Comment faire l’économie de 2% par an avec les Exchange Traded Funds

Finance (Crédits : Pixabay, licence Creative Commons)

Quelle solution pour les investisseurs qui s’intéressent aux Produits de gestion collective ?

Par Régis Yancovici.

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Jusqu’à un temps récent, il était donné un choix binaire aux investisseurs lorsqu’ils s’intéressaient aux OPCVM : gestion active ou gestion passive. La gestion active permettait d’acheter l’espoir d’une sur-performance. La gestion passive n’offrait que l’ennuyeuse réalité de suivre un indice.

Sélectionner un fonds de gestion active n’est pas simple. La recherche de la sur-performance présente de nombreux écueils. Elle peut provenir d’un surcroit de risque, d’un effet cyclique (le gérant favorise structurellement un secteur) ou la chance (une pendule cassée affiche l’heure exacte tout de même deux fois par jour). Le monde de la gestion active ne se divise simplement pas en deux, les mauvais gérants qui sous-performent, approximativement chaque année les trois quarts, et le quart restant qui ferait preuve d’une capacité d’analyse exceptionnelle qui sur-performe. C’est plus compliqué que cela.

Tout d’abord, on peut avoir une forme de compassion envers les gérants actifs. Ils sont dans une course sans fin pour proposer des produits attractifs à leurs clients. Près de 50% des fonds 4ème quartile changent de style de gestion, fusionnent ou sont détruits au bout de 5 ans. Malgré ce nettoyage permanent, le taux de fonds sous-performants ne baisse pas. Ce n’est pas surprenant lorsque l’on prend en considération le fait qu’un bon fonds le reste rarement. Seuls 10% des fonds 1er quartile le restent 3 années de suite et 1.3% pendant 5 années de suite1.

De l’autre côté, chaque année, 25% environ des fonds battent leur indice. On l’a compris, ce n’est pas uniquement grâce à leur talent. Si tel avait été le cas, la sur-performance serait plus pérenne. En réalité, le facteur déterminant la capacité d’un gérant à sur-performer est son style de gestion. Depuis 1926, la gestion « value » a progressé de 12.9%, alors que la gestion « growth » de seulement 9.3% (annualisées). Sur la même période, les grandes capitalisations sous-performent les petites (8.9% vs. 11.3%). Comment un gérant pragmatique ne pourrait être sensible à ces dissymétries ? En ce sens nous ne faisons là que dire prosaïquement ce qu’a démontré Carhart en 1997 : la performance d’un fonds peut s’expliquer quasi totalement par des facteurs de risque classiques (risque de marché, valorisation, taille, momentum).

Si la bonne performance d’un gérant tient plus à son positionnement qu’à son talent, pourquoi payer si cher alors que désormais les ETF Smart béta permettent d’accéder de manière efficiente à ces moteurs de performance pour un coût réduit ? Constituer un portefeuille « value small caps », la catégorie la plus performante à long terme, est un jeu d’enfant.

Il y a une autre façon d’envisager les choses. Si l’on peut décliner un fonds de gestion active en facteur de risque alors il est possible de le reproduire avec un portefeuille d’ETF. Il ne s’agit pas de répliquer uniquement des fonds dont le comportement est proche de leur indice mais l’ensemble des fonds actions et diversifiés. L’intérêt de l’exercice est très pratique. En investissant dans un panier d’ETF, vous faites l’économie des frais pesant sur la gestion active. Sur les 200 OPCVM que nous avons répliqués, l’économie est de 2.02% !


R. Yancovici est fondateur d’ETFinances.fr et Jinvestismoinscher.fr

  1. Sur le marché des mutual fund américain.