Pourquoi il ne faut pas avoir peur de la déflation

Inflation Déflation (Crédits : CC0 pixabay, image libre de droits)

… ou comment combattre l’apoplithorismosphobie.

Par Louis Rouanet.

Inflation Déflation (Crédits : CC0 pixabay, image libre de droits)
Inflation Déflation (Crédits : CC0 pixabay, image libre de droits)

 

L’apoplithorismosphobie est la peur de la déflation, ou plus exactement des crises économiques résultant de la baisse des prix1. Comme nous allons le voir, cette peur est injustifiée et empêche de mener un débat rationnel sur le sujet. Il suffit aujourd’hui qu’une personnalité crie au danger de la déflation pour que l’intervention de la banque centrale soit considérée comme nécessaire. Les banquiers centraux sont devenus les alchimistes modernes, des gourous vers lesquels on se tourne à chaque difficulté que connaît l’économie, un instrument magique au service de l’action politique. Cependant, il n’y a aucun effet magique dans la création monétaire. L’expansion artificielle du crédit ne peut pas produire, comme l’a affirmé J. M. Keynes, le « miracle de changer une pierre en pain »2. Bien au contraire, celle-ci entraine inflation, le déclin du stock de capital, des bulles et des crises.

Aujourd’hui, mis à part les économistes de l’école autrichienne et quelques monétaristes, peu d’économistes défendent la déflation3. On pourrait en conclure que la science économique penche en faveur de l’interventionnisme des banques centrales. Ce serait oublier que la majorité des économistes « spécialistes » des questions monétaires sont employés et rémunérés par les Banques Centrales elles-même4. Or il est bien rare de scier la branche sur laquelle on est assis.

Il n’est pas question ici de défendre tous les types de déflation. Il y a, bien sûr, des sortes de déflation néfastes parmi lesquelles la restriction de la masse monétaire décrétée par le gouvernement. Par exemple, après avoir alimenté des bulles par la création monétaire, la Fed a trop restreint la masse monétaire en 1929, ce qui a causé une crise plus forte que ce qu’elle n’aurait dû être. De même, nous ne défendons pas la déflation confiscatoire, c’est-à-dire la limitation par la loi des retraits auprès des banques, qui fut utilisée par exemple en 2001 en Argentine5.

Les booms déflationnistes

La nature même de l’économie de marché consiste en des entrepreneurs produisant plus, moins cher, et pour une meilleure qualité. Refuser la baisse des prix relève d’une logique étrange : les mêmes qui veulent la « gratuité » grâce au prétendu « service public » veulent par la même occasion s’en éloigner par l’augmentation générale des prix. Ainsi, refuser la déflation c’est refuser la nature même du capitalisme. Il est notable que le secteur des nouvelles technologies, qui connait une forte déflation de ses prix depuis des décennies, est aussi l’un des secteurs les plus dynamiques de l’économie. Ainsi, la déflation, au moins quand elle est le résultat de gains de productivité, n’est pas néfaste, bien au contraire. En effet, la déflation incite à épargner et donc à accumuler du capital. Or c’est l’augmentation du stock de capital qui permet d’augmenter la productivité et les salaires.

Certains pensent que la déflation n’est pas souhaitable car elle pénalise les détenteurs de dette, en particulier l’État. Mais nous ne voulons pas d’un État endetté. La déflation, en rendant plus coûteux l’endettement pour l’État donnera une incitation vertueuse pour maintenir un budget équilibré. De plus, si le poids de la dette augmentera, les coûts diminueront par la même occasion. Enfin, il faut remarquer que c’est le système de banque centrale et d’émission monétaire qui permet aux États de contracter des quantités de dette astronomiques. Comme l’écrit Guido Hülsmann : « Le Papier monnaie a entraîné une augmentation sans précédent de la dette à tous les niveaux : État, entreprises et ménages. »6. Il ne faut donc pas se tromper : la déflation amène à moins de dette et oblige chacun à être prudent dans ses choix.

La critique de la déflation n’est pas basée sur une analyse correcte des faits. En effet, la fin du XIXème siècle fut une période de déflation assez forte et de très forte croissance. Dans le cas des États-Unis, ce fut surement la période où la croissance fut la plus forte dans l’histoire de ce pays et la période où les conditions de vie s’améliorèrent le plus vite. La période allant de 1873 à 1896 est souvent considérée par les historiens comme une période de stagnation économique. Cependant, la déflation a faussé l’appréciation de cette période qui était en réalité une période de croissance7.

Milton Friedman et Anna J. Schwartz, faisant allusion, pour les États-Unis, à la période allant de 1865 à 1879, où l’offre de monnaie n’augmenta pratiquement pas, concluent que :

« Le niveaux des prix baissa à la moitié de son niveau initial en moins de quinze ans et, au même moment, la croissance économique eut lieu à un taux élevé… Leur coïncidence jette de sérieux doutes sur la validité de l’opinion maintenant largement répandue selon laquelle déflation séculaire des prix et croissance économique rapide sont incompatibles. »8

Alfred Marshall était également dubitatif sur l’incompatibilité de la déflation et de la croissance. Il écrit à propos de la période de déflation allant de 1875 à 1885 en Angleterre, que :

« Il n’est pas sûr que les dix dernières années, qui sont considérées comme des années de dépression, mais dans laquelle il y a eu quelques mouvements violents de prix, n’aient pas, dans l’ensemble, mené à plus de progrès solides et de vrai bonheur que les alternances d’activité fiévreuse et de régression douloureuse qui ont caractérisé toutes les décennies précédentes de ce siècle. En fait, je considère les violentes fluctuations de prix comme beaucoup plus mauvaises qu’une baisse progressive des prix. »9

Mais si les études empiriques renforcent le scepticisme face à la phobie de la déflation10, les anti-déflationnistes continuent d’utiliser des exemples inadaptés pour dénoncer la déflation. Le plus emblématique d’entre eux est celui du Japon. La politique économique japonaise est exactement celle qu’il ne faut pas suivre. Les Japonais, au lieu d’accepter la crise, ont empêché la restructuration de l’économie par des politiques monétaires interventionnistes et des politiques budgétaires keynésiennes. Ainsi, leur économie, minée par le mal-investissement ayant eu lieu dans la période de boom, ne put liquider les mauvais investissements et la dette. Les banques japonaises, saturées de mauvaise dette, refusent de prêter. Les entreprises japonaises, quant à elles, refusent d’emprunter en raison de la dette non-liquidée qu’elles ont acquise pendant la période de boom et de leur surcapacité de production, résultat du mal-investissement. Ainsi, l’économie japonaise est enlisée non pas parce qu’elle est dans une trappe à liquidité ni parce qu’elle connaît la déflation. Le Japon connaît la stagnation parce que son gouvernement a empêché la restructuration de la structure productive et la liquidation de la dette, ce qui a entrainé une paralysie du système de crédit et de l’économie en général11. Le problème japonais n’est pas un problème de déflation, c’est un problème lié à l’interventionnisme monétaire et au dirigisme du gouvernement.

Le mythe de la spirale déflationniste

La crainte des keynésiens cependant vient du fait que certains thésaurisent et que cela entrainerait une spirale déflationniste. La thésaurisation causerait une baisse de la demande effective ce qui entrainerait une baisse des prix ce qui entrainerait plus de thésaurisation… Pourtant la longueur des crises fut historiquement courte quand les gouvernements se gardèrent d’intervenir où quand ils se contentèrent de baisser les impôts et les dépenses en même temps. Ce fut par exemple le cas pour la crise de 1920-21 qui fut violente mais courte grâce à la baisse des impôts et des dépenses publiques. Le PIB baissa de 17% en 1920 et le chômage monta de 8 points. Herbert Hoover, le Secretary of Commerce de l’époque, supplia le président Harding d’adopter des politiques interventionnistes mais celui-ci fut ignoré. Le président Harding, dans un discours, expliqua que la déflation était le meilleur chemin vers la reprise de l’économie sur des fondations saines. Harding baissa les impôts pour tous les groupes sociaux et réduisit le budget gouvernemental de moitié entre 1920 et 1923. En 1922, le taux de chômage qui avait dépassé 12% pendant la crise n’était plus que de 6,7% et en 1923, celui-ci n’était plus que de 2,4%. La reprise quant à elle eut lieu dès 1921 et fut vigoureuse12. Le mythe de la spirale déflationniste est incapable d’expliquer de tels événements car il repose sur une théorie économique erronée. Les crises ne sont devenues des cercles vicieux seulement depuis que les gouvernements se sont donnés la mission de régler les problèmes économiques qu’ils ont créés.

Les économistes classiques, s’ils avaient en général compris la véritable signification de la Loi de Say, étaient quelque peu confus sur la thésaurisation et la « vitesse de circulation ». C’est surement pour cela que Keynes fut complètement incapable d’analyser correctement ce qu’est la loi de Say13. Pourtant, cette loi économique est nécessaire pour comprendre pourquoi une spirale déflationniste est simplement impossible14.

La Loi de Say montre d’une part que la production précède toujours la consommation et que les individus détiennent de la monnaie seulement parce que celle-ci permet d’acheter d’autres biens. La monnaie elle-même est un bien soumis à l’offre et la demande. Ainsi, les individus échangent des productions contre d’autres productions et non pas contre de la monnaie qui n’est qu’un bien servant de moyen d’échange – ce qui ne signifie pas que la monnaie soit neutre. Il ne faut donc pas confondre monnaie et richesse15. La conséquence de la loi de Say est qu’il ne peut pas y avoir de crises de sous-consommation : l’offre agrégée est – et non pas crée – la demande agrégée. En produisant quelque chose qui a de la valeur pour les consommateurs, vous pouvez le vendre et acheter quelque chose qui a de la valeur pour vous. Ce que vous offrez vous permet de demander. Ainsi, la spirale déflationniste est un mythe. Les crises économiques ne sont pas des crises dues à une baisse générale de la demande, elles sont des crises de la structure productive. Comme l’écrivait admirablement Ricardo dans ses lettres à Malthus : « Les hommes se trompent dans leurs productions, il n’y a pas d’insuffisance de la demande. » La thésaurisation n’est qu’un échange d’un bien présent pour un bien qui sera acquis dans le futur. Elle ne fait que montrer que la monnaie a bel et bien une fonction de réserve de valeur. Pendant les crises, l’incertitude pousse les individus à thésauriser. Or la déflation facilite la formation d’encaisses réelles. Étant donné que la période de boom a entrainé du mal-investissement sur une grande échelle, la crise rend les choses très incertaines puisque les entrepreneurs, en voyant que le système de prix était largement faussé, comprennent que les préférences des consommateurs ne sont pas ce qu’ils pensaient être. De plus, les préférences des consommateurs changent à cause de la crise. Ainsi, un processus de liquidation des entreprises qui répondent le moins aux exigences des consommateurs a lieu. C’est ce processus qui permet d’assainir l’économie et de réduire l’incertitude. Ainsi, plus ce processus est rapide, plus vite la reprise a lieu. Par conséquent, la déflation, en incitant à épargner, accélère la restructuration de l’économie et permet de fonder des bases solides pour la future croissance. La plupart des encaisses réelles formées pendant la crise vient du fait que les acteurs anticipent une situation moins incertaine dans le futur qui permettra de faire des investissements plus avisés. Un exemple historique est celui de la deuxième guerre mondiale.

Aux États-Unis, des énormes encaisses réelles furent formées en raison de l’incertitude liée à la guerre et du rationnement. Mais les Américains savaient que la guerre finirait un jour et qu’ils pourraient alors investir leur épargne. Quand la guerre fut terminée, les keynésiens prédirent qu’une crise économique allait apparaitre en raison de la baisse énorme des dépenses gouvernementales et du relâchement des contraintes mises en place pour l’économie de guerre. L’exact opposé eut lieu : les États-Unis connurent leurs meilleures années de croissance grâce à l’épargne accumulée pendant la guerre. Ainsi, non seulement la thésaurisation permet d’accélérer le processus de restructuration de l’économie mais permet aussi de former une épargne qui pourra être investie et rendra la reprise plus vigoureuse16. En effet, une augmentation de l’épargne permet de libérer des facteurs de productions et de réduire leur prix. La nouvelle épargne est ainsi maintenant disponible pour financer des secteurs négligés ou nouveaux17. Pour que ce mécanisme auto-correcteur ait lieu cependant, il faut que l’épargne ne soit pas absorbée par le secteur public et que les taux d’intérêt soient librement contractés sur un marché sans intervention gouvernementale.

Certains économistes, s’appuyant sur l’exemple de la crise de 1929, déduisent que déflation et crise vont de pair et que la seconde est la cause de la première. Ce qui s’est passé pendant la Grande Dépression de 1929 cependant est que Hoover et Roosevelt entreprirent des politiques de maintien de salaires en rigidifiant le marché du travail (privilèges aux syndicats, salaires minimum, assurance chômage). Le résultat fut une explosion du chômage et la prolongation de la crise au prix d’un important coût humain. De plus, comme le fait remarquer Murray Rothbard, Hoover entreprit un combat contre ceux qui « enlèvent l’argent de l’économie », c’est-à-dire contre ceux qui thésaurisaient. Sa politique anti-thésaurisation fut un succès mais ralentit grandement le processus de restructuration et prolongea la dépression18.

Pendant les crises économiques, la déflation due à la thésaurisation et la contraction du crédit n’est qu’un symptôme. Combattre le symptôme ne permet pas de régler le problème. De plus, si le gouvernement n’a pas artificiellement rigidifié les marchés et ne maintient pas les distorsions dans la structure productive par son intervention, alors la déflation peut être un remède très efficace à la crise en permettant de liquider le mal-investissement ayant eu lieu dans la période d’expansion monétaire.

Apprendre à consommer sagement

Il y a une contradiction souvent présente chez les anti-libéraux. Ceux-ci dénoncent d’une part le consumérisme, mais d’autre part ils militent pour des politiques monétaires inflationnistes. Or l’inflation, en changeant le taux de préférence temporel, favorise la consommation face à l’épargne mais aussi la consommation de produit non durables. Ceci aboutit à un immense gaspillage avec des produits peu durables. La déflation, état naturel d’une société libérale, permet de résoudre ce problème. S’il y a une forte inflation, l’épargne est très réduite voire inexistante car elle fond comme la neige au soleil. Il n’y a donc pas d’incitation à attendre pour acheter un produit plus cher mais de bien meilleure qualité. L’inflation fait que l’on préfère consommer dans le présent, que nos actions s’inscrivent moins dans une perspective de long terme : on achète et rachète pour ne pas voir son argent perdre de la valeur. En période de déflation inversement, il est profitable d’attendre pour acheter un meilleur produit dans le futur. Il est fort à parier qu’une partie importante du sentiment d’obsolescence programmée est due à l’inflation, alors que la déflation incite les consommateurs à ne pas gaspiller, à acheter des produits plus durables et de meilleure qualité. Ceci peut s’expliquer de deux manières : d’une part, la déflation permet de former une épargne plus facilement et rend donc plus facile d’attendre pour acheter un produit de meilleure qualité ; d’autre part, acheter un bien plus durable et surtout prendre meilleur soin de nos propriétés est plus profitable car épargner devient plus rentable avec la déflation.

La déflation est ce qui empêche la soi-disant myopie des acteurs dans l’économie capitaliste. En effet, la déflation est ce qui met en concurrence le présent avec le futur. Or une telle concurrence est saine puisqu’elle force les capitalistes à se surpasser d’autant plus tant en matière de qualité qu’en matière de prix. Comme l’écrit Guido Hülsmann « Elle [la bonne monnaie] les force [les hommes] à être responsables de leurs choix et donc d’apprendre à bien choisir. »19

Conclusion

La déflation n’est pas un spectre. Celle-ci peut être tout à fait bénéfique. Le problème cependant n’est pas la déflation en elle-même mais plutôt la rigidité des marchés, et notamment celui du travail, imposé par l’État. Dès que des prix et des salaires minimums sont fixés, dès que la liberté du travail n’est plus respectée, une déflation soutenue va de pair avec une augmentation du chômage. Mais cette augmentation n’a pas pour cause la déflation, elle a pour cause les entraves érigées par le gouvernement contre la liberté du travail.

Il n’en reste qu’aujourd’hui, la reprise économique (fragile certes) dans certains pays européens comme l’Espagne ou les Pays-Bas a eu lieu au moment où la hausse des prix était la plus faible ou négative. Comme les protectionnistes, les anti-déflationnistes veulent les choses chères ; et comme les protectionnistes, leurs idées ralentissent le progrès économique.

  1. Mark Thornton, « Apoplithorismosphobia », Quaterly Journal of Austrian Economics, 2003.
  2. Keynes a réellement écrit ça. La phrase peut être trouvé dans : Ludwig von Mises, « Planning for Freedom: Let the Market System Work », 1952 Liberty Fund, 2008. p.102.
  3. Pour une défense autrichienne de la déflation, voir : Philipp Bagus, « In defense of Deflation », 2015; Guido Hulsmann, « Deflation and Liberty », Ludwig von Mises Institute, 2008 ; Joseph Salerno, « An Austrian Taxonomy of Deflation – With Application to the U.S. », Quaterly Journal of Austrian Economics, 2003 ; George A. Selgin, « Less Than Zero : The Case for a Falling Price Level in a Growing Economy », Institute of Economic Affairs (I. E. A.), Londres 1997 ; Rothbard, Murray N. 2000. « America’s Great Depression », 5th ed. Auburn, Ala.: Ludwig von Mises Institute. ; and Rothbard, Murray N. 1995. « Deflation: Free or Compulsory » In Making Economic Sense. Auburn, Ala.: Ludwig von Mises Institute.
    Voir aussi parmi les économistes non-autrichiens une défense récente de la déflation par Jean-Marc Daniel, consulté le 02/03/2015.
  4. Lawrence H. White, « The Federal Reserve System’s Influence on Research in Monetary Economics », Econ Journal Watch, Volume 2, Number 2, August 2005, pp 325-354.
  5. Voir l’article de Joseph Salerno sur le sujet.
  6.  Guido Hülsmann, « L’Éthique de la Production de Monnaie », Ludwig von Mises Institute, 2010, p.21.
  7. Sur la « Grand Dépression » de 1873-1896, voir : George A. Selgin, « Less Than Zero : The Case for a Falling Price Level in a Growing Economy, » Institute of Economic Affairs (I. E. A.), Londres 1997.
  8. Traduction de l’auteur, la version originale est la suivante : « The price level fell to half its initial level in the course of less than fifteen years and, at the same time, economic growth proceeded at a rapid rate… Their coincidence casts serious doubts on the validity of the now widely held view that secular price deflation and rapid economic growth are incompatible ». Dans: Milton Friedman et Ann J. Schwartz, A Monetary History of the United States 1867-1960, Princeton University Press, Princeton 1971, p. 15.
  9. Traduction par l’auteur, la version originale est la suivante : « It is doubtful whether the last ten years, which are regarded as years of depression, but in which there have been few violent movements of prices, have not, on the whole, conducted more to solid progress and true happiness than the alternations of feverish activity and painful retrogression which have characterized every preceding decade of this century. In fact, I regard violent fluctuations of prices as a much greater evil than a gradual fall of prices. ». Dans: Alfred Marshall, « Official Papers », Macmillan, Londres 1926, p. 9.
  10. Voir par exemple : Claudio Borio, « The costs of deflations: a historical perspective », BIS Quaterly Review, March 2015.
  11. Sur le Japon, voir : http://mises.org/library/explaining-japans-recession, consulté le 24/03/2015
  12. Voir sur le sujet de la crise de 1920-21 : Jim Grant, « The Forgotten Depression: 1921: The Crash That Cured Itself », 2014. Et : http://mises.org/library/forgotten-depression-1920.
  13. Voir sur le sujet : Steven Kates, Say’s Law and the Keynesian Revolution: How Macroeconomic Theory Lost its Way, 2009.
  14. Si la thésaurisation était une violation de la loi de Say, il faudrait alors conclure que tout argent gagné et qui n’est pas dépensé immédiatement constitue une violation de la loi de Say. Dans ce cas, plus il y a d’inflation, plus les acteurs économiques se débarrassent rapidement de leur argent face à la perte de sa valeur et le mieux la Loi de Say est respectée. Ceci est évidemment absurde. Cela reviendrait à dire que la Loi de Say était complètement respectée pendant l’hyperinflation allemande de 1921-23. La Loi de Say dit que les productions sont échangées contre d’autres productions, elle ne dit pas que les biens – excepté la monnaie qui est aussi un bien – sont échangés sur la même période. Les individus peuvent échanger un bien présent pour un bien dans le futur.
  15. Ceci fut admirablement exposé par Bastiat dans : Frédéric Bastiat, « Maudit argent », Journal des Économistes, 1850.
  16. Sur la croissance américaine après la seconde guerre mondiale et l’échec complet des prédictions des keynésiens de l’époque, voir : Richard K. Vedder and Lowell Gallaway, « The Great depression of 1946 », Review of Austrian Economics, 1991.
  17. C’est pourquoi Murray Rothbard écrivait : « In short, what can help a depression is not more consumption, but, on the contrary, less consumption and more savings (and, concomitantly, more investment) ». Dans: Murray Rothbard. 2000. America’s Great Depression. 5th ed. Auburn, Ala.: Ludwig von Mises Institute.
  18. Voir: Murray Rothbard. 2000. America’s Great Depression. 5th ed. Auburn, Ala.: Ludwig von Mises Institute. p.306-307.
  19. Guido Hülsmann, « L’Éthique de la Production de Monnaie », 2010 ; Sur les conséquences culturelles de l’inflation et de la déflation, voir aussi : Philipp Bagus, « The ZIRP Trap: Why low interest rates are a tax on recovery », IREF Working Paper Series, 2015.