Dans le ghetto, le milliard dure trois ans

Manuel Valls annonce un nouveau plan à un milliard contre les ghettos. Une réponse inadaptée : en matière de gestion des finances publiques, les bonnes dépenses sont celles que l’on supprime ; et s’il faut lutter, c’est pour l’individu et ses droits.

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Dans le ghetto, le milliard dure trois ans

Publié le 7 mars 2015
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La presse juge décevant le plan de Manuel Valls contre les ghettos. Parce que, voyez vous, un milliard d’euros sur trois ans, c’est une broutille.

Un milliard d’euros qui s’ajoute élégamment à un bouquet de mesures étranges : affirmation de la laïcité dans les services publics (comprenne qui pourra), distribution dans les écoles d’un livret sur la laïcité, instauration d’un service civique anti-terroriste, création d’un label de « grande école du numérique » ; et présentées comme une réponse à un malaise « social et démocratique ».

S’il y a un malaise démocratique, il ne vient pas d’un déficit de « politique du peuplement ». Ce n’est pas un problème de « minorités ». Le problème, c’est qu’il y a des minorités.

Le problème, c’est qu’on pose ainsi un label sur des citoyens pour souligner leur différence, qu’on mesure à quel point leur différence est un problème pour leur intégration et qu’on crée ainsi la réalité que l’on prétend combattre. Minorité, ce n’est pas le contraire de majorité ; c’est le contraire de « personne normale ».

Nous faisons tous partie d’un tas de minorités. En dernière analyse d’ailleurs, nous sommes chacun une minorité, à nous tout seuls.

La plus petite minorité, c’est l’individu. Ceux qui refusent les droits individuels ne peuvent pas prétendre être des défenseurs des minorités. – Ayn Rand

Et s’il y a bien un malaise social et démocratique, il vient de là. Il vient du fait que tout soit devenu social et démocratique. Que tout concerne tout le monde, tout le temps.

Les représentants du peuple ont décidé en son nom que chacun devait désormais installer chez lui un détecteur de fumée. En quoi cela les regarde-t-il ? En quoi a-t-on besoin de quelqu’un pour nous imposer une ceinture pour notre propre sécurité ? Leur rôle est de faire en sorte que nous soyons en sécurité chez nous et dans la rue, pas de vérifier que nous ne coupions pas avec un couteau à beurre ou ne mangions pas trop de chips.

Le malaise social et démocratique, c’est que chacun soit responsable de tous les autres mais pas de lui-même. Que chacun suive sa voie, au lieu de tenir les autres par la main. Qu’il le fasse s’il en a envie, et tant mieux pour lui ; qu’il ne le fasse pas simplement parce que d’autres en ont décidé ainsi, et tant pis pour eux.

Parce que que lorsque chacun vit la vie des autres, plus personne ne vit sa vie. Le plus grand malaise, c’est de ne pas vivre sa vie pleinement, de songer à tout ce que l’on pourrait faire si les choses étaient différentes, et que ces choses soient décidées par d’autres que soi. Les liens qui libèrent, sont ceux que l’on crée, pas ceux qu’on nous colle.

Votre vie, ce n’est pas ma faute. Ma vie, ce ne sont pas vos affaires.

Pas besoin de courir après le luxe, parce que tout vient, tout va
Même ta vie est empruntée
(Parce que demain ne t’est pas promis)
Donc vis ta vie comme si chaque jour était le dernier
Quand on avance, tout retour est impossible
Tu ferais mieux de te préparer à ôter ton passé. – Akon

Il y a plus urgent qu’un milliard dans le ghetto. Il est bien plus urgent de réduire la dépense publique pour ne pas avoir à imposer de lourds sacrifices à tous les citoyens, les plonger dans une faillite qui ruinera leurs vies et leurs projets ou faire défaut aux fonctions régaliennes. Des dirigeants internationaux le font, comme un symbole dans des temps difficiles : pourquoi ne pas réduire la rémunération des hommes politiques ?

S’ils sont censés diriger pour améliorer notre avenir, ne voient-ils pas les jours sombres qui se profilent ? Sont-ils incapables de concevoir que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, et que la richesse n’en tombe pas ?

Qu’est-ce que la société si les relations entre les individus leur sont imposées, si leur communauté subie leur est d’autant moins chère et en est d’autant plus coûteuse ?

Résolvons le malaise social et démocratique. Améliorons les vies de soixante-cinq millions de minorités. C’est en réduisant l’influence du social et de la démocratie dans nos vies qu’on améliorera réellement leur impact. C’est en rendant aux individus leur individualité et leurs droits qu’on les rend libres.

Que sommes-nous si je n’existe pas ?

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  • Tellement simple à comprendre.

  • « Le malaise social et démocratique, c’est que chacun soit responsable de tous les autres mais pas de lui-même »
    Ces quelques mots sont d’une grande justesse (le reste du texte aussi !)
    Le pire est que cette situation nous expose tous à l’impuissance et la culpabilité : on en fait jamais assez pour les autres et on a du mal à mener sa propre barque….

    • Je n’aurais pas mieux dit! Merci pour ce joli article! Tout ce que j’ai entendu non pas tilté sur le milliard d’euros, et moi qui n’est pas succombé é à une jolie, hyper sexy robe à 225eur parce que je la trouve chère et que je suis pauvre :(, j’aurais du!

    • Grande justesse, si l’on veut. Mais Il est préférable d’en décortiquer la sémantique :
      « responsable de tous les autres » c’est coupable de tout, la Shoah, la traite négrière …
       » pas responsable de soi-même », c’est incapacité à se diriger !
      Conclusion, c’et utile de disposer du dévouement des élites (à 200 000€ par an).

      • On peut le lire à plusieurs degrés vous ne croyez pas ?
        Responsable de « tout », responsables des autres, jusqu’à être dépossédé de soi même (cotiser pour la retraite des autres en sachant que sa propre retraite tiendra de la peau de chagrin et n’avoir guère les moyens d’y pallier par quelques économies etc ….
        Bordé, cadré, culpabilisé (salaire minimum, salaire maximum, temps de travail minimum, maximum, manger, bouger, …) jusqu’à l’impossibilité de se diriger librement car d’autres savent mieux que vous ce qui doit vous convenir.

  • « Le malaise social et démocratique, c’est que chacun soit responsable de tous les autres mais pas de lui-même.  »
    Faut-il en déduire qu’on n’a plus à soigner un cancer d’un fumeur ou la prothèse de hanche d’un obèse, ou la cirrhose d’un alcoolique. Je suis bien d’accord qu’on laisse aux gens la responsabilité de leur vie, mais à quelle limite estime t-on que cette responsabilité ne doit plus peser sur la collectivité?

    • Rendre le jugement au peuple comme dans les églises avec la quête.

      • Mais le peuple est cruel et… composés individualistes tentes par un comportement de passager clandestin profitant de la mutualisation sans vouloir y mettre sa contribution. C’est toute la différence entre horde et peuple civilisé.

        • Ah bon, le peuple est cruel ? Demandez-lui combien d’impôt il veut bien mettre sur le dos des Français au lieu des 62 % que coûte un salarié à son employeur actuellement. Vous allez constater que le peuple est très doux quand on lui pose les bonnes questions.

        • Vous confondez individualisme et égoïsme.
          Venez vivre dans un pays libre : vous comprendrez rapidement la différence.

      • Ou les laisser prendre des assurances.

  • J’adhère, bien entendu.

    Le problème est que les politiques ont trop de pognon à brasser pour gaver leur caste et leurs copains.
    Le problème est que les politiques connaissent les « leçons du sorcier » par cœur et les utilisent sans vergogne.
    Le problème est que notre ensemble citoyen agit comme un individu dans une illusion de monde solidaire.

    Combien de gens pour assister aux cours de Bertrand Badie sur l’Espace mondial pour s’élever au dessus du smog de l’état et voir de nouveaux horizons?
    Car le fait est là que l’individu se sent dans une impasse démocratique, et qu’il y a des solutions mais inaccessibles derrière un mur politique et institutionnel absurde. Et il ne bouge pas car il n’est pas capable de penser autrement, englué dans sa mollesse d’esprit facilement acquise sous les encouragements de l’état-maman.

  • Intégrer ? encore faut – il etre intègre
    Question aux politiques , physiciens , chimistes Peut – on intégrer dans une désintégration ?
    Moi j’ ai le sentiment que les socialos de tous bords jouent aux apprentis sorciers en désintégrant pour mieux intégrer s’ils ont créé un haut comité ce n’ est pas pour y caser des amis , j’ espère

  • Le problème, c’est justement qu’il y a des minorités.

    Avant, elles étaient assimilées. Seulement le pivot de notre identité nationale, le christianisme, a été conspué par un bouquet de journaleux 68’ards stupide
    (qui est encore assez con aujourd’hui pour croire que les chrétiens sont assez bêtes pour vénérer un vieux barbu sénile sur un nuage ? Beaucoup de monde…).

    L’assimilation n’est plus possible. La laïcité ne marche pas. L’identité nationale n’existe plus.

    L’Europe contrôle nos flux migratoires.
    Nous ne sommes plus un pays : l’OTAN contrôle notre armée, l’Europe notre monnaie, notre diplomatie, notre constitution.
    Nous sommes la province d’un Empire européen contrôlé par les USA.

    Nous sommes envahi par un peuple que nous ne pouvons pas assimiler, le ventre de leurs femmes (que nous finançons) est leur armée, et les institutions ne nous laissent aucune marge de manoeuvre.

    Nous allons droit vers une guerre civile.

    • Le christianisme est évidemment la solution. Une fraternité est impossible entre des chrétiens et des religions antichrétiennes comme l’Islam ou le Judaïsme parce que l’apôtre Paul nous a demandé de traiter en anathème tous ceux qui annonçaient un autre évangile que celui de Jésus-Christ.
      «Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème! » (Gal 1 :8)

  • Certes, mais après avoir crée ces ghettos en y faisant venir des étrangers, ils n’ont pas d’autre solution politiquement correcte que d’y déverser des milliards comme de l’eau dans du sable.

  • Il fallait le dire, c’est fait et patager, bel article..Merci

  • Un milliard dans les ghettos ! Sûrement rien à voir avec les décennies de « plan(s) banlieue(s) » qui se sont succédé (même B Tapie en passant par Jospin, Chirac/Jupé, Sarkozy/Amara etc….) Des milliards déjà injectés pour des résultats …… en attente.
    Bof ! Un leurre de plus ou de moins.

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