour sa liberté. Ainsi par définition, l’enfant devient adulte lorsqu’il quitte vraiment le domicile des parents et se frotte au monde en vivant par ses propres moyens. Le droit de garde est donc limité, d’une part, par le droit de l’enfant de quitter ou de s’enfuir du domicile parental, et par le droit de ne pas être agressé physiquement par ses parents comme nous le décrit Rothbard. Mais l’enfant ne dispose pas d’un droit naturel à ne pas être abandonné (dans le sens où personne ne l’agresse), ou d’un droit à recevoir une éducation qui ferait de lui un libéral, un socialiste, un conservateur, ou diront certains, un homosexuel ou un hétérosexuel (bien que l’éducation n’ait clairement rien à voir avec la forme de la sexualité dans le futur). Attention, ne vous méprenez pas sur mon compte, l’abandon d’un enfant me semble être une chose exécrable. Il me paraît cependant important d’établir une différence entre le droit et la morale, les vices n’étant pas des crimes, pour paraphraser Spooner.

Les homosexuels ont eu tort de militer pour l’extension de l’État dans les affaires du mariage. Ils auraient du demander le démantèlement de son intervention dans cette importante institution caractérisée par de multiples et essentielles interactions entre individus, mais ils ont accepté le jeu des tenants du droit positif et de la démocratie. La liberté de se marier doit être restaurée pour tout un chacun : loin de n’être qu’un pas minuscule pour la liberté, il se pourrait bien que le retour du mariage dans la sphère privée puisse être un coup de poignard dans l’étatisme forcené qui affaiblit les forces et les individus de notre pays.

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  • Le mariage est de plus en plus une chose privée, cela sous l’effet de la jurisprudence de la CEDH. Toutefois je ne suis pas complètement d’accord, l’état se doit de jouer un rôle minimal dans le mariage, comme dans le droit commun des contrats ne serait que pour assurer l’accomplissement des obligations de chacun en cas de mauvaise execution.
    Mais je dirai que le rôle de l’état dans le droit de la famille doit être plus élevé, pensez par exemple a la prohibition des mariages consanguins ou à la dévolution legale successorale.

    En resume il est vrai que le mariage est un contrat mais un contrat tres spécial dans le sens ou il justifie, exceptionnellement, une plus grande intervention etatitique,

    • le mariage civile hors procréation n’est qu’un contrat de vie commune dont l’utilité n’est que fiscale et protectrice en cas de conflit ou de rupture(et quelques autres avantages dont se servent par exemple les candidats à l’immigration).
      On peut imaginer qu’il puisse être étendu sans exceptions: homosexuel, polygames, simples copinages sans sexe….et donc pourquoi pas consanguins.

      Pour ce qui est des droits de successions un peu plus de liberté ne ferait pas de mal: j’ai connu par exemple un père qui a hérité de son fils dont pourtant il n’avait aucun contact et ne c’était jamais occupé.

      • Vous votre vision de la liberté n’esr pas la mienne, il ressort de votre propos une approche de la liberte un peu comme le droit de « faire ce que l’on veut ». Or la liberté doit necessairement être limitée par l’ordre public, apres tout le debat est de savoir l’intensité de celui ci.
        l’ordre public naturel a tjr proscrit les mariages consanguins, et heureusement. Dans le meme sens notre ordre public a tjr proscrit les mariages polygames et ce grace au catholicisme. La encore idem pour le droit des succession, droit vieux de qql millénaires d’ailleurs, je vous renvoi au discours de Mirabeau a ce sujet qui sera plus convaincant que moi.

        avec votre vision de la liberté on detruit tout le droit naturel, notre histoire, la famille, in fine on réduit a neant l’identite de l’homme.

        • Je comprends votre morale chrétienne que je partage.
          Mon propos n’a rien d’un droit à faire tout ce que l’on veut et je précise « hors procréation ».
          Pour autant il n’y a souvent pas de raison pour l’état à accorder plus d’avantages à des personnes mariées qu’à d’autres. Cela a plus à voir avec la notion d’équité qu’avec une vision de la liberté.
          Pour prendre un exemple:
          Pourquoi payer plus en succession si on hérite du logement d’un ami partagé de la même façon qu’un couple pendant des années?

          J’espère ne pas mettre en péril l’humanité par ces propos 🙂

          • Les avtgs accordés trouvent leur fondement dans la volonté de l’état de consolider cette institution qui est la Famille, ce qui est normal puisque la famille est le fondement de la société et facteur de stabilité pour celle ci. Il est donc logique que l’état de tout temps ait encouragé ce mode de vie.

            Mais pour répondre sur la question de fiscalité, je trouve comme vous scandaleux que l’état prenne 60% de droit lorsque a qql qui n’est pas de sa famille.

  • Privatisons le mariage. Les filles de certaines origines n’auront plus de soucis pour trouver un mari…

  • Tout dépend quel cadre la société veut donner à l’éducation des enfants. Si l’on admet que l’avenir des enfants, c’est aussi l’avenir de la société, celle-ci a bien quelque chose à dire sur ce sujet. Dès lors, le mariage n’est plus seulement une affaire privée.

  • Je pense que si d’abord la fiscalité n’était plus calculée sur le foyer, on pourrait ensuite parler du mariage. En effet le rôle de l’etat se limiterait alors à arbitrer l’applications des contrats quand il serait saisi puisque le mariage n’aurait aucune autre conséquence.
    Pour ce qui est de reconnaître le statut d’adulte relativement à l’endroit où on vit… là encore c’est prêter trop d’attention à la notion de foyer qui est désormais de plus en plus floue. Ainsi des étudiants sont encore financés par la famille même quand ils sont en pensionnat à l’étranger, des enfants peuvent passer géographiquement d’un foyer à un autre relativement à la recomposition familiale… etc. de plus le passage de l’enfance à la prise en charge autonome de la gestion de ses relations d’interdépendances avec les autres se fait en transitions successives, le changement de localisation du lieu où on mange, où on dort, ne suffit pas, même si c’est important.

  • « …je ne dis pas non plus que le mariage aurait du être laissé à l’Église ».
    Cela me paraît erroné: l’Église ne donne pas le sacrement, ce sont les époux qui se le donnent mutuellement.
    Ils expriment devant l’Église leur consentement.
    C’est très différent, et beaucoup plus « libéral » (la liberté des Enfants de Dieu) que vous ne le pensez…

  • Le mariage à la mairie a copié la cérémonie religieuse et ce, dans le but de montrer que c’est désormais l’état qui sacralise l’union entre un homme et une femme. Le maire officie, non avec un missel, mais avec le code civil. Il prononce un sermon (républicain). Derrière lui, il n’y a pas la croix, mais le buste de Marianne et le portrait du chef de l’état. L’assistance n’est pas composé de fidèles, mais elle est là, en retrait de l’autel, enfin non, de la table où officie le maire. Tout ceci n’est pas un hasard, mais la volonté de faire du maire le substitut du curé, de la mairie, le substitut de l’église et de la république, la nouvelle religion (pour laquelle un Français doit mourir, comme le clame le célèbre chant).N’oublions pas que l’histoire de la troisième république, c’est celle de la lutte sans merci entre le curé et le maire dans chaque commune pour contrôler les âmes.
    Alors, quand la république, garant de ce qui est le plus sacré dans nos institutions, sacralise le mariage homosexuel, on peut comprendre que certains fidèles trouvent ça bizarre et réagissent mal.
    Donc, encore un effort pour être vraiment républicain. Désacralisons le mariage, rejetons le cléricalisme républicain, faisons du mariage une affaire vraiment privée comme c’était le cas au début de l’ére chrétienne.

    • Vous oubliez la quête par le maire…

    • On peut comprendre en effet que de manière générale ceux qui se sentent appartenir à des églises considèrent que seuls leurs rites sont valables. Mais bon, il n’y a que les plus bornés qui n’y arrivent pas. Est-ce le rôle de l’état de proposer des rites ? En fait c’est assez compliqué parce que, quand même, remarquons que nous ne savons pas faire autrement que de ritualiser. L’état ne le ferait pas ce serait anormal. Le truc c’est que l’autorité de l’état se retrouve partout et s’occupe de tout, du coup les rites en question deviennent sans doute importants.
      Le fait qu’il y ait de moins en moins de monde qui y adhére, aux rites républicains, est le signe de la perte de l’autorité de l’état, et c’est tout. Ca n’est pas le signe de la fin de la concurrence des rites, les catholiques ne retrouveront plus jamais le monopole d’antan et ce n’est pas plus mal. En fait on se retrouve avec une multitude de rites, une simultanéité d’appartenances, différentes autorités, et tant que celles-ci s’acceptent alors elles ne se feront pas la guerre.
      On peut comprendre plein de gens différents, mais bon, quand ils essayent de casser les pieds à des gens qu’ils ne connaissent même pas et dont les comportements n’ont aucune conséquence sur leur vie, on les comprend mais on passe vite à autre chose. En l’occurrence il y a des gens qui veulent aller à la mairie devant le maire et tout, grand bien leur fasse, je ne sais pas s’il faut l’interdire. Par contre il n’y a pas de raison pour que le mariage ouvre à des statuts spécifiques au regard du Droit, c’est là que réside le problème je crois.

  • Rien de nouveau… Je trouve Rothbard plus pertinent sur la monnaie que sur le droit & la famille : le droit des parents de laisser mourir leur progéniture, l’interdiction d’attenter à son intégrité physique, le droit de l’enfant de quitter ses parents… La principale erreur est de confondre administration & institution. Les sbires de Hollande n’ont pas le droit de changer tous les matins les règles de ma vie en couple. Toutefois il existe des institutions qui dépassent la volonté des individus. Le mariage est une institution, dont le cœur est la présomption de paternité. Il y a eu des évolutions à la marge, puis récemment l’Etat Providence & la législation ont mis à l’épreuve la famille & par là l’harmonie sociale.

    • Mouais… j’ai plutôt l’impression que c’est la famille traditionnelle, avec une identité entre le foyer, la parentalité, une distribution des tâches, le territoire… etc., qui est devenue marginale.
      En fait depuis que le mariage a été autoris pour les homosexuels il n’y a rien qui a changé du tout, parce qu’en fait il s’agissait d’une adaptation à la réalité des comportements et pas du tout une sorte d’approche hygiéniste visant à les changer. Les règles de votre vie de couple n’ont changé éventuellement que parce que le temps existe, les choses vont et viennent… c’est le drame de l’impossession et de l’impermanence, c’est romantique mais il faut s’y faire.

  • Le mariage institution d’état, c’est aussi la tenue de registres, de l’état civil. C’est pas « forcément » pour accroitre le pouvoir de l’état.
    Sans un système solide, ce serait vite le bronx.
    Et dans un pays laïque où nous avons séparé les pouvoirs, il est assez logique que l’état gère cet aspect.
    Rien que pour la recherche généalogique c’est prodigieux.
    Il me parait utopique de vouloir s’en séparer.
    Il y a tellement d’autres sujets où l’état devrait se faire oublier.

    • On peut quand même anticiper d’assez profonds changements au niveau de l’état-civil, et ce n’est pas l’état qui en sera à l’origine.

  • « Aujourd’hui comme hier, les enfants dont la mère biologique est décédée n’ont pas la chance de pouvoir échanger avec elle de son expérience de vie. En revanche si vous êtes élevé principalement par l’un de vos parents, divorcé ou célibataire, vous pouvez toujours connaître et fréquenter votre autre parent biologique, s’il le désire. Laquelle des deux situations est la meilleure ? »

    Question sans intérêt…

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