Qu’est-ce que le capitalisme libéral ou de laissez-faire ?

taureau wall street credits randy lemoine (licence creative commons)

C’est avant tout un système moral. Explications.

Par Marius-Joseph Marchetti.

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J’en donnerais une portée philosophique, car c’est avant tout de cette portée que découle la liberté d’entreprendre et l’économie de marché. Le capitalisme, le vrai, celui dans lequel l’État n’interfère pas, car il n’existe pas ou est strictement minimum (au sens où il n’assume que la gestion de la police, armée et justice dans le but de protéger ce que nous appelons les « droits naturels ») est un système de droits de propriété légitime, c’est-à-dire que ces droits de propriété n’ont pas été acquis par le vol et la rapine (impôts, subvention, quantitative easing, et autres instruments mortifères dont l’État a le don). Le bien-être produit par le capitalisme est la résultante de la liberté qu’il autorise via le respect des droits de propriété. L’absence de violence est l’un de ses effets. Nous recherchons avant tout la liberté de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui avec ce que nous possédons. Le reste suit.

Oui, le capitalisme est un système moral avant d’être un système économique, contrairement à ce que l’on pourrait penser. D’ailleurs, si un individu crée de la richesse par son seul esprit et par des contrats librement consentis avec autrui, il ne nuit à personne, au contraire. À l’inverse, si son enrichissement est obtenu par des faveurs du bras armé de l’État, alors il nuit à autrui.

Les lois de la jungle sont l’expression de la loi du plus fort. Or, la seule manière d’obtenir « l’autorisation » d’exploiter autrui, c’est de s’offrir les faveurs du pouvoir politique. C’est l’État qui est à l’origine de cette lutte pour les privilèges ; pour citer Bastiat « l’État, c’est cette grande fiction à travers laquelle tout le monde essaie de vivre aux dépens de tout le monde ».

Le capitalisme libéral reconnaît à chacun, à chaque individu le droit de faire ce qu’il souhaite de sa liberté, pourvu qu’il n’attente aux droits de personne. Un capitaliste, d’un point de vue moral, n’est pas celui qui cherche à amasser de l’argent jusqu’à aller le voler chez son voisin. Le capitaliste est l’homme qui défend un système de droits de propriété légitimes, qui n’ont pas été acquis par la rapine, mais par le travail et la mise en œuvre de processus productifs volontaires et souhaités, donc source certaine de richesse et non de vol. Il défend les droits de propriété relevant d’accords librement consentis à distance de l’État et ses privilégiés. Peut-on, dans ce cas-là, dire par exemple d’un Pierre Gattaz qu’il est capitaliste ? D’un Martin Bouygues ? D’une Laurence Parisot ? Bien entendu que non.

Dans un monde où la contrainte serait bannie, ils seraient les premiers à s’en mordre les doigts.

Dans un monde sans contrainte, on ne vit pas de subventions, de fonds de syndicats ou de concurrence bridée pour son bénéfice personnel. Dans un monde où l’usage de contrainte est banni, on ne vit pas du vol mais de la capacité de son esprit à voir et accepter le réel. On vit de la capacité à produire ce que les gens souhaitent.