Noël : quelques conseils de lecture de la rédaction

Quelques conseils de lecture de dernière minute pour faire de jolis cadeaux à vos amis !

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Noël : quelques conseils de lecture de la rédaction

Publié le 23 décembre 2014
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D’ici quelques jours, les cadeaux devront être prêts sous le sapin pour la plus grande joie des petits et des grands. Reste le cadeau de dernière minute, celui qui fera plaisir même si choisi juste avant la fermeture des derniers magasins. Pour aider nos lecteurs, Contrepoints a demandé à certains de ses fidèles collaborateurs de proposer leur conseil de lecture.

Alexis Vintray, rédacteur en chef 

fontanetL’ancien président d’Essilor livre avec Pourquoi pas nous un essai très pédagogique, pour montrer combien le déclin français n’a rien d’inéluctable. Beaucoup de pays ont traversé les mêmes doutes, les mêmes incertitudes et s’en sont tirés par le haut. À nous de savoir prendre le meilleur dans les très nombreux exemples détaillés et chiffrés proposés par Xavier Fontanet, que ce soit au Canada ou en Allemagne, en Nouvelle-Zélande ou en Suisse. Un exercice tout en réalisme et en humilité que chacun devrait lire pour ne pas succomber au fatalisme mais plutôt porter une vision positive qui est à la portée de notre pays.

Arnaud Bichon, rédacteur en chef

SOS BonheurDans la social-démocratie parfaite décrite dans S.O.S Bonheur, l’État-providence ne laisse rien au hasard et veille au bonheur de chacun – un bonheur programmé. La Caisse Nationale d’Assurance Médicale Unifiée décide des détails de la vie de tous les affiliés pour que personne ne tombe jamais malade. Le ministère des Vacances Nationales planifie et organise les congés obligatoires de chacun. Pour assurer la Sécurité publique, la vie de chaque citoyen est consignée dans une carte magnétique que l’État peut contrôler quand il le souhaite. Afin de se prémunir d’une surpopulation mondiale, des normes de croissance démographique ont été établies ; le « Planning familial » contrôle les recommandations étatiques en matière de naissances. Les métiers des Arts et des Lettres, dont la mission est de rendre les gens heureux, sont organisés en « professions protégées » afin de permettre aux véritables artistes agréés par l’État de créer en toute « liberté matérielle ».

Mais lorsque l’État-providence est poussé à son paroxysme, les lois contraignantes finissent par faire perdre tout le sel de la vie. Seuls quelques rebelles prennent conscience des humiliations et de leur liberté bafouée. Malgré tout, le mythe social-démocrate commence à s’effriter, comme en atteste cette statue représentée à chaque début de chapitre, s’effondrant comme l’idéal qu’elle représente devant sa fatale impossibilité. Louis, vieux flic presque à la retraite, sosie de Lino Ventura, veut enfin comprendre ce système étatique pour lequel il a travaillé depuis sa jeunesse. Il va remonter et saisir toute la mécanique de la social-démocratie – dont le « capitalisme de connivence » tire les ficelles –, qui, sous couvert de vouloir le bien, est une vraie prison.

À travers cette bande-dessinée de plus de 160 pages, les dangers de la surprotection étatique sont dénoncés par un Jean Van Hamme incisif, qui tape là où ça fait mal, dans un style direct et sans détours, servi par les bons dessins de Griffo. Un chef-d’œuvre du 9e art, effrayant de réalisme. Une fois l’ouvrage refermé, on ne peut cesser d’y songer, troublé par le fait que ce récit, écrit dans les années 1980, soit si proche de notre quotidien.

Baptiste Créteur, éditorialiste 

diamondJ’ai choisi De l’inégalité parmi les sociétés : Essai sur l’homme et l’environnement dans l’histoire, de Jared Diamond. Certaines sociétés ont avancé plus rapidement que d’autres sur la route du progrès. Toutes ont suivi des chemins similaires, mais n’ont pas démarré du même point : la géographie, la faune et la flore de la préhistoire n’offraient pas partout le même potentiel, et le génie humain n’a pas trouvé partout les mêmes opportunités de s’exprimer.

Outre sa richesse d’information et son impressionnante capacité explicative, le livre une fois reposé invite à se poser certaines questions. Alors que les barrières physiques et les distances s’estompent, qu’est-ce qui empêche les hommes de saisir les opportunités qui se présentent à eux ?

 

Frédéric Mas, secrétaire de rédaction

jasayLa lecture de L’État du philosophe et économiste Anthony de Jasay a bouleversé la conception que je me faisais du libéralisme politique. Je m’étais plutôt intéressé aux problèmes posés par l’État moderne à travers les critiques de la bureaucratie proposées par Cornélius Castoriadis, Claude Lefort et Pierre Rosanvallon. Non seulement le livre de Jasay est impressionnant sur le plan de la rigueur analytique, mais aussi sur celui de l’érudition et de la culture économique. Son fil directeur peut être résumé par l’une des premières phrases de l’introduction. Que feriez-vous si vous étiez l’État ? En application de la théorie des choix rationnels, quel serait le maximand de l’État et que ferait-il pour l’atteindre ?

Philippe Lacoude 

salinIl serait difficile de cerner la pire contre-vérité en matière de libéralisme tant les idées fausses circulent en France sur la question. Cependant, un thème récurrent serait que le libéralisme est un produit anglo-saxon. Rien n’est moins vrai, de l’influence d’Anne-Robert-Jacques Turgot sur Murray Rothbard, à celle de Jean-Baptiste Say sur l’école de Chicago, ou à celle de Frédéric Bastiat sur Friedrich Hayek.

Le livre de Pascal Salin, Libéralisme, est là pour nous rappeler que si la tradition intellectuelle française a bel et bien décliné en quantité d’auteurs et d’ouvrages, elle n’a pas du tout disparu en qualité. Comme Frédéric Bastiat en son temps, Pascal Salin expose de façon limpide les grands principes moraux et scientifiques du libéralisme et réfute avec brio tout un tas de mauvaises idées dont la critique avait fait le fonds de commerce intellectuel du premier.

Contrairement aux nains intellectuels qui pullulent dans les ministères parisiens, Pascal Salin ne présente pas quelques corrélations de quelques grandeurs prises au hasard en essayant de les faire passer pour des causalités. L’auteur part au contraire des fondements du Droit, le droit de propriété et la responsabilité civile, et des fondements de la science économique, la théorie subjective de la valeur. Il utilise ces outils afin d’illustrer le rôle et la nature de l’entreprise, l’importance de la concurrence et l’utilité de la spéculation.

Mais le livre ne s’arrête pas à cette défense de ce que les socialistes de tous les partis appellent l’« ultra-libéralisme » qu’ils prononcent en faisant mine de s’étouffer. Non, l’ouvrage montre comment la restauration de la responsabilité individuelle pourrait aisément résoudre les (faux) problèmes de l’immigration, des transports, des limites de vitesse, de la protection sociale ou de la vraie écologie. L’ouvrage conclut sur le périmètre qu’il serait approprié de laisser à l’État.

Un livre à offrir d’urgence à tous les anticapitalistes statocrates convaincus que le modèle de société libre auquel Pascal Salin nous invite serait une élucubration d’une poignée de fonctionnaires américains du FMI ou de la Banque Mondiale !

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