Marseille : au son du Kalachnikov

Le regard de René Le Honzec.

valls marseille

Vu de ma Bretagne et de ma petite paroisse, Marseille c’est loin. Je ne suis pas fan de la vie au soleil, et…

Je n’aime pas le son du kalachnikov, le soir au fond du bois,
Qui chante les pleurs du dealer aux abois.

Faut dire que je ne suis pas Alfred de Vigny, et qu’il me manque une sacrée dose de poésie pour apprécier une ville qui se distingue pas sa corruption, ses trafics, ses politiques et ses politiciens, ses syndicats qui se sont partagés ville et port, et ses employés de voirie qui finissent très, très, très tôt. À côté, les Chevaliers du Fiel, ce sont des stakhanovistes. Plus que ça, la Cour des Comptes accable régulièrement la ville. Mais, cet humour et cet accent marseillais qui m’accablent aussi sur tous les plateaux de comiques officiels, là, je dois dire, chapeau. Parce que la blague qu’ils ont faite à Valls et Cazeneuve, alors, là, putain de sort, con, LOL !

Sarkozy, en son temps qui commence à faire loin, avait parlé de karchériser les quartiers « en difficultés », et ses efforts contre la délinquance n’avaient pas produit grand-chose, en dehors de statistiques douteuses. Valls, qui est une espèce de clone catalan du Hongrois, s’était fait un devoir de l’imiter. Auréolé de sa détermination du 11 janvier, fétiche indispensable du Credo médiatique subventionné, le Premier ministre se pointe sur un char de triomphe avec Cazeneuve lui tenant une couronne de lauriers d’or sur son auguste front (républicain) en véhicule hybride pour annoncer à ses braves vassaux que, grâce à l’efficacité des forces de l’ordre du coin (et, à mon avis, surtout, de la Bonne Mère), la délinquance avait substantiellement baissé dans la ville phocéenne.

Belle opération de com’. Qui a viré au grandiose quand des « jeunes en difficultés avec les institutions » (demandez à Taubira, elle vous dira mieux), sans égard pour la solennité de la visite ministérielle, des jeunes dis-je, se sont flingués à la kalachnikov (tradition locale) même que quasiment tout Marseille a entendu, con. Ça, c’est de l’humour marseillais, putain de sort. Et moi, ça me rappelle le ridicule BHL quand il se planquait derrière un muret au moindre coups de feu dans un de ses « reportages » en ex-Yougoslavie.

C’est une réponse cinglante au laxisme doctrinal qui tient lieu aux socialistes de réponse à la montée constante de la criminalité et du ressenti de la violence, loin des chiffres officiels qui ne sont que les actes déclarés.

L’effet 11 janvier se retire aussi vite qu’il est venu, Hollande est à 67% de mécontents. Aucune grande loi, de celles qui structurent une pensée politique, n’a été votée et mise en application (le dépeçage territorial, par ex.). Parce que les socialistes, ça ne sait pas faire.