La crise du logement s’amplifie

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Moins de 300 000 chantiers mis en œuvre en 2014 : l’immobilier s’effondre.

Par Jacques Garello.
Un article de l’aleps.

imgscan contrepoints 2013522 immobilier« Quand le bâtiment va tout va ». Oui, mais le bâtiment ne va plus du tout en France depuis des années. Ce n’est pas une conséquence de la crise économique, c’est une des raisons de la durée de la crise. Et le problème, loin d’être conjoncturel, est structurel puisque voilà des décennies que l’on enregistre un déficit de logements en France. L’objectif de 500 000 logements construits par an n’a jamais été atteint, on est même loin du compte. Ainsi, le « droit au logement » dont l’État est responsable depuis la présidence Sarkozy n’est-il qu’un leurre.

La raison en est bien simple, et un rapport de Nicolas Lecaussin et moi-même, publié sous le timbre de l’IREF en 2012 dévoilait « la vérité sur le logement social ». Non seulement le logement social n’est pas social puisqu’il bénéficie à des ménages qui auraient les moyens de payer un loyer dans le parc privé et que la majorité des ménages pauvres sont locataires du parc privé, mais de plus, le logement social bénéficie d’avantages financiers, fiscaux et réglementaires qui font défaut au parc privé. Cette concurrence déloyale fait d’ailleurs aujourd’hui l’objet d’un recours de l’Union Nationale de la Propriété Immobilière (UNPI) devant les instances européennes. Un ouvrage récent de Jean Bigot (chez l’Harmattan) donne tous les chiffres qui mesurent « l’impact des politiques du logement sur les bailleurs privés de 1914 à 2014 ».

Depuis un siècle, la « politique du logement » est fondée sur l’encouragement et la priorité au logement social. C’est un choix idéologique : le bailleur est un capitaliste et le locataire un prolétaire. La grande loi de « Solidarité et Renouvellement Urbain » (SRU) devrait être connue sous le nom de loi Gayssot, du nom du ministre communiste du logement qui l’a faite voter. Elle oblige les municipalités à avoir un quota de logements sociaux dans le parc immobilier sis sur la commune. La loi ALUR (Accès au Logement et Urbanisme Rénové) de Madame Duflot a aggravé encore les contraintes et introduit une réglementation sur l’énergie consommée qui pèse sur les coûts de la construction. Le logement français est ruiné par la « nationalisation rampante » (Bigot).

Dans ces conditions, on ne manque pas d’être surpris quand on entend Madame Catherine Jacot, présidente de l’Ordre des Architectes » recommander une relance du logement social et incriminer les municipalités qui n’en font pas assez. Il est vrai que Le Corbusier passe pour un génie du logement social. À Marseille, son immeuble-cité est appelé « la maison du fada ».


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