AREVA : une explosion coûteuse (pour qui ?)

Centrale nucléaire du Tricastin (Crédits : Sancio83, Image libre de droits)

4 milliards de pertes pour l’entreprise en charge de notre industrie nucléaire… et qui va payer ?

Par Jacques Garello.

Centrale nucléaire du Tricastin (Crédits : Sancio83, Image libre de droits)
Centrale nucléaire du Tricastin (Crédits : Sancio83, Image libre de droits)

 

C’est une perte qui ne doit rien à la conjoncture, elle est structurelle : les choix opérés par l’entreprise n’étaient pas les bons. Les performances de l’entreprise sont aujourd’hui la moitié de celles que souhaitaient Anne Lauvergeon, avant son départ en juin 2011 de la direction du groupe. C’est cette brillante industrielle et son équipe qui avaient lancé une série de projets très audacieux, mais aussi très risqués. Il faut dire que la chute d’un milliard de chiffres d’affaires entre 2013 et 2014 n’est pas seulement due aux erreurs stratégiques. L’effondrement du prix du pétrole et la résurrection des énergies fossiles ont plombé le nucléaire (comme les énergies « nouvelles »). Mais les déficits pointaient à l’horizon depuis plusieurs années, avec le retard pris dans la construction des nouvelles installations pour les centrales du Tricastin et de Malvési et les surcoûts engendrés (1 milliard, dit-on). Des commandes anticipées n’ont pas été réalisées : la Chine, après la catastrophe de Fukushima ; et EDF (dont le projet de « grand carénage » destiné à assurer la sécurité des centrales n’a pas démarré). La construction d’une centrale finlandaise a été un échec financier.

Mais le problème qui concerne tous les Français, c’est : qui va payer. Il faut en effet savoir qu’Areva a une structure d’entreprise commerciale, mais que 87 % des actions sont possédées par l’État. Bel exemple de « capitalisme de connivence » et bonne explication des erreurs stratégiques commises. Car les erreurs sont payées directement par les contribuables français. Un milliard d’impôts supplémentaires serait affecté au sauvetage de l’affaire et il faut aussi s’attendre à une participation généreuse de la part d’EDF, principal client et opérateur, et la poche d’EDF est pleine des recettes des usagers-contribuables.

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