Attentats en France : Récupérations et emphases chauvines

La récupération des manifestations par la classe politique et l’interprétation de celles-ci par les médias soulèvent des interrogations.

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Manifestation républicaine du 11 janvier 2015 Charlie Hebdo Credit francediplomatie (CC)

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Attentats en France : Récupérations et emphases chauvines

Publié le 19 janvier 2015
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Par Claude Robert

Manifestation républicaine du 11 janvier 2015 Charlie Hebdo Credit francediplomatie (CC)

Il est toujours difficile et personnellement risqué de ne pas partager l’enthousiasme d’une foule voire d’un pays tout entier. Le seul effet numérique d’un groupe est de nature à galvaniser les plus récalcitrants. Les manifestations de soutien exceptionnelles que la France a connues, qu’elles se soient produites sur les réseaux sociaux, via les médias ou dans la rue, ont été de puissants vecteurs émotionnels auxquels il est encore difficile de résister. Garder son sang froid, son recul critique, ou ne serait-ce qu’un détachement prudent, face à une communion d’une telle ampleur, nécessite une sacrée dose d’autonomie de l’esprit. Ne pas partager la dynamique d’un groupe, d’une communauté, ne pas céder à l’appel de la foule est en effet risqué. Les thèses de René Girard sur la violence mimétique ne font aucun doute là dessus.

On sait très bien que les mouvements de foule ne se distinguent pas par leur « secondarité » : ils sont « primaires », instinctifs, souvent peu réfléchis, et se nourrissent du caractère suiveur des individus qui les constituent.

Que les manifestations spontanées dans les rues soient parfaitement justifiées par l’horreur des attentats paraît certes évident. Le choc d’un tel carnage contre des caricaturistes a de quoi révolter, et la réaction d’une partie de la population se comprend naturellement. Mais ce sont la récupération de ces manifestations par la classe politique et l’interprétation de celles-ci par les médias et de nombreux commentateurs qui soulèvent des interrogations.

La récupération par les politiques

La classe politique française, le gouvernement en particulier, le Président et son Premier Ministre plus précisément n’ont pas vocation à accompagner la rue dans ses réactions émotionnelles, encore moins à conduire le troupeau lors des marches ou des manifestations. Ces images d’une foule choquée qui manifeste son émoi contre la monstruosité des attentats derrière les hommes politiques est un symbole qui est inquiétant.

De quel droit l’État, par le biais de ses plus hauts représentants, a pu s’immiscer dans de tels mouvements, et a même eu l’audace de les conduire ? En France, l’État serait-il omniprésent ? L’État serait-il impotent au point de devoir s’abaisser à venir donner du coude et de la voix dans les cortèges populaires ? Cette tendance semble d’ailleurs partagée à l’international, si l’on considère le nombre de membres de gouvernements étrangers qui se sont joints à la tête du mouvement. Le fait de manifester dans la rue est pourtant un acte privé, généralement à l’initiative des citoyens. C’est une façon de s’opposer à la réalité, de la remettre en question. C’est même bien souvent une contestation du pouvoir en place. Or ce sont ceux-là même qui, par leur manque de courage ou de rigueur, n’ont pas su prévenir les attentats, qui conduisaient la marche des protestataires : les hommes politiques du gouvernement actuel ou des précédents ! Fût-elle molle et insidieuse, inefficace et seulement symbolique, d’opérette et pitoyable, n’est ce pas quand même une forme de despotisme ?

L’emphase chauvine des médias

Emportés par la puissance du nombre, impressionnés par la foule en liesse, émus par l’aspect spectaculaire de ces mouvements populaires et par la tenue de circonstance des politiques (bien droits, la mine sérieuse et digne), de nombreux journalistes et commentateurs se sont laissés embarquer dans des effusions particulièrement romantiques. Certains ont même vu leur fibre nationale se dilater de façon béate. Parmi ces exagérations, quelques thèmes apparaissent clairement, et en disent long sur l’irréalisme du moment, et sur notre pathos national.

  • La France a changé, elle n’est plus souffreteuse ou déprimée.

Pardi, les mentalités ont changé tout d’un coup, lorsque les gens se sont mis à exprimer leur émotion suite aux attentats terroristes ! À des zombis soi-disant pessimistes et assistés se sont substitués tout d’un coup des citoyens dynamiques et éclairés, prêts à en découdre avec un réel qu’ils n’avaient pas encore découvert la veille des attentats. Un vrai miracle, au niveau national.

  • La France de nouveau capitale mondiale de la culture.

Au diable la modestie… Depuis le temps que notre pays se fait tailler lentement mais sûrement des croupières sur les plans économique, scientifique, industriel, financier et culturel (les historiens le disent, tous ces domaines vont de pair), c’est presque une aubaine d’avoir été remis subitement sous le feu des projecteurs du monde entier. Nos derniers prix Nobel, la réputation d’HEC ou de l’École d’Économie de Toulouse hors de nos frontières, les succès internationaux de nos entreprises du CAC40 sont autrement plus convaincants en matière de leadership que la revendication d’un « 11 septembre », fut-il « culturel »…

  • Le Président de la République a été à la hauteur de l’événement, et a montré qu’il était meilleur par gros temps.

Mais bien sûr, la montée de l’insécurité, du chômage, de l’exclusion, la perte de compétitivité, le recul relatif de l’économie du pays, tous ces problèmes ne seraient que des broutilles, des détails dont la solution est à la portée de n’importe quel Président un tant soit peu compétent. En comparaison, tenir son rang avec dignité lors des manifestations, des discours et des célébrations, afficher une mine de compassion et en même temps de solidité depuis les attentats, tout cela exigerait des compétences autrement plus compliquées, et constituerait de bien meilleures preuves de l’efficacité et du courage d’un Président… On croit rêver.

  • La fin de la politique politicienne.

Opposition et majorité se sont retrouvées comme chaque fois qu’il s’agit de serrer les coudes. Le contraire aurait été très mal interprété, et personne n’a d’ailleurs osé attaquer le gouvernement, en pareil contexte : c’était trop risqué, on ne tire pas sur une ambulance. Les députés ont certes chanté la Marseillaise à l’Assemblée, toutes couleurs confondues. Le symbole aura été exemplaire. Mais quelles étaient les motivations des uns et des autres dans ces réconciliations soudaines après des décennies de guéguerres politiciennes et de conflits de chapelles façon cloche-merle ? Il serait naïf de ne pas prêter aux membres du gouvernement le moindre soupçon d’opportunisme (la possibilité, lorsque l’on est très bas dans les sondages parce qu’on accumule les erreurs, de se refaire une santé à peu de frais), et chez des figures de l’opposition la moindre trace de lâcheté (il y a des situations où, bien que méritée, la critique est jugée discordante et se paie cash auprès de l’opinion, alors on s’abstient). Vraiment tous des innocents ?

  • Le gouvernement va maintenant réagir contre le terrorisme.

Enfin un virage salutaire, une sorte d’électro choc spectaculaire à partir duquel l’État français va devenir un parangon de prévention, un déclic salvateur qui va le rendre totalement engagé contre le terrorisme, entièrement tourné vers les causes culturelles, sociales et économiques de tels actes si révoltants. Au beau milieu d’un enthousiasme aussi unanime, serait-il interdit de faire remarquer combien le dispositif de sécurité de Charlie Hebdo semblait sous-dimensionné ? Il y avait pourtant des antécédents au journal, en France et en Europe… Serait-il interdit de rappeler que les auteurs de l’attentat étaient fichés par la police et que, malgré cela, ils ont pu réaliser un véritable carnage en plein milieu de Paris, de jour ? Serait-il enfin interdit de rappeler que le profil de la plupart des terroristes démontre que l’aspect social est toujours présent dans le cheminement qui les mène au passage à l’acte ? Le cycle infernal « échec scolaire-chômage-marginalité-pauvreté-délinquance-endoctrinement » est connu depuis longtemps. Les solutions ne concernent pas seulement les forces de l’ordre. Elles touchent d’ailleurs des domaines autrement plus complexes à maîtriser : efficacité de l’éducation des milieux défavorisés, compétitivité économique de l’ensemble du pays (ce qui signifie au minimum réforme du droit du travail, de la fiscalité, de l’enseignement et de la recherche), aménagement du territoire…

  • La liberté de la presse n’a pas à s’encombrer des valeurs des autres peuples et religions.

Les anglo-saxons le disent très bien, et n’ont d’ailleurs pas réagi de la même façon que la France à ces événements : la liberté d’expression est un droit essentiel, mais on ne peut pas se moquer de tout en toutes circonstances. La limite entre ces deux assertions presque contradictoires, est fragile, et s’illustre parfaitement par le comportement du roi Abdallah II de Jordanie, qui avait participé à la marche dans Paris tout en accusant ensuite Charlie Hebdo d’irresponsabilité, ou de certains leaders politiques ou religieux de pays musulmans qui ont condamné à la fois le terrorisme et les caricatures parues depuis. En déclenchant des manifestations dans de très nombreux pays, parfois violentes, la dernière Une de Charlie Hebdo (d’après attentats) ne risque t-elle pas d’envenimer les tensions ? Faire avancer la liberté d’expression sous les coups de boutoir répétés de la provocation n’est pas forcément plus rapide. Ne fallait-il pas laisser le temps nécessaire à la longue acculturation que cela exige ?

Pendant ces quelques jours exceptionnels qui ont suivi les attentats, qu’a démontré notre pays ? Comme d’habitude, sa capacité à descendre dans la rue, à se mobiliser dans les réseaux sociaux, et à manifester haut et fort ses émotions. Se réveiller, redresser la barre et affronter le réel de façon globale et opérationnelle sera une autre paire de manches. Seul le futur nous dira si nous en aurons été capables car pour le moment, il suffit de regarder la trajectoire de ces 30 dernières années pour qu’il soit permis d’en douter.


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  • c’est justement ce que je reproche aux politiques ; ils se montrent ensembles , se sérrant les coudes , pour faire oublier leurs érreurs passées qui nous retombent sur le coin de la gueule maintenant ; d’ailleur , c’est bien les seuls moment ou ils s’entendent ces gens là , et aussi quand il s’agit de nous entuber pour mieux nous pomper ( l’air et notre pognon ) ; mais ça s’arrête là , dans les coulisses les zélus continuent à se détester tout en bouffant ensemble , ce sont des clones ( ou des clowns ) au choix ;

    • Au delà de Charlie Hebdo qui vient de nous faire dècouvrir que notre exception culturelle tant dèfendue dans les accords internationaux n’a pas été respectée, l’Etat a bien une grande responsabilité sur le chaos de ses adminstrations qui ont relaché de prison un individu qui devait se prèsenter au commissariat, un individu payé par de l’argent public qui se permettait de critiquer la France durant son travail, un policier sans arme qui devrait protèger des civils maintes fois menacés, et je crains que bien d’autres erreurs seront dècouvertes durant les enquètes. Il est donc logique que M. Sarkosy, et Hollande directement responsables de la sècurité des français se retrouvent. Mais au delà des propos et caricatures de Charlie, il y est question des soldats français participants à la lutte pour la dèmocratie à l’Etranger. A ce niveau, les 2 prèsidents sont totalement responsables car notre rèpublique qui n’est pas guidée par un chef religieux comme en Irak, permet à son chef de faire la guerre sans l’aval de son peuple! Mème M. Obama n’a pas un tel pouvoir. N’est ce pas inquiètant? A quoi sert nos reprèsentants? Sommes nous pas abusés par les politiques qui se disent dèfendre la dèmocratie? Et derrière tout cela, est ce que l’insècurité engendrés par le chaos des administrations qui n’ont pas empèché les 3 terroristes ( ils ont bien crée la terreur ) d’agir , ne va pas servir à rèduire nos libertés sous le motif de mieux nous protèger ? Sommes nous pas en train de créer en Europe la peur face à une organisation qui peut opèrer partout avec des kamikases? N’est-il pas temps de prendre conscience que l’Union sans la mis en place une vraie police européenne, un renseignement unifié, va engendrer des reflexes nationalistes dont on connait trop bien les concèquences! La Sècurité n’est plus limité à une priorité nationale, mais bien européenne. Peut-ètre que le Traité qui prèvoit de dèfendre un Etat membre attaqué par un Etat non européen, n’est pas suffisant. Sinon à quoi aura servi cette manifestation de nos èlites!

  • Vous soulevez bien des questions essentielles.
    J’ajouteras qu’il est très gênant que le chef de l’État promeuve maintenant l’identification de la France à Charlie Hebdo. D’une part, parce que c’est un mépris de la population qui défend une autre liberté d’expression : musulmans modérés et aussi tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans le libertarisme issu de mai 68. D’autre part, cette attitude irresponsable met en danger tous les Français dans le monde. Et ce n’est pas céder au chantage terroriste que de dire cela : c’est simplement replacer le respect d’autrui et la responsabilité au cœur de la liberté. Enfin, cela fait apparaître le Président français pour ce qu’il est : un chef de clan.
    Il est d’ailleurs amusant de remarquer que ce défenseur du « pas d’amalgame » pratique celui-ci sans vergogne quand il s’agit d’agréger la France entière à ses propres vues. Que dire enfin de cette arrogance bien française qui, comme en économie, prétend avoir raison, seule contre tous ?

    • bonjour Huger,cette fois-ci nous allons pouvoir nous rendre compte de l’ampleur de la partialité de certaines médias ,de celle avérée de la récupération politicienne ; la plus basse que nous n’ayons eût en 30 ans .
      Je ne sais pas pour vous ,mais pour moi ces gens me dégoûtent profondément , considérant Charlie comme une revue satirique communiste. La propagande du « vivre ensemble  » inepte et dangereuse ,la gent musulmane est inapte à exister dans un pays de droit .

  • merci d’abord de ne pas parler d’attentat contre charlie-hebdo ou contre la liberté d’expression.Sans etre complotiste,la suite « actes isolés » lors de la préparation des fetes de Noel,voeux minimalistes de fin d’année,coup de comm « énorme » des le début du gros de l’action terroriste,pourrais amener à émettre l’hypothèse que l’imminence d’une action terroriste était connue en haut lieu.
    donc effectivement,récupération politique et emphase médiatique.
    Pour la suite….je ne suis pas trop optimiste concernant la liberté d’expression

    • Yep,
      assez étrange comme 12 gens tués dans un journal (plutôt sur la fin de leur vie pour certains) provoque un raz de marée émotionnel, politique, médiatique totalement disproportionné par rapport aux réactions quand Mohammed Merah a assassiné (également à l’arme a feu, circonstances très proches) 11 personnes… dont des jeunes enfants et des militaires !

      Ça semble avoir marché, leur truc, cela dit ! La popularité des clowns tristes qui nous « gouvernent » a explosé !

  • « Le cycle infernal « échec scolaire-chômage-marginalité-pauvreté-délinquance-endoctrinement » est connu depuis longtemps ». C’est surtout un schéma ultra-simpliste. Aussi bien dans les attentats de Boston que de Londres, les auteurs n’étaient ni pauvres, ni délinquants, ni en échec scolaire.

    • Et rappelons un certain Oussama Ben Laden, multimillionnaire de son état, menant une multinationale terroriste qui a organisé un attentat (petit.. juste 3000 morts, hein, rien comparé à nos affaires) qui fut mené par des gens ayant pour certains atteint un niveau bac +5 ou plus dans des universités occidentales… et pas vraiment pauvres non plus.

      Mais c’est sur que c’est plus simple de se dire « ils tuent parce que ce sont des délinquants, ce sont des délinquants parce qu’ils ont du voler pour vivre… et ils ont du voler pour vivre parce que…  » (et là on insère soit « l’État n’est pas assez intervenu » ou « la société est éclatée à cause du méchant marché » ou si on plus libéral (mais toujours aussi simpliste) « l’État est trop intervenu et à favorisé le non développement de leurs compétences »…

      • Vous parlez de Ben Laden le diplomé milliardaire qui a tuer 3000 personnes en étant chef d’un groupe organisé de milliers de membres et qui parlait a visage découvert.
        Et de l’autre, deux jeunes cagoulés, qui ont été de centre en centre de la DASS et balancer de famille d’accueil en famille d’accueil…. ils n’ont connus que la pauvreté et surtout l’absence de famille, n’étaient pas organisé, et ont tuer 11 personnes avec des armes de points.

        Comparer les 2, c’est comme de mettre au meme niveau un voleur d’orange et le mec a l’origine de la crise économique mondiale Madoff, les 2 n’ont aucun rapport pourtant les 2 ont volés. Donc généraliser sur le parcours de terroristes n’a aucun sens non plus ni dans un sens, ni dans l’autre. Maintenant quand on regarde le parcours des 2 freres, oui ils ont grandis sans parents et la DASS comme seul repère… est-ce le hasard total ? Cela n’excuse pas leurs actes, mais donne une partie des causes. Si vous n’examiner pas les causes, alors vous serez éternellement contraints de chercher des solutions a des situations qui se repaîtront indéfiniment. Si vous ne corrigez pas le probleme a la source, alors vous enfermerez 3 tueurs, mais des dizaines d’autres naitront et se mettront en action, et a un moment, les services de sécurité ne pourront plus rien y faire.

        Je peux affirmer que si ces jeunes orphelins n’avaient pas connu l’absence de famille et balancer dans un système, la DASS, qui les a pourris de l’intérieur (violence, viol,…) ils n’auraient jamais commis ces actes. Le taux de mise en prison des orphelins est exponentiel comparé au taux standard. Imaginez-vous 2 minutes grandir sans aucun parent, imaginez-vous placer de famille d’accueil en famille d’accueil ne cherchant qu’a gagner de l’argent, imaginez-vous que dans les centres fermés ou vous vivez, le viol et la violence ne soit que le quotidien,… encore une fois ce n’est pas une excuse, mais c’est une explication… tout comme le père de famille qui tue le violeur de son enfant, il faut l’explication, cela ne l’excuse pas, mais explique la chose, tout comme le commercant qui se fait braquer pour la 4eme fois et qui s’arme et qui commet l’irréparable sur un jeune non armé,…. bref ca n’excuse pas mais ca explique… et sans cela, alors vous continuerez a colmater les breches d’un bateau dont les trous vont se multiplier sans cesse, jusqu’au jour ou, vous ne pourrez plus rien colmater…

        • Pas convaincu.
          Le seul truc qui fasse sens sur la délinquance (pas le terrorisme ou les meurtres) c’est l’approche de Gary Becker. Mais il ne s’agit pas d’être pauvre en soi, juste que le calcul cout/bénéfice peut sembler plus intéressant pour le pauvre dans le cas du vol : rien à perdre s’il est pris, la vie dans une cage à lapin v. la vie en prison, ça change pas trop, tout à gagner s’il n’est pas pris. Mais c’est loin d’être le seul élément causal : la preuve les fils de paysans pauvres du cantal (probablement la population la plus « déshérité » et « abandonnée par la République » du pays) ont un taux de délinquance très faible. Pour ne rien dire des habitants du Ladakh, qui doivent être très très très délinquants et meurtriers vue la pauvreté là bas.

          Pour le meurtre, le terrorisme, etc. par contre, j’ai grand doute sur un quelconque lien de causalité entre « les circonstances économiques » et tout ça. Ni Ben Laden ni les frères Kouachi ne sont des « cas d’espèce » particulièrement représentatifs, parce qu’il n’y a rien à représenter.

          Et pour le fait que la misère pourrait pousser à passer à l’acte, d’autres ont largement montré qu’elle peut aussi conduire à une force morale et une rectitude exemplaire (cf les ouvrages sur la résilience de Cyrulnik).

  • Quel magnifique catastrophe morale aura produit ce grotesque barnum médiatique, concocté par notre cher gouvernement socialiste, dans un empressement avide de récupération politique de l’émotion publique. Par le choix d’un mot d’ordre calamiteux (je suis charlie), ils ont réussi l’exploit magistral de ternir durablement l’image symbolique de la France, sa réputation humaniste, aux yeux d’une majeure partie de la planète, et pas seulement de tradition musulmane, mais aussi simplement de toutes les sociétés traditionalistes où prévaut l’attitude respectueuse et morale. Ces pyromanes incompétents pétris d’idéologie libertaire toxique, ont dégradé la notion de liberté d’expression,le rabaissant à la défense irrationnelle et mesquinement partisane, d’un groupuscule pathétique d’anarcho-trotskystes tendance “pipi-caca-zizi”, jusque là affligés par la désertion de longue date entamée de ses lecteurs, vivotant des subsides de l’état et dont le fond de commerce consistait à ressasser l’insulte et la moquerie de très mauvais goût, envers tous ce qui ressemble de prés ou de loin à des idéaux, des valeurs, des symboles pourtant partagés pas des milliards d’individus sur la planète. Les récents événements survenus à l’étranger, montre le résultat patent et tragique de cette catastrophe sémantique d’ampleur internationale, où dans certains pays musulmans, des français y résidant sont désormais regardés comme des militants inconditionnels du droit d’insulter et de railler les valeurs les plus intimement révérées par leurs hôtes. Bravo !

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