6 principes pour redresser la France

Coq (Crédits : Olibac, licence CC-BY 2.0), via Flickr.

Il existe des solutions pour redresser la France. Mais avant toute chose, il faut cesser d’être mous.

Il existe des solutions pour redresser la France. Mais avant toute chose, il faut cesser d’être mous. Quelques principes peuvent nous y aider.

Par Baptiste Créteur. 

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1. S’engager dans le changement

La France n’a pas besoin de réformes à la petite semaine et d’amendements timides, mais d’un véritable changement. Les principes qui ont présidé à la vie politique des dernières décennies avec les résultats qu’on sait ne peuvent pas résoudre les problèmes qu’ils ont créé.

Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. – Bossuet

Il faut accepter l’idée qu’un réel changement est nécessaire, et qu’ils ne concernera pas que les autres. Ce sont les principes qu’il faut changer, et l’impact ne peut être que majeur.

La devise française est une excellente base, pourvu qu’on en comprenne le sens authentique. Revenir à l’égalité des droits, sans en transformer le sens pour en faire une égalité des conditions qui ne peut que créer et amplifier l’injustice. Embrasser la liberté individuelle, en acceptant le principe de subsidiarité (qu’on pourra comprendre au travers de cet article de Jacques de Guenin) : l’autorité publique ne doit intervenir qu’en dernier recours, et n’assurer que les fonctions que l’initiative privée et la société civile ne parviendraient pas à remplir. Et, comme premier pas vers la fraternité, adopter vis-à-vis d’autrui une attitude bienveillante dont on cherchera soi-même à se montrer digne. Chacun doit accepter ces principes, même quand ils ne jouent pas en sa faveur ; accepter la libre-concurrence et la fin des privilèges, ainsi que la responsabilité de chacun sur les choix qu’il fait.

2. Faire des constats clairs et objectifs

Au-delà des principes fondamentaux, il faut adopter une attitude objective et orientée vers les résultats. La langue de bois et les belles promesses ne nous mèneront nulle part.

Par exemple, les plans de relance, ça ne marche pas. Si ça marchait, il n’y en aurait pas autant. Il faut tirer le constat des échecs passés et admettre que l’État ne peut pas relancer l’économie. Ni en redistribuant pour favoriser la consommation, ni en relançant pour favoriser l’investissement. Une politique sociale ne peut pas se donner pour objectif de maintenir sous perfusion des catégories entières de la population, une politique économique ne peut pas se contenter d’arroser un terrain peu fertile d’argent public en espérant que quelque chose pousse.

Si la France stagne, c’est parce que trop d’énergie est perdue à chaque étape de production de richesse. Il faut libérer les énergies. Réduire le poids des taxes pour favoriser la consommation et l’investissement, ne pas sanctionner le succès pour inciter les entrepreneurs à réussir, et restaurer la marge de manœuvre des entreprises au lieu de détruire leur marge.

3. Cesser de se concevoir comme un cas particulier

L’économie suit des règles simples, qui ne s’arrêtent pas aux frontières de l’Hexagone. La France n’est pas une exception, ni économique ni culturelle ; les Français ne sont pas des extraterrestres.

C’est une chance. D’une part, cela permet de comprendre notre économie sans réinventer la roue à chaque élection ; d’autre part, nous pouvons nous inspirer de ce qui a marché ailleurs et nous éloigner de ce qui a échoué.

Pour favoriser l’emploi, il faut avant tout assouplir le marché du travail : embaucher ne doit pas mettre la santé de l’entreprise en péril. Il n’est pas grave de perdre son emploi ; ce qui est grave, c’est de ne pas en retrouver. L’objectif d’une politique de l’emploi est de favoriser l’emploi – pas de geler l’économie ou maquiller les chiffres. Et pour créer des emplois, il faut laisser faire les entreprises. Elles n’ont pas besoin qu’on les encourage, qu’on les incite ou qu’on les aide, simplement qu’on les laisse vivre et grandir.

Ce qui est vrai du pays l’est aussi des citoyens. Chacun d’entre eux est unique, mais aucun n’est immune à la concurrence ou aux critiques.

4. Juger les résultats et les engagements, pas les promesses et les discours

Les hommes politiques français font des promesses avant d’être élus et trouvent des excuses après. Il faut instaurer une culture du résultat. Derrière les discours et l’apparente effervescence, le chômage et les déficits continuent d’augmenter, le retard français et la dette s’accumulent.

Après des décennies d’endettement en toute détente, les politiciens nous promettent désormais un sérieux budgétaire ; aucun ne se montre prêt à parler d’austérité telle qu’elle devrait être, c’est-à-dire de baisse effective et massive des dépenses de l’État. Nous n’avons plus besoin d’irréductibles refusant le capitalisme et embrassant la dette ; nous n’avons plus besoin d’Austérix et de la ponction magique ; nous avons besoin de changement.

Nous n’avons plus besoin d’Austérix et de la ponction magique ; nous avons besoin de changement.

5. Avoir le sens des priorités

D’après la loi de Paretto, 20% des efforts constituent 80% des résultats. Les chiffres ne sont pas à prendre comme tels, mais l’idée est importante : en priorisant convenablement, on peut avoir un impact significatif avec des ressources limitées. Et c’est exactement ce que l’État devrait s’appliquer.

À quoi bon passer autant de temps à pérorer sur le genre à l’école et l’exploitation des salariés quand la France s’enfonce ? A-t-on réellement besoin de lois si nombreuses et de codes si volumineux ? A-t-on réellement besoin de milliers d’élus, de millions de fonctionnaires ? Ne faut-il pas qu’il y ait de l’embauche avant de se demander s’il y a des discriminations ?

6. Prendre ses responsabilités, ou la porte

Les Français sont responsables de leur destin. À eux de prendre en main le destin de la France si nous le jugeons assez important pour cela, et de se prendre en main. Ou plutôt : à nous de nous prendre en main.

Il ne suffit pas de le vouloir pour que les choses changent.  Les hommes politiques et les hommes de l’État se révèlent incapables de changer ? Cessons de leur poser la question, et agissons. Soyons prêts à renverser l’État s’il devient un obstacle plutôt que le garant des droits naturels et d’une société libre, harmonieuse et prospère.

Si vous avez des idées que vous souhaitez partager, ou si vous voulez vous engager auprès de Contrepoints, vous pouvez me contacter ici : baptiste.creteur@contrepoints.org