Dans le ghetto, le milliard dure trois ans

milliard.jpg

Manuel Valls annonce un nouveau plan à un milliard contre les ghettos. Une réponse inadaptée : en matière de gestion des finances publiques, les bonnes dépenses sont celles que l’on supprime ; et s’il faut lutter, c’est pour l’individu et ses droits.

La presse juge décevant le plan de Manuel Valls contre les ghettos. Parce que, voyez vous, un milliard d’euros sur trois ans, c’est une broutille.

Un milliard d’euros qui s’ajoute élégamment à un bouquet de mesures étranges : affirmation de la laïcité dans les services publics (comprenne qui pourra), distribution dans les écoles d’un livret sur la laïcité, instauration d’un service civique anti-terroriste, création d’un label de « grande école du numérique » ; et présentées comme une réponse à un malaise « social et démocratique ».

S’il y a un malaise démocratique, il ne vient pas d’un déficit de « politique du peuplement ». Ce n’est pas un problème de « minorités ». Le problème, c’est qu’il y a des minorités.

Le problème, c’est qu’on pose ainsi un label sur des citoyens pour souligner leur différence, qu’on mesure à quel point leur différence est un problème pour leur intégration et qu’on crée ainsi la réalité que l’on prétend combattre. Minorité, ce n’est pas le contraire de majorité ; c’est le contraire de « personne normale ».

Nous faisons tous partie d’un tas de minorités. En dernière analyse d’ailleurs, nous sommes chacun une minorité, à nous tout seuls.

La plus petite minorité, c’est l’individu. Ceux qui refusent les droits individuels ne peuvent pas prétendre être des défenseurs des minorités. – Ayn Rand

Et s’il y a bien un malaise social et démocratique, il vient de là. Il vient du fait que tout soit devenu social et démocratique. Que tout concerne tout le monde, tout le temps.

Les représentants du peuple ont décidé en son nom que chacun devait désormais installer chez lui un détecteur de fumée. En quoi cela les regarde-t-il ? En quoi a-t-on besoin de quelqu’un pour nous imposer une ceinture pour notre propre sécurité ? Leur rôle est de faire en sorte que nous soyons en sécurité chez nous et dans la rue, pas de vérifier que nous ne coupions pas avec un couteau à beurre ou ne mangions pas trop de chips.

Le malaise social et démocratique, c’est que chacun soit responsable de tous les autres mais pas de lui-même. Que chacun suive sa voie, au lieu de tenir les autres par la main. Qu’il le fasse s’il en a envie, et tant mieux pour lui ; qu’il ne le fasse pas simplement parce que d’autres en ont décidé ainsi, et tant pis pour eux.

Parce que que lorsque chacun vit la vie des autres, plus personne ne vit sa vie. Le plus grand malaise, c’est de ne pas vivre sa vie pleinement, de songer à tout ce que l’on pourrait faire si les choses étaient différentes, et que ces choses soient décidées par d’autres que soi. Les liens qui libèrent, sont ceux que l’on crée, pas ceux qu’on nous colle.

Votre vie, ce n’est pas ma faute. Ma vie, ce ne sont pas vos affaires.

Pas besoin de courir après le luxe, parce que tout vient, tout va
Même ta vie est empruntée
(Parce que demain ne t’est pas promis)
Donc vis ta vie comme si chaque jour était le dernier
Quand on avance, tout retour est impossible
Tu ferais mieux de te préparer à ôter ton passé. – Akon

Il y a plus urgent qu’un milliard dans le ghetto. Il est bien plus urgent de réduire la dépense publique pour ne pas avoir à imposer de lourds sacrifices à tous les citoyens, les plonger dans une faillite qui ruinera leurs vies et leurs projets ou faire défaut aux fonctions régaliennes. Des dirigeants internationaux le font, comme un symbole dans des temps difficiles : pourquoi ne pas réduire la rémunération des hommes politiques ?

S’ils sont censés diriger pour améliorer notre avenir, ne voient-ils pas les jours sombres qui se profilent ? Sont-ils incapables de concevoir que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, et que la richesse n’en tombe pas ?

Qu’est-ce que la société si les relations entre les individus leur sont imposées, si leur communauté subie leur est d’autant moins chère et en est d’autant plus coûteuse ?

Résolvons le malaise social et démocratique. Améliorons les vies de soixante-cinq millions de minorités. C’est en réduisant l’influence du social et de la démocratie dans nos vies qu’on améliorera réellement leur impact. C’est en rendant aux individus leur individualité et leurs droits qu’on les rend libres.

Que sommes-nous si je n’existe pas ?