Dette publique : si vous avez 18 ans, il reste un espoir

dette secu rené le honzec

La dette publique dépasse désormais les 2000 milliards. Mais tout n’est pas perdu. Il suffit d’avoir dix-huit ans.

Par Henri Dumas

dette secu rené le honzec

Tout n’est pas perdu. Il suffit d’avoir dix huit ans. Enfin, plus précisément, tout n’est pas perdu pour ceux qui vont ou viennent d’avoir dix huit ans.

Notre bien aimé Code Civil prévoit, en son article 768, la faculté pour un héritier de renoncer à la succession : « L’héritier peut accepter la succession purement et simplement ou y renoncer. » L’héritier, s’il veut renoncer à la succession, doit le faire dans les quatre mois à partir du moment où il a hérité. Dans ce but il doit remplir le formulaire Cerfa n°14037*02 et le déposer au greffe du Tribunal de Grande Instance. Cet imprimé doit être accompagné de l’acte de décès du de cujus, de la copie de l’extrait de naissance du déposant et d’un justificatif d’identité de celui-ci.

Les motifs de la renonciation

Ce qu’en disent les experts : « Lorsque le patrimoine du défunt comprend un passif supérieur à l’actif, il est préférable pour les héritiers de renoncer à la succession : les héritiers ne sont pas tenus au paiement des dettes du défunt au-delà de la valeur du patrimoine reçu, leur propre patrimoine est protégé contre un appauvrissement. »

En clair, si vous héritez d’un paquet de dettes plus important que les biens dont vous deviendriez bénéficiaire, vous refusez l’héritage et vous n’êtes pas redevable des dettes. Votre aïeul ne peut pas vous coller sur le dos son passif, ses dettes de casino, les voitures achetées à crédit à ses maitresses, les crédits de son château, de sa Rolls, de son yacht, les emprunts faits à ses copains etc.

Tout cela tombe sous le sens, est juste, la loi n’est pas si mal faite, personne ne peut vous contraindre à hériter de dettes.

Admettons : vous avez dix-huit ans aujourd’hui

Vous voilà, ce même jour, héritier de 2.000 milliards de dettes officielles, plus celles qui ont été cachées sous le tapis, soit 5.000 milliards dit la Cour des Comptes, qui peut en avoir encore oubliées.

Dans les actifs pas grand-chose :

  • Une bande de hauts fonctionnaires dispendieux, fêtards, logés dans des palais décrépis qui sont source de travaux de rénovation constants et couteux.
  • Une bande de fonctionnaires ordinaires peu actifs, certains gentils et inoffensifs mais aux performances obsolètes.
  • Quelques routes sinistrées, où de toute façon il n’est plus possible de circuler tranquillement.
  • Des hôpitaux et une Sécurité Sociale en faillite et inopérants.
  • Des chemins de fer usagés, voire dangereux, en faillite aussi.
  • Une armée dont le matériel est usé et le personnel démotivé.
  • Une justice qui fonctionne en circuit fermé, exclusivement pour elle.
  • Une police dont l’avenir est incertain, oscillant entre la dépression ou la « bunkérisation » dans des commissariats assiégés.
  • Des parts dans des sociétés à la traine au niveau mondial.
  • Une réputation globale de loser, qui rend tout espoir de renverser la situation inimaginable.
  • J’allais oublier Bercy : le fief de notre aliénation, le virus qui nous tue, la chaudière de notre enfer, notre centrale nucléaire en folie, notre Stasi en pire. Bercy qui nous pille, nous tue, nous met en esclavage.

Il est évident que les actifs ne couvrent pas les dettes, loin s’en faut. Vous avez donc quatre mois à partir de vos dix huit ans, date de votre majorité – date qui vous rend héritier de ce beau pays appelé la France – pour renoncer à la succession. Je vous y engage fortement. Vous n’avez aucune raison de payer les dettes de vos parents, vu le merdier qu’ils vous laissent en échange.

Vous devez, ne l’oubliez pas, déposer votre imprimé Cerfa 14037 au greffe de votre TGI. Lisez bien la notice pour remplir l’imprimé. La partie vous concernant ne devrait pas vous poser de problème particulier.

Les renseignements concernant la défunte sont plus délicats. Le dernier domicile de la défunte sera l’Europe. Pour l’acte de naissance je vous conseille de ne pas remonter top loin. Clovis serait un mauvais choix, trop imprécis géographiquement. La déclaration des Droits de l’Homme parait plus judicieuse à cet effet. L’acte de décès va vous laisser plusieurs choix. Vous pouvez prendre le dernier budget voté. Un book réalisé à partir de la presse économique sérieuse, papier ou internet. Ou tout autre document certifiant la mort de la France. Le lieu de décès peut être votre domicile, la disparue prétendait à l’ubiquité.

Une fois votre renoncement à la succession déposé dans les formes, le mieux, dans un premier temps, est d’aller fêter ça. Vous voilà libre, ça se fête. L’avenir pour vous est au beau fixe.

Inutile de vous rappeler qu’ayant refusé la succession, personne ne pourra vous demander de participer aux dettes passées. Vous serez sans doute nombreux à refuser la succession, en tout cas je vous le souhaite. Évidemment, vous n’aurez plus accès au capital vermoulu de la défunte, à ses usines à gaz. Vous vous débrouillerez très bien sans cela, je vous fais confiance.

Mais, de grâce, ne remettez pas le couvert. Le fait d’être exempts de dettes ne doit pas vous ramollir face aux sirènes bancaires, quelle que soit la beauté de leurs poitrines ou de leurs queues de poisson. N’oubliez pas que le crédit est l’assassin de l’économie, quand il est réduit à absorber les dettes récurrentes de la mauvaise gestion d’une entreprise, fût-elle un pays.

Bonne chance jeunes gens, vive votre liberté sans nos dettes ! Libérez-vous de l’ignoble propagande visant à vous refourguer une situation avariée dont vous n’êtes pas responsables.


Sur le web.