La crise économique, meilleure amie de la femme

femmes au travail credits state library of virgina collections (licence creative commons)

Et si le meilleur atout pour l’émancipation de la femme dans le monde était l’interminable crise économique dans laquelle nous vivons.

Par William Kohler

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Certaines voix conservatrices imputent l’ensemble des maux actuels à la perte des repères hommes-femmes, elles voudraient voir le monde ségrégué par genre, une société du « chacun à sa place ». Malheureusement pour ces réactionnaires, les impératifs économiques que chaque famille, couple ou célibataire connaissent avec la crise prévalent sur le discours moral et les femmes du monde entier cherchent désormais un emploi.

L’accès à un emploi leur donne alors une certaine autonomie financière, celle-ci est garante de leur indépendance. En travaillant, les femmes deviennent plus libres de leurs destins. Elles peuvent divorcer ou vivre seules, décider de leur budget et être mobiles. Rappelons que ce n’est qu’en 1965 que les femmes ont eu le droit d’ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation préalable de leur conjoint.

C’est en quelque sorte grâce à la crise économique et surtout pour y faire face, que les femmes de tous les continents vont pouvoir s’émanciper. Certes, les valeurs libérales de la modernité avaient déjà entamé la féminisation de l’ensemble des professions, mais la conjoncture actuelle vient donner le coup de grâce au misogynisme économique.

En prenant en compte les besoins contemporains, le prix de la vie, les difficultés des foyers à payer leurs dettes, l’inflation, le chômage éventuel pour le partenaire et l’émergence d’une classe moyenne mondiale, il est souvent nécessaire aux femmes de ramener de l’argent à la maison. Les valeurs traditionnelles et religieuses qui veulent que les femmes restent cantonnées dans leur rôle de mère au foyer ne sont, rien que sur le plan économique, plus possibles.

Les femmes sont donc de plus en plus nombreuses à occuper des responsabilités. En Europe, un rapport de la HESA (Higher Education Statistics Authority) montre que les filières de la santé, du droit, des arts, de l’éducation ou encore des médias comptent de 60% à 80% de filles. Les garçons sont eux les plus nombreux en informatique, en technologie et en architecture.

Ainsi, plus qu’un symbole, la proportion croissante de femmes dans les secteurs relationnels (santé, social, langues) et visibles de la société (arts, médias, éducation) permet de réduire les inégalités hommes-femmes et de transmettre les valeurs féministes.

Jusqu’à il n’y a encore pas si longtemps, les études universitaires étaient l’apanage de la gent masculine. Dans de nombreux pays, les femmes ont longtemps été proscrites de certaines grandes écoles. Ce n’est qu’en 1973 que la première demoiselle entre à polytechnique (terminant honorablement le concours à la première place).

Quarante ans plus tard, les choses ont bien changé, et tout autour de la planète. De nos jours, les filles sont plus nombreuses à faire des études supérieures que les garçons et cette tendance s’étend désormais dans les nations où la condition des femmes est la plus difficile. En Iran, 70% des étudiants sont des étudiantes.