Départementales : une forte majorité ne participe pas, les vrais scores

Aucun parti en présence ne représente plus de 12,5% des électeurs.

Par Nick de Cusa.

Un phénomène de plus en plus marquant en politique est la concentration de l’information sur une minorité. En fait, la majorité des électeurs ne s’exprime plus, scrutin après scrutin. Ainsi, alors que des tonnes de journaux et des années-antenne de télévision et de radio s’acharnent sur ceux qui vont choisir, ou ont choisi tel ou tel parti ou candidat, pour ainsi dire aucune enquête et aucun reportage ne sont faits sur la forte majorité qui ne participe plus au jeu électoral.

Bien plus de la moitié de la population est ainsi cachée et ignorée de l’information, et on se passionne exclusivement pour ceux qui y croient encore, comme si ceux-là seuls importaient.

Le dernier exemple en date est bien entendu le premier tour des départementales du 22 mars.

Non seulement la moitié des inscrits n’est pas allée voter, non seulement, parmi ceux qui y sont allés, près de 5% ont voté blanc ou nul, mais encore, et ce qui n’est pas apparent, environ 8% des Français ne prend même plus la peine de s’inscrire, et même bien plus si l’on compte les mal-inscrits, principalement des personnes ne s’étant pas réinscrites après un changement d’adresse.

Pour réellement se confronter à la réalité des priorités données par les médias à l’analyse des votes pour tel parti ou tel autre, on ne peut faire l’économie d’examiner les scores réels, c’est-à-dire le pourcentage de la totalité des électeurs ayant choisi un parti, en respectant strictement le sens littéral de ce mot, à savoir un citoyen ayant la capacité de voter.

En tenant compte des non inscrits, les scores des principaux partis aux élections du 22 mars 2015, sont donc les suivants :

  • Aucun candidat ni parti : 56,1%
  • FN : 11%
  • UMP : 12%
  • PS et assimilés : 12,5%
  • Tous communistes : 2,7%

scores départementales premier tour 2015 avec abstention

Il semble par ailleurs particulièrement remarquable que l’écologie, idéologie pour laquelle nous menons la très coûteuse et insensée transition énergétique, est choisie par 0,5% des électeurs. On cherche ici la logique démocratique.

Compte tenu de ces chiffres, on peut s’interroger sur ce que pense et souhaite la forte majorité qui ne participe plus au jeu électoral. Mais qu’attendent donc ces gens ? Comment justifier ce manque d’intérêts et de temps d’informations médiatiques comparativement aux autres ?