Jean-Luc Mélenchon : « La dette de l’État, c’est de la rigolade ! »

Jean-Luc Mélenchon (Crédits ActuaLitté, licence Creative Commons)

Pour le leader du Parti de Gauche, contrairement à un ménage ou à une entreprise, l’État peut renouveler sans cesse ses dettes.

Par l’auteur du site « Bobo libéral »

Jean-Luc Mélenchon (Crédits ActuaLitté, licence Creative Commons)

Jean-Luc Mélenchon, qui a le goût des formules chocs, considère que la dette de l’État français « c’est de la rigolade ». Notre trublion s’est empressé de faire référence à un membre des économistes atterrés, un certain Michel Husson, qui considérait comme stupide de faire un parallèle entre la  dette d’un État et celle d’un ménage ou d’une entreprise. Selon cette éminence, un « État renouvelle constamment sa dette et peut le faire puisqu’il est a priori (sauf crise exceptionnelle) immortel ». Inutile d’aller plus loin dans les réflexions de ce personnage. Nous avons un cas patent d’idolâtrie étatique. C’est une maladie très répandue, mais malheureusement peu diagnostiquée.

D’abord, il est vrai qu’il est stupide de comparer la dette d’un État avec celle des particuliers ou d’une entité privée telle une entreprise. Les niveaux de responsabilités n’ont rien à avoir, et même la nature du produit est totalement différente.

Mélenchon Closer René Le HonzecQuand un État contracte une dette, cela se fait par l’intermédiaire de ses agents, c’est-à-dire les hommes d’État (fonctionnaires ou élus) qui n’engagent pas leur responsabilité et n’hypothèquent aucun de leurs fonds personnels, mais à l’inverse engagent l’argent du contribuable, qui n’est pas le leur. Et point important, lors du remboursement du crédit en question, ils pourront ne plus être au même poste et être remplacés par d’autres.

Mieux encore, qui remboursera la dette ? Les contribuables. Mais qui sont-ils ? On ne le sait pas véritablement. On se réfère à la masse des contribuables, dans son ensemble. Aucun d’entre eux n’a conscience d’avoir, par le biais de l’État, contracté une dette. Se sentent-ils obligés de remplir les termes du contrat ? Ils peuvent quitter le pays, refuser de payer les impôts ou se révolter.

En fait, le prêteur confie son argent à des individus qui n’engagent en rien leur responsabilité et promettent le remboursement de cet argent (avec intérêts) par les rentrées fiscales issues d’une masse de contribuables qui n’ont pas véritablement conscience d’avoir à rembourser un quelconque prêt. Dans le privé, un contrat avec de tels termes est inconcevable.

Le seul point dans ce contrat opaque qui rassure les prêteurs est le monopole de la violence dont dispose l’État et qui lui permet de lever des impôts (mais aussi la propagande étatique et une législation qui encouragent/obligent les prêteurs). Ils font confiance à l’État pour faire main basse sur les biens des particuliers en toute circonstance.

La vidéo suivante nous apporte un bien bel éclairage :

Et c’est bien cela qui, au contraire, rend la dette d’État très dangereuse et instable.

Le fait de s’imaginer que l’État est pérenne et ne peut pas faire faillite quoi qu’il arrive, car c’est une éventualité qui n’a jamais été considérée comme possible dans la tête de nos étatistes, aggrave paradoxalement son risque de faillite. Car ses agents, s’imaginant à leur tour immortels, réduiront au maximum toute attitude de prudence. Les prises de risques et les décisions court-termistes seront démultipliées et la faillite de l’État deviendra un véritable cygne noir qui fera vaciller tout le système.

D’ailleurs, à demi-mot, Husson avoue tout de même cette possibilité, en mettant entre parenthèse  un « sauf crise exceptionnelle » quand il énonce l’immortalité de cet État. Par définition, une crise est exceptionnelle.

Le fait que l’État tire ses revenus de l’impôt n’arrange pas les choses. Les impôts ont un caractère destructeur sur la société, réduisant rapidement ses ressources et à moyen terme les rentrées fiscales. Ce qui l’oblige à augmenter ces impôts ou à lever de la dette qui sera remboursée par des impôts futurs. Dans tous les cas, la nocivité de l’impôt perdure et s’accroît et l’État s’affaiblit, rendant difficile le remboursement des dettes.

La dette de l’État est un outil dangereux pour la société dont abuseront sans vergogne les étatistes pour arriver à leurs fins. Elle se fonde sur un outil de spoliation massif, l’impôt, dont les termes ont été signés par une entité, l’État, qui ne représente véritablement personne, si ce n’est un concept abstrait qu’est le peuple. Ses termes et son taux peuvent être manipulés à loisir, par des ordonnances ou des lois, et les contribuables qui vont, par la force, la rembourser ne seront peut-être pas les mêmes que ceux de l’époque où elle a été contractée.

Dans ces conditions, Mélenchon a raison : il vaut mieux en rigoler qu’en pleurer.


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