Les immigrés privés de protection sociale ?

La Cour de Luxembourg réprime le tourisme social : est-ce la bonne mesure ?

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immigrés credits Minnesot historical society (licence creative commons)

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Les immigrés privés de protection sociale ?

Publié le 29 novembre 2014
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Par Jacques Garello.

immigrés credits Minnesot historical society (licence creative commons)

Dans l’Europe entière le sort réservé aux immigrés fait débat et en France, la classe politique s’en soucie beaucoup, en général pour dénoncer les abus du « tourisme social », de ces gens qui ne viennent pas pour travailler et enrichir le pays d’accueil, mais pour bénéficier des prestations sociales et parasiter le pays d’accueil.

La position libérale sur le sujet est à notre sens très claire : la liberté de circuler est un droit individuel fondamental et les régimes totalitaires ferment immédiatement leurs frontières aux étrangers. Pour autant, les prestations sociales versées à des personnes qui n’ont pas l’occasion ni même l’intention de travailler doivent être supprimées. Mais cette suppression doit s’appliquer aussi bien aux nationaux qu’aux étrangers immigrés.

Dans le texte de l’arrêt rendu le 11 novembre dernier par la Cour Européenne de Justice qui siège à Luxembourg, la distinction est faite de façon très nette entre le droit à la libre circulation au sein de l’Union Européenne et le droit à l’accès à la protection sociale du pays d’accueil. C’est une position qu’ont choisie les partisans de « l’immigration sélective » et François Fillon a évoqué le fossé qui sépare « l’immigration de l’effort » de « l’immigration de confort ».

Mais pourquoi limiter cette distinction aux seuls immigrés ? C’est le principe même de la protection sociale obligatoire et publique qui doit être mis en cause, et pour tout le monde. La France s’est développée et enrichie grâce à l’afflux de main d’œuvre étrangère, tout comme les États-Unis, le Canada et maintenant l’Angleterre. Mais tout a basculé quand a été créée la Sécurité Sociale, un système conçu pour engendrer gaspillages, abus et tricheries.

Voici donc la bonne mesure à prendre : verser aux travailleurs leur salaire complet, et leur demander de s’assurer auprès de compagnies privées ou de mutuelles. L’assistance publique se limite alors à l’aide humanitaire apportée ponctuellement par les instances d’État ou de collectivités locales, elle ne peut constituer un « droit social ».

Il est temps de rompre avec la pratique indigne de l’assistanat, et inciter chacun à gagner sa vie par son activité productive. Il est d’ailleurs prouvé que l’entreprise est un creuset où viennent se fondre des hommes et des femmes de toutes conditions, de toutes origines. L’exercice de la responsabilité personnelle est source d’harmonie sociale.


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  • Quand on est favorable a l’optimisation fiscal on est favorable a l’optimisation social.

    • Vous avez entièrement raison, on ne peut pas reprocher aux individus de suivre les incitations. Car c’est bien ce que vous vouliez dire, n’est-ce pas ?

    • En réalité c’est différent, celui qui cherche à réduire ces impôts ne fait que conserver d’avantage de la richesse qu’il a créé et qui devrait lui appartenir de droit, celui qui cherche à toucher d’avantage d’aide (qu’il s’agisse de personnes ou d’entreprises) cherche au contraire à prendre d’avantage de ce qui appartient aux autres.

      • Votre possession est définie légalement et c’est le cas pour les loi qui régissent la prestation sociale. Le vol c’est l’impôt c’est pas l’allocation. Les lobbys qui militent pour que de nouveau impôt entre directement dans leurs poche sont donc coupable. Et si vous prenez la situation politique de nombreux pays bloqué politiquement. Vous aurez des groupes sociaux assez explicite qui militent pour que l’état prennent de l’argent dans la poche des autres.

  • Ce que vous dites est indigne. Que faites vous de la personne qui travaille et qui se retrouve malade, un cancer, pour vous il ne sert plus à rien, on le laisse crever!!! Quand à prendre une mutuelle ou assurance, faudrait peut être être un peu plus payer quand on travaille!!! Supprimons plutôt une bonne partie du gouvernement qui ne sert à rien et qu’on entretient avec nos impôts!!!!!

  • Comme d’habitude, on passe à côté de l’essentiel, en demeurant sur les grands principes.

    Le Réel bon sang, le Réel.

    -les aides sociales françaises… n’attirent pas les pauvres espagnols, italiens, allemands, anglais

    -les aides sociales françaises attirent les pauvres de pays… extrêmement pauvres : Afrique, Maghreb, Europe de l’Est, qui n’ont donc rien à perdre et tout à gagner.

    En quoi ce principe d’échelle est-il si difficile à comprendre ?

    Autre principe d’échelle : il y a combien de pauvres en Espagne qui pourraient se déverser en France (hypothétiquement) versus combien d’extrêmement pauvres.. en Afrique voulant venir en France ?

    Répéter comme un mantra « la liberté de circuler est un droit absolu »… ne veut rien dire dans le Réel, c’est à dire l’époque, la situation dans laquelle nous vivons.

  • Mouais,

    Autant la protection sociale actuelle est absolument n’importe quoi et n’est au fond qu’un achat de paix sociale et d’élection, autant on peut considérer probable que même dans une société vraiment libérale fonctionnant très bien il y aurait toujours à un instant t 5% de la population dans la merde et qui a besoin d’aide (et non 30 ou 40% comme aujourd’hui). Je suis libéral mais je ne souhaite pas qu’un ultime filet de sécurité (juste pas crever de froid et de faim) soit supprimé
    Bien sur c’est théoriquement incompatible avec des frontières ouvertes (comme tout ce qui est socialiste) mais on peut trouver des solutions intermédiaires comme par exemple un délais de carence de 5 ans de présence dans le pays avant d’avoir droit à quoi que ce soit … l’immigration bénéfique et non bénéfique se triera toute seule …

    • Je vais dans le même sens que yepp…

    • Tu dis « ….un délais de carence de 5 ans de présence dans le pays avant d’avoir droit à quoi que ce soit … »

      Avoir droit à quoi ? A des aides ?

      Je comprends pas trop… Pourquoi ne pas se prendre une assurance par soi-même ?

      • Avoir droit à des aides…

        Bien sur qu’il faut que les gens s’assurent eux même etc mais de toute manière il y aura toujours une petite frange de population dans la merde (période de transition mal préparée, malchance et accident de la vie , stupidité/inadaptation)
        On peut éventuellement garder un ultime filet de sécurité pour ces gens là, mais pas en mode « luxe » comme aujourd’hui plutôt dans un angle micro-chambre individuelle spartiate dans un centre qui fourni aussi le couvert spartiate aussi: dignité tout en gardant une forte incitation à sortir de cette situation.

  • Le principe de réalité aussi s’oppose à donner l’intégrité su salaire à l’employé en lui suggérant de s’assurer par ses propres moyens. C’est libéral mais c’est aussi illusoire.

    La meilleure solution consiste à garder une part de sécurité sociale obligatoire pour une partie du salaire, celle qui est autour du SMIC, et permettre aux assurés de se payer des complémentaires avec le reste de leurs revenus, quand ceux-ci sont sont supérieurs. La complémentaire pouvant aussi devenir la principale source d’assurance en valeur. La réalité, c’est le patron pêcheur qui donnait avant le départ en pêche le salaire à la mère de famille pour ne pas que le pêcheur utilise tout l’argent du ménage en beuveries lors du retour à quai. La réalité, c’est que la sécurité sociale et obligatoire ne l’est devenue que parce que la plupart des employés/ouvriers laissés à eux-mêmes auraient dépensé leurs revenus en boissons même si leur famille en avait eu terriblement besoin. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Balzac.

    Là-dessus, la condition humaine n’a guère changée, malgré les progrès des conditions de travail dans les entreprises au XXème siècle. On n’est pas si éloigné de Germinal que cela, c’était il y a à peine plus d’un siècle ! La maturité libérale des peuples n’est pas si avancée que cela, surtout en France où l’État est toujours considéré comme la mère nourricière. Pourtant, il faudrait écouter Paul-Louis Courier (1773-1825) quad il disait « Ce que l’État encourage dépérit, ce qu’il protège meurt. »

    Dans toute organisation de société, on est toujours coincé entre plusieurs paradoxes. Prendre des décisions collectives est la pire des choses : il y aura toujours des mécontents, des aigris et des défavorisés.

    • Le principe de réalité aussi s’oppose à donner l’intégrité su salaire à l’employé en lui suggérant de s’assurer par ses propres moyens.

      Cela peut-être rendu obligatoire de s’assurer, comme les assurances en maladie en Suisse. C’est moins libéral, mais si on laisse le choix de la caisse, et qu’il existe un libre passage complet, cela ne devrait pas être scandaleux du point de vue libéral.

      • De fait, la sécurité sociale obligatoire aura été certainement une étape historique quand l’obligation de s’assurer par ses propres moyens en sera certainement une autre, à l’exemple de la Suisse. On le voit souvent dans les accidents de la circulation, les conséquences d’une non-assurance sont toujours très graves pour la collectivité, l’individu et ses proches. Dieu sait pourtant que je déteste les assurances et leur esprit, comme leurs méthodes à la limite de l’escroquerie.

  • C’est la position libérale classique dont l’absolue rigueur oublie que la théorie est soumise à la volonté des peuples.
    Si effectivement les agrégats sociaux sont gérés optimalement quand on applique des théories non centrées, il est parfaitement loisible d’être sub optimal dans certains domaines afin de pouvoir exprimer des préférences libres quand aux pratiques religieuses ou culturelles de ses voisins de palier.

    La position « libérale » sur l’immigration est une position « déduite de la théorie » qui fait fi du politique, c’est à dire du choix libre des peuples souverains. Que l’inquiétude identitaire soit majeure au point de précipiter ces peuples dans un anti libéralisme économique de panique est bien plus grave.

  • Le problème n’est pas de savoir s’ils sont privés de protection sociale, mais de savoir qui paye, à quelle hauteur et avec quel niveau de consentement cette protection.

  • Le problème des assurances privées, si on regarde ce qui se passe pour les assurances auto, c’est qu’on est exclu dès qu’il y a « trop de risques »… En gros, les assureurs ne gardent que ceux qui leur rapportent de l’argent (logique pour des entreprises). Que feront-ils quand on sera diagnostiqué pour un cancer?
    Si on extrapole leur comportement actuel dans d’autres domaines que la santé, ce n’est guère engageant…

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