Cellules souches : sur certaines déformations journalistiques

L’efferverscence médiatique autour des cellules souches vire parfois au sensationnalisme…

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Cellules souches : sur certaines déformations journalistiques

Publié le 10 janvier 2015
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Par Jacques Henry.

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Une innovation dans le domaine des cellules souches redirigées à partir de cellules adultes a fait grand bruit dans les médias ces derniers jours. Il s’agit de la mise au point des conditions de culture cellulaire permettant d’obtenir des ébauches de gamètes à partir de cellules de peau d’adulte.

Cette effervescence médiatique paraît totalement injustifiée pour plusieurs raisons. La première et non des moindres est que l’horloge chronologique dont ne peuvent pas s’affranchir les cellules en dehors de celles dites germinales du testicule, leurs équivalents ovariens existant en nombre limité, fera que les dites gamètes seront déjà « vieilles » biologiquement parlant. Au bout de chaque extrémité des chromosomes se trouve en effet un ajout appendiculaire appelé télomère qui protège les chromosomes d’une détérioration ou d’une fusion intempestive avec d’autres chromosomes au cours d’une division cellulaire. La machinerie enzymatique complexe mise en œuvre pour copier tout un chromosome ne sait pas recopier ces télomères et à chaque division ils deviennent de plus en plus courts. La longueur des télomères indique donc de ce fait un vieillissement du patrimoine génétique avec toutes ses conséquences redoutables comme l’accumulation de mutations indésirables. Cet aspect du scoop médiatique relatif à la production de gamètes à partir de cellules de peau semble avoir été totalement ignoré et pour cause : un scoop ne doit pas être entaché de doutes ou d’informations contre-productives. La science médiatisée est donc devenue une proie pour la presse de caniveau et le sensationnel prime sur la qualité des travaux de recherche.

La deuxième raison de cette quasi imposture journalistique au sujet des travaux publiés dans le journal Cell par une équipe de physiologistes de l’Université de Cambridge concerne en réalité la fonction d’un gène particulier (SOX17) présent sur le chromosome Y codant pour un facteur de transcription impliqué dans la détermination du sexe. Or ces travaux ne font en aucun cas état des conséquences potentielles de l’identification de la fonction de ce gène. Les journalistes se sont emparés de la nouvelle pour écrire des articles dignes d’un Aldous Huxley, un écrivain mystique sous l’emprise de la drogue qui écrivit Brave New World en 1931 ! Autant dire que certains journalistes n’ont plus aucune retenue, ni pudeur ni même respect de leur profession…


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  • De toute facon, depuis la découverte des IPS on a droit à tout un fatras de n’importe quoi dans les journaux, c’est clair que les journalistes ont des années d’avance sur les applications de la science.
    On oublie d’emblée le problème des facteurs de dédifférenciation, le problème de stabilité. Et le problème de reproductibilité.
    Quand on sait que la taille de la boite de pétri, sa forme, qu’elle soit en verre, en plastique, recouverte de nanotubes de carbone, influe sur la différenciation, on est déjà inquiet pour préparer le milieu de culture, définir la température, les gaz…
    Dire que certains journaux annoncent la production prochaine de cardiomyocytes afin de réparer un coeur, personnellement je trouve que la présence de cellules de muscle strié rend la chose peu viable.
    Au niveau universitaire, les avis sont partagés : certains sont pleins d’espoir, d’autres estime la chose trop complexe pour les êtres humains que nous sommes. Mais tous admettent qu’on a quelques 10enes d’années avant d’avoir la moindre application.
    Pourquoi ne pas parler de l’utilisation directe de cellules souches pour lutter contre les rejets de greffe et améliorer la régénération tissulaire. C’est maîtrisé mais quasiment pas connu.

  • Mais Jacques Henry, quel rapport avec le sujet du jour ? Avec je suis Charlie ?

    Humour Charlie Hebdo.

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