« Louis XV » de Jean-Christian Petitfils

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« Louis XV » de Jean-Christian Petitfils

Publié le 18 mars 2015
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Par Jean-Baptiste Noé.

recension JB Noé 17 mars 2015Avec ce Louis XV Jean-Christian Petitfils complète et achève son étude sur les rois Bourbon, qui l’a conduit d’Henri IV à Louis XVI. Il manquait cette pierre à son œuvre, et il l’a achevée par l’analyse du moins aimé des rois, ce Louis XV décrié et à la mémoire ternie, lui qui a dirigé la France pendant 59 ans, de 1715 à 1774. C’est le roi du grand XVIIIe siècle, celui des Lumières et du temps où la France dominait l’Europe de sa culture et de sa puissance. On a toujours le tort de vouloir analyser ces époques à l’ombre de la Révolution, voyant ici les prémices de ce drame, là les échecs gouvernementaux qui auraient pu l’éviter. À l’époque de Louis XV on se préoccupe bien peu de ces questions.

Fidèle à sa méthode et à son style, Jean-Christian Petitfils étudie de façon chronologique tous les aspects du règne du roi. Et bien évidemment son livre dépasse le seul cadre de la vie du monarque : politique, économie, diplomatie et vie sociale trouvent ici toute leur place. Il évoque aussi longuement le personnel politique, les jeux des alliances et des réseaux, la formation des esprits et des hommes qui ont gravité dans l’entourage du roi. Cette prosopographie est essentielle pour comprendre une période, un gouvernement, un roi.

Jean-Christian Petitfils écrit avec beaucoup de style, ce qui rend ses livres toujours agréables à lire, en dépit des 900 pages et des multiples références qui risquent parfois de perdre le lecteur. La difficulté du genre étant d’étudier un sujet déjà balayé par les historiens, et sur lequel domine le grand livre de Pierre Gaxotte. Il faut tout à la fois s’inscrire dans une historiographie et s’en démarquer pour apporter sa touche. Le danger serait de vouloir réhabiliter absolument, pour faire neuf et pour marquer les esprits. Si, dans ce Louis XV le roi en sort grandi, ce n’est pas par flatterie ou flagornerie de cour ou d’écrivain, mais bien parce que l’auteur sait montrer l’intelligence d’un règne et la profondeur de sa politique. En 60 ans, la France a énormément changé, et le roi a su se faire l’accompagnateur de ces transformations salutaires. Les feux des Lumières ont pu assombrir Louis XV, alors même qu’il a contribué à les allumer.

  • Jean-Christian Petitfils, Louis XV, éditions Perrin, 874 pages.

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  • Son Louis XIII est également remarquable.

  • Rémy D. WIEDEMANN
    18 mars 2015 at 14 h 04 min

    Pourquoi le moins aimé ? Au contraire, il fut l’un des plus aimé, du reste on l’appelait le « Bien-aimé ».
    « À l’époque de Louis XV on se préoccupe bien peu de ces questions. » Tout à fait inexact, au contraire, on peur dire que le très grand roi, Louis XV, anticipe et empêche le malheur de survenir trop tôt.
    C’est le survivant à tous les complots, l’enfant né entre 5 cercueils, que la nourrice protégeait au fond de Versailles, porte fermée à double tour, car les risques étaient grands qu’il fût empoisonné. Toutes sa famille est empoisonnée d’ailleurs.
    Il y a bien mieux que Gaxotte sur son compte: Paul Del Perugia, qui a fait un chef-d’œuvre documentaire avec son livre « Louis XV » probablement inégalable, quoiqu’assez mal écrit. Giscard disait: « Le Louis XV de Paul Del Perugia est le livre de l’année. »
    « Les feux des Lumières ont pu assombrir Louis XV, alors même qu’il a contribué à les allumer. »
    JAMAIS DE LA VIE, quelle trahison ! Louis XV est l’ennemi juré des parlementaires maçonniques, il déjoue leurs complots. Il empêche la destruction nationale que veulent les parrains des philosophes, ces gens des Loges qui pratiquent les messes noires et font courir des rumeurs dans Paris pour discréditer l’Eglise et le Roi.
    Si c’est cela que dit ce livre, alors il ne faut pas le lire. On attend le commentaire de l’auteur.

  • Bon rappelons que Louis XV fut certainement le pire souverain de toute l’histoire de France, car c’est bien de son règne que date, à l’issue de la guerre de 7 ans, la perte de la suprématie mondiale au profit de l’univers anglo-saxon. Depuis cette époque funeste, les français n’ont rien fait d’autre que gesticuler et se bercer d’illusion sur leur grandeur.

  • La biographie écrite par Michel Antoine (Fayard) est également tout à fait remarquable. Roi passionnant, époque passionnante…

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