Internet, démocratie numérique et tournevis

Réflexions sur la curieuse opinion qui consiste à vouloir faire d’internet un outil « libre et démocratique »…

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Internet, démocratie numérique et tournevis

Publié le 20 février 2015
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Par Michel Desgranges.

Internet credits  hdzimmermann  (CC BY-NC-SA 2.0)
Internet credits hdzimmermann (CC BY-NC-SA 2.0)

 

Beaucoup de libéraux, particulièrement ceux qu’un miracle empêchera de jamais atteindre l’âge adulte quoique puisse affirmer leur état-civil, se plaisent à se prosterner devant le dieu Internet, tout en prenant un ton autoritaire pour fortement inciter autrui à manifester la même vénération.

Dans un mouvement propre à tout fidèle d’une nouvelle foi (ou néophytes) ils expriment des revendications fondées sur un credo dans lequel la raison a peu de part.
De ces revendications, l’une des plus curieuses, que j’ai encore entendue ce matin, est que Internet est, doit être, doit demeurer (etc.) libre et démocratique.

Internet est un outil, et qu’il soit un outil de communication ne change rien à sa nature d’outil, comme l’est un marteau, dont (jusqu’à ce jour) personne n’a jamais songé à proclamer qu’il fût (et dût être) libre.

Considérons un tournevis. Si M. Dupont utilise cet objet pour en enfoncer la lame dans l’œil de son voisin, et qu’on lui fasse remarquer que c’est là un usage interdit, faut-il en conclure que le tournevis n’est pas libre ?

Ou que l’auteur de cette étrange proposition a confondu la chose et son usage ?

Dans le cas d’internet, l’usage de cet outil tombe, comme pour tout outil, sous le droit commun de la loi et là où la loi, comme en France, a aboli, par exemple, la liberté d’expression ou la liberté du commerce de certaines substances, quiconque utilisera internet pour tenir des propos interdits ou vendre des produits prohibés, courra un risque élevé d’être envoyé aux galères, d’autant que les nouvelles technologies permettent de débusquer avec la plus grande facilité tout contrevenant (il était moins aisé de trouver les écrivains du samizdat dont les textes étaient polycopiés).

Aussi, réclamer un « internet libre » est-il se tromper de combat, car il serait improbable que M. État permît de faire via internet ce qu’il continuerait d’interdire avec un papier et un stylo.
Quant à un internet démocratique, je me suis (brièvement) interrogé sur le sens (très éventuel) de cette formule ; voudrait-elle dire que l’outil internet doit muter en un gouvernement élu au suffrage universel ? Ou que quiconque s’en servirait pour émettre quelque critique sur cette démocratie, dont l’expérience prouve qu’elle ne peut conduire qu’au plus féroce collectivisme, doit être privé de la liberté d’utiliser cet outil ?

En dehors de ces considérations théoriques, je constate que, à cause d’internet, j’ai perdu une demie-heure à écrire de petites bêtises plutôt que poursuivre la lecture de l’Histoire du Concile de Trente de fra Paolo Sarpi dans la traduction de Le Courayer (1751, 3 vol. in-4°).

M’en voici fort marri.

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  • c’est tellement vrai qu’il n ‘y a rien à ajouter ,espérons que les plus accrocs au bricolage des mots en prennent aussi conscience

  • Internet est une infrastructure et ne saurait, à mon avis, être réduit au concept d’outil.
    Dans le domaine du transport (physique cette fois-ci), compariez-vous le réseau routier à un marteau ?

    • cette infrastructure a néanmois des caractéristiques propres.

      elle abolis pas mal les concepts géographiques, même si les états essyent de les réintroduire, comme la Chine et la France.

      Sans Internet une des plus grandes révolutions scientifiques de l’histoire n’aurait pas survécu à l’abolition décidé par les autoristés académiques américaines.

      Internet est un moyen de controurner les délires collectifs, les « pensées de groupes »…
      Il n’est pas parfait, car tout autant il permet d’en créer d’autres (les conspirations, l’enfermement idéologique), et de toute façon comme les média classiques il est manipulié, avec moins d’efficacité, par les forces habituelles.

      quand dans 5 ans vous vous chaufferez pour 10 fois moincher, vous vous souviendrez de la cronique Délirante de Luc Allemand dans « Touche pas à ma science »(La Recherche) qui se plaignait qu’internet avait permis à certaines idées de survivre.

      Snowden , comme Manning , aurait croup en prison comme Farewell, ou serait mort d’une balle dans la tête.

      alors oui, les anti vaccins, les compirationistes du 11 septembre, airaient eu moins d’écho, mais pas tant quec ca si on ce souvien des mythes urbains d’avant Internet, plus secrets mais plus difficiles à dénoncer aussi.

      aujourd’hui quand un état ou un secte tente de vous enfumer avecd es preuves bidonnés, vous avez tous accès aux contre preuves. il rest l’éternel problème de la capacité d’analys individuelle…
      mais les journaliste et les états sont ils moins délirants que votre jugement personnel ? sont ils moins victimes de pensées de groupe ?

      malheureusement je pense qu’il n’y a pas de changement.

      AGW, LENR, MH17, MH350, WMD, déflation, subprime, séralini, robisn des toits, l’expérience montre que les autorités comme les intélectuels, les scientifiques ou les journalistes fument la moquette avec autant de plaisir que le réseau voltaire ou les verts.

      ce que internet perme c’est à un nombre important de fumeur de moquette ou de réalistes réprimés, de retrouver des frères et de s’organiser, afin qu’aucunne idée, vraie ou fausse, ne meurre.

      ma croyance c’est que les idées vraien après une période difficile bénéficient de l’avantage final d’être basé sur une réalité, et d’apporter un avantage matériem à ceux qui y croient…
      ca prend du temps.
      le seul avantage des idées fausses c’est quand elle deviennen un consensus et que y croire permet de beneficier du soutien du groupe. mais les idées vraien peuven acquérir ce même status si on ne les a pas interdites par accident.

      • votre commentaire est très intéressant mais il perd de sa crédibilité en raison de la mauvaise qualité de votre prose. Relisez-vous ! Je tiens un blog et je relis 4 fois mes articles avant de les mettre en ligne …

      • Le problème est que les anti-vaccins ont plus souvent raison que les acacadémiciens.

        • je n’ai pas encore vu les anti vaccins avoir raison.
          et les vaccins ont déjà prouvé avoir sauvé de millions de personnes, mais la peur san preuve est plus convainquante que les succès prouvés.

          rien que la grippe là montre que les maladies ca tue plus que les vaccins, même en supposant que le danger est égal à la borne de l’impossible à mesurer actuel.

          • « je n’ai pas encore vu les anti vaccins avoir raison. »

            lol

            Vous avez vu des anti-anti-vaccins avoir raison?

            « rien que la grippe là montre que les maladies ca tue plus que les vaccins »

            Trop drôle.

            Le vaccin antigrippe est non seulement dangereux, il est totalement inefficace.

            Vous êtes vraiment une victime des merdias.

            • inefficace, dison moitié moins efficace.
              si on connais la théorie de la percolation, qui a d’ailleur bien parché avec le BCG encore moins efficace, on sais que en vaccinant plus de gens on bloquerais la propagation… mais ca ne tue que 2000 personnes par an…

              quand au danger du vaccin , là je rigole …

              vous les avez acheté où vos mythes? chez seralini?

              • Rigole bien, tant que tu n’as pas de SEP ou autre horrible maladie auto-immune.

                T’es vraiment qu’un mouton.

                Béééé

                • les maladies infectieuse font encore plus de dégats sur les systèmes immunitaires de ce type…

                  c’est ainsi que les guislain barré sont largement plus causé par des gripes ou virus plus bénins que par des vaccins..

                  c’est un peu normal car les vaccins ne font que mimer l’aggression d’ une maladie en activant le système immunitaire inné (role des adjuvants) puis acquis (role des antigènes).

                  les gens sous estiment le risque qu’il y a a se prendre une quelconque maladie…
                  à traverser la rue aussi.

                  plus un risque est faible plus il fait peur. marrant.

                  • Encore une excellente raison de ne pas vacciner : si la grippe et le virus de l’hep B provoquent dans de très rares cas des atteintes auto-immunes, pourquoi alors faire prendre ce risque aux personnes saines en leur inoculant la même chose?

                    Pourquoi se faire vacciner contre la grippe pour avoir la maladie une semaine provoquée par le vaccin? Débile encore.

                    • parce que un vaccins ca ne vous dézingue pas le système immunitaire comme la grippe…

                      c’est la différence qu’il y a entre une soirée de frisson, et 7 jours au lit à pas pouvoir se lever.

                      et là vous imaginer la différence coté système imunitaire.

                      c’est pour ca d’ailleurs que l’impact indirect de la gripe est dix fois la mortalité du virus lui même…
                      10 fois plus de gens meurent d’une bête bactérie, que d’une réaction extrême au virus.

                      et pour les guislain barré la grippe est une bonne cause, bien mesurée, pas fantasmée.

  • La comparaison avec le tournevis me semble réductrice.
    Je suis prêt à prendre le texte comme une boutade, mais si l’on redevient sérieux deux minutes, ce développement ne me paraît ni très solide ni très fécond.

    Se rappelant avant touts choses que comparaison n’est pas raison, s’il y avait une analogie à tenter, ce n’est pas celle de l’outil. Tablettes ou ordinateurs sont des outils, certes, comme le papier et le crayon. iMHO, il y a toutefois une différence majeure dans l’échelle d la complexité entre internet et le tournevis, différence qui permet un phenomene d’émergence, au même titre que l’invention de l’écriture, puis ensuite celle de l’imprimerie peut être.

    Si l’on veut faire de l’analogie à tout prix, Alors peut-être pourrions nous comparer Internet à un hybride entre la voie de communication et les médias. Disons donc à la fois un réseau routier et la bibliothèque infinie décrite par J.L.Borges dans Fictions.

    On peut donc ensuite poser la question de la liberté de circuler, des conditions d’accès aux bibliothèques etc. Doit-on avoir des octrois et péages partout, des sections où la circulation se fait sur contrôle systématique et préventif de la gendarmerie, ou peut-être avec un permis spécial ou une autorisation administrative, ou une déclaration préalable ? Doit-on brûler certaines sections des bibliothèques portant sur les sujets encadrés tels que Shoah, racialisme, études scientifiques portant sur les différences inter-ethniques, ouvrages d’humour sur une liste de thèmes interdits ? ou alors doit-on placer simplement des caméras et des lecteurs d’empreintes dans nos bibliothèques avec enregistrement continu et sauvegarde x années des données permettant de savoir qui a accédé à quel livre éventuellement interdit, ou de vérifier par recoupement entre les différents emprunts, les intentions et opinions éventuellement interdites des usagers bibliophiles ?……..

    • D’un point de vue libéral, je séparerais le problème en deux points:

      D’abord les fournisseurs de d’accès et d’infrastructures (réseaux, hébergements, outils) qui peuvent librement décider des conditions d’utilisations par le biais de contrat…

      …et ensuite les producteurs de contenus (blogs, photographes professionnels ou amateurs, cinéastes professionnels ou amateurs, sociétés, éditeurs de logiciels, éditeurs d’autres contenus et bibliothèques, etc.) qui de la même façon peuvent définir à leur bon vouloir quels sont les autorisations d’accès et les prix y relatifs.

      Je me gausse toujours quand je vois les mêmes personnes se plaindre sans cesse de l’omniprésence de la publicité sur internet, et qui de la même façon recherchent au maximum la gratuité (sur les contenus ou pour les logiciels) et méprisent les sites ou logiciels payant.

  • On ne peut par ailleurs pas discuter du sexe d’Internet (avec un I majuscule) tant qu’on ne fait pas la distinction entre réseau de transport, messagerie, WEB, RSS, et tout ce qu’il est possible de faire avec un réseau de transport qui relie des programmes de plus en plus complexes. (Seule l’imagination et surtout le manque d’imagination de ceux qui étudient l’aspect politique de la chose entre en ligne de compte).

    On confond généralement le WEB et Internet, mais le WEB lui-même n’est pas homogène : il peut diffuser de l’information, des media, permettre des échanges sous forme de forum par exemple, ou servir de « boutique » virtuelle et encore une fois, ce n’est limité que par l’imagination. Mais poser la question si une boutique virtuelle est libre et démocratique n’a pas de sens, alors que cela peut en avoir pour un forum.

    Du coup, par manque de précision, de connaissance ou de discrimination certains débats politiques tournent rapidement à l’absurdité. Par ailleurs, la nature d’outil sous-jacente à toute forme structurée que peut prendre une application d’Internet fait qu’elle est remplaçable par un autre outil, alors que le réseau de transport qui permet la création de ces outil est utilisé par tant de services auxquels l’économie s’est adaptée qu’on ne peut plus le remettre en cause.

    Techniquement, vous pouvez ouvrir une connexion cryptée avec un « nuage » de serveurs situés à l’étranger qui diffusent des informations météo, mais en plus fournissent des forum sous forme de messages : pas de WEB, pas de contrôle, détection difficile, serveurs virtuels, mais forum quand même. (Et l’application peut très bien leur donner la couleur du Canada Dry). Et je suis certain que le développement et la diffusion de ce genre d’outils sera toujours plus rapide que les contre-mesures éventuelles.

    Il ne sert à rien de faire des lois quand on n’est pas sur de pouvoir les faire appliquer et surtout des lois franco-françaises ou européennes. Car si un jour on doit mettre en place une police d’Internet, elle ne pourra être que mondiale – et les pays qui ne participeraient pas exclus de tout échange économique.

  • En somme, la question est mal posée… c’est à dire comme un politicien la poserait pour en faire un débat pourri et l’instrumentaliser à sa guise…
    « Internet » ou les intertubes comme dit h16 !

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