Procès DSK : entre hypocrisie et stéréotypes

Les poursuites engagées contre DSK constituent-elles une victoire pour les partisans de l’égale liberté entre les hommes et les femmes ?

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Dominique Strauss Kahn DSK (Crédits Le Jhe, licence Creative Commons)

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Procès DSK : entre hypocrisie et stéréotypes

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 14 février 2015
- A +

Par Sophie Heine.

Dominique Strauss Kahn DSK (Crédits Le Jhe, licence Creative Commons)
Dominique Strauss Kahn DSK (Crédits Le Jhe, licence Creative Commons)

 

Dominique Strauss-Kahn est récemment revenu au devant de la scène médiatique. Depuis une première inculpation pour tentative de viol en 2011, les révélations concernant ses agissements sexuels potentiellement délictueux ou criminels avaient suivi. Et le procès pour « proxénétisme aggravé » dans lequel il se débat en ce moment pourrait déboucher sur une sévère peine de prison. Il est donc temps de s’interroger : les poursuites engagées contre DSK constituent-elles une victoire pour les partisans de l’égale liberté entre les hommes et les femmes ? De prime abord, on pourrait le supposer. Un homme qui se permet ce genre de comportements mériterait sans doute d’être condamné à payer davantage que par une perte de réputation. Cette affaire pourrait même constituer un repoussoir pour les hommes tentés par ce type d’actes. Mais, en réalité, la diabolisation du personnage a quelque chose d’hypocrite. Les comportements de DSK ne sont-ils pas surtout une illustration extrême de nos visions, préjugés, et stéréotypes sur la sexualité et, de façon sous-jacente, de nos présupposés sur le « féminin » et le « masculin » ?

Plutôt que de s’attaquer à un homme, il semblerait donc plus fructueux de dénoncer ces nombreux stéréotypes qui continuent à voiler ou à justifier les multiples dominations et injustices subies par les femmes, notamment dans le domaine de la sexualité. C’est d’abord et avant tout parce qu’elles sont perçues et se conçoivent elles-mêmes comme des objets et des instruments au service des fins, des objectifs et des désirs d’autrui que ce genre de cas extrêmes peut advenir. La réification des femmes imprègne les mentalités d’une majorité d’individus (en ce compris des femmes elles-mêmes) et se marque dans un grand nombre de sphères. Ainsi, on continue à faire peser sur celles-ci des attentes étouffantes et irréalistes d’empathie, souvent considérée (à tort) comme synonyme d’altruisme. On suppose évident qu’elles se soumettent, comme des objets, à des besoins, préférences et visions extérieures. Par exemple, les positions favorables à la légalisation de la GPA – gestation pour autrui – font abondamment appel à ce cliché de femmes qui, naturellement, « se donneraient à autrui ». Plus largement, on considère encore normal que les femmes fassent passer les besoins et désirs des autres avant les leurs. Elles l’attendent également d’elles-mêmes et des autres femmes. C’est aussi ce qui explique qu’elles continuent à être majoritaires dans certains secteurs sous-payés et peu valorisés liés au soin, à l’écoute et à la communication ou à vivre leur maternité de façon encore exagérément sacrificielle. Et c’est encore ce qui permet de comprendre qu’elles puissent accepter, parfois des années durant, des situations de violence et de maltraitance. Cette empathie intégrée se manifeste alors à l’égard d’abuseurs, tandis que ces derniers usent abondamment de ce cliché pour manipuler et contrôler leur victime.

Cette vision « fonctionnelle » des femmes transparaît aussi dans le postulat toujours prééminent selon lequel la valeur d’une femme se définit avant tout par son apparence, jaugée à l’aune de critères esthétiques non seulement étroits mais aussi définis par d’autres : ici aussi, les femmes ne sont pas sujets mais objets, d’attentes et de standards extérieurs. Et dans ce domaine également, ces critères sont contraires à leur capacité à s’appréhender elles-mêmes et à être vues comme des sujets capables de s’engager pour que leur liberté devienne effective. D’autres clichés, sur leur douceur et leur esprit de conciliation supposés – par opposition à une agressivité et à un esprit de compétition qui seraient plus typiquement masculins – véhiculent également cette idée que les femmes sont davantage des objets et instruments de fins extérieurs que les artisans de leurs propres conceptions du bien et projets de vie. Mais c’est bien entendu dans le domaine sexuel que l’image de la femme-objet s’affirme avec le plus de force et de clarté : considérées comme des objets de désirs plutôt que comme des sujets désirants, elles sont, d’une part, particulièrement vulnérables sur le plan sexuel et, d’autre part, soumises aux pires risques d’abus, de violence et de domination. Les clichés dominants sur le masculin continuent, quant à eux, à faciliter de telles pratiques. Il est à cet égard frappant que la ligne de défense de DSK soit d’affirmer qu’il ignorait que les femmes concernées par l’affaire du Carlton étaient des prostituées.

On voit immédiatement ici affleurer l’hypocrisie imbibant les positions en présence. En effet, si le parlement français a adopté en 2014 une proposition de loi visant à abolir la prostitution, le Sénat a supprimé la mention visant à pénaliser des clients. Ce qui risque de priver cette loi de toute efficacité. Dans plusieurs pays européens, la prostitution continue d’ailleurs à être autorisée ou tolérée. Plus largement, il semble qu’une grande partie des citoyens continuent à ne pas trouver anormal qu’une femme vende ses services sexuels à des clients hommes. Peut-être parce que ce phénomène constitue simplement une illustration extrême de la réification fréquente, voire, quotidienne de toutes les femmes, ainsi que du cliché tout aussi répandu de l’homme comme sujet prédateur et tout puissant dans l’acte sexuel.

Par conséquent, la dénonciation et la condamnation des actes commis par DSK et ses acolytes n’est utile que si elle contribue à l’objectif plus large de remise en question de nos catégories mentales sur le « féminin » et le « masculin ». Des comportements de même nature sont malheureusement pratiqués tous les jours et sont encore trop souvent acceptés, voire, légitimés, par les stéréotypes de genre. La dénonciation de tels actes est en revanche contre-productive et inefficace si elle fait simplement office d’exutoire aux rancœurs accumulées par les victimes d’abus ou encore de diversion à ceux qui en pratiquent de façon quotidienne et moins visible. A termes, il s’agit de travailler non seulement à déconstruire les catégories de genre quand elles s’opposent à la liberté effective des individus, mais aussi d’en construire de nouvelles, plus compatibles avec l’objectif d’émancipation individuelle. Dans cette entreprise constructive et positive, la différence ne devrait pas être un repoussoir mais une source d’inspiration et un moteur. De fait, le problème des interprétations dominantes des genres n’est pas tant leur postulat d’une différence – naturelle ou construite – entre les hommes et les femmes, mais l’usage de cette rhétorique différentialiste pour justifier les abus et les dominations.

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  • Dom Juan doit se retourner dans sa tombe !

    DSK c’est le don juan des temps moderne… le commandeur l’a précipité en enfer !

    • Égoïste cynique, Don Juan trompe et abuse les femmes…

      À l’inverse de cette attitude généralement reprochée à Don Juan, cette opinion proférée par je ne sais qui, mais qui ne saurait être la mienne :

      « Don Juan ne trompe pas les femmes, il les détrompe.
      Il n’abuse pas des femmes, il les désabuse. »

  • 1) vous partez de faits et sans raison vous y associer une qualification. L’homme est tout autant un objet dans ces conditions. Quand une femme recherche un homme « bon père, qui offre des fleurs,… » elle cherche un objet, un robot pourrait tenir ce rôle. Une femme est jugée sur son physique en premier… tout comme l’homme, la fausse recherche de l’homme « gentil » en est un exemple, l’hypocrisie qui consiste a dire que les femmes s’intéressent d’abord au coeur et a la gentillesse est contredit par les faits, combien de nains, diformes,… Célibataires ? Et plus largement la recherche du grand brun ténébreux plutôt bien fait est une autre réalité, lhomme lui les aime grosses, minces, blondes, brunes,…. Bref n’est objet que celui qui veut se voir ainsi.

    2) DSK l’hypocrisie est aussi de l’autre coté, faites un sondage et je pense que les français diront que DSK est harcelé et que c’est plutôt trop, combien estimait cela pour le viol présume de diallo ? Maintenant imaginez qu’une petite racaille de quartier soit presumé violeur dune femme, les français seront unanimes, sans même savoir si c’est vrai le condamneront. La starification et la presumé respectabilité des politiques est hélas source de jugement plutôt clément par lopinion public.

    • Merci pour ce commentaire.

      Concernant votre premier point: j’entends par réification quelque chose de plus fort que ce que vous mentionnez concernant les hommes: être conçu comme un objet, c’est le contraire d’être perçu comme un sujet capable de définir ses propres fins et de les mettre en œuvre. C’est être conçu comme un être au service des fins, objectifs, besoins ou désirs d’autrui. Les femmes sont perçues de la sorte dans de nombreux domaines, bien plus que les hommes. Et elles tendent à s’appréhender de cette façon également, tant les stéréotypes peuvent être intégrés et reproduits par ceux là même qui en sont les principales victimes. Ce à quoi vous faîtes référence concernant les hommes ce sont plutôt les stéréotypes sur le masculin, qui existent également et peuvent être aussi extrêmement enfermant. Ils s’opposent également à la liberté en ce qu’ils font peser des attentes sur les individus qui sont directement liées à leur genre (masculin dans ce cas ci). Mon argument plus large, cependant, est que les clichés sur le féminin contribuent davantage à voiler et justifier les infériorités et dominations affectant les femmes. Si vous avez un intérêt pour ce type d’écrits, je vous renvoie à ce sujet à mon ouvrage « Genre ou liberté. vers une féminité repensée ».

      Concernant votre deuxième point: vous avez peut être raison (il faudrait en effet faire un sondage sur le sujet pour le savoir) mais si c’est le cas, cela ne ferait que confirmer la thèse selon laquelle les comportement sexuels de domination extrêmes sont jugés de façon indulgente quand ils sont le fait des hommes, ainsi que la thèse selon laquelle la prostitution continue à être largement acceptée par la société, notamment à cause des stéréotypes de genre si profondément ancrés dans les esprits.

  • le meilleur economiste du monde …. il a ete prof ,puis ministre ,inculpe,vire du fmi ,sa societe n a pas dure 6mois …le moindre petit commercant a surement plus d experience concrete que lui..en fait ce sont ses relations due a son ex femme qui lui ont permis de grimper …moi je pense que c est un gros nul bien pistonne et qui a fini par reveler son incompetence …!! le principe de peter !! a lire

  • L’auteur est « docteure », j’ai arrêté là.
    Depuis quand Contrepoint se fait-il noyauter par les féministes 3.0 ?

  • « Les comportements de DSK ne sont-ils pas surtout une illustration extrême de nos visions, préjugés, et stéréotypes sur la sexualité et, de façon sous-jacente, de nos présupposés sur le « féminin » et le « masculin » ? »

    Euh, non, ils sont l’expression du vice, tout simplement. Quoique je tiens personnellement DSK comme l’antithèse ultime de toute vertu, je m’inquiète des conséquences de son procès en libidinerie sadique. L’affaire toute entière sert à renforcer la criminalisation des vices, et entretenir la confusion entre morale et justice qui sert si bien les intérêts des politocards profssionnels.

    Je préfèrerais largement voir DSK poursuivi pour ses actes commis dans le cadre de sa présidence du FMI, par exemple.

  • Une vieille croyance: « Cette vision « fonctionnelle » des femmes transparaît aussi dans le postulat toujours prééminent selon lequel la valeur d’une femme se définit avant tout par son apparence, jaugée à l’aune de critères esthétiques non seulement étroits mais aussi définis par d’autres »
    Ce sont les (des) femmes elles-mêmes qui s’occupent de leur apparence, les hommes les aimeraient volontiers intelligentes et brillantes, mais elles se situent elles-mêmes dans la séduction et l’apparence.
    Combien d’heures passent-elles par semaine devant leur miroir ? Et les hommes ? Les hommes s’en fichent largement, elles y pensent tout le temps: paraître. Ou comment une fille de 15 ans, brillante, devant idiote devant son miroir, au lieu de se cultiver. Et comment les garçons leur passent devant.
    Il suffit de voir le niveau des magazines féminins…
    La femme, instinctivement, considère que son apparence prime. C’est dans ses gênes, depuis l’origine du monde: elle est comme la fleur qui se pare de couleurs et de parfums. Vous ne l’empêcherez jamais. Cela convient aux hommes qui aiment la beauté et n’espèrent plus de ces dames, hormis une ou deux pierres rares, qu’elles aient une conversation… Ils ont abandonné cet espoir entre 15 et 25 ans, entre deux âges où les filles sont passionnantes et vives, et où elles deviennent d’une confortable bêtise. Du vécu.

    • Il faut quand même reconnaître que la bêtise est une commodité largement partagée par les deux sexes. Ecouter un footeux moyen suffit à s’en convaincre.

    • Il faut voir aussi la différence de comportement entre une petite fille et un petit garçon.

      Les filles sont dans la séduction.

  • « il semble qu’une grande partie des citoyens continuent à ne pas trouver anormal qu’une femme vende ses services sexuels à des clients hommes »
    est ce qu’anormal est le terme qui convient?

  • « Plutôt que de s’attaquer à un homme, il semblerait donc plus fructueux de… » s’attaquer aux hommes…
    C’est un peu la tonalité de l’article.

    • Surtout que l’objet réel du procés n’est pas la prostitution, ou l’exploitation de gentilles femmes par de méchants hommes, mais DSK lui-même. Le pauvre (c’est ironique) ne peut pas admettre qu’il savait qu’il avait affaire à des prostituées, qu’il ne payait pas, sinon il admet qu’il était soit proxénète, soit corrompu. Comme les prostituées ont témoigné qu’elles étaient payées par quelqu’un d’autre pour leurs services, la corruption resterait alors la seule explication possible…

  • j’allais dire que si certaines femmes demandent de l’argent pour du sexe, c’est leur affaire mais bien entendu l’autrice de cet article me repondrait qu’elles sont Obligees par la societe de le faire, c’est pratique quoi qu’il arrive c’est toujours la faute des hommes, la femme etant cosmiquement irresponsable et irremediablement soumise…attendez…

  • Article sponsorisé par Adele.

  • « C’est aussi ce qui explique qu’elles continuent à être majoritaires dans certains secteurs sous-payés et peu valorisés liés au soin, à l’écoute et à la communication ou à vivre leur maternité de façon encore exagérément sacrificielle.  »

    Premièrement, un secteur n’est pas sous-payé dans une économie de marché, c’est une question d’offre et de demande. De plus, il y a des métiers liés au soin, à l’écoute et à la communication qui sont très bien payés.

    Deuxièmement, le fait de renier à une femme le droit de choisir des métiers peu valorisés et de vivre sa maternité comme elle l’entend n’a rien de libéral. Les femmes sont meilleures que les hommes à l’école, la société est acquise à l’idée que la femme puisse travailler et prendre des responsabilités depuis plusieurs décennies, considérer que les femmes vont ficher en l’air leur carrière pour de bêtes stéréotypes, c’est vraiment les prendre pour des gourdes.

    Au contraire, nombreuses femmes trouvent plus de satisfactions à être engagées au niveau relationnel, que cela soit professionnellement ou dans le cadre de leur maternité, plutôt que de courir après l’argent ou la gloire. Il s’agit de leur choix, et ce n’est pas un choix stupide, le bonheur ne dépendant ni de l’argent, ni de la gloire.

    « A termes, il s’agit de travailler non seulement à déconstruire les catégories de genre quand elles s’opposent à la liberté effective des individus »

    « La liberté effective des individus » est un concept collectiviste. C’est à l’individu de définir ce qu’est sa liberté et non à la collectivité. Après, si l’auteur de l’article veut s’amuser à déconstruire les catégories de genre, je n’y vois pas d’inconvénient, tant que c’est une démarche privée qui ne fait pas appel à l’Etat… (mais il faudra peut-être la prévenir, avant qu’elle se lance, que cette démarche ne sera ni très bien payée, ni très valorisée…)

  •  » la valeur d’une femme se définit avant tout par son apparence »

    Et c’est avant tout les femmes qui sont obsédées par leur apparence, car elles savent très bien que c’est le premier critère de séduction chez les hommes. Regardons la vérité en face : les êtres humains sont encore beaucoup influencés par leur racines biologiques et par leur pulsion de reproduction. Ce qui se traduit par l’obsession de la beauté chez les femmes et par l’importance du pouvoir et de la réussite chez les hommes. Je ne dis pas que je suis heureux de cet état de fait, mais il faut reconnaître la réalité en face. Pour ma part, je suis peut-être un idéaliste, mais quand je rencontre un homme ou une femme, je vois d’abord un être humain. Mais je sais que ma vision est partagée par très peu de gens en vérité (en dehors des beaux discours), car comme pour paraphraser Freud c’est encore le sexe et l’argent qui mènent le monde !

    • D’ailleurs de ce n’est pas pour rien que les hommes politiques ont un énorme succès auprès des femmes : le pouvoir est le meilleur aphrodisiaque qui soit !

  • Ce procès montre juste que les juges qui ne sont peut être pas d’extrême gauche sont juste extrêmes illogiques :

    Les prostitués refusent habituellement la sodomie.
    =>
    DSK devaient en conclure que les demoiselles vu de dos étaient payées.

    Heu… examen psy obligatoire pour les juges?

    Je pense qu’il y a le feu au lac.

  • Qu’on lui foute la paix!
    On étouffe dans cette France!

    • Mouais, qu’on lui foute la paix sur cette affaire ci, peut être et encore à condition que la définition du proxénétisme change un peu .. je veux bien débattre de l’intérêt de certaines lois voire mettre en évidence leur absurdité au travers de cas d’espèce mais au’on lui foute la paix en général certainement pas.

      D’un autre coté si au lieu de prostituées on avait offert à ce puissant en puissance, voyages ou argent, la question de la corruption aurait été plus difficile à escamoter.

      Que ce qui soit mis en avant soit la morale de cet individu est une diversion de la question des contre pouvoirs..
      la faillite du système est toujours mise sur le compte des individus alors que c’est le système qui est foncièrement putrescible.

  • Le point de vue est intéressant. L’existence de stéréotypes masculin et féminin ne fait pas doute. La difficulté intellectuelle tient à la compréhension du passage de la connaissance de la représentation stéréotypée des genres, à la manière dont on se comporte au quotidien, dont on réagit ou pas aux attentes supposées des autres. Pourquoi certains et certaines semblent se comporter conformément au stéréotype social de leur genre et d’autres non ? Le passage de la connaissance du contenu de la représentation collective à la régulation du comportement individuel est très compliqué à comprendre, et cette complexité n’apparaît malheureusement pas dans le propos Sophie Heine, propos qui reste du coup du très général, « hors sol », loin des conduites des gens. Or, la prostitution n’est plus uniquement une affaire de femmes prostituées et d’hommes clients. Des hommes se prostituent. Des femmes sont clientes. La seule constante, c’est le/la client(e) qui paye pour obtenir ce qu’il/elle souhaite. Ce point mérite d’être pris en compte, à moins d’adopter le point de vue de l’historien qui nous parle d’une époque révolue. Aussi devient-il désormais tout à fait possible d’imaginer Madame Lagarde, patronne du FMI après DSK, qui sans doute ne se vit pas comme l’objet soumis au désir des hommes, se livrant à des jeux sexuels comprenant la pénétration anale d’autrui, avec de jeunes éphèbes « mis à disposition » par Lola la moisissure. S’agissant d’un événement ponctuel, situé et daté, en quoi le propos de Sophie Heine le rendrait plus intelligible que la situation dont elle traite dans son papier ? En rien.

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