La France dort sur un immense gisement d’équivalent pétrole !

dormir credits moyan brenn (licence creative commons)

(sans émission de CO2…)

Par Michel Gay.

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Il existe sur le carreau de Pierrelatte et à Bessines près de 300 000 tonnes d’uranium appauvri (uranium 238) issu des usines d’enrichissement en uranium 235, matériau nécessaire au fonctionnement des réacteurs actuels, et des EPR dans un futur proche.

Cet uranium 238 « restant » peut être fissionné1 dans un réacteur surgénérateur (dit aussi RNR pour « réacteur à neutrons rapides »). Il a un potentiel énergétique équivalent à 500 milliards de tonnes de pétrole, soit plus de deux fois les réserves mondiales actuelles de pétrole2 (pour les sceptiques, voir le détail du calcul ci-dessous)… et sans émission de gaz à effet de serre !

Il manque « juste » la décision de lancer le processus financier et technique pour aboutir à la construction des réacteurs surgénérateurs et des usines de retraitement ad hoc…

Moyennant cet effort industriel, déjà effectué par le passé dans le nucléaire, la France, qui dort sur un tel trésor, ne rencontrerait plus aucun problème de pénurie énergétique pour sa production d’électricité pendant plus de… 3000 ans.

Considérant ce potentiel énergétique dormant et inutilisé, on mesure l’étendue de l’inculture technique de nos dirigeants qui préconisent une division par deux de la quantité d’énergie consommée par chaque Français. Sans le dire, et même peut-être sans le voir, ils entraînent un appauvrissement général de la France dans les mêmes proportions.

Les combustibles fossiles vont s’amenuiser dans 50 ans ou dans un siècle. Cependant, grâce à la surgénération nucléaire, la quantité d’énergie disponible sous forme d’uranium, en France et dans le monde, pour produire de la chaleur et de l’électricité, sans émission de gaz à effet de serre, est gigantesque.

Il y a 20 ans, Superphénix était déjà un surgénérateur qui a subi une attaque politique létale. Il faisait pourtant naître en France un gisement d’énergie supérieur à toute la quantité de pétrole affichée dans le monde à cette époque… et encore aujourd’hui !

Deux méthodes de calculs simples pour trouver l’équivalence Uranium – Pétrole dans un réacteur nucléaire surgénérateur

  • MT = million de tonnes
  • TWh = térawatt heure = milliards de kWh
  • T U = tonne d’uranium

1) Méthode simple issue de l’expérience

1 MT pétrole = 12 TWh thermique (chaleur)
Aujourd’hui, 60 tonnes d’uranium fissionnées3 produisent 420 TWh d’électricité dans les centrales nucléaires françaises.
Avec une conversion à 33 % de la chaleur en électricité, les 60 T ont produit 1260 TWh thermiques.
1 T U produit donc 21 TWh thermiques, ce qui équivaut à brûler 21/12 = 1,75 MT pétrole.

300.000 T U produiront une chaleur équivalente à 525.000 MT pétrole, soit une énergie équivalente à environ 525 milliards de tonnes… arrondies à 500 milliards pour garder en tête un chiffre rond…

Cependant, ce n’est pas 300.000 T U, mais plus de 500.000 T U qui seront stockées en 2050.
En effet, le stock étant de 300.000 T en 2015 et le flux annuel de 6500 T U par an, on aura donc plus de 500.000 T en 2050 (environ 527.500 tonnes).

C’est donc prés de 900 milliards de tonnes d’équivalent pétrole que la France aura accumulé en 2050, soit trois fois les réserves mondiales de pétrole d’aujourd’hui… quand démarreront les surgénérateurs de la quatrième génération.

2) Méthode plus « scientifique »

La fission d’un atome de plutonium dégage une énergie de 207,1 Mev (celle d’un atome d’Uranium 235 dégage une énergie quasiment identique de 202,8 Mev).
1 électron volt = 1,602 x 10^(-19) joules
207,1 MeV = 3,318 x 10^(-11) joules par atome fissionné.

La valeur du nombre d’Avogadro étant de 6,0221415 x 10^23 on en déduit que :

  •  239 grammes de Plutonium représentent 19,98 Téra joules (19,98 x 10^12 J)
  • 1 kg fissionné représente 83,61 Téra joules (83,61 x 10^12 J)
  •  1 Tonne fissionnée représente environ 84 x 10^15 joules.
  •  300.000 T représentent environ 25 x 10^21 joules.

Or, 1 kg de pétrole représente 42 x 10^6 joules. Donc, le stock d’uranium qui se transformera en Plutonium dans un réacteur surgénérateur équivaut sensiblement à (25 / 42) x 10^15 = 0,59 x 10^15 kg de pétrole, soit… 590 milliards de tonnes de pétrole.

Répétons-le, c’est une ressource énergétique deux fois supérieure aux réserves mondiales de pétrole déclarées en 2012, pour la production de chaleur et d’électricité.

  1. Plus précisément, dans un réacteur surgénérateur, l’uranium appauvri (U238) se transforme d’abord en Plutonium (majoritairement Pu239) en absorbant des neutrons avant de fissionner.
  2. En 2012, les réserves prouvées mondiales de pétrole sont estimées à 1653 Gb (milliards de barils) selon la dernière publication de BP (British Petroleum), soit 230 milliards de tonnes de pétrole (un baril = 0,14 tonne de pétrole = 159 litres).
  3. Principalement de l’U235, et aussi du plutonium issu de l’U238 par absorptions de neutrons pendant la réaction nucléaire dans le réacteur.