L’exactitude historique dans les films hollywoodiens

Le rôle premier du cinéma est de divertir, et c’est d’ailleurs le souci principal des producteurs de films à caractère historique.

Par le Minarchiste

Hollywood - Credit  J. Griffin Stewart (CC BY-NC-ND 2.0)
Hollywood – Credit J. Griffin Stewart (CC BY-NC-ND 2.0)

 

J’aime bien le cinéma, mais Hollywood propose bien peu de films vraiment intéressants. Le programme de Super Écran est bourré de films d’agents secrets irréalistes, de tueurs en série insolites (comme s’il y en avait autant), de vampires plus ou moins romantiques, de science-fiction au scénario éculé, de comédies stupides, de films de sport où un « sous-doué » surmonte les difficultés pour remporter finalement le championnat, etc. Les films américains font l’apologie du policier héroïque qui tire plus vite que son ombre et du soldat patriote qui sacrifie sa vie pour son pays en mission solitaire suicide. Et il y a le fameux Président des États-Unis, cet être moralement supérieur qu’il faut sauver à tout prix. En bref, les clichés sont si nombreux que je pourrais en remplir ce billet.

Le genre que je trouve passablement intéressant est le film basé sur des faits historiques car en plus de nous divertir, ces films peuvent nous instruire. Cependant, on constate que les producteurs prennent de très grandes libertés, à un point tel que ces films n’ont souvent plus rien à voir avec l’histoire réelle.

Gladiator

gladiator-02Gladiator est un bon exemple de film à caractère historique qui dévie de la réalité à plusieurs égards. Tout d’abord, le personnage de Maximus n’a jamais existé. L’empereur Marc-Aurèle est mort de la peste, pas au combat, et c’est lui qui a organisé sa succession par son fils (et non un de ses généraux).

L’empereur Commode quant à lui était semblable à ce qu’on voit dans le film, mais aussi différent à plusieurs égards. Il n’est pas mort dans un combat épique dans l’arène. Il a plutôt été étranglé dans son bain suite à un complot de ses proches (moins palpitant et grandiose que dans le film). Il a d’ailleurs été une véritable calamité pour l’Empire romain.

Le film fait donc un bon travail d’illustration de la vie quotidienne à l’époque de l’Empire romain, mais il prend énormément de libertés sur des événements historiques (sources ici et ici).

Braveheart

Beaucoup de gens considèrent Braveheart comme étant leur film préféré tous genres confondus. C’est effectivement un excellent film, mais qui n’a pas grand-chose à voir avec l’histoire réelle. En fait, en 2009, un journaliste du Times of London déclarait que Braveheart est le deuxième film historique le plus imprécis. En réalité, le film est basé sur un poème de propagande écrit par un dénommé Blind Harry pas moins de 172 ans après la mort de Wallace. Ce poème était largement fictif et voué à faire mousser le sentiment nationaliste et révolutionnaire des Écossais, et non pas à servir de référence historique.

BraveheartLe film montre un Wallace originaire d’une famille pauvre, alors que sa famille faisait plutôt partie de l’aristocratie écossaise. Comme il ne devait pas hériter d’une terre, il était censé devenir prêtre, mais est plutôt devenu voleur, jusqu’à ce que le destin l’implique dans la révolution. Il ne se serait d’ailleurs jamais marié contrairement à ce qu’on voit dans le film et il n’a jamais rencontré (ni eu une aventure avec) Isabelle de France. Enfin, les Écossais de l’époque ne portaient pas de kilt et ne se maquillaient pas en bleu, même pour une bataille.

Le plus grand (et le seul ?) fait d’arme de Wallace fut la bataille de Stirling, ville que j’ai visitée avec intérêt il y a quelques années. Ceci dit, la bataille ne s’est pas du tout déroulée comme dans le film. À Stirling, Wallace était en compagnie d’Andrew Murray, qui affichait probablement un rang supérieur à lui et prenait possiblement les décisions importantes, mais mort au combat, il laissa la gloire à Wallace.

L’armée anglaise devait absolument traverser un pont étroit au-dessus de la rivière. Les Écossais ont attendu qu’environ le tiers de l’armée ait traversé pour ensuite attaquer sans pitié, ce qui transgressait évidemment l’étiquette guerrière de l’époque. Le pont fut l’élément décisif de la bataille, mais ne faisait pas un aussi bon scénario pour le film, décrivant un Wallace opportuniste plutôt que génie militaire…

Wallace et ses hommes ont ensuite mené dans le nord de l’Angleterre une campagne jalonnée d’atrocités, brûlant monastères et écoles, tuant des enfants et violant des femmes. Cela non plus  n’était pas bon pour le film…

Robert The Bruce at Stirling Castle - Credit Darcy Moore (CC BY-NC-SA 2.0)
Statue de Robert The Bruce à Stirling Castle – Credits Darcy Moore (CC BY-NC-SA 2.0)

Vint ensuite la bataille de Falkirk, où le roi Edward avait conscrit des Irlandais qui, contrairement à ce que l’on voit dans le film, n’ont pas changé de camp ni serré la main des Écossais. Lors de cette bataille, Wallace subit une cuisante défaite sous le feu nourri des archers Gallois.

Enfin, la capture de Wallace n’a pas été organisée par le père de Robert The Bruce, mais plutôt par un dénommé John de Mentieth qui l’a dénoncé. En fait, Robert The Bruce est le véritable héros de l’Écosse, à qui fut attribué le surnom de « Braveheart », et non à Wallace ; en effet, après sa mort, son cœur fut déposé dans un baril et amené sur le champ de bataille lors d’une Croisade ! Il a réussi là où Wallace a échoué : suite à une victoire à la Bataille de Bannockburn en 1314, l’Écosse regagna son indépendance.

Wallace est mort à 35 ans après son échec à libérer l’Écosse, à l’issue d’une carrière militaire de seulement 9 mois. L’épée que l’on peut admirer au monument qui lui est dédié à Stirling n’est même pas la sienne ! (Sources ici et ici)

Master and Commander

Le film Master and Commander : The Far Side of The World, est basé sur quelques tomes d’une série de vingt romans écrits par l’auteur britannique Patrick O’Brian. Bien qu’il s’agisse d’une œuvre de fiction, O’Brian s’est largement inspiré de la réalité pour construire son œuvre.

Bien qu’O’Brian ne l’ait jamais confirmé, le personnage principal nommé Jack Aubrey est inspiré du commandant Thomas Cochrane. Tout comme Aubrey, il a bâti sa réputation en capturant un vaisseau espagnol (El Gamo). Il a aussi été attaqué par un navire espagnol maquillé en navire marchand, alors que dans le film, c’est Aubrey qui camoufle son navire en baleinier pour tromper l’adversaire. Cochrane a aussi déjà arboré un drapeau danois et déclaré la peste à bord pour échapper à un adversaire doté d’un navire plus puissant, une ruse qui aurait été dans les cordes de Jack Aubrey. Finalement, Cochrane a aussi utilisé la ruse en laissant dériver une barque éclairée d’une lanterne afin de semer un navire durant  la nuit, un stratagème utilisé par Aubrey dans le film. Difficile de ne pas conclure que Cochrane est l’inspiration pour Aubrey…

master-and-commander-the-far-side-of-the-world-movie-posterConcrètement, les Anglais n’ont pas combattu les Français dans le Pacifique-Sud à cette époque. Le roman d’O’Brian The Far Side of the World fait mention d’une poursuite dans le Pacifique au cours de laquelle Jack Aubrey poursuit le USS Norfolk, un navire américain qui s’attaque aux baleiniers anglais.

L’adversaire le plus probable des anglais aurait effectivement été les États-Unis, avec leur frégate USS Essex, qui fut capturée dans le Pacifique, durant la guerre de 1812, par le HMS Phoebe, navire de la flotte britannique, alors que l’Essex s’attaquait à des baleiniers anglais, même scénario que dans le film et le livre !

Cependant, dans le film, le HMS Surprise de Jack Aubrey est à la poursuite d’un navire français soi disant invincible nommé l’Achéron. En réalité, les Français ne disposaient pas d’un tel bateau, dont les boulets de canon rebondissaient sur ses flancs comme s’ils étaient en acier. Le seul vaisseau qui correspondrait à cette description à l’époque est le USS Constitution, un navire américain impliqué dans la guerre de 1812. Si c’est le cas, le combat aurait plutôt eu lieu dans l’océan Atlantique.

Pour ne pas froisser l’audience, les producteurs du film ont donc préféré modifier la nationalité de l’ennemi et remplacer le Norfolk par l’Achéron, un vaisseau français construit par les Américains, car on comprend que ceux-ci n’auraient pas apprécié un film où ils sont « le méchant » !

Il est néanmoins intéressant de noter que le USS Constitution a été bâti à l’aide d’un bois rare que l’on ne trouve que dans le sud des États-Unis, si solide qu’il peut résister aux boulets de canon. C’est donc ce navire qui correspond à l’Achéron que l’on voit dans le film.

On se retrouve donc encore une fois en présence d’un film intéressant, mais qui ne reflète en rien les événements historiques réels. Il est encore plus loufoque que les producteurs aient mentionné que l’Achéron fut construit par les américains pour le compte des français, obtenant donc le prestige d’avoir bâti un tel navire sans toutefois être les méchants du film. Notez d’ailleurs que le vrai USS Constitution n’a jamais été vaincu en combat naval, alors que l’Achéron subit un sort différent dans le film.

Saving Private Ryan

La question que tout le monde se pose après avoir visionné le film Saving Private Ryan avec Tom Hanks est de savoir s’il s’agit d’une histoire vécue (voir ceci). C’est effectivement le cas, mais les producteurs ont dévié largement de l’histoire réelle. En 1942, les cinq frères Sullivan étaient sur le même bateau dans le Pacifique-Sud (Guadalcanal). Le navire a rencontré un sous-marin japonais qui l’a coulé. Trois d’entre eux sont morts lors du naufrage, les deux autres ont succombé en mer.

SAVING-PRIVATE-RYANC’est suite à cet incident dramatique que l’armée américaine a adopté la Sole Survivor Rule, qui permet à un soldat de revenir à la maison quand ses frères ont tous été tués au combat. Cependant, une mission dangereuse (comme dans le film) visant à aller chercher un soldat derrière les lignes ennemies, en application de cette règle, n’aurait jamais été approuvée.

Ceci dit, ce sont les quatre frères Niland qui ont inspiré le film. Le premier à être tué fut Bobby ; les deux autres moururent un peu plus tard. Leur décès fut annoncé à la famille séparément, et non pour les trois en même temps comme dans le film, ce qui est moins dramatique. Par ailleurs, l’annonce parvint par un jeune messager à vélo de la Western Union, et non par des militaires haut-gradés comme dans le film, ce qui est moins vendeur pour l’image de l’armée.

Le quatrième frère Niland, prénommé Fritz était un « paratrooper », dont l’avion avait été atteint en vol et qui a conséquemment manqué son site d’atterrissage, comme dans le film. Cela était très fréquent à l’époque.

Après la mort de ses autres frères, Fritz a reçu la permission de rentrer chez lui, mais refusa. Il revint à la maison une fois sa mission terminée. Aucune mission spéciale de récupération ne fut donc nécessaire ; c’est de la pure fiction. La famille apprit ensuite qu’Ed Niland (l’un des frères que l’on croyait mort dans son avion abattu en Asie) avait survécu à l’écrasement de son avion. Après avoir été capturé par les Japonais, il a passé des mois emprisonné avant de pouvoir s’échapper et regagner son pays après la reddition japonaise. Sur ce point, la réalité est plus incroyable que la fiction !

La scène d’ouverture du film montrant le débarquement de Normandie est stupéfiante, mais comporte néanmoins des erreurs. Les soldats américains ne sont pas arrivés en embarcations américaines (les « LCVP » ou Higgins), mais bien en embarcations plus grosses prêtées par les britanniques, en métal plutôt qu’en bois et plus appropriées pour parer les balles et rester stables en mer agitée. Était-ce pour des raisons politiques ou pour de simples considérations pratiques que les producteurs ont préféré les embarcations américaines ?

Dans le film, on voit d’ailleurs plusieurs soldats sauter à l’eau avant d’atteindre la plage, pour ensuite être atteints sous l’eau par des balles. Ceci est impossible car les balles ne peuvent tuer sous l’eau, elles perdent leur vélocité de manière presque instantanée. Ces hommes sont plutôt morts par noyade à cause du poids de leur équipement.

Finalement, la fameuse scène où le tireur d’élite allemand (« sniper ») repéré par le tireur américain qui l’atteint d’une balle à travers la lunette n’est pas crédible. À environ 137 mètres, la balle n’aurait jamais pu traverser la lunette et atteindre l’œil du sniper perché en haut de la tour. C’est contre les lois de la physique ! À cette distance, le tireur aurait du viser plus haut pour compenser la gravité terrestre. La balle aurait donc eu une trajectoire descendante à son arrivée en haut du clocher. Le tireur allemand avait sa lunette orientée vers le bas pour observer les Américains. Il est donc impossible qu’une balle ait pu traverser cette lunette.

Films de guerre

Cela nous amène donc dans la fameuse catégorie des films de guerre contemporains. Selon un documentaire fort intéressant (ici), la plupart des films de guerre tournés depuis la seconde guerre mondiale ont reçu l’aide de l’armée américaine. Quand on y pense, c’est une immense subvention que de pouvoir disposer d’un porte-avion, de jets supersoniques et de chars d’assaut. Les producteurs peuvent aussi bénéficier de conseils en stratégies militaires et en armement, de manière à ce que leurs films soient le plus plausibles possible.

Cependant, pour obtenir cette collaboration précieuse, il faut que le film plaise à l’armée. La décision est prise par le Département de la Défense. Le Pentagone a même un département de cinéma disposant d’un bureau à Los Angeles !

Des exemples de films qui ont reçu l’aide de l’armée américaine incluent Pearl Harbor, Black Hawk Down, Top Gun, Windtalkers (par John Woo, avec Nicholas Cage, 2002) et We Were Soldiers.

Platoon - PosterDes films plus critiques face à l’armée ou à la politique étrangère américaine comme Apocalypse Now, Deer Hunter, Coming Home, Forest Gump, Thin Red Line, Platoon et Few Good Men n’ont pas eu cette chance. Pour Platoon, il a fallu 10 ans à Oliver Stone pour amasser les fonds et l’équipement nécessaires au film.

Ceci dit, l’obtention de cette aide ne signifie pas que tout est permis. Dans Black Hawk Down, le nom d’un des soldats a été modifié, le vrai soldat ayant été emprisonné pour viol et maltraitance sur un enfant, ce à quoi l’armée ne voulait pas être associée. Deux scènes clés ont aussi dû être coupées à la demande de l’armée, dont l’une où deux unités différentes de l’armée américaine se tirent dessus par erreur, ce qui s’est réellement passé lors de l’événement survenu en 1993.

Windtalkers - PosterL’armée va tolérer des déviations factuelles visant à améliorer l’attrait divertissant du film, tant que la déviation ne ternit par son image. Par contre, les producteurs arrivent parfois à tromper la vigilance des militaires. Dans Windtalkers, l’armée ne voulait pas que l’officier indique clairement au personnage joué par Nicolas Cage qu’il devait tuer son « code-talker » s’il était capturé par l’ennemi. Il lui dit plutôt « protect the code at all cost ». Dans ce film, le Pentagone a eu l’impression d’avoir été floué, car on voit très bien dans le film que Nicolas Cage tue son code-talker avec une grenade plutôt que le laisser entre les mains de l’ennemi, ce qui est négatif pour l’image de l’armée américaine.

Le plus grand succès de l’armée dans le domaine du cinéma fut sans doute Top Gun, qui eut le double impact de redorer l’image de l’armée suite au désastre du Vietnam et de stimuler le recrutement. On pourrait ajouter un troisième impact, qui fut d’avancer l’agenda de propagande de guerre froide des Américains. Ce sont d’ailleurs ces trois objectifs (image, recrutement et propagande) qui justifient l’implication du Pentagone en cinéma.

Les contribuables américains sont sérieusement en droit de se demander si cela constitue une utilisation éthique des fonds publics par le gouvernement.

300

Le film 300 est visuellement très attrayant et fort divertissant, mais on se rend vite compte que, bien qu’il soit inspiré de véritables événements historiques, le scénario est bien loin de la réalité. En fait, cela ressemble davantage à une légende fantastique qu’à un film historique.

300-posterLes Spartiates n’étaient pas aussi admirables que le film ne le laisse croire. Ils attaquaient et conquéraient les cités environnantes et soumettaient les populations conquises à l’esclavage, ce qui leur permettait le luxe de convier leurs garçons à un entraînement militaire rigoureux qui durait jusqu’à vingt ans plutôt que de les faire travailler productivement. D’ailleurs, le rite de passage de ces garçons n’était pas de tuer un loup, mais plutôt de tuer un esclave.

Le titre du film est aussi fort trompeur. Environ 7000 hommes combattaient du côté grec à Thermopyles, pas 300. Et l’armée perse ne comptait pas 1,7 million de guerriers, mais 150.000 tout au plus (certains parlent même de « seulement » 40.000). Contrairement à ce que l’on voit dans le film, les guerriers spartiates avaient une armure assez complète en métal (et non faite de muscles abdominaux…) et tous les soldats  portaient des casques avec des plumes pour les faire paraître plus grands, et non pas seulement le roi Leonidas. Les guerriers perses quant à eux étaient fort différents de ceux montrés dans le film, dont notamment les fameux immortels, qui n’avaient pas vraiment l’air de ninjas antiques. La manière dont Xerxes est représenté, mesurant 9 pieds et vêtu de bijoux, est complètement loufoque.

Les choses ne s’améliorent pas au niveau du film lui faisant suite, Rise of an Empire. La scène du début du film est purement fictive, alors que l’on y voit Themistocle tuer d’une flèche le roi Darius, sous les yeux de son fils Xerxes. Aucun des deux n’était présent à la bataille de Marathon. La reine Artémise a bel et bien existé, mais elle ne commandait pas la flotte perse. Elle n’a dirigé qu’une poignée des 600 navires de cette flotte. Concernant l’aide de l’armée spartiate à la fin du film lors de la bataille de Salamis, Sparte n’avait envoyé que 16 navires sur les 400 de la flotte grecque, donc pas de quoi influer sur le résultat.

Néanmoins, le film 300, comme beaucoup de films de guerre américains, laisse plutôt une impression de malaise quant à la valorisation du sacrifice de soi à la guerre. Ces valeureux guerriers ont la chance de se voir mourir au champ d’honneur pour défendre leur patrie, la liberté et la démocratie. On croirait entendre George Bush (celui de votre choix) !

L’autre perception qui émane du film est la diabolisation des peuples du moyen-orient et particulièrement de l’Iran. D’ailleurs, en 2007, le gouvernement iranien a dénoncé le film et déclaré qu’il faisait partie d’un plan de guerre psychologique mené par les États-Unis contre l’Iran, ce qui est exagéré, bien que pas tout à fait erroné. Ceci dit, plusieurs historiens pensent que si les Perses avaient pu conquérir la Grèce, la civilisation occidentale se serait développée différemment…

En somme, le film 300 est fort divertissant, sans s’attarder sur la véracité historique, tout en véhiculant des messages quasi-idéologiques que l’on pourrait presque qualifier de propagande. A-t-on été trop loin au nom du divertissement ?

Sources ici, ici, ici et ici.

Les films biographiques

S’il est une catégorie de film respectant assez bien les faits historiques, ce sont les films biographiques. On y use quand même de quelques détours de manière à ajouter un aspect dramatique intéressant, mais on s’en tient aux faits réels. Par exemple, le film 42 relatant l’histoire de Jackie Robinson (voir ceci et ceci) est presque entièrement exact, probablement pour éviter les poursuites. Le « débarquement de Normandie » ne pourra pas poursuivre un producteur de film pour diffamation, contrairement à la succession de Jackie Robinson !

Conclusion

Le rôle premier du cinéma est de divertir, et c’est d’ailleurs le souci principal des producteurs de films à caractère historique. La plupart font un  travail conforme à la réalité historique (conditions de vie, organisation sociale, etc.), mais la plupart vont aussi considérablement s’arranger avec la réalité des faits historiques pour embellir le scénario.

Le problème est que pour le citoyen lambda, le cinéma est souvent la seule opportunité d’approcher l’histoire. Il est donc bien regrettable que ce rendez-vous soit manqué à ce point. Par ailleurs, une fois assumée la licence prise avec l’histoire, il n’y a qu’un pas pour y introduire des éléments de propagande et d’ idéologie. Cela est d’autant plus déplorable lorsque des fonds publics y participent.

Avez-vous d’autres exemples de films historiques inexacts et de films hollywoodiens contemporains qui tendent vers la propagande ?


Sur le web.

Note : une bonne partie des informations mentionnées dans cet article provient de la série de documentaires The True Story.