Piketty s’est planté, mais ses groupies n’en ont cure

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Piketty s’est planté, mais ses groupies n’en ont cure

Publié le 26 mars 2015
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Et pendant que la France palpite sur les rythmes endiablés d’élections passionnantes, le monde continue à tourner tranquillement. Les riches continuent de s’enrichir, et les pauvres de … De… Eh bien justement, on ne sait plus. Dernièrement, les minutieuses recherches menées par Thomas Piketty permettaient d’affirmer qu’à mesure que le capitalisme se développait, les inégalités augmentaient. Cependant, plus les confrères économistes se penchent sur les travaux du Français devenu subitement à la mode, moins les belles certitudes tiennent. Pire : il semble que le petit Thomas lui-même admette s’être quelque peu fourré un doigt dans l’œil.

piketty et ses erreurs

Pour situer le débat qui, pour une fois, ne patauge pas dans la fange politique habituelle, rappelons que notre Thomas national est ce chercheur mondialement connu, mondialement discuté, mais assez peu lu, une sorte de E. L. James de l’économie avec une version sulfureuse de « 50 shades of capitalism », et dont la hontectomie, pratiquée fort jeune, lui a permis de réaliser sans la moindre gêne la chronique élogieuse d’un livre … dont l’auteur n’est autre que sa femme. Et accessoirement, Piketty est donc l’auteur de cet ouvrage qui a placé son nom dans la cour des grands et qui l’a donc propulsé dans le 1% les plus riches qu’il voulait absolument agonir d’impôts.

Et dans son imposant ouvrage de plus de 1000 pages, « Le Capitalisme au XXIème Siècle », Piketty s’est employé à formuler plusieurs lois générales sur le capitalisme, destinées à expliquer le passé et éclairer l’avenir, si tant est qu’une théorie parvienne, même imparfaitement, à réaliser cette prouesse.

Pour l’auteur, une des lois fondamentales serait r>g, où r est le taux de rendement du capital (intérêts, dividendes, royalties, loyers, plus-values financières et immobilières…) et g, la croissance économique, dont dépend la progression des revenus du travail. Autrement dit, pour Piketty, le capitalisme entraîne intrinsèquement que les revenus des placements croissent plus vite que les salaires et qu’en conséquence, il est plus facile pour un capitaliste de faire grossir son patrimoine (ce qui suppose d’en avoir un au départ, bref, d’être rentier) pour l’envoyer au paradis fiscal que pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille financière et obtenir le même résultat par son seul travail. Eh oui, pour le brave Thomas, point de salut dans le monde capitalistique si l’on n’hérite pas.

Une telle thèse ne pouvait pas laisser de marbre les millions de socialistes que le monde capitaliste nourrit pourtant généreusement, d’autant que l’économiste, dans son livre, en profite pour fournir quelques solutions clefs en main, solutions qui, comme par hasard, consistent essentiellement à tabasser taxer les riches (parce que c’est aussi ça, la Magie du Socialisme™, qui permet de toujours résoudre tous les problèmes en augmentant les impôts, les taxes, les ponctions, les redevances, les accises, les prélèvements et les cotisations). Logiquement, le succès quasi-instantané de sa thèse a forcément poussé pas mal de chercheurs du domaine à se pencher sur la question.

gaston-souffleRapidement, des soucis, plus ou moins gros, ont été décelés. C’est dans les données, par exemple, que le Financial Times a trouvé quelques bévues. Plus récemment cependant, une étude de décembre 2014, par Acemoglu et Robinson, s’est attardée sur la fameuse équation pikettysienne (le r>g de tout à l’heure) pour vérifier la corrélation historique des deux variables (de r-g dans le cas qui nous occupe) avec la richesse du dernier centile (le 1% le plus riche). Petit souci pour l’économiste français : au mieux, cette corrélation est négative. Patatras, le soufflé de Piketty s’effondre.

C’est assez gênant, et pas seulement parce que cela finit par se savoir, même si, chauvinisme oblige, les Français seront probablement les derniers au courant. Il faut dire que les thèses de Piketty servent maintenant de base rhétorique pour toute une troupe de groupies enfiévrées qui font tout pour pousser les politiciens vers les solutions prônées par l’économiste « prodige », à base d’impôts sur les riches et d’asphyxie des rentiers par la taxation. Au passage, cette méthode et l’audience obtenue de ces propositions n’est pas sans rappeler ce qui s’est passé lors de la sortie du livre de Keynes et qui avaient eu le bon goût de favoriser la mise en place de politiques de dépense publique désastreuses dans les années 30.

Et malheureusement, ça « marche » (i.e. les leaders politiques écoutent, alléchés par une telle aubaine). Je passerai pudiquement sur le président français dont la taxe à 75% et ses résultats globaux montrent toute l’ineptie de l’interprétation qui est faite des travaux de l’économiste français, mais force est de constater qu’il a maintenant l’oreille attentive d’un nombre considérable de dirigeants qui trouvent là une excuse de 1000 pages pour leurs propres turpitudes fiscales.

impots et taxes

Cependant, à mesure que le temps s’écoule, le Thomas Piketty de 2015 n’est plus vraiment d’accord avec le Thomas Piketty de 2014. Et cela se voit tant qu’il est obligé de s’aménager, en serrant les dents, quelques marges de manœuvre sur ses propres thèses. Comme le rapporte en effet un article du Wall Street Journal, Piketty est maintenant obligé de calmer ses exégètes, un peu trop emportés par le mouvement général. Il écrit ainsi :

« Par exemple, je ne vois pas « r > g » comme le seul ou même le principal outil pour étudier l’évolution du revenu et de la richesse au 20ème siècle, ou pour prévoir le chemin suivi par les inégalités au 21ème. Les changements institutionnels et les chocs politiques (…) ont joué un rôle majeur dans le passé, et il en sera de même probablement dans le futur. En outre, je ne crois pas que « r > g » soit un outil pratique sur le sujet de l’accroissement des inégalités par le revenu du travail : d’autres mécanismes et d’autres politiques sont bien plus pertinentes ici, comme par exemple l’offre et la demande de compétences et d’éducation »

En Français plus basique, cela pourrait se traduire par : « Pohpohpo, fouyaya, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, ne vous emballez pas, n’en jetez plus, j’ai bricolé un petit truc sympatoche qui montre des choses amusantes mais ne vous montez pas tout le bourrichon pour ça, hein, merci. » En gros.

Si, pour le moment, on peut encore attendre un peu avant que Piketty revienne complètement sur ses affirmations, de plus en plus battues en brèche tant au niveau des données, sujettes à caution, que de son modèle, qui ne colle pas à la réalité (au point qu’un étudiant du MIT a récemment pu se payer sa fiole à peu de frais), que de ses recommandations, dont on a déjà pu sentir qu’elles envenimaient les problèmes plutôt que l’inverse, on peut au moins reconnaître que l’économiste fait l’effort de ne pas jeter de l’huile sur le feu.

Il serait temps, maintenant, que ses fans en prennent acte. Quelque chose me dit qu’en France, on va pouvoir attendre un petit moment.
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  • Les économistes, ce sont les monsieur Soleil de la prévision mais à part, ben je cherche encore. Ah si ils cherchent à inventer l’eau tiède !
    Ils feraient mieux de lire l’histoire, de la comprendre et de rechercher dans celle-ci les éléments qui otn marché et ceux qui se sont plantés au lieu de jouer aux druides ou aux petits alchimistes, qui cherchent, qui cherchent mais ne fait que des bêtises.
    Les mêmes causes produisent les mêmes effets mais ils en ont cure !

    • Mou President adore l’histoire, hélas, il n’a pas le temps de s’instruire. Il préfère la modifier durablement au niveau économique et idéologique. Nul doute, il sera dans l’histoire. Avec louis 16.

      • Le comparer à Louis XVI c’est lui faire trop d’honneur. Louis XVI était un érudit contrairement à Normal 1ER.

        • Bah non, il est mort fou: il a perdu sa tête 🙂

          Le notre en revanche n’est pas fou du tout. Ce qui, hélas, en rajoute une couche sur ses responsabilités.

          Enfin, si le système permettait de lui faire rendre des comptes pour le mal qu’il a fait subir à 65 000 000 d’individus depuis 2012…..et ce jusqu’en 2017.

          Mais, aucune crainte, il partira la tête haute (et non dans un panier) en 2017, il aura droit aux honneurs, aux musiques et aux grosses indemnités à vie.

          Si c’est pas répugnant ça ?!

        • Pas d’accord, Mou 1er est un expert en scooter et en casque, et en turbo-rétro-pédalo, ce que n’avait pas Louis XVI …
          😉

    • @Stéphane B : lisez Frédéric Bastiat et Ludwig Von mises, et vous saurez ce que c’est que de vrais économistes.

  • Dans l’avion France, piketout n’est qu’un passager.
    Bien entendu il est en première classe et se gave de caviar et de champagne en parlant au nom des pauvres.

    L’avion va s’écraser, mollement, ne cherchez pas de responsables, les boîtes noires sont détruites ou incompréhensibles, tant le charabia manque de sens.

    Certains diront qu’ils avaient trop consommé de drogues, d’autres que c’est un suicide collectif organisé par une secte maçonnique.

    Bref, le résultat est une catastrophe humanitaire sans précédent: 65 000 000 d’individus fracassés dans le sol.

    Heureusement, il restera des beaux livres pathétiques attestant de cette folie.

    Pendant ce temps mou et Franco font de la propagande communiste avec nos thunes. Car le FN, c’est pas bien.

    Votez H !!!!

    • parler de Valls en le surnommant Franco me parait insultant pour Franco qui était un vrai chef d’état contrairement à Valls qui n’est qu’un politicien pensant à ces intérêts. Franco a justement sauvé son pays du communisme puis a permit à son pays de se développer (après l’avoir mené au bord de la faillite à cause du fait qu’il avait confié l’économie de l’espagne à des nationaux socialistes).

  • « Les français seront les derniers informés »…. malheureusement …. ce qui pose plus généralement le problème des médias majoritairement de gauche.

    Je trouve que la presse va mieux et que l’offre idéologique est meilleure (contrepoint, atlantico, l’opinion, etc..) et une myriade de blog de bonne qualité et parfois très pointus par contre au niveau télévision c’est un gros problème or c’est LE média de masse.

    Donc Picketty restera pour beaucoup un prodige … alors qu’un étudiant en 6 § et venu si ce n’est lui mettre deux claques sérieusement l’obliger à limiter la portée de son propos. Un débat sérieux et avec des libéraux et pas seulement des (sociaux-démocrate de droite ou gauche) télévisuel serait passionnant sur cet ouvrage mais ….. les médias français, nos politiques préfèrent à 3 jours d’une élection faire dans le pathos aérien …. ce que j’attends des politiques n’est pas de se rendre à chaque événements sur place.. mais de diriger ce pays avec un cap et de la hauteur et profondeur de vue..

    Nous aurons ce que nous méritons.

    • L’étudiant étant Matthew Rognlie, doctorant en économie au MIT de Boston, sa propre étude de 50 pages a fait presque autant de bruit que le gros pavé de 1000 pages concocté par Piketty.

      Mais quant à dire que les arguments développés, à coups d’équations mathématiques très sophistiquées, par ce chercheur, sont mieux assis que ceux de Piketty, on peut le contester en disant que ce chercheur, comme d’ailleurs Piketty lui-même, ne prend pas en compte, dans ses études, les délocalisations qui ont eu lieu depuis une trentaine d’années déjà, et qui ont vu la Chine être en train de devenir la première puissance mondiale sur le plan industriel.

      Et quand celle-ci aura tout « bouffé », en matière de concurrence faite, par ses produits, à ceux des autres pays, les membres du Tea Party, aux Etats-Unis, n’auront plus que les yeux pour pleurer. Ne serait-ce parce qu’aucun Américain, y compris lorsqu’il est membre du Tea Party, n’accepterait de travailler, aux cadences imposées aux travailleurs chinois par les entreprises installées sur leur territoire, pour le même salaire que celui versé à ces mêmes travailleurs chinois.

      • Le pseudo expérimentalisme, ou scientisme, est inapte à appréhender l’économie.
        En effet il s’agit d’action humaine, donc du produit de la pensée.
        L’analogie avec la physique et les lois gouvernant les objets n’est donc pas de mise.

        Les libéraux, Bastiat et de nos jours les « autrichiens », réfutent cette erreur depuis au moins 2 siècles. Mais les socialistes s’abstiennent soigneusement d’écouter la voix de la raison.

        http://fr.liberpedia.org/Pseudo-exp%C3%A9rimentalisme

        http://blog.turgot.org/index.php?post/test-2-Guillaumat

        http://www.lumiere101.com/2009/02/11/crise-scientifique-et-crise-intellectuelle/

      • vous savez qu’aujourd’hui, des entreprises américaines relocalisent leurs activités aux USA alors qu’elles se trouvaient avant en Chine ?? vous savez que la très grande majorité de l’activité économique américaine n’est pas soumis à la concurrence internationales (de l’ordre de 80 % de l’activité économique aux usa qui n’est pas du tout soumis à la concurrence internationale) ?? Dans les délocalisations d’entreprises (et donc d’emplois), il y a « ce qu’on voit et ce qu’on voit pas », pour paraphraser Frédéric Bastiat :
        ce qu’on voit : des emplois perdus dans le secteur objet de délocalisations, en raison de la concurrence mondiale.
        ce qu’on voit pas : lorsque le consommateur achète par exemple un produit importé à un prix plus bas que celui qu’il aurait payé pour un produit national, il bénéficie d’un pouvoir d’achat supplémentaire qu’il pourra utiliser pour l’achat d’autres produits ou services.
        Or, souvent la structure de ces achats supplémentaires se déplace aussi vers des services, par exemple santé, culture, loisirs qui sont en grande partie produits nationalement.
        On s’enrichit ainsi à faire faire par d’autres ce que nous ferions à prix plus élevé. C’est typiquement une relation gagnant-gagnant dans le cadre d’une division du travail à l’échelle mondiale, qui illustre bien la loi des avantages comparatifs. Un travail d’analyse mené par l’équipe de Suzanne Berger (professeur au MIT) auprès de 500 entreprises aux États-Unis, en Europe, et en Asie a un résultat sans appel :
        Non, les délocalisations n’ont pas systématiquement pour motivation, loin s’en faut, l’accès à une main-d’œuvre moins chère :
        l’analyse de Suzanne Berger et de son équipe démontre qu’en général, la stratégie d’entreprise consistant à ne baser sa compétitivité sur la baisse de ses coûts salariaux est une stratégie perdante. C’est l’innovation, le découpage de la chaîne de valeur, l’intelligence de la sous-traitance, l’agilité, la faculté d’adaptation aux changements qui font toujours la différence.
        ce qui compte, d’ailleurs, ce n’est pas le coût horaire du travail, mais son coût unitaire : la productivité d’un salarié, basée sur sa compétence, permet de baisser le coût unitaire du travail à coût horaire constant, par exemple, à tel point que dans certains secteurs, il est bien plus intéressant de produire aux USA qu’en Chine.
        Les délocalisations font partie du panel des choix de stratégie d’entreprise au même titre que beaucoup d’autres.
        Le vrai problème à adresser n’est pas celui du transfert d’emplois des pays développés vers les pays à bas salaires, c’est plutôt celui du manque de créations d’emplois dans les pays développés. Suzanne Berger de déclarer ainsi : « Le problème de l’emploi est bien réel en France et dans d’autres pays développés, mais il ne vient pas tant des délocalisations que du manque de créations d’emplois. » Une étude de l’INSEE a chiffré, pour la période 1995-2001 l’ampleur des emplois perdus dans le secteur industriel à cause de délocalisations : en moyenne, 13.500, dont plus de la moitié vers des pays à hauts salaires. Ce chiffre est à comparer aux 6,8 millions d’emplois dans le secteur secondaire en France.
        http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ECOFRA05b.PDF
        Une seconde étude du Conseil d’Analyse Economique, écrit ainsi : « les restructurations d’entreprises s’étant produites en Europe entre le 1er Janvier 2002 et le 15 juillet 2004 concernent 1456 entreprises et ont entrainé la suppression de 780 394 emplois, ce qui correspond à 0,42% des 192 millions emplois européens. Ramené à 1 an, on obtient un taux de 0,17%. Chaque année, c’est donc 0,17% des emplois européens qui disparaissent dans des restructurations. »
        http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/054000102/index.shtml
        Les délocalisations ne représentent, selon le rapport, que 4,74% des emplois supprimés (36 977) pour restructuration et 7,14% (100) des entreprises restructurées. En terme d’emploi, cela correspond donc en deux ans et demi à 36 977 suppressions donc 0,019% de la totalité des emplois européens. Rapporté à 1 ans, on obtient un taux de 0,0076%. Chaque année, c’est donc 0,0076% des emplois européens qui disparaissent dans des délocalisations. ». « Au niveau de la France, les 8 000 suppressions d’emplois survenues en 2001 suite à des fermetures d’unités de productions correspondent à 0,032% des 25 millions d’emplois français.
        Un rapport du Sénat expose les mêmes conclusions que les précédents rapports.
        http://www.senat.fr/rap/r03-374/r03-3740.html quand au sophisme: « on trouvera toujours dans les pays pauvres des désespérés prêts à travailler 24/24 et se tuer au travail pour se payer un bol de riz. »
        Si ces gens acceptent de faire ça au lieu d’autres choses, c’est qu’ils ont quelque chose à y gagner, sinon ils ne le feraient pas. Il faut aussi regarder le cadre préexistant sinon c’est caricatural, exemple : en Chine de nombreux agriculteurs du Changjiang préfèrent quitter la campagne pour rejoindre les villes, afin d’y trouver un emploi manufacturier basique (exemple de Foxconn à Shenzhen), car ils jugent que les conditions de vie y sont meilleures qu’avant.
        Bien qu’il soit vrai que les conditions de vie ne sont pas « occidentales », l’augmentation de la demande et l’accroissement de la spécialisation, provoque un boom des salaires, avec une croissance qui permet une augmentation de la consommation intérieure et de financer des infrastructures meilleures, bref pour ces pays les délocalisations sont bonnes, et au nom de quoi n’auraient-ils pas le droit de nous faire concurrence ? Au nom de la loi de la majorité ?
        Comment peut-on se prévaloir d’aider les pays pauvres, et ne pas vouloir de leur concurrence ?
        Les pays riches peuvent se permettre des avantages comparatifs qu’eux ne peuvent pas, ainsi il faut miser sur la formation, l’innovation, la recherche, comme le font la Suisse, la Suède, la Finlande, le Danemark, les Pays-Bas, le Luxembourg, Le Japon, la Corée du Sud, etc. L’argument central en faveur du protectionnisme qu’avancent ses partisans est le plus souvent la préservation des emplois nationaux : un pays à haut niveau de vie et salaires élevés ne pourrait soutenir la concurrence de pays où les salaires sont beaucoup plus bas, et par conséquent où les produits et services sont moins chers. Des droits de douane (droits d’entrée pour les marchandises importées) ou des quotas d’importation seraient donc nécessaires pour rétablir l’équilibre vis à vis de cette concurrence « déloyale ».
        En réalité, le protectionnisme accélère le déclin. Il permet certes de sauver temporairement quelques emplois et industries, mais en réduisant le niveau de vie et le revenu des consommateurs de produits étrangers (car ce sont eux qui payent les droits de douane !), en augmentant les coûts de production interne (les producteurs employant des produits du secteur protégé, plus chers), en rendant par conséquent moins compétitifs les producteurs au niveau international. Finalement, il diminue l’attractivité du pays pour les étrangers qui, ne pouvant y vendre leurs produits, ne disposent pas en retour de fonds dans la monnaie du pays protectionniste.
        Le résultat est que, pour sauver quelques emplois inefficaces, un bien plus grand nombre d’emplois efficaces sont détruits ou non créés. Au lieu de profiter de la loi des avantages comparatifs en se spécialisant dans des secteurs à forte valeur ajoutée, le pays préfère prolonger la survie de secteurs non rentables.
        Les politiciens protectionnistes ne mettront évidemment en exergue que les côtés positifs, visibles (« on a sauvé des emplois ») sans insister sur les côtés négatifs (voir aussi la parabole de la vitre cassée). Quand le coût des emplois « sauvés » devient excessif et ne peut plus être assumé, on assiste à des reconversions douloureuses : le protectionnisme n’a servi qu’à repousser le problème à un peu plus tard, au bénéfice des politiciens du moment.
        Si la logique protectionniste était poussée jusqu’au bout par les politiciens, on aboutirait à des pays qui vivraient en autarcie totale et emploieraient des techniques complètement dépassées : n’aurait-il pas fallu protéger l’emploi des charrons, sabotiers, forgerons, conducteurs de diligence, vendeurs de bougies, porteurs d’eau, allumeurs de réverbères, etc. Le rêve secret du protectionniste, c’est d’aboutir à un monde figé pour toujours, en contradiction avec toute réalité. Le protectionniste est un réactionnaire !
        Il est d’ailleurs étonnant de voir resurgir, de la part de certains intellectuels (par exemple Emmanuel Todd, et avant lui Maurice Allais), la préconisation d’instaurer un « protectionnisme continental », cela plus de deux cents ans après le Blocus Continental napoléonien qui avait réussi à appauvrir davantage le continent…
        Si le but affiché du protectionnisme est d’entraver les importations étrangères et de favoriser l’exportation des produits nationaux (mercantilisme), on peut dire que le protectionnisme est contradictoire puisqu’il va à l’encontre même de ce but, les étrangers ne disposant pas de suffisamment de monnaie nationale pour acheter les produits nationaux (du fait de la barrière protectionniste qui les empêche de vendre leurs produits). Le protectionniste, méconnaissant la nature de l’échange économique, croit qu’exportations et importations sont déconnectées, et qu’on peut agir sur les unes sans impact en retour sur les autres.

        • Je suis d’accord avec les arguments développés par Jacques, et notamment lorsque celui-ci s’appuie sur les travaux de Suzanne Berger.

          Ceci dit, il faut aller au delà des arguments traditionnels, lesquels s’appuient, encore aujourd’hui, sur les théories de David Ricardo, au moment de signifier que les pays à bas salaires doivent fabriquer des biens à faible valeur ajoutée, et les pays à haut salaires, des biens à forte valeur ajoutée.

          Or, si, dans ce contexte, Suzanne Berger a raison de dire que la technologie, le savoir faire, etc. est la composante clé, dans la santé et la prospérité d’une économie, lorsque celle-ci est une économie développée, il ne faut pas croire que ce savoir-là, les Chinois et d’autres pays émergeants ne le possèdent point, ou ne le posséderont point à l’avenir.

          Et puisque nous sommes ici avec l’industrie, il faut distinguer deux choses à ce niveau : a) l’emploi entretenu par les secteurs de haute technologie d’une part, et b) l’emploi entretenu par les manufactures en ce sens que ce sont elles qui fabriquent les biens incluant les technologies concernées (exemple de biens de ce type : appareils multimédias, voitures, et autres moyens de transport – dont les avions -, équipements très sophistiqués – du genre : scanners, radars, etc. etc).

          Or la tendance, constatée ces dernières années, est que les manufactures se sont déplacées, depuis les Etats-Unis et l’Europe, en Chine et dans certains autres pays asiatiques, sans parler des anciens pays de l’Est européen jusque là communistes, afin de tenir compte d’un coût de main d’œuvre meilleur marché.

          Toujours est-il que les ingénieurs et les chercheurs chinois ne sont pas plus bêtes, aujourd’hui même, que leurs homologues américains, et notamment chaque fois qu’ils font leurs études aux Etats-Unis, et chaque fois aussi que des gens originaires des pays émergents sont formés, comme techniciens ou ingénieurs, par les entreprises multinationales pour lesquelles ils travaillent.

          On n’est donc pas certain, dans ces conditions, que le secteur de la haute technologie demeurera, ad aeternam, dans les mains des Américains ou des Européens.

          Ceci dit, on peut noter également que si les délocalisations des manufactures, en direction des pays émergents, a effectivement détruit des emplois, dans les pays du premier monde, durant ces vingt dernières années, cette perte n’a été que très partiellement compensée par la création d’emplois, chez eux, dans les secteurs de haute technologie. Ne serait-ce que parce ces secteurs reposent sur des chercheurs qui, par définition, ne sont, vu leurs compétences, pas légion.

          Si donc la Sillicon Valley, pour prendre cet exemple, a créé quantité d’emplois à forte valeur ajoutée, et a permis à des chercheurs d’y vivre avec un revenu très au-dessus de la moyenne, et si les Etats-Unis ont été le terroir idéal pour permettre à des gens comme Bill Gates d’amasser des fortunes colossales, grâce à Microsoft, cette époque sera révolue quand les ingénieurs chinois supplanteront les Américains, y compris dans les secteurs à très haute valeur ajoutée.

          Mais c’est un fait aussi que les Etats-Unis continuent d’entretenir des emplois de ce type, actuellement, en bien plus grand nombre que, par exemple, en Europe.

          Ceci dit, limiter l’économie à ces seules considérations c’est ne pas voir que, sur la durée, les pôles de développement, se déplacent , d’un continent à l’autre. Et c’est ne pas voir non plus que les emplois, qui se situaient majoritairement, dans les siècles passés, dans l’agriculture et l’élevage, et, plus récemment, dans l’industrie et la banque, se situent, aujourd’hui même, dans les services, les loisirs, le tourisme (y compris lorsque celui-ci repose sur la préservation de l’environnement et la mise en valeur de la culture et des traditions locales), le sport, l’agriculture bio, etc, et que c’est là seulement que des emplois pourront se créer en grand nombre à l’avenir, puisque le progrès technique a fait de tels progrès, ces dernières années, que tous les biens agricoles et industriels nécessitent, aujourd’hui même, pour leur production, moins de main d’œuvre que par le passé.

          Or si l’on sait qu’une part de plus importante, des produits en question, sont fabriqués dans les pays à bas salaires, les pays du premier monde n’ont d’autres solutions, pour maintenir des emplois sur leur territoire, que de s’ouvrir au secteur tertiaire d’une part, et de miser, encore et toujours, sur les innovations dans le domaine des hautes technologies (tout en sachant que ces innovations-là ne vont pas entretenir, quoi qu’on en dise, une nombre très important d’emplois).

          Quant aux droits de douane et autres taxes protectionnistes, si effectivement, ils retardent la nécessaire mutation des économies, au sein des pays du premier monde, ils doivent néanmoins être appliqués, à mon avis, avec des délais précisés, à chaque fois, pour chaque branche concernée, dans les contrats négociés par les différents pays à l’OMC, afin de permettre à ces pays-là, lorsqu’ils appartiennent au premier monde, de faire leur mutation à moindre frais, c’est-é-dire dans les meilleures conditions possibles.

        • Le rêve secret du protectionniste, c’est d’aboutir à un monde figé pour toujours … le rêve des écolos ❗

          • Même les pays les plus libéraux sur le plan économique appliquent un minium de barrières douanières ou non tarifaires je n’est pas dit que c ‘est pour de bonnes raisons mais c’ est un constat.

    • Adèle: « par contre au niveau télévision c’est un gros problème or c’est LE média de masse. »

      Je ne regarde que les chaines discovery ou histoire et j’ai fait un tour sur le journal de FR2 pour la première fois depuis 6 mois hier.

      Au bout de cinq minute seulement je frisais l’apoplexie et ce n’est pas une image, j’ai du changer avant que ça ne me gâche la soirée.

      Niveau pravda, version dormez tranquille. Ahurissant !!!!

  • Tout ceci est parfaitement rationnel.

    Tant qu’il était pauvre (enfin, pauvre, tout est relatif, n’est-ce pas), Piketou démontrait qu’il fallait à tout prix voler ces salauds de riches. Maintenant qu’il est riche, il n’est plus d’accord et explique doctement qu’il ne faut pas déconner, quand même. C’est ce qui s’appelle avoir des certitudes fondées sur la répétition de faits observables. Pas de doute, avec de tels guignols, la science économique progresse à grands pas.

    • Il a effectivement du recevoir ses premiers droit d’auteur et les taxes qui vont avec ;).

    • En même temps garder un troupeau de moutons parfaitement domestiqués n’est pas un travail trop compliqué !

      Il suffit de mettre des cordes, des piquets (taxes et lois).
      De couper des têtes de temps en temps (peur, prison, fisc, juge, écoutes, espionnage, terroristes ?)

      De « Montrer » qui est le berger ici !

      Je me prends de plus en plus pour un mouton fou ! Bêêêêêêê
      Je pense que j’ai raté la sélection qui vise à ne garder que les bons éléments domesticables.

      • Non vous êtes victimes d’une sortie de clairière. cf Peter Sloterdijk  » Règles pour le parc humain »

        NB : sinon vous avez la BD « Le génie des Alpage » cf le personnage Romuald qui vous va bien (en toute amitié libérale)

        • ça m’a pas l’air d’être sympa ça !

          Auto-satisfait, non, c’est pas moôôôôaaaaa.
          Teigneux, je veux bien.
          Petit, nerveux, aussi.

          Mais, je ne suis pas noir. C’est le regret de ma vie !
          Si j’avais été noir, j’aurais été sur une île à cultiver du H…..COOL, comme Bob.

  • eh oui Piketty a pratiqué sans retenue ni remords le cherry piketting; l’art de faire des études (généralement socialistes ..) en posant d’abord le résultat (un peu comme les synthèses du GIEC) et en choisissant les données qui vont bine pour sortir le résultat programmé
    Indigne de la science économique

  • Les travaux de Piketty sont grotesques. Ce qui me sidère est cet engouement totalement absurde, mais après tout c’est toujours plus facile de trouver un coupable (le riche qui exploite la misère humaine bien entendu), plutôt que de se remettre en question.
    Toute sa littérature et ses solutions ne sont que de vieilles récuparations des systèmes socialos habituels.
    Comme d’habitude quand on voit le personnage, celui-ci n’a jamais vraiment travaillé dans une entreprise, ou le principe d’efficacité prime, ou le bon sens est de rigueur…

  • Ayant écrit moi-même un ouvrage en trois volumes intitulé « Le développement du capitalisme à travers l’Histoire » (soit un total de 1200 pages environ), permettez-moi de dire un mot sur cette fameuse équation où Piketty s’emploie à démontrer que le taux de rendement du capital, en étant supérieur au taux de croissance de l’économie, élargit le fossé entre riches et pauvres.

    A y regarder de près, la théorie de Piketty prend tout son sens (et cela fera très plaisir aux socialistes), en s’appuyant sur un certain Karl Marx.

    Sauf qu’au lieu de reprendre, ici, stricto sensu, les thèses de Marx, on peut les adapter en disant que le taux de rendement du capital est supérieur au taux de croissance de l’économie toutes les fois que la plus-value (qui représentait, dans l’œuvre de Marx, du travail non payé aux ouvriers) est consommé par la classe capitaliste en biens de luxe au lieu d’être investie dans la croissance d’entreprises produisant des iens qui, majoritairement, doivent être, au final, consommés par le gros des troupes, c’est-à-dire la classe salariée.

    Que cette assertion-là ne trouve pas preneur parmi les économistes néoclassiques (et donc bourgeois), cela se conçoit aisément dans la mesure ou le profit est, pour eux, associé au seul facteur capital (machines, équipement, etc.)., comme mesure de son rendement propre, au lieu d’être, comme chez Marx, du travail non payé aux ouvriers.

    Que Marx ait eu tort, dans certaines circonstances propres à l’économie capitaliste, avec sa théorie, le fait est qu’il n’a pas eu tort sur toute la ligne. Puisque, de nos jours, l’entrepreneur capitaliste cher à cet auteur, doit être remplacé par des sociétés financières d’investissement opérant à l’échelle mondiale plutôt qu’à l’échelon national. Ce qui, d’ailleurs, ôte du crédit aux études des économistes, lorsque ceux-ci focalisent sur telle ou telle nation en particulier (en étudiant, comme Piketty, son PIB), plutôt que sur l’ensemble des nations.

    Claude Gétaz

    • La finance finance les États, donc est payée avec de l’argent volé.
      Les État dévoient la finance pour accaparer davantage encore de ressources, pour piller l’avenir afind e soudoyer le présent (Mark Steyn).
      Cessez de dénoncer des travers du capitalisme dans ce qui est le contraire du capitalisme.

      • Hélas, même Wikipédia est de leur côté:

        Le terme capitalisme provient du mot latin « caput », qui signifie « la tête », à l’origine la tête de bétail (le cheptel)

        Le petit peuple ainsi que les politiques ont une vision complètement déformé du capitalisme.
        D’ailleurs, ils l’écrivent Kapitalisme

      • N’ayant pas lu Mark Steyn, je ne vais évidemment pas épiloguer sur son discours. Mais j’imagine bien qu’en s’exprimant de la sorte, il désire nous faire comprendre que la dette de l’Etat, par les intérêts qu’elle oblige à payer, prive, vu l’ampleur de cette dette, les générations futures, d’une aisance qu’ils n’auront point, au moment de payer lesdits intérêts.

        Un tel discours n’est d’ailleurs pas nouveau puisque ses premiers auteurs furent MM Von Mises et Von Hayek, tous membres de la célèbre Ecole Autrichienne d’économie.

        Or, selon ces savants, l’Etat ne doit entraver en rien le déroulement de l’économie, une fois celui-ci laissé aux seules forces du marché.

        Je note, néanmoins, que si l’on avait laissé le marché à lui-même, après le krach boursier d’octobre-novembre 2008, les différents pays – dont les Etats-Unis – auraient connu un taux de chômage correspondant, partout, au quart de la population active – comme ce fut le cas aux Etats-Unis durant la Grande Dépression des années trente.

        Or si M. Ben Bernanke a choisi de faire du QE, dès l’année 2010, en matière de politique monétaire, depuis la tête de la FED, comme, aujourd’hui, la BCE, c’est parce qu’il a estimé que ce taux-là, du chômage, était bien plus préjudiciable à la santé de l’économie, que la montagne de dettes que les Etats-Unis ont accumulés dans l’intervalle.

        • «Je note, néanmoins, que si l’on avait laissé le marché à lui-même, après le krach boursier d’octobre-novembre 2008, les différents pays – dont les Etats-Unis – auraient connu un taux de chômage correspondant, partout, au quart de la population active – comme ce fut le cas aux Etats-Unis durant la Grande Dépression des années trente. »

          :facepalm:

        • Si on avait laissé le marché hypothécaire à lui-même, la crise de 2008 n’aurait pas eu lieu.

          L’explosion de dette publique observée ne fut rien d’autre que la basculement de dettes implicites en dettes explicites. Les politiciens prennent constamment des engagements non chiffrés.
          Et quand il s’agit de garanties, ils transforment un petit risque improbable en une certitude ruineuse.

          Le QE ne change pas la réalité: L’économie a été fourvoyée dans les grandes largeurs par l’intrusion politique, et sera loin de répondre aux attentes. L’écart entre celles-ci et la réalité n’est autre que le montant des dettes publiques explicites et implicites (ex. celle des retraites par répartition, évaluée à environ 1000 milliards pour la fonction publique).

          Retarder la prise de conscience jusqu’au prochain mandat politique, et manger son blé en herbe entre-temps, n’est utile que pour les politiques.
          Le peuple aura plus mal, plus tard.

          Le capitalisme est la seule et unique voie vers la prospérité.
          C’est la réalité.
          Y revenir fera mal.
          Il faudra réapprendre, refaire connaissance avec le réel, constater l’ampleur du malinvestissement concret ou non (études inutiles…)
          Mais la prospérité reviendrait rapidement.
          Alors que nous nous enfonçons dans une misère durable, insensée, sans horizon, sans espoir.
          Qui peut croire en l’avenir avec des taux d’intérêt nuls ?
          Qui ne voit que les monter, c’est admettre le défaut souverain ?
          Le premier sans guerre: Nous avons donc fait totalement fausse route et détruit nos économies comme une guerre l’aurait pu !

          • J’ai lu en effet, passablement de discours qui, comme le vôtre, ici, soutiennent que le krach et la crise due à l’effondrement du marché de l’immobilier, aux Etats-Unis, auraient été encouragés par cet Etat américain qui aurait favorisé les subprimes en décidant que n’importe quel pékin avait le droit d’avoir une maison, et ce quel que soit son niveau de revenu ou sa situation économique.

            Toujours est-il que ceux qui ont prêté à ce gens-là sans leur notifier, noir sur blanc, en début de contrat, que les taux d’intérêt sur les prêts seraient indexés à l’inflation, ceux-là, s’ils ont effectivement été encouragés par certains hommes politiques américains (tous démocrates), au motif que, soi-disant, ils amélioreraient le logement des plus démunis, ceux-là ne furent que le début d’une pyramide qui vit tous les gros poissons de l’immobilier spéculer à la hausse du secteur quand les prix de l’immobilier et les cours boursiers correspondant étaient à la hausse, et qui spéculèrent sur l’effondrement dudit marché quand ce marché commença effectivement de s’effondrer.

            C’est un leurre de croire que la création de nouvelles sociétés véhicules, de la part des banques – afin ici, de titriser des créances pourries en les mélangeant à des créances saines -, permettrait de diluer le risque, puisque quand tout s’effondra, ce furent les créances saines qui se pourrirent au contact des mauvaises, plutôt que le contraire.

            Les financiers ont donc eu beau vouloir, dans cette affaire, cacher la réalité du marché immobilier derrière des artifices, ceux-ci volèrent en éclat quand le marché lui-même vola en éclat.

            Mais à ce que je sache, de tels artifices, au lieu d’avoir été créé par l’Etat américain, l’ont été par les plus grosses banques privées américaines, lesquelles ont profité du risque systémique qu’elles représentaient, pour spéculer dans des opérations à haute risque, sachant qu’elles seraient soutenues par l’Etat en cas de faillite de leur part. Ce qui ne fut pas le cas de Lehman Brothers dont la faillite provoqua le krach boursier – ici au niveau mondial – de l’année 2008.

            Quant aux dettes faramineuses de l’Etat américain, elles devinrent faramineuses, précisément, dès cette année-là.

            Pour le reste, si comme banquier, je vous promets un rendement de 14% , sur votre épargne, en plaçant ladite épargne sur des subprimes, vous allez effectivement placer cette épargne sur ces subprimes, et mieux encore si vous avez besoin d’accroitre votre pécule très rapidement , pour des raisons x ou y, que si vous n’en avez pas besoin.

            C’est donc, ici comme ailleurs, l’appât du gain qui poussa les investisseurs, petits et grands, à acheter des titres adossés, d’une manière ou d’une autre, au marché immobilier américain.

            Or tout ceci provoqua une bulle spéculative qui fut d’ailleurs encouragée – comme certains l’ont souligné, ici, à juste titre – par des taux d’intérêt trop bas, de la part de la FED quand M. Alan Greenspan la dirigeait encore.

            Or ces titres, en ne valant plus rien après l’effondrement dudit marché, provoquera le plus grand désarroi parmi ceux qui croyaient pouvoir devenir riches grâce à eux.

            • Le mythe économique du 21 siècle? Croire que l’accession pour tous à la propriété privée est un facteur de croissance économique,cf Sarko et sa  » France de propriétaires ». Etre propriétaire est un obstacle à la mobilité géographique et donc à l’emploi pour les catégories populaires voir moyennes dans certzims cas,c’ est bon pour les fonctionnaires de catégories A ou les cadres sup.Le pire n’ est pas tant que les banques aient octroyé des crédits merdiques mais que l’ on a fait croire au gens qu’il rembourseraient tranquillement en gardant leur job à vie avec des augmentations régulières .Bush avait dit que le pouvoir d’achat des USA ne se négociait pas, 2008 lui a donné tort.On a forcé la main à des millions de gens à acheter des maisons alors que leur solvabilité faisaient défaut.

              • raphy: « Etre propriétaire est un obstacle à la mobilité géographique et donc à l’emploi pour les catégories populaires »

                Une propriété ce vend ou s’échange très bien. Ce n’est ps un problème.

                raphy: « Croire que l’accession pour tous à la propriété privée est un facteur de croissance économique »

                Là est le problème, c’est l’accession à la propriété avec l’argent des autres ou de l’argent qui n’existe pas réellement.

                • Aha une propriété s’échange bien très bien merci pour l’argument mais je m’en passerai vu sa simplicité. Non on vend ou on échange des bien quand on en a les moyens qu’on on ne les a pas on est locataire.La mobilité professionelle pour un propriétaire est plus contraignante que pour un locataire. On peut facilement démanager plusieurs fois au cours d’une année pour louer un appart je ne pense pas que l’on puisse vendre , racheter ou echanger plusieurs fois une propriete sur la meme année avec la même facilité

                  • L’argument de la propriété pour justifier le défaut de mobilité professionnelle est largement inopérant pour décrire la réalité du secteur.

                    Ainsi, aux USA, le taux de propriétaires n’empêche pas la population de montrer une des plus grandes mobilités des pays développés, sinon la plus élevée. En France, c’est au contraire la multiplication des HLM qui piège les populations. En effet, une fois entré dans son logement à loyer presque offert, personne ne va le lâcher pour aller s’inscrire sur des files d’attentes de plus de 5 ou 10 ans dans une autre commune, un autre département, une autre région. L’excès insensé de HLM dans le parc immobilier total, auquel s’ajoute les trop nombreuses propriétés publiques, raréfie l’offre privée, poussant naturellement les prix de cette dernière à la hausse, avant même d’évoquer des questions de fiscalité, de réglementation, d’investissement et de rendement. Les HLM sont indubitablement une des principales causes de la faible mobilité de la population française. Il convient aujourd’hui de privatiser les HLM et n’en conserver le principe que pour une fraction marginale de la population, typiquement les SDF. On se souvient que le logement fait partie des 7 secteurs économiques à privatiser de toute urgence, pour les sauver de la tutelle néfaste de l’Obèse.

                    Sans surprise, c’est d’abord le taux de collectivisation du secteur immobilier qui détruit la mobilité de la population.

                    Enfin, si les ventes de propriétés traînent en longueur, c’est bien évidemment à cause des procédures délirantes mise en place à l’occasion des cessions. Une fois l’accord trouvé entre le vendeur et l’acheteur, une vente sécurisée ne devrait pas demander plus de 10 jours de procédure. Non contente de voler notre argent, l’administration nous vole notre temps sans merci.

                    • Même dans ce qui est privé, l’impact de l’Obèse est écrasant : taxes à l’achat de près de 10% dont l’essentiel va au Dinosaure, taxes à la revente demeurées ou l’Obèse s’engraisse encore un peu, de quoi faire réfléchir l’impétrant ❗ Alors qu’avec des taxes faibles, on achète et l’on revend au besoin.

                    • Je ne parle parle pas des USA mais de la France, les USA ont une culture de la mobilité que n’ont certainement pas les Français donc comparer la mobilité pro entre les deux n’est pas pertinents.Sur les hlm je vous rejoins il est évident qu’une bonne partie est occupée par des gens qui auraient les moyens de se loger dans le privée alors que pas mal de gens pourraient y prétendre mais n’en bénéficient pas. Privatiser le logement why not mais je suis dubitatif sur le rééquilibrage des prix même avec un boost de l’offre vu les prix auxquels la France est habituée.

              • On a forcé la main à des millions de gens à acheter des maisons alors que leur solvabilité faisaient défaut.

                Forcé, pas tout à fait mais que c’était gratuit, et qu’ils auraient tous la plus-value.

            • Il n’y a pas eu la moindre évolution de la dette publique US après 2008.
              Il y a une dette explicite et un dette implicite, une dette que l’État admet et une dette qu’il omet de comptabiliser.
              Avant 2008, Fanny Mae et Freddie Mac bénéficiaient de la garantie étatique, donc leur dette était celle de l’État.
              Déjà.
              Cela ne se disait pas, mais c’était la réalité.
              Ce qui s’est passé n’est pas une augmentation de la dette de l’État, mais la fin d’un déni des faits.

              Ne vous laissez pas berner par les discours politiques.
              Les politiciens prennent des engagement mais les comptabilisent pas.
              Pourtant ce sont de véritables dettes publiques, et le déni ne peut pas durer indéfiniment.

              Parfois on vous dira que ces engagements concernent un risque improbable.
              Mais lorsque l’État garantit un risque, il en fait une certitude.

              La thèse d’une épidémie de cupidité est ridicule.
              La réalité est que non seulement les banques ont été contraintes à faire des prêts absurdes, mais que l’État les rachetait à travers Fanny Mae et Freddie Mac.
              C’est l’État qui a utilisé la violence pour introduire le mensonge et l’irresponsabilité à dose mortelle dans l’économie.
              Le capitalisme n’a rien à y voir.

              C’est l’État qui impose une banque centrale, qui interdit la banque libre, et qui contraint les banques à prêter avant tout aux États, entre autres réglementations délétères.
              Depuis 5 ans, c’est l’État qui impose des taux nuls, à cause de son incurie passée et de l’énormité de la dette qui en est résulté.
              C’est donc l’État qui est la cause à 100% du cataclysme économique en cours.

        • Claude Gétaz: « il désire nous faire comprendre que la dette de l’Etat, par les intérêts qu’elle oblige à payer »

          -La perte de la jouissance des sommes prêtée justifie les intérêts sinon les gens garderaient leur argent.
          -Un état en mal d’argent ne peut pas se prêter à lui-même gratuitement.
          -Un état est pérenne, absolument rien (sauf une guerre) ne justifie qu’on emprunte sur le dos des générations futur.

          Claude Gétaz: « Je note, néanmoins, que si l’on avait laissé le marché à lui-même, après le krach boursier d’octobre-novembre 2008 »

          Qui n’aurait jamais eu cet ampleur et ne serait même jamais arrivé sans les tripotages législatif (CRA), les cautions étatique du mauvais risque (freddy & fanny) et les taux négatifs pratiqués par la FED post 2001 qui après avoir créé la bulle ont remonté créant ainsi les conditions de l’explosion des prêts N.I.N.J.A

          Trois éléments typique du « pretend of knowledge » des élites. Venir les poser en « sauveur » c’est fort de café surtout qu’ils font grossir une bulle obligataire monstrueuse en ce moment même.

        • « si l’on avait laissé le marché à lui-même, après le krach boursier d’octobre-novembre 2008, les différents pays – dont les Etats-Unis – auraient connu un taux de chômage correspondant, partout, au quart de la population active – comme ce fut le cas aux Etats-Unis durant la Grande Dépression des années trente » il n’y aurait jamais eu de crise de cette ampleur si l’état n’était pas intervenu. Bill Clinton pour se faire réélire à obliger les banques aux plus pauvres (le but étant que les noirs puissent s’acheter des maisons). Community Reinvestment Act, Freddie Mac et Fannie Mae qui garantissait les pret aux pauvres, puis Greenspan qui maintient les taux tres bas sur recommendation entre autre de Krugman, tout cela cree une bulle immobiliere qui debouche sur la crise des subprime. https://minarchiste.wordpress.com/2015/03/12/retour-sur-les-causes-de-la-crise-financiere-de-2008/

    • « l’entrepreneur capitaliste cher à cet auteur, doit être remplacé par des sociétés financières d’investissement opérant à l’échelle mondiale plutôt qu’à l’échelon national » la majorité des riches sont des entrepreneurs (ce sont eux qui créent la richesse et l’emploi) et non pas des rentiers ou des banquiers. ce sont eux qui créent la croissance
      http://www.emploi-2017.org/parmi-les-tres-riches-combien-d-entrepreneurs.html
      http://www.contrepoints.org/2013/04/26/122706-les-inegalites-sociales-ne-sont-pas-des-injustices
      http://www.contrepoints.org/2013/04/18/121943-qui-sont-les-tres-riches-americains
      http://ordrespontane.blogspot.be/2011/11/occupy-ton-temps-autre-chose.html
      http://www.contrepoints.org/2011/12/17/60581-les-riches-entre-la-realite-et-la-caricature
      http://www.emploi-2017.org/les-riches-sont-d-abord-des-entrepreneurs.html
      http://www.contrepoints.org/2011/11/13/55189-le-vrai-visage-du-1
      http://www.emploi-2017.org/risque-entrepreneurial-inegalites-et-richesse.html
      http://www.emploi-2017.org/meme-les-milliardaires-francais-creent-la-richesse,a0380
      http://www.emploi-2017.org/quels-sont-les-principaux-artisans-de-la-croissance-americaine,a0416.html
      la plupart des super riches ne le reste pas longtemps.
      http://www.contrepoints.org/2014/01/16/153456-la-roue-tourne-ultra-riches-et-biais-de-selection
      http://www.contrepoints.org/2014/01/18/153662-les-tres-riches-ne-le-restent-pas-longtemps
      http://www.contrepoints.org/2014/06/03/167232-ou-sont-les-super-riches-de-1987
      la plupart des politiciens de gauche font partie du fameux 1 %: http://www.contrepoints.org/2012/01/25/66226-la-nouvelle-aristocratie-de-francois-hollande-le-1-cest-lui-pas-nous

        • Les trois derniers articles de Jacques sont très intéressants. Et surtout le lien du dernier qui renvoie vers un article de Bernard Zimmern que tout le monde devrait lire, et notamment parce qu’il montre que les fortunes se créent d’abord, puis s’élargissent, ou s’entretiennent, ensuite, une fois celles-ci constituées.

          En fait, ce thème-là est bien plus intéressant que celui traité par Piketty. Car ce dernier, contrairement à ce que l’on pourrait croire en lisant son immense pavé qui, avec ses chiffres statistiques au nombre très impressionnant, est surtout destiné à donner plus de crédit à ses études.

          Or celles-ci passent à mon avis, à côté du vrai sujet. Puisqu’elles visent surtout à montrer quel profil aura la distribution des richesses durant la suite du XXI siècle, si le taux de croissance des PIB est inférieur au taux de rendement du capital (patrimoine des personnes privées inclus), avant de mettre en lumière que, dans ces conditions-là, l’inégalité va s’élargir entre les riches d’un côté (symbolisés ici par les détenteurs des patrimoines en question) et les pauvres de l’autre (symbolisés, eux, par des travailleurs salariés qui n’ont que leur emploi en entreprise pour les faire vivre – elle dont la santé repose sur l’environnement économique en termes de croissance).

          Et si schématiquement, l’immense pavé de Piketty vise à démontrer cela, une pareille conclusion, pour intéressante qu’elle soit, ne met jamais le doigt, à mon avis, sur l’essence même du capitalisme

          Et la même remarque de valoir pour toutes les théories émises par les économistes sans exception.

          Mais cela prouve une chose : que cette discipline est la disciple la plus pauvre, actuellement, des sciences sociales, dans la mesure où elle ne prend pas en compte, jamais, les lois de l’Histoire.

          En un mot comme en cent, les économistes sont aujourd’hui, majoritairement, des mathématiciens ou des économétriciens qui, à force d’être plongés dans cette éprouvette qu’est la société une fois celle-ci perçue à travers leur modèle économétrique, ne vont jamais au fond des choses.

          Or ce fond-là, s’agissant de l’économie, comme s’agissant de n’importe quel autre domaine, est le suivant :

          Toute entreprise qui se respecte a eu un membre fondateur qui a commencé par se libérer du carcan existant, en créant sa propre entreprise, ce qui lui a permis d’accroître sa propre liberté, et donc sa propre aisance, toutes les fois que celle-ci a eu pignon sur rue.

          Et si cette entreprise a produit des biens ou des services, à destination de la communauté dans son ensemble, elle a eu pignon sur rue par la qualité même de ses productions – elle-même témoignant d’un certain savoir faire, de la part du producteur, au niveau de la conception même du produit.

          ET plus cette entreprise va se développer, plus elle aura besoin d’une organisation bien structurée, pour se gérer.

          Elle aura également besoin de financements extérieurs, si elle veut grandir, et grandir plus vite encore que ses fonds propres le lui permettent.

          Et si cette entreprise était, au départ, familiale, ce sont les fils du patron qui reprendront « la boîte » et, dans le même mouvement, la développer.

          Sauf que les rôles vont commencer à différer, si des gens venus de l’extérieur – tous ayant fait des études – vont occuper des postes importants, à la tête de l’entreprise – soit comme directeur commercial, ou comme directeur du secteur marketing, ou comme directeur financier, etc. ..

          Bref, cette entreprise-là de familiale qu’elle était jusque là, va se technocratiser ou se bureaucratiser au fur et à mesure de son développement.

          Au point que la famille fondatrice sera progressivement mis sur la voie de garage. Non comme actionnaires, mais comme gestionnaires de l’entreprise.

          Or telle substitution va entraîner la dilution de l’entreprise.

          Idem si celle-ci est l’objet d’une OPA de la part d’investisseurs venus de l’étranger

          Si, en ce cas, l’entreprise est devenue un géant de son secteur, au sein de l’économie nationale, c’est le secteur lui-même qui passera en mains étrangères.

          Quoi qu’il en soit, si le fondateur était, comme ceux figurant sur la liste des membres les plus riches dressés par Fortune, déjà riche, grâce à son talent d’entrepreneur, cette richesse-là va se prolonger durant une ou deux, voire même trois générations successives, avant de voir l’entreprise elle-même être supplantée par d’autres, en raison de son manque de dynamisme.

    • A la grande surprise d’un membre du « gang des égalitaristes », Edward Wolff, le 1% des américains les plus fortunés s’avéraient pour 75% être à la tête de petites entreprises qui faisaient leur fortune
      Ce 1% était très loin d’avoir la fortune des milliardaires, puisqu’en moyenne, son patrimoine était de l’ordre de 15 millions de dollars. Mais il joue dans l’économie américaine un rôle déterminant car, par le nombre, il représente plus de la moitié de l’investissement industriel américain, bien plus que Wall Street

  • Le « piquettisme » ca sonne bien, et puis ca sonne a propos.

    Je crois qu’on est bons pour se faire piqueter pour au moins 30 ans…

  • Rappelons qu’il est démontré depuis 2 siècles que le capital productif augmente la valeur du travail davantage que la sienne:
    « À mesure que les capitaux s’accroissent, la part absolue des capitalistes dans les produits totaux augmente et leur part relative diminue. Au contraire, les travailleurs voient augmenter leur part dans les deux sens. »
    http://bastiat.org/fr/capital.html

    Autrement dit, les gains de productivité enrichissent capitalistes et travailleurs, mais ceux-ci davantage que ceux-là.
    Le marxisme est donc faux, de raison certaine, il ne résiste pas à l’Examen rationnel; et seule la fascination du pouvoir peut expliquer qu’il ait triomphé de la démonstration rigoureuse et optimiste de Bastiat.

    Le pessimisme socialiste, qui imagine des antagonismes et se pose en redresseur de torts, camoufle une réalité bien laide: La passion de soumettre autrui par la violence.

    Ou l’orgueil de se croire membre d’une élite humaine supérieure moralement et intellectuellement, et de ce fait ayant l’obligation d’exercer le pouvoir.

    Souvent les deux.

    • « À mesure que les capitaux s’accroissent, la part absolue des capitalistes dans les produits totaux augmente et leur part relative diminue. Au contraire, les travailleurs voient augmenter leur part dans les deux sens. »

      Je suis allé voir le sens de cette phrase dans les Harmonies de Bastiat. Or cet auteur entend par là que le revenu ajouté, ou la valeur ajoutée (mettons durant une année) est générée par un facteur capital qui, tout en étant plus élevé que le facteur travail, voit sa propre part se réduire, d’année en année, dans cette valeur ajoutée.

      Si., sachant cela, on mesure ce capital par des machines et des équipements, il est évident que leur valeur, en incorporant du travail passé, et bien plus importante que celle que ce capital transmet à la période courante, soit sous la forme d’un coût d’amortissement, soit sous la forme du profit créé durant cette période.

      Et comme Bastiat identifiait, ici, l’intérêt de l’épargne et le profit généré par les entreprises (sous-entendu : avec cette épargne), cela signifie que, pour lui, le taux d’intérêt sur cette épargne était censée diminuer, à chaque époque nouvelle, comparé à un taux de salaire (versé à la main d’œuvre) qui lui demeurait constant, ou quasi tel.

      Mais ce qu’il faut démontrer, ici, c’est pourquoi ce taux d’intérêt était censé baisser à chaque période nouvelle.

      Et même en connaissant la réponse, celle-ci n’apportera aucune lumière nouvelle sur les résultats auxquels Piketty est parvenu dans ses propres études.

      Mais cela signifie aussi que quand on veut critiquer la théorie d’un auteur, quel qu’il soit, il faut commencer par bien définir l’objet de la critique d’abord, et les arguments qui serviront à critiquer cet objet ensuite.

      Car, sans cela, on va se mettre à contester la manière dont certains producteurs produisent et vendent des citrons, en s’appuyant sur ceux qui produisent et vendent des oranges.

      • « la valeur ajoutée (mettons durant une année) est générée par un facteur capital qui, tout en étant plus élevé que le facteur travail, voit sa propre part se réduire, d’année en année, dans cette valeur ajoutée. »

        Le phénomène est assez simple à comprendre. On ne connaît pas d’investisseur assez idiot pour produire à coût plus élevé que le travail ou le capital précédemment investi. Cela reviendrait à choisir une méthode plus difficile, nécessitant plus de travail, pour produire le même bien. Absurde, n’est-ce pas ? La valeur ajoutée d’un nouvel investissement est donc nécessairement supérieure au travail et aux investissement antérieurs.

        Mais une fois découverte la vertu du nouvel investissement, sa valeur ajoutée initiale est diluée par la concurrence qui s’empresse de l’imiter. Progressivement, la valeur ajoutée initiale s’étiole pour descendre au coût de production, jusqu’à ce qu’elle soit démodée par la prochaine innovation concurrente permettant de dégager une nouvelle valeur ajoutée, réduisant un peu plus le coût de production.

        Et ainsi de suite, jusqu’à faire disparaître presque entièrement le travail, au sens de l’effort physique salarié. Plus ou moins rapidement, il reste essentiellement l’investissement en capital, forme la plus évoluée du travail humain, pour une part de travail « classique » complètement marginalisée, disons 2% du PIB pour rassurer ceux qui ont besoin d’un ordre de grandeur.

        Donc, Marx et ses successeurs qui se croient des économistes n’ont rien compris au film, notamment avec leur hilarant et non moins prétentieux « sens de l’histoire ». Comment peut-on aujourd’hui encore perdre son temps à évoquer ce grotesque personnage, faisant comme s’il y avait quoi que ce soit à retenir de l’infâme brouet qui lui tenait lieu de pensée ?

        • Sur cette thématique, il faut distinguer les innovations, et leur généralisation dans l’économie, du caractère des mêmes.

          Car celles-ci peuvent concerner tous les biens, y compris les biens de consommation plus ou moins durables (songeons, par exemple, aujourd’hui, au secteur du multi média).

          Il est certain, aussi, que, dans ce contexte, l’entreprise innovante va enregistrer un surprofit qui va disparaître quand les entreprises concurrentes produiront les mêmes biens (sous réserve des brevets destinés à protéger les innovations, puisque ces brevets il faudra bien qu’elles les paient à l’entreprise innovante).

          Mais il est certain aussi que les prix de marché vont baisser, sur les biens concernés, avec l’offre en augmentation. Et surtout parce que les prix de production desdits biens vont baisser, avec les quantités produites, grâce aux gains d’échelle.

          Et si les biens innovants sont des biens de consommation, l’existence même du crédit à la consommation, qui n’existait pas du temps de Marx, va permettre à l’entreprise innovante d’encaisser immédiatement son surprofit, grâce aux gains d’échelle, précisément, qui ont été autorisés par le crédit en question (puisque celui-ci va soutenir la demande pour les biens en question). Or la hausse correspondante de l’offre va se traduire par la baisse immédiate, par unité produite, des frais qui concernent ici ceux des chercheurs ayant participé à la création des innovations nouvelles (étant précisé que les frais de recherche sont, de nos jours, très conséquents).

          Concernant la notion – ainsi entendue – du profit attaché aux innovations, elle n’a évidemment rien à voir avec du travail non payé à l’ouvrier (puisqu’ainsi s’exprimait Karl Marx).

          Mais si, sachant cela, on pose tout le débat en macroéconomie, on est bien obligé d’admettre qu’une population donnée est obligée de créer de l’épargne qui, dans le cas particulier, servira à financer la recherche dans la création d’innovations nouvelles.

          Or cette épargne ne peut provenir, au départ, que d’une diminution de la consommation (et donc d’une diminution du revenu – destiné ici à la consommation – gagné par la population active, pour le même temps de travail que par le passé).

          C’est donc, ici, la hausse primitive du rapport (macroéconomique) profit/salaire qui va générer l’épargne destinée à créer, ici, des innovations nouvelles.

          On ne peut donc pas conclure que la thèse de Marx était fausse en toutes circonstances.

          • S’il faut se résigner à se placer sur un plan macro-économique, alors tout ce qu’on peut dire, c’est que les deux composantes du ratio profit/salaire sont versées indifféremment à la même population économiquement active. Au-delà, le raisonnement macro-économique ignore les détails fins de la constitution de l’épargne par les individus, notamment la fluidité des deux arbitrages constamment réalisés entre consommation et épargne d’une part, entre épargne et investissement d’autre part. Quand certains arbitrent dans un sens, d’autres font des choix opposés. La macro-économie est définitivement incapable de rendre compte du phénomène. On ne peut donc prétendre qu’une baisse initiale de la consommation considérée globalement est nécessaire pour financer l’innovation. La macro-économie est aveugle aux réalités du monde car elle repose sur des hypothèses par trop simplistes. Elle est tout au plus utile pour les étudiants de premières années, afin de les dégrossir en matière de logique économique.

            Enfin, tout-terrain de la bêtise humaine, Marx est dans l’erreur absolue. Oubliez-le sans regret !

            • Ce n’est pas seulement un problème d’arbitrages effectués par des individus qui, dans l’économie de marché capitaliste, ont, bien évidemment, des choix à faire – que ce soit comme consommateur, épargnant, investisseur, boursicoteur, salarié, indépendant, etc., etc.

              Un pays, qu’il soit capitaliste ou socialiste, à des choix à faire, chose qui se traduit par la structure même du budget de l’Etat à tous les niveaux.

              Que cet Etat- là doive se limiter aux fonctions régaliennes, comme le veulent les libéraux, le fait est qu’il a des choix à faire, en matière, par exemple., de sécurité, qui l’oblige à détourner vers l’armement et la sécurité intérieure et extérieure, une partie des ressources qui, sans cela, irait à la consommation.

              Idem lorsque les choix à faire opposent, comme, par exemple, dans une économie socialiste, la consommation à l’investissement, chaque fois que le pays désire s’industrialiser.

              Raison pour laquelle les économistes de l’ex URSS comptaient un taux d’intérêt sur les investissements, prouvant par là que ce taux-là servait, chez eux, comme chez les économistes autrichiens, de coût permettant de comparer des consommations présentes et des consommations futures plus élevées (grâce aux investissements)., du point de vue de leur utilité respective.

              Quant au pays désireux de se développer, il est bien obligé, s’il est sous-développé au départ, d’investir dans l’industrialisation, et donc d’épargner.

              A partir de là de deux choses l’une : ou bien cette épargne provient du fait que la nation réduit sa consommation présente (ici au profit d’une consommation future plus élevée autorisée par les investissements), ou bien cette épargne provient de l’étranger (à cette différence près que l’intérêt des fonds consacrés au développement, sera versé aux investisseurs étrangers plutôt qu’aux investisseurs nationaux).

              Tout cela pour dire que les théoriciens marxistes, une fois ceux-ci devenus des néo-marxistes, au lieu de regarder le taux d’intérêt comme la mesure du degré d‘exploitation de l’homme par l’homme, le regardent comme une nécessité chaque fois qu’un pays à des choix à faire entre le présent et l’avenir.

              Ceci dit, dans la mesure ou cet avenir-là dépend également de la sécurité, ce n’est pas la bourse de Wall Street, ou celle de Francfort, ou encore celle de Londres, qui va décider, à la place des gouvernements concernés, ce qui est bon ou n’est pas bon, pour le futur du pays concerné.

              A ce niveau, ce sont, dans les systèmes démocratiques, les peuples (représentés ici par leurs parlements et leurs gouvernements respectifs) qui vont décider des choix à faire.

              • Claude Gétaz: « il a des choix à faire, en matière, par exemple., de sécurité, qui l’oblige à détourner vers l’armement et la sécurité intérieure et extérieure, une partie des ressources qui, sans cela, irait à la consommation. »

                Les routes c’est 3% du budget, justice et police 3%, armée 2.2%.

                La Suisse avec un état a 35% du PIB est 4eme à l’IDH avec des budgets positif, un salaire médian à 5000 euro, 3.6% de chômage des jeunes et 20 pages de code du travail.
                La France est 20eme avec un état à 57%, 24% de chômage des jeunes, 1675 de salaire médian et un état qui va emprunter 45% de son budget en 2015 (188 milliards sur 410)

                Un IDH à crédit et au moins la moitié des dépenses qui ne sont que du pillage tout azimut.

                Claude Gétaz: « A ce niveau, ce sont, dans les systèmes démocratiques, les peuples (représentés ici par leurs parlements et leurs gouvernements respectifs) qui vont décider des choix à faire. »

                La France n’est pas une démocratie, le peuple n’a pas voté une seul des 700 lois décidée depuis dix année et la situation financière du pays est catastrophique.

                • L’argument selon lequel la Suisse est un état plus libéral, donc plus riche que la France, qui est, elle, par comparaison, un Etat plus socialiste, mérite d’être nuancé, en ce sens que la Suisse est également un pays ou la société s’est organisée (c’est un Suisse qui vous parle) de manière complètement différente, et ce à l’intérieur d’une Confédération ou les Cantons (qui sont l’équivalent des Départements Français) sont beaucoup plus autonomes , et donc plus libres de leur mouvement, que leurs homologues français.

                  La Suisse est également un pays où les gens recherchent perpétuellement le consensus, plutôt que l’affrontement, dans le domaines des rapports sociaux.

                  Enfin, la Suisse est un pays ou la corruption n’est pas aussi grande que dans certains pays mafieux, elle-même ressemblant, en cela, aux pays scandinaves.

                  Or cette corruption explique, dans nombre de pays, le détournement des fonds sur les marchés publics, et la hausse concomitante des déficits publics.

                  Enfin la Suisse a, à sa tête, moins de technocrates endimanchés sortis de l’ENA, que, par exemple, la France.

                  Ce qui signifie que le politicien suisse est plus près du peuple que son homologue français, toutes les fois que celui-ci trône, tel un baron, dans les hautes sphères de l’Etat.

                  A bon entendeur, salut!

                  • Totalement d ‘accord avec votre propos, d’ailleurs ce consensus Suisse tellement adulé par ses voisins Européens n’est pas tombé du ciel comme l’esprit saint de la Pentecôte.La formule magique de 1959 est à l’origine de ce consensus.

                    • raphy: « La formule magique de 1959 est à l’origine de ce consensus. »

                      Pas plus que les promesses d’un alcoolique, une formule magique ne peut tenir sans mesures de rétorsion.
                      Le peuple a réellement le pouvoir législatif en suisse, là est toute la différence.

                      S’il l’avait en France le pays ne serait pas dans cette merde noir.

                    • Oui est comment se sont les mesures de retorsions?par un consensus visant à un partage du pouvoir continuel entre les différents partis ce qui est une question de culture politique si c’est aussi évident que vous le dites tous les pays devraient fonctionner sur le système electoral Suisse et tout irait mieux.

                    • La vrai question c est comment passer d ‘une conception unitaire de l’Etat a un modèle fédéral et décentralisé? La seccession, la révolution etc… Les système politique ne s’emboitent pas sur les Etats comme des jeux de forme? Et qu’entendez vous par liberté? Leur mode de scrutin de liste pour l’election du pouvoir legislatif? Leur possibilité de référendum, leur pouvoir d’achat?

                    • Le modèle suisse est totalement tributaire de son système et de sa culture politique qui n’est pas la culture politique de tous les autres pays à tort ou à raison

                    • Un système décentralisé, ça s’appelle l’individu, ses actions libres et ses interactions volontaires avec les autres individus. Bref, la bonne décentralisation, c’est le marché libre.

                    • raphy: « si c’est aussi évident que vous le dites tous les pays devraient fonctionner sur le système electoral Suisse »

                      Vous plaisantez j’espère ?
                      Essayez de deviner pourquoi les élus de la Frônce bashent la démocratie directe à chaque fois qu’ils le peuvent (« cf populisme ») et refusent obstinément de laisser une once de pouvoir au peuple… Ambition et pouvoir personnel ? oui vous brulez.

                      Mais le problème de fond est le suivant: Le peuple français adore ses élites et les pantalonnades de palais, ça fait trois années que je promeut la DD y compris ici, au mieux un français ne comprend pas les avantages de la dilution des pouvoir et du ralentissement législatif, au pire la soupe a bien pris et on me parle de ‘populisme’. 700 lois sont votée toutes les dix année en France en toute opacité.

                      Le Suisse se méfie du pouvoir et de l’état ce qui force les élus à lui en laisser, le Français est un monarchiste au fond de lui, c’est culturel.

                      Sans DD et avec 70 lois par année votées par quelques dizaines d’aristocrates corporatiste, ce pays est foutu !

                  • Claude Gétaz: « Ce qui signifie que le politicien suisse est plus près du peuple »

                    Je suis suisse aussi et si les élus sont plus prêt du peuple c’est que celui-ci a véritablement (toute proportion gardée) les rênes du pouvoir: 600 votations en 30 année contre 4 en France.

                    C’est d’ailleurs le sens du mot « démocratie » qui veut dire « peuple pouvoir » et non pas « abandon du pouvoir à d’autres »

                    En France les élus sont de petits potentats qui ont les cordons de la bourse (des autres) sans avoir les responsabilités ni de compte à rendre véritablement à ceux qui les paient. Ils font les lois dans la plus grande opacité (700 tous les dix ans) au plus prêt des intérêts des corporations clientes et amies et ils s’échangent mutuellement prébendes, marchés, indulgences et influences.

                    Les médias pourraient les ramener à plus d’humilité et de responsabilité mais ils en croquent et font partie des corporations clientes et amies. Échec et mat !

                    Argent gratuit, pas de responsabilité, pas de censure possible du peuple, ça ne peut pas finir autrement qu’en énorme pillage corporatiste.

                    • Je suis d’accord avec tout çà.

                    • D’accord avec vous que la monarchie est encore bien ancrée dans notre imaginaire collectif, d’ailleurs sous la 5ème le président est un monarque . Cependant sur le plan politique de la création de l’Etat et de son système politique la Suisse est incomparable avec la France.En France les première formes de l’Etat bureaucratique sont présentes depuis Philippe le Bel donc depuis le 13ème siècle.l’Etat préexiste avant la nation en France. d’ailleurs l’Etat est la seule chose qui est résisté à toutes les péripéties de l’histoire de France.Quant à la Suisse elle s’est construite sur une base pluraliste en terme linguistique, culturel et religieux. Cela donne un avantage décisif dans l’élaboration d’une démocratie directe.On peut logiquement penser que si la Suisse c’était construit sur le système politique Français elle aurait connu une guerre civile sans fin.

                    • D’ailleurs le pluralisme Suisse en particulier en matière religieuse ou linguistique est présent dans la société civile comme dans les sphères du pouvoir. La suisse est un régime directorial basé sur la concorde des partis politiques au gouvernements, les échéances électorales sont pour eux l’équivalent de match amicaux puisque la forme du système politique Suisse prévoit que la gouvernance est collective et que son objectif est le consensus

    • très joli. 200% d’accord.

    • Qu’appellez vous l’examen rationnel?

  • Pour l’auteur, une des lois fondamentales serait r>g

    Le problème de Piketout, avec des formules exploitées sans limites, ce qui dépasse les limites du grotesque, c’est qu’il s’expose à de violentes satires. Il risque de devoir allumer des pare-feux.

  • En fait, tout ce que dit aujourd’hui Piketty est déjà présent dans son livre Le Capital au XXIème siècle. Malheureusement son travail a été déformé, surtout par ses adversaires d’ailleurs, qui n’ont retenu que l’inégalité r>g qui n’est qu’une toute petite partie de son livre (deux chapitres au max). Même dans celui consacré à la mise en évidence de cette loi empirique, il explique « Pour résumer : on voit donc que l’inégalité r > g correspond certes à une réalité historique incontestable – vérifiée jusqu’au premier conflit mondial, et sans doute de nouveau au XXIe siècle -, mais qu’il s’agit d’une réalité sociale et politique qui dépend pour une large part des chocs subis par les patrimoines, ainsi que des politiques publiques et des institutions mises en place pour réguler le rapport capital-travail. » (p. 567).

    • « Malheureusement son travail a été déformé, surtout par ses adversaires  » son travail a surtout été déformé par la gauche américaine (dans un but politique) et par les médias (dans un but d’être sensationnel et donc de faire plus vendre)

  • Il n’y a rien de « brillant » chez le Haineux Piquetout,
    George Reisman a déjà exposé son ignorance radicale de ce qu’est le capital, sujet présumé de son livre.
    Il est le produit d’un système corrompu qui autorise de parfaits incompétents à enseigner, pourvu qu’ils soient Esclavagistes de Gauche et/ou sachent manier les abracadabras mathématiques qui en imposent au profane.
    Dans ses lettres à « La Voix du Peuple », Frédéric Bastiat réfute successivement Proudhon, Hegel, Marx, Keynes… et Piquetout.
    http://bastiat.org/fr/gratuite_du_credit.html

    • Tous les chercheurs qui, comme Piketty, ont eu une certaine renommée, en économie, ne l’ont sans doute pas mérité, eu égard à ce qu’ils ont réellement apporté à la science.

      Mais ce qui est époustouflant, avec le récent livre écrit par Piketty, c’est l’engouement pour un tel ouvrage, de la part de toux ceux qui se sont précipités sur sa lecture, soit pour le critiquer, soit pour l’encenser.

      Et si pareil engouement a rendu ce monsieur très riche, il ne faut pas tout de même pas oublier la quantité phénoménale de chiffres et de graphiques affichés dans ce livre, et qui, quelle que soit leur qualité sur le fond, ont donné du grain à moudre à tous ceux qui ont pris appui sur eux pour des raisons x ou y.

      Si donc, en résumé, le pavé de Piketty laisse à désirer, aux yeux de certains lecteurs, il n’est pas un seul auteur, dans toute l’histoire récente se rapportant à la science économique, dont les thèses aient été autant discutées, en un temps aussi bref, que celles de Piketty en ce moment.

      Or cette discussion, qui fera avancer la science économique plus qu’elle ne l’a jamais fait, en lui donnant une nouvelle impulsion, on le doit, qu’on le veuille ou non, au récent livre de Piketty.

      Si, mis à part cela, un des intervenants, sur ce forum, venait à écrire un livre d’économie destiné, soit au grand public, soit à des spécialistes, il s’apercevra alors que le premier souci qu’il devra avoir, au moment d’écrire son livre, est de respecter les idées des adversaires à ses propres thèses, en en pesant bien tous les termes.

      Et il devra veiller, aussi, à citer, sur tel ou tel sujet présenté dans son livre, des auteurs qui ne partagent ni les mêmes théories, ni les mêmes opinions que lui. Et pas seulement des auteurs avec qui il est sur la même ligne de pensée.

      Car, dans le cas contraire, cet auteur ne sera plus dans la science, mais dans le dénigrement, lequel n’a jamais fait avancer la première nommée en quoi que ce soit.

      Il va sans dire qu’un tel constat s’applique à tous les chercheurs sans exception, sans distinction de leurs idées ou de leur idéologie.

      J’ajoute, puisque le sujet est, ici, Piketty, que ce n’est pas parce que cet auteur a inondé son livre d’une foule de données statistiques, que la qualité même de ses théories s’en trouve forcément améliorée.

      Mais son mérite, en l’occurrence, est ailleurs, puisque toute une littérature s’est constituée depuis, sur la base de ce livre, et que c’est elle qui va faire progresser la science.

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