La sécurité face à Merah, Nemmouche, Kouachi, Coulibaly

Police à Paris (Crédits Mikael Marguerie, licence Creative Commons)

Quelques questions auxquelles notre sécurité dicte de trouver rapidement des réponses.

Par Nick de Cusa.

Police à Paris (Crédits Mikael Marguerie, licence Creative Commons)Un nouveau problème de sécurité se pose clairement à la France. Son ampleur ne peut encore être déterminée, même si le nombre de tragédies reste limité. Nous avons eu l’horreur Merah, qui s’en est pris entre autres à des enfants, puis Nemmouche qui est allé frapper dans un pays ami, et maintenant les frères Kouachi et leur complice supposé Coulibaly.

Ces quatre attaques présentant beaucoup de caractéristiques semblables, on peut déjà soulever des questions auxquelles notre sécurité dicte de trouver rapidement des réponses.

  • S’agit-il de lone wolves, loups solitaires, indépendants, imitant les autres en « copycat » ou d’une tactique intentionnelle, coordonnée et organisée sur la durée ?
  • Quel est le degré réel d’entrainement, de préparation et de professionnalisation de ces agresseurs ? L’erreur sur le bon immeuble où trouver Charlie Hebdo, de la part des frères Kachoui ne semble pas indiquer un très haut degré. Quels risques et quelles opportunités cela crée-t-il dans la lutte contre ce type d’attaque ?
  • Comment mieux protéger les cibles évidentes ? D’après Patrick Pelloux de Charlie Hebdo, le magazine satirique était la cible mondiale numéro un des réseaux djihadistes depuis quelques jours. Si tel est le cas, alors comment le dispositif de sécurité en place a-t-il pu être si léger ? Ça ne semble pas avoir de sens, et mériterait de sérieuses réponses.
  • Quels sont les réseaux d’intendance, de logistique et de soutien de ces assaillants ?
  • En particulier quels sont leurs réseaux d’approvisionnement en armes et en munitions, et à quel point pourraient-ils être mieux suivis ? Vu le nombre d’AK47 en circulation, on soupçonne que la réponse ici est probablement peu évidente. Dans le cas de lance-roquettes, peut-être un peu moins
  • Comment mieux garder un œil sur des criminels identifiés comme dangereux, comme cela semble avoir été le cas de Chérif Kouachi ?
  • Comment classifier de façon réaliste le danger représenté par les différents individus de retour de théâtres de guerre ou de camps d’entrainement, par exemple en Syrie, Yemen ou Pakistan ?
  • Quel lien entre ces individus armés et les attaques perpétrées avec des voitures ? S’agit-il d’un simple effet d’entrainement ou imitation, ou y a-t-il un élément de coordination ?
  • Quelle part de l’endoctrinement et de la radicalisation vient de l’étranger, et quelle part de chez nous en France et, dès lors, qu’y faire ?
  • Comment répondre aux questions ci-dessus sans tomber dans un État policier ?

Dans la situation actuelle, vu l’existence d’otages, les options qu’auront les policiers au moment d’agir seront très probablement étroites. Ceci étant dit, il serait au plus haut point intéressant de capturer les frères Kouachi et le preneur d’otages Coulibaly vivants, ce qui donnerait une meilleure chance de trouver des réponses fiables à ces questions et à d’autres.