Climathon, semaine 2 : le choc de l’image

Avec Jean Jouzel et Serge Orru, le climathon est décidément une compétition de très haut niveau.

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Jean Jouzel (Crédits : Parti socialiste, licence Creative Commons)

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Climathon, semaine 2 : le choc de l’image

Publié le 19 janvier 2015
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Par Benoît Rittaud

Jean Jouzel Credit Parti Socialiste (Creatrive Commons)La fracassante entrée en matière de la semaine dernière annonçait la couleur, et cette semaine 2 le confirme : le climathon est une compétition de très haut niveau.

Le jury tient tout d’abord à saluer les efforts du Journalderéférence, qui manque une fois encore le titre cette semaine malgré une tentative intéressante : glisser le réchauffement climatique en conclusion d’un article sur un autre sujet, en l’assénant de façon gratuite et sans argument. Que l’ensemble des compétiteurs sache que le jury sera sensible à ce type de propagande toute simple, qui a pour elle le doux parfum de l’artisanat.

Cette semaine 2 a été marquée par le choc entre deux prestations particulièrement remarquables. La première a été celle de Serge Orru, dans cette splendide interview à i-télé. Serge Orru a une capacité toute particulière à enfiler les perles sur un ton joyeux, sans même se rendre compte du caractère caricatural de ses propos. S’il venait à être candidat à l’élection présidentielle, nous lui proposerions volontiers comme slogan : « l’incompétence tranquille ». Extraits :

Serge Orru — Les municipalités font des efforts considérables ! Regardez ce qui se passe autour de nous en France, en Europe !

I-télé — Par exemple ? Des efforts considérables : par exemple ?

Serge Orru — Par exemple, la maire de Paris va réunir les maires des grandes capitales européennes et des grandes villes européennes en mars 2015 pour dire comment acquérir, comment avoir des outils pour lutter contre le dérèglement climatique. (…) On ne veut plus d’incantation, on veut une offre industrielle concrète qui nous permette de lutter contre ce changement climatique qui nous menace.

I-télé — Mais ça va se faire ? Dans 5 ans, j’aurai des bus propres à Paris ?

Serge Orru — Dans 5 ans, j’espère que nous aurons des bus propres à Paris.

I-télé — Et à Londres ? À Tokyo ? Et partout ?

Serge Orru — Eeeh… je l’espère ! Sortir du conformisme industriel, ça demande du courage, ça demande de l’audace. Ça demande de l’innovation. Donc il faut des gens courageux, des gens qui ont de l’autorité pour faire cela ! Lorsque la ville de Paris décide, avec Anne Hidalgo, de réaliser les premiers états généraux de l’économie circulaire du Grand Paris, c’est comme un Grenelle de l’environnement, où soudain on va se mettre autour de la table (…) Il faut agir concrètement. Et je crois que l’ensemble des Français, des Européens, ont envie de cela. On n’a pas du tout envie d’offrir une planète (…) qui sera un monde entre Mad Max et l’Abbé Pierre.

Les réunions prochaines pour préparer quelque chose qui un jour, c’est promis, sauvera la planète sont un grand classique du genre, indémodable et magnifiquement mis en scène au premier degré par Serge Orru. Quant aux « réfugiés climatiques », ces « milliers de personnes qui viennent à nous » mentionnées par le même en fin d’interview, ils seront à l’évidence amenés à jouer un rôle pivot dans la compétition.

En revanche, le jury a le regret de devoir infliger un blâme à l’intervieweur, Claude Askolovitch, qui a exercé un esprit critique tout à fait déplacé. En étalant ses doutes à de nombreuses reprises, il a considérablement compliqué les efforts de son interviewé, qui a ainsi été placé indûment en situation difficile. Le jury pose la question : si maintenant les journalistes commencent à faire leur travail, que deviendra la propagande ?

Le vainqueur de la semaine 2

Même si c’est avec un peu de retard, il n’était pas possible de passer sous silence la prestation exceptionnelle du vice-président du groupe scientifique du GIEC, Jean Jouzel, avec cette photo qui accompagne son interview dans Paris-Match datée du 1er janvier. Cette photo lui vaut le titre de vainqueur de la semaine 2 du climathon.

Saisi par ce morceau de bravoure, le jury estime inutile de commenter plus avant le contenu de l’interview elle-même, qui aurait pourtant déjà mérité un accessit.

Ce qui emporte la décision entre Serge Orru et Jean Jouzel est que, alors que le caractère burlesque des propos du premier semble involontaire, le second a, lui, décidé en conscience de payer de sa personne en faisant le choix assumé du ridicule. À cette image il ne manque qu’un phylactère qu’aurait pu écrire un Wolinski ou un Cabu.

Le jury remercie les contributeurs qui ont bien voulu faire des nominations pour la semaine 2. Il soumet par ailleurs la question suivante au vote du public : faut-il faire de cette photo de Jean Jouzel la photo officielle du climathon ?


Sur le web.

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  • Une candidate et son mentor Laurent Fabius

    http://videos.tf1.fr/jt-20h/2014/quel-temps-fera-t-il-le-18-aout-2050-la-reponse-alarmante-d-evelyne-8528832.html

    Evelyne Dhéliat applique ce qui lui a été demandé par Laurent Fabius, à savoir lessiver le cerveau des citoyens pour qu’ils deviennent de bons petits adorateurs du dogme du RCA et ne fassent surtout pas capoter la très onéreuse et inutile COP21 de Paris 2015… Une telle propagande lyssenkiste au pays qui fut celui des Lumières, quelle déchéance!…

  • Je ne suis pas si sûr que l’un ou l’autre soient réellement conscient de la totalité du burlesque de leurs interventions…
    Mais « l’économie circulaire joyeuse » qu’il faut faire apprendre en école d’ingénieur et en maternelle… ça vaudrait un prix spécial, quand même ! Et le yakafoka incantatoire pour dire qu’il faut sortir du yakafoka incantatoire, c’est pas mal non plus.

    Je découvre ce pitre, mais son potentiel m’impressionne !

  • Ah la gazette Paris-Match, outil éducatif par la photo, bréviaire des bobos désoeuvrés, passe-temps favori pour bonniches en mal de con-naissances et de leurs maîtres avides des derniers potins …
    En habitué des médias pour publics déjà cités, Jouzel n’en sortira guère grandi. Bouffi de pseudo-science, maître es esbroufe, le voici rangé dans les salles d’attentes de nos professions libérales. Un Jean RCA Jouzel ravalé dans la même pile d’illustrés où trônent nos nénettes à scandales (elles y étant davantage photogéniques) !

    Retenons que l’enjeu de Paris 2015 ne consiste nullement à instruire les masses dociles. Le dessein vide plutôt à achever le bourrage de crânes chez ceux-là n’ayant pas encore été con-quis par le reste de nos médias spécialisés en désinformation par petites touches continues !
    Je pronostique un sérieux camouflet à cette future assemblée de toutes les appréhensions. Oui, il fera chaud alors, au moins dans l’auditoire… :o)

    • Critique, critique, critique. Que du blabla. Pourquoi n’entendons nous pas de réelles voies discordantes réunies en un mouvement pour faire taire ces « absurdités »? Il n’ y a pas foule, et vous devriez en prendre acte. Laissez l’idéologie à part. Sachez faire la part des choses, pas toujours de l’ « écolo bashing ». Quelque soit le sujet en rapport avec l’environnement, on connait à l’avance vos thèses, qui en deviennent totalitaires d’une certaine manière, totalement dénuées de nuances.

  • sur l’article de « Match » sur le Mage Jouzel, je constate les commentaires odieusement critiques, à croire que seuls les esprits libres ont une opinion?
    Quant à Serge Orru, c’est du très haut niveau. Rien à ajouter.

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