Du don du sang à l’hémorragie législative

Le 3 avril dernier, l’Assemblée nationale a adopté l’amendement contre l’exclusion des homosexuels du don du sang. Que faut-il en penser ?

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Du don du sang à l’hémorragie législative

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 6 avril 2015
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Par Nafy-Nathalie D.

Don du san Credits Frédéric Bisson (CC BY 2.0)
Don du sang – Credits Frédéric Bisson (CC BY 2.0)

Depuis le 20 juin 1983, date de la circulaire relative à la prévention de la transmission du sida lors des transfusions sanguines, qui interdit aux populations à risques, à savoir les homosexuels ou les bisexuels avec partenaires multiples, de donner leur sang, la situation n’a pas beaucoup évolué en France.

Grosso modo, pour avoir le droit de donner votre sang, il vous faut au préalable remplir certains critères qui seront évalués à l’aide d’un questionnaire à remplir. Il est à noter que les réponses que vous faites ne sont ni vérifiées ni vérifiables. Elles permettent cependant d’éliminer du processus de don certaines groupes à risque, qui sont stigmatisés, plus que les donneurs avec des pratiques à risque qui eux sont le réel danger. Ainsi par exemple sont exclues les personnes, même végétariennes, qui ont vécu en Grande-Bretagne entre 1989 et 1996 (vache folle).

François Hollande, alors candidat du Parti Socialiste, s’était engagé à autoriser les homosexuels à donner leur sang une fois devenu président. François l’a promis, les socialistes l’ont fait avec leur belle efficacité légendaire.

Et, dans la soirée du 3 avril dernier, l’assemblée nationale a voté dans un bel élan d’unanimité (19 députés présents seulement) un amendement contre l’exclusion des homosexuels du don du sang.

Cela fait les gros titres des journaux depuis le 4 avril au matin. Le Monde par exemple titre « Les députés adoptent l’amendement contre l’exclusion des homosexuels du don du sang ». Promesse de campagne réalisée, avancée pour le droit des homosexuels, me direz-vous ? Non ! La proximité du 1er avril aidant, juste une énorme farce.

Comment qualifier autrement l’adoption d’un amendement inapplicable du fait d’un problème de compétence puisque prendre cette décision résultait d’un arrêté et non d’une loi, ce que tous savaient ?

L’histoire de cette farce commence le 27 mars dernier au moment du dépôt de deux amendements sur l’ouverture du don du sang. Le Comité consultatif national d’éthique saisi par Madame Touraine a rendu son avis le 31 mars 2015 qui indique qu’il y a urgence à ne rien précipiter ou décider pour le moment. En effet, en raison d’« un manque de connaissances, lever la contre-indication pourrait entraîner une augmentation du risque de transmission du VIH pour le receveur ». Il recommande de prendre des avis auprès d’experts sur le sujet.

Les débats ont eu lieu le soir du 3 avril et par curiosité, je suis allée voir leur retranscription. Madame Touraine précise au début des débats que ces amendements proposés « n’apportent rien au droit, tel qu’il peut se décliner : aucune sécurité juridique (…) car tout relève du domaine réglementaire. » En gros notre ministre explique aux députés que l’important est de faire évoluer les questionnaires pour élargir la base des donneurs sans faire prendre de risques aux receveurs. Elle annonce qu’elle souhaite un débat national sur le sujet. Elle demande même le retrait des amendements, qui ne sont que de la poudre aux yeux, afin de ne pas devoir se trouver devant l’obligation d’y donner un avis défavorable pour des raisons juridiques. Selon elle, « l’enjeu essentiel, vous le savez, c’est que le questionnaire évolue : s’il n’évolue pas ou s’il est simplement indiqué une déclaration de principe, certains seront satisfaits mais, au fond, les choses n’auront pas changé. »

Un temps de suspension de séance de 5 minutes est accordé au bout duquel Madame la ministre reprend la parole. Je ne sais pas ce qui s’est passé mais je le devine assez bien. En effet, rien n’est plus pareil. Elle ne s’oppose plus à rien dans un revirement assez surprenant allant jusqu’à indiquer que « la position du Gouvernement qui est bien évidemment favorable à ce que soient levées toutes les discriminations relatives à l’orientation sexuelle. C’est dans cet esprit qu’ont été engagées des concertations avec les différentes agences. Il s’agit de poser un critère de comportement sexuel qui ne concerne pas uniquement les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes mais qui s’applique par définition à l’ensemble des donneurs potentiels. Ma demande de retrait était de nature juridique. Dès lors que ces amendements ne sont pas retirés et qu’ils définissent une position de principe sans entrer dans le détail réglementaire du questionnaire, lequel relève du débat avec les agences sanitaires, je rends un avis favorable. »

Il semblerait que pour masquer l’incompétence des députés de l’UDI qui l’ont présenté, ne pas froisser les susceptibilités de groupes de pression, il ait été choisi en toute connaissance de cause de maintenir au vote un amendement stérile, de l’adopter et de se vanter de l’avoir fait avec une belle unanimité. Le citoyen est encore pris pour un idiot.

Cette frénésie de légiférer sur tout, de travailler dans l’urgence, sous l’œil des caméras, est une vraie maladie du gouvernement et de l’assemblée actuels. On ne prend plus le temps de proposer une loi qui tienne la route, qui ait fait l’objet de consultation préalable auprès d’experts et d’une bonne réflexion. L’essentiel est de faire vite et tant pis si l’on propose n’importe quoi au vote. Les textes sont inapplicables, de plus en plus longs et de plus en plus nombreux. Les lois deviennent non seulement complexes mais obscures. Et sans complexe des lois défont ce que d’autres viennent de faire. La loi Duflot remaniée en Pinel en est une belle illustration. L’essentiel est de travailler pour sa postérité, de laisser son nom sur un texte. Aucun domaine n’est épargné. Ce que nous mangeons, buvons, fumons ou pas… même notre mort et le devenir de nos organes. Tout est contrôlé par la loi et notre démocratie vire au totalitarisme à peine voilé.

Il n’y a qu’à voir l’évolution de l’épaisseur du journal officiel. De 15 000 pages par an dans les années 1980, il est passé à plus de 23 000 pages annuelles ces dernières années. Le Recueil des lois de l’Assemblée nationale passait de 433 pages en 1973 à 2 400 pages en 2003 et 3 721 pages en 2004. Je n’ose même pas regarder ce qu’il est devenu aujourd’hui.

Selon la formule du constitutionnaliste Guy Carcassonne, « tout sujet d’un « vingt heures » est virtuellement une loi ». Il ajoute qu’« il faut mais il suffit, qu’il soit suffisamment excitant, qu’il s’agisse d’exciter la compassion, la passion, ou l’indignation, pour qu’instantanément se mette à l’œuvre un processus, tantôt dans les rangs gouvernementaux, tantôt dans les rangs parlementaires, qui va immanquablement aboutir au dépôt d’un projet ou d’une proposition. »

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  • La politique est devenue essentiellement une affaire de communication. Le seul remède est de favoriser le pluralisme de l’information. Comme il ne faut pas rêver que l’AFP soit pluraliste ou que la radio- télévision publique ne soit pas aux ordres, la création d’une agence concurrente plutôt à droite ferait beaucoup de ben à notre démocratie. Qui osera?

    • « la création d’une agence concurrente plutôt à droite …  »
      et même une agence pour résoudre les conflits entre l’agence de G. et celle de D.
      J’ai bien aimé « de maintenir au vote un amendement stérile, de l’adopter et de se vanter de l’avoir fait avec une belle unanimité. »
      Bref l’honneur est sauf mais « citoyen est encore pris pour un idiot » sans pour cela faire passer les députés pour rien de moins que des imbéciles.

      • Nafy-Nathalie Diop
        6 avril 2015 at 12 h 53 min

        Et il faut regarder qui a voté la belle unanimité … je vous laisse le plaisir de fouiller ! sourire.

        • Nafy-Nathalie Diop
          6 avril 2015 at 13 h 04 min

          Vous verrez qu’ils ne sont pas nombreux mais qu’ils représentent la gauche, la droite, le centre et les écolo … édifiant ! Tous unis pour ce genre de bêtises ! Non mais franchement ! Ils sont beaux nos élus eu importe le bord !

          • Simplement, faire voter une loi ou un amendement pareil (qui ne devrait d’ailleurs être affaire que de techniciens spécialistes sur base d’échantillons très larges – plusieurs milliers – de populations (interdits, évidemment), donc faire voter une loi ou un amendement par 19 députés (sur 577 = 3,29%) pour 65 millions (soit 2/10 000 000) d’habitants est un non-sens, en soi, et un déni total de démocratie: peut-on voter pour les absents à l’assemblée nationale?
            C’est simplement le « pouvoir » qui s’est, une fois de plus, ridiculisé tout seul!

  • « que soient levées toutes les discriminations relatives à l’orientation sexuelle. »

    Sauf que l’éviction de homo du dong du sang n’est pas fondée sur leur orientation sexuelle, mais sur leurs pratiques à risque. On marche sur la tête.

    • « Elles permettent cependant d’éliminer du processus de don certaines groupes à risque, qui sont stigmatisés, plus que les donneurs avec des pratiques à risque qui eux sont le réel danger. »
      Les hommes homosexuels étaient systématiquement exclus et pas seulement ceux qui s’adonnaient à des pratiques à risque. La discrimination portait bien sur leur orientation sexuelle.

      • Nafy-Nathalie Diop
        6 avril 2015 at 15 h 35 min

        oui

        • Et alors? En médecine, il n’y a aucun jugement quand on dit que telle population (hommes afro-américains, par exmple) sont plus touchés que d’autres par une maladie (le cancer de la prostate, en l’occurrence): même si on est en droit d’en chercher une explication objectivée (à démontrer): un fait n’a pas de rapport avec ses interprétations sans preuves!
          Il est intéressant de constater que des Chinois immigrés aux U.S.A. souffrent d’une maladie bien plus rare pour ceux restés au pays!(différence entre influence génétique et mode de vie).
          Si des abeilles disparaissent d’un pays, alors que leur nombre reste stable dans un autre pays comprable, c’est de la discrimination de publier les chiffres et de chercher pourquoi?
          Tout ça est idéologique et ridicule! Il est légitime de constater une mauvaise intégration des immigrés si on constate qu’ils sont plus nombreux à être condamnés et emprisonnés! mais toutes les hypothèses (plus grande sévérité = discrimination dans les jugements, par exemple) doivent alors être mesurées!

          • Et alors le monsieur vous dit que vous discriminez mal.

            « telle population (hommes afro-américains, par exmple) sont plus touchés que d’autres par une maladie (le cancer de la prostate, en l’occurrence) »

            Et si un jour on trouve un sous-population parmi les afro-américains qui est plus touchée alors que les autres le sont moins, vous devrez ajuster votre discours pour intégrer ces nouvelles données! Sinon, les gens vous diront que avez un discours passéiste ignorant les données récente et vous prendront pour un fossile.

            Donc oui on peut critiquer la discrimination faite par une personne.

            • Je fais partie des discriminés (puis je etre indemnisé?) ayant donné mon sang,pendant quarante deux années,puis victime d’un cancer de la prostate et ne pouvant plus le faire par véto médical,malgré mon volontariat.
              Suis je atteint dans mes droits imprescriptibles de donneur ou dois je reconnaitre la sagesse de cette décision?

              • « par véto médical »: vous méritez en tout cas une explication après 42 ans de collaboration (que je ne suis pas capable de vous donner!). Simple courtoisie! (Quel risque est lié à cette décision? Risque pour le receveur ou pour vous? etc..)

  • on parle de questionnaires plus fastidieux à remplir. Ok. Mais est ce seulement une réponse qu’il faille prendre en compte ? D’un point de vue pratique, quel est le process qui donnera au receveur une tranquilité absolue ? Comme je n’en dispose pas aujourd’hui je donne mon sang mais n’aimerais pas en recevoir…

  • Futur scandale du sang contaminé en perspective…

    Dommage pour les receveurs !

    • Nafy-Nathalie Diop
      6 avril 2015 at 12 h 03 min

      Les chiffres en 2012 sont les suivants :
      parmi les personnes ayant découvert leur séro­positivité en 2012, l’InVS estime que 56 % ont été contaminées par rapports hétérosexuels, 42 % par rapports sexuels entre hommes et 1 % par usage de drogues injectables.
      Le mode de contamination n’est donc pas du à l’orientation sexuelle mais aux pratiques.

      On peut supposer que, même si le risque 0 n’existe pas, ceux qui font l’acte volontaire et gratuit de donner leur sang, ne le font pas pour contaminer sciemment d’autres et ne le font pas s’ils ont des pratiques à risque ou sont malades ou … Ils le font dans un acte de générosité.
      D’ailleurs, ils sont sélectionnés sur la base d’un questionnaire qui n’est ni vérifié, ni vérifiable.
      C’est une question de confiance.
      Ensuite le sang fait l’objet d’analyse avant d’être transfusé et cela le sécurise, même s’il est vrai qu’il y a une période de 10 jours environ entre la contamination et la possibilité de le savoir par des analyses.
      Les statistiques de contamination sont d’une sur 3 millions.
      C’est toujours trop mais quand même minime. On peut même dire que le risque est pratiquement nul, non ?
      Le fait d’élargir la base des donneurs ne changera rien à tout cela.

      • Nafy-Nathalie Diop
        6 avril 2015 at 12 h 06 min

        Ceci dit affiner le questionnaire pour ne plus stigmatiser des groupes mais des pratiques à risque serait quand même aller dans le bon sens !
        Et informer ! Informer ! Responsabiliser les donneurs !

      • Surtout si déjà 56 % des séropositifs (nouveaux) sont des hétérosexuels « orthodoxes » (et sincères), la déclaration, contrôlée ou non, de l’orientation sexuelle ou des pratiques à risques n’a pas grand intérêt : ce qu’il faut c’est un test (infaillible ?) de la qualité du sang prélevé avant dans mise à disposition des hôpitaux. De plus, même si le SIDA paraît le risque majeur, il y a intérêt à rechercher d’autres contaminations graves (hépatites B et C comme déjà faits, mais aussi grippe, cancer, allergies, aluminium, nicotine…), soit un beau travail de laboratoire, voire la compatibilité des régimes alimentaires pour ne pas dire religieux du donneur et du receveur (consommation de porc notamment).
        Les vaccinations même récentes ne semblent pas examinées :
        http://www.ints.fr/SangTransfSecurite.aspx
        La question de l’homosexualité (qu’il s’agisse d’exclure ou d’accepter) relève donc bien de l’effet d’annonce beaucoup plus que de la sécurité.

      • « 42 % par rapports sexuels entre hommes  » heu c’est énorme. je ne sais pas précisémment combien il y a d’homosexuels en france. mais il n’y a certainement pas 42 %

        • Nafy-Nathalie Diop
          6 avril 2015 at 14 h 21 min

          Oui et non !
          Effectivement, pour les raisons évidentes que l’on devine, il est difficile d’avoir des statistiques fiables sur les homosexuels.

          Par contre, il est intéressant de prêter attention aux rapports Kinsey. Dans les années 50, ils ont montré que 46 % des hommes interrogés ont eu une « expérience homosexuelle », sans que cela remette nécessairement en cause leurs rapports (sentiments d’être) hétérosexuels.
          Cela laisse pensif hein ?!

          Le comportement à risque est le seul critère qui devrait compter.

          • Nan mais faire référence au rapport kinsley sait franchement faire de la pub à cette raclure de pédophile. Ce rapport est surtout l’oeuvre d’un grand malade.

            • Nafy-Nathalie Diop
              6 avril 2015 at 19 h 51 min

              Autant pour moi, depuis votre commentaire, j’ai fait des recherches sur ce rapport plus approfondies.
              C’est vrai que son idéologie est écoeurante.
              Je ne la connaissais pas.
              Je me sens totalement stupide de ne pas avoir mieux vérifié mes statistiques.

              Pour le reste, j’ai trouvé d’autres grilles de statistiques qui ramènent le chiffre nettement à la baisse.
              J’ai trouvé l’enquête CSF que je laisse à ceux qui le veulent le soin de googler.

              • Nafy-Nathalie Diop
                6 avril 2015 at 19 h 53 min

                Il y en a d’autres aussi mais du coup je ne suis pas sûre de leur crédibilité.
                Les pourcentages varient de manière assez hallucinante d’une à l’autre.

                • Je suis contente, au moins, de vous avoir ouvert les yeux sur le cas kinsley. Quant aux statistiques, elles ne sont pas toujours réalistes. Je pense qu’il est très difficile d’avoir des statistiques fiables. 42 % c’est à mon avis beaucoup trop. Ce serait plutôt un pourcentage inférieur à 10 %

                  • Nafy-Nathalie Diop
                    6 avril 2015 at 20 h 10 min

                    Oui merci pour les yeux grands ouverts !
                    Pour le chiffre, je regarderai les études Gratton comme je l’ai indiqué plus bas, histoire de vérifier.
                    Les statistiques de personnes s’affirmant comme homosexuelles sont de 1 à 10% de la population. Ca ne veut rien dire.

                    Par contre, je ne parlais pas de personnes qui s’affirment comme homosexuelles mais de personne ayant eu au moins une fois un rapport homosexuel. C’est peut-être la raison d’un chiffre à priori délirant.

                    • Vous avez fait des erreurs d’appréciation, moi c’est les fotes d’ortograffes !! hi!hi!
                      Bref ! même si l’on intègre les hommes qui ont eu une fois dans leur vie une relation homosexuelle, le chiffre me parait bien délirant ! Un étude a été faite dans les années 60’S suite au rapport pondu par kinsley (qui a servi de référence au états unis pour la libéralisation sexuelle, ce qui montre le pouvoir énorme qu’à eu ce pauvre type…). A l’époque, je dis bien, à l’époque, les hommes ayant eu un rapport sexuel avec un autre homme sans être homosexuels était de 1/100. Aujourd’hui, le chiffre est sans doute supérieur (compte tenu de la libéralisation sexuelles justement) mais n’atteint certainement pas les 10%.

                    • « libération sexuelle » of course !!

                    • Nafy-Nathalie Diop
                      6 avril 2015 at 20 h 46 min

                      Pas convaincue qu’il soit si bas
                      et l’homosexualité n’est pas que masculine … sourire.
                      Ceci dit, entre nous, cela ne change rien au fait que le problème n’est pas la sexualité mais la pratique à risque.
                      Un homosexuel qui se protège est bien moins porteur de risque qu’un hétéro qui ne se protège pas.

                      Par contre, nous pouvons aussi élargir le débat.
                      Il y a d’autres risques que les pratiques sexuelles à risque …
                      Je prenais l’exemple des personnes ayant vécu en Angleterre durant l’époque de la vache folle qui sont exclues du don, …

                    • oui, mais un homosexuel qui ne se protège pas (de par ses pratiques sexuelles et du risque de tomber sur un partenaire porteur du virus (conféré le pourcentage de transmission du sida chez les homos)) a un plus fort risque de contamination qu’un hétéro qui ne se protège pas en ayant des pratiques sexuelles « normales ».
                      Bon je vais vous chambrer un peu en disant qu’un hétéro aura plus de chance d’être mouillé par la pluie avec une feuille de PQ en guise de parapluie qu’un homo avec un parapluie ! l’exemple choisi est comment dirais-je …….

              • Nafy-Nathalie Diop
                6 avril 2015 at 20 h 06 min

                Par contre, pour les chiffres … je me permets d’indiquer, sur la pointe des pieds, que Wikipédia précise que Henri Gratton a repris les recherches en tenant compte des critiques faites sur l’échantillonage et a trouvé quasiment les même chiffres.
                Il y a un livre « Sexologie Contemporaine, PUQ, (1981) » que je vais me commander par curiosité.
                Je ferai des recherches poussées quand j’aurai un peu plus de temps pour voir ce que ces études donnent.

                • À la différence près que votre livre concernera toujours « hier » alors que l’amendement concernera « demain », et chacun sait que rien n’est stable!
                  Très peu (si pas aucune!) des statistiques en sexologie peuvent être considérées comme fiable(s)/
                  Tout questionnaire « intrusif » ouvre la porte de l’émotion et peut donc être trop subjectivement vécu avec une tentation de mensonge pas toujours dépassée. L’aide de l’anonymat peut aider à un peu plus d’honnêteté, sans illusion, anonymat qui ne servira en rien à sélectionner des donneurs de sang!

          • La France importe du sang me semble t il Y a t il autant de precaution de prise que sur les dons nationaux ? Comme il a ete dit les hepatites en particulier C sont elles depistees puisque les personnes voyagent de plus en plus

          • D’après les études régulières de l’INSERM sur la sexualité des français, il me semble me souvenir que les hommes ayant eu une (au moins) relation homosexuelle dans leur vie représentent grosso modo 1.5% de la population. Les femmes dans la même situation sont 0.7%. Les « actifs » (un rapport dans l’année) sont un peu moins de 1% chez les hommes, un peu moins de 0.5% chez les femmes.

            Et c’est nettement plus fiable et sérieux que le rapport Kinsey, fumisterie de propagande sans rigueur.

        • 46% des hommes ayant été contaminés par rapport sexuel avec des hommes montre que la transmission est énorme compte tenu du nombre d’homosexuels. Quant au 46 % des hommes qui avait eu au moins un rapport sexuel, est un chiffre tout à fait farfelu.

          • Nafy-Nathalie Diop
            6 avril 2015 at 20 h 01 min

            Oui oui oui pour le côté farfelu du chiffre ! j’ai fait mon mea culpa plus haut.
            Oui la transmission est énorme compte tenu du nombre d’homosexuels mais ce n’est pas le fait d’être homosexuel qui est visé mais la pratique à risque de certains.

            Un article intéressant que j’ai trouvé :
            http://www.liberation.fr/societe/2013/12/03/sida-la-contamination-ne-baisse-pas-chez-les-gays_963797
            Et un autre :
            http://www.francetvinfo.fr/sante/sida/sida-pourquoi-la-contamination-par-le-vih-continue-en-france_568235.html
            Qui rappelle qu’il ne faut pas faire d’amalgame. Seule une fraction de la population gay a des pratiques à risque.

            • Disons-le clairement: la « fidélité », exigence souvent importante dans les couples hétéro-sexuels (avec, en gros, au moins 40 à 50% de « coups de canif », Mme ou Mr ou les deux, donc par personne ou par couple?avec ou sans préservatif? Franchement, une question pareille posée à un donneur de sang: combien de réponses vraies – pas supposées, pas prétendues, non, conformes à la réalité, avec le nom et le prénom du donneur, date de naissance, domicile etc…? ), les couples homosexuels, probablement (je n’ai pas de chiffre!) plutôt masculins, s’autorisent sciemment des rapports purement sexuels, hors couple, plus facilement.
              On comprend bien que si les responsables des prélèvements de sang n’ont pas le droit de faire des études discriminantes, ils auront à chercher quelques % de plus de sang collecté à éliminer (tout le travail étant accompli excepté la vente!) juste pour faire semblant que les politiciens luttent contre les discriminations « quelles qu’elles soient »: c’est simplement grotesque!

              • « les couples homosexuels, probablement (je n’ai pas de chiffre!) plutôt masculins, s’autorisent sciemment des rapports purement sexuels, hors couple, plus facilement. »

                Vous dites que les homo sont moins hypocrites?

                Conclusion : … ?

  • Attendons les premiers accidents d’inoculation du SIDA. N’oublions pas l’histoire du steward canadien qui eut plus de 300 relations en un an et qui participa à al dissémination de la maladie

    • Nafy-Nathalie Diop
      6 avril 2015 at 12 h 44 min

      Ce Monsieur, sauf erreur de ma part, n’a pas donné son sang, non ?
      Il a contaminé avec des rapports sexuels.
      Il a aussi été le patient O ou est considéré comme tel.
      Heureusement, on en sait plus sur le sida maintenant que dans les années 80 et le sang est contrôlé avant retransfusion.
      Il n’y a quasiment aucun risque qu’un cas comme ça, appliqué au don de sang, se produise aujourd’hui.

  • L’histoire proche a montré la dangerosité potentiellement augmentée de transfusion à partir de cette population. La science médicale est loin d’être aboutie, il peut y avoir d’autres « sida » et autres joyeusetés mortelles. Nier cette dangerosité au nom de l’égalitarisme cela s’appelle se foutre de la science au nom de la politique. Si c’était « bêtement » discriminatoire, évidemment, il faudrait autoriser les dons, le problème de la discrimination, c’est qu’elle est faite pour des raisons scientifiques parfaitement étayées. Quand il y aura procès pour une contamination avec un nouveau virus « machin », il faudra se retourner contre ces inconscients, ils referont peut-être le coup du « sang contaminé » où des ministres ont été inquiétés.

    • Et si votre nouveau « virus machin » ne vient pas des homosexuels mais des hétérosexuels ? Vous avez raison : invoquons le principe de précaution et arrêtons dès aujourd’hui le don du sang et les transfusions sanguines !

  • Pour moi, Il n’est pas pertinent de dissocier pratique à risque et population à risque. Je suis presque sûr que ces 2 variables sont fortement corrélées. La prévalence du vih dans la population homosexuelle (particulierement masculine) n’est un secret pour personne et tend même à s’aggraver depuis ces dernières années (faux sentiment de sécurité apporté par les nouveaux traitements)

    • Les chiffres de la prévalence du VIH sont à prendre avec précautions. Deux raisons à cela :

      1) Le test de dépistage est lui-même plus courant parmi les homosexuels masculins (http://www.aides.org/actu/france-6-372-personnes-ont-decouvert-leur-seropositivite-au-vih-en-2012-2353).
      S’ils sont surreprésentés parmi les testés, il est aussi logique qu’ils soient surreprésentés parmi les testés positifs.

      2) les statistiques de la prévalence parmi les homosexuels masculins sont établies dans des lieux communautaires, essentiellement des lieux de rencontres qui ne sont pas forcément représentatifs des pratiques sexuelles ou de l’état sanitaire de l’ensemble de la population homosexuelle masculine.
      Un peu comme si vous faisiez ces tests dans des clubs libertins pour en généraliser les résultats à l’ensemble de la population hétérosexuelle.

      Certes, la prévalence est tellement plus élevée qu’on puisse douter qu’elle s’explique totalement par des biais statistiques : il est probable qu’effectivement, les pratiques à risques soient surreprésentées parmi les homosexuels masculins (multipartenariat, relations non-protégées, etc) mais même dans ces conditions, difficile de justifier l’interdiction définitive du don du sang par le seul fait d’avoir eu un rapport homosexuel masculin, comme c’est actuellement le cas.

      Si un donneur hétérosexuel a pris un risque, il lui sera demandé d’attendre quelques semaines et de se faire dépister pour revenir donner en toute sécurité.
      Si vous êtes un donneur homosexuel, il ne vous sera plus possible de donner du tout, le fait d’avoir eu un rapport homosexuel avec un autre homme (quelque soit le type de rapport, protégé ou non, avec un partenaire exclusif ou non…) est une contre-indication définitive.

      Il ne s’agit pas là de revendication communautaire ou d’affirmer un quelconque « droit au don », mais d’être traité d’égal à égal sur la seule base de ses actes, indépendamment de son orientation sexuelle.

      • Ce n’est pas une interdiction du don, c’est un refus de l’acceptation. Nuance. Libre à eux de donner leur sang, il y a plein de façon de la faire. devenir militaire par exemple (aucune interdiction).
        Que ceux qui pense que le sang des homosexuels vaut bien celui des hétéro organise une collecte et se l’injecte d’abord : soit il ont tort et ils seront tous seropo (mais c’ets pas grave, hein ?), soit ils ont raison et ils seront au moins en aussi bonne santé que le autres, qui les suivront bien volontiers sur cette voie. Mais plus tard.
        En attendant, souffrez qu’on suive une balance cout bénéfice : bénéfice du sang, risque de se faire contaminer.

    • Votre référence est intéressante: on voit que les mesures prises n’ont rien à voir avec une « discrimination » (au sens politique qui est péjoratif, ce qui n’est pas le cas dans d’autres secteurs).
      On voit donc que cet amendement est aussi ridicule que la façon dont il a été voté!
      Il y a donc plus d’une nuance entre une rigueur statistique et « la bio-éthique » dont se sont emparé les politiques.
      Oui, JUSQU’À PRÉSENT, l’EFS a de bonnes raisons de « discriminuer » les homosexuels masculins (pas d’allusions à ces dames dames, dans le texte), avec le « tort » d’assimiler des individus à un groupe!
      D’où une attitude plus raisonnable confiant simplement à l’établissement du sang le soin de fixer ses propres règles, quitte à introduire une clause de « bio-éthique » dans le cahier des charges, et d’éventuellement « contrôler » l’établissement. C’est à ça que devrait se limiter l’action de l’état. Mais faire de la démagogie sur le compte de la transfusion dans les conditions décrites, en intervenant une fois de plus dans un domaine où on ne leur demandait rien (sauf un lobby, peut-être, ou suite à un cas), c’est ridicule ou révoltant de dérision

  • Je me rengerai à l’avis de monsieur Fabius.
    C’est un spécialiste.

    • Nafy-Nathalie Diop
      7 avril 2015 at 13 h 02 min

      C’est moche mais ça m’a bien fait rire !!! J’en ai presque honte. Merci pour le sourire.

      • Il n’y a pas de honte à avoir: ce ministre actuel des affaires étrangères a bien compris que la population ne lui pardonne pas d’être passé entre les gouttes du scandale aussi facilement! (sans parler de « l’art » – et de son commerce – toujours exclu de l’ISF!).

  • Ayant habité en Grande Bretagne pendant la « crise de la vache folle »… je suis exclus du don de sang. Notons que tout semble indiquer que la variante humaine de l’encéphalite spongiforme bovine n’est 1° pas transmissible, 2° pas du tout aussi répandue, et/ou 3° auto-éliminée par l’organisme (on parlait d’incubation de 15/20 ans… on y est et les morts par dizaine de milliers se font toujours attendre). Et bien je ne me sens pas injustement discriminé, mais je pense qu’il est logique que l’on utilise des filtres macro pour protégés les transfusés.

    OK, j’ai mangé de la viande de bœuf, j’allais régulièrement au McDo etc. Mais les gens ayant vécu en Grande Bretagne à la même époque et végétariens sont également exclus du dons. Le fait est que cette population est statistiquement à risque. La même chose peut se dire pour les homosexuels masculins, que ça plaise ou non à nos pères la pudeur nouvelle manière.

    La suppression de la science au nom d’une morale décrétée par des groupes de pression ultra minoritaires est le début de la nouvelle route de la servitude et je me donne envie de vomir régulièrement.

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