Le cerveau archaïque des politiques

Les politiques sont incapables de penser l’avenir. La structure mentale de leur cerveau les en empêche.

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Le cerveau archaïque des politiques

Publié le 26 novembre 2014
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Par Nicolas Nilsen.

Hollande dinosaure RLH

Écrire sur la politique est devenu vraiment trop éprouvant. Tant à gauche qu’à droite, les hommes politiques s’avèrent tous désespérément incapables d’inventer un avenir différent de ce à quoi ils ont été habitués depuis des décennies. Enfermés dans des structures mentales d’un autre âge, ils sont dans l’incapacité d’imaginer autre chose que ce qu’ils ont toujours connu : l’alternance désespérante soit de ronds de gauche, soit de carrés de droite, mais toujours enfermés dans la même grille qui a fait faillite.

illusion-optique-crédits-david-whyte

L’indispensable reconfiguration des structures – politiques, institutionnelles, sociales, démocratiques ou numériques – est carrément hors de portée de leurs cerveaux formatés par des idéologies datant du XIXe siècle ou déformés par l’ENA. Ils sont en fait incapables de penser « en dehors de la boîte » – de leur petite boîte crânienne étriquée, verrouillée et impuissante à concevoir autre chose que l’existant et le répétitif. Et donc je ne vais même pas essayer d’expliquer avec des mots (ils ne comprendraient pas) mais avec des images qui disent plus que mille mots…

L’image du dessous, c’est ce qu’ils tolèrent à peine : une fois tous les cinq ans environ, lors de scrutins qu’ils redoutent comme la peste, ils ont un petit tressaillement existentiel : des élections s’annoncent, les lignes Maginot qu’ils ont construites risquent de bouger et ils ont une peur panique. Et puis les gens votent, les lignes traditionnelles se remettent en place. Ils poussent un grand ouf de soulagement : tout se stabilise à nouveau et ils peuvent continuer leur petit train-train habituel. Le vent du boulet électoral est passé. Ils sont assurés de leurs petits fours pendant au moins quatre ans.

illusion-optique-a-crédits-david-whyte

Vous avez aussi une autre représentation de ce à quoi ils veulent bien se prêter : juste changer quelques têtes. Untel remplace untel, tu me remplaces ici et je te remplace là, on se tient tous par la barbichette et l’électeur n’y verra que du feu. On fait des remaniements ministériels qui ne sont qu’un jeu de chaises musicales, on donne l’illusion du changement et, hop, on peut continuer à danser en rond jusqu’aux prochaines élections, avant lesquelles on changera sans doute encore quelques têtes pour donner encore l’illusion d’un changement fort ! Et ils s’étonnent que les Français en aient carrément par-dessus la tête de ces petits jeux stériles.

illusion-optique-b-crédits-david-whyte

Incapables de concevoir des structures dynamiques différentes

Ces « représentations mentales » qui font sauter les configurations classiques et exploser le cerveau comme les marrons chauds en hiver – paf ! – fonctionnent évidemment dans bien d’autres domaines que la politique. Celui du web en particulier. Je lisais ce matin un article passionnant d’Amaelle Guiton intitulé « L’Internet et le politique, en un (vieux) schéma » où sont présentés les trois schémas ci-dessous que je trouve tout simplement lumineux. Si nos politiciens pouvaient comprendre enfin la différence entre la configuration (A) dans laquelle ils sont mentalement enfermés, la (B) qui serait déjà un progrès, et surtout la (C), on aurait évidemment fait un immense bond en avant. Je vous laisse les regarder attentivement…

decentralisation crédits Paul Baran

Et tenez, pour que ce soit encore plus clair, je vous recopie carrément ci-après ce qu’en dit Amaelle Guiton dans son article :

Ce schéma est de la main de l’ingénieur américain Paul Baran, qui a rejoint en 1959 la RAND Corporation, un think tank californien originellement créé à la fin des années quarante pour conseiller les forces armées américaines. Au sein de la RAND, Baran a travaillé à concevoir un système de communication capable de résister à une attaque nucléaire. Ces travaux ont donné lieu à la parution, en 1964, d’une série de rapports intitulée On Distributed Communications. Ce schéma est tiré du premier de la série Introduction to Distributed Communications Networks.

C’est à la fois clair, d’une absolue simplicité, et incroyablement évocateur. Ce que propose Baran – de manière très audacieuse pour l’époque – c’est une infrastructure de communication sans centre névralgique, sans « point unique de défaillance » (single point of failure), et dont le maillage assure la résilience : même si l’un des points du réseau disparaît, l’information continue à circuler entre les autres. Mais on peut aussi, évidemment, voir dans cette structure distribuée une « forme politique » – l’effacement des points d’entrée, des gatekeepers, au profit de liens égalitaires entre les nœuds du réseau.

Voilà, maintenant si vous écoutez des politiques parler à la radio ou à la télévision, demandez-vous quelle est la configuration exacte de leur cerveau (A), (B) ou (C) ! Et faites comme moi : éteignez le poste immédiatement. Ils n’en valent pas la peine.

Sources et liens connexes :

Source des animations : © David Whyte


Sur le web

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  • Attention tout de meme. La on parle de circulation de l’information sur les trois derniers schémas. Or il s’agit de mrise de décision. Or dans le dernier schéma c’est l’anarchie qui guette non ?

    • Oui, mais l’anarchie n’est pas si dangereuse que ça!
      1. L’anarchie fait peur à l’homme parce qu’il ne peut pas exercer de contrôle.
      L’internet qui est issu de ces réflexions tourne bien avec un gouvernement minimum.

      2. L’autre aspect de l’anarchie est que chacun est responsable de ses actes, alors que dans les autre systèmes la responsabilité est reporté à l’étage au-dessus, voire tout en haut.
      Ce sont typiquement des choix de sociétés.
      L’anarchie ne vaincra pas, parce qu’il faudrait que chacun prenne ses responsabilités pleines et entières. Et ça, c’est pas gagné. Je le vois tous les jours. Pour un qui prend ses responsabilités, il y en 100 qui ne la prennent pas et reportent les fautes sur les autres.

      • Mmm encore un mélange communication et decision la ?
        Internet est ce qu’il ai car ill y a des décisions plus ou moins centralisées sur les pritocoles, les standard,…
        En fait la prise de responsabilité dans un système anarchique n’existe plus puisque chacun devient responsable de ses actes et uniquement des siens. A terme rien n’avance et le développement se fait a vitesse réduite.

        Et si dans le cas C on parle de décision malgré tout, ca veut dire quoi ? Chacun vote pour son idée de direction a prendre… Et après ?

        • « En fait la prise de responsabilité dans un système anarchique n’existe plus puisque chacun devient responsable de ses actes et uniquement des siens. A terme rien n’avance et le développement se fait a vitesse réduite. »

          Seulement si vous définissez « vitesse réduite » par « personne ne peut plus écraser personne de son autorité ». Figurez-vous que certains d’entre nous souhaitent justement en arriver là.

        • Arrès, c’est une question de responsabilité, d’engagement et d’évaluation des résultats. S’il n’y a que des « idées », l’échec est certain quelle que soit la structure (il y a infiniment plus de mauvaises idées que de bonnes dans ce monde).

          Je pense de plus que la responsabilité doit être consentie : chacun propose et s’engage sur ce qu’il a envie de faire et se sent capable de faire. La structure hiérarchique revient à imposer les responsabilités et limite fortement les choix : chacun de peut déléguer qu’à un nombre très restreint de subordonnés. Les relations transverses sont « hors système » et la voie hiérarchique trop lourde.

          Si l’économie de marché est plus efficace que l’économie centralisé malgré son apparence anarchique, on peut effectivement se demander si l’état ne devrait pas fonctionner de la même façon.

        • L’Histoire nous a montré que c’est bien un système planifié centralisé qui conduit à l’esclavage ou à l’échafaud. Quel que soit le pays, l’ethnie, la date …
          C’est la liberté qui permet à chacun de donner le meilleur de lui même.

    • Ca n’est pas l’anarchie, mais la bonne subsidiarité. Le coût (nombre d’intermédiaires) pour un noeud éloigné de se mêler des affaires locales est tel qu’il ne le fait que si le besoin est réel. Mais quand ce besoin est justifié, il est impossible à un petit roitelet de s’interposer de son seul chef.

      • Tout a fait.. D’ou la difficulté d’etablir un schéma parfait… En fonctionndes décisions a prendre et des responsabilités qui vont avec l’un ou l’autre schéma semble plus ou moins adapté.

    • Pas du tout. Des entreprises ont mis en place ce modèle pour que la prise de décision soit la plus proche possible du terrain, et cela fonctionne extrêmement bien (largement mieux d’ailleurs que les entreprises pyramidales classiques). Une saine lecture : Liberté & Cie d’Isaac Getz.

    • L’anarchie est l’apogée de la civilisation, la liberté totale mais , contre partie pour etre vivable, le respect totale de l’autre ; L’humanité a encore beaucoup de chemin a faire pour vivre en anarchie: des millénaires n’y suffiront pas

  • Merci pour cet excellent (et court) article. Je suis 100% d’accord et j’ajouterais qu’il y a un domaine auquel leur (in)culture générale ferai bien de s’intéresser : le management. C’est-à-dire les stratégies de gestion du changement, ce qui motive les gens (la liberté notamment), le leadership. Mais bon, comme de toute façon ils attendent d’être pendus au bout d’une pique pour se poser des questions…

  • Plutôt que d’être archaïque, leur cerveau est surtout très doué en calculs. Il faut bien leur reconnaître un don extraordinaire pour magouiller, calculer politiquement, louvoyer, mentir etc dans le but d’obtenir ou de garder le pouvoir. Ils sont t loin d’être nuls dans cet exercice.
    N’oublions pas que leur seul but, c’est le pouvoir. Alors passer pour archaïque, si ca permet d’être au pouvoir, c’est un moindre mal pour eux.

    • Exact, et malheureusement en France on confond petits calculs et intelligence. Mais bon, indéniablement leurs petits calculs minables les mènent à leurs fins…

      • Et la fin, justifie les moyens (les nôtres)

        Faisons un petit arrêt image:

        Nous payons ces t… du c…. Pour nous foutre la misère. Il n’y a aucun moyen de se débarrasser de cette vermine.

        L’élu grassouillet va bientôt devoir raser les murs. Je vous le dis !!!

      • « Leurs fins justifient l’appropriation de vos moyens » Ayn Rand.

  • Je ne pense pas que les hommes politiques est un « cerveau reptilien » en mode binaire…
    Je pense par contre qu’il ont un Ego surdimensionné qui leur fait croire qu’ils sont supérieurs au commun des mortels. Et donc qu’ils sont les seuls à pouvoir prendre les bonnes décisions…
    D’où un système totalement centralisé !!!

    Le système décentralisé, c’est déjà reconnaitre que d’autres sont aussi « bons » qu’eux… Et cela les horripile fortement… Et en plus c’est lâcher une partie de leur pouvoir !!!

    Alors un système distribué – coopératif… C’est leur mort assurée à ces gens là !!! Surtout pas … Vous n’imaginez pas qu’ils vont accepter de reconnaitre qu’ils sont « normaux », comme le peuple… et perdre tous leurs pouvoirs !!!

  • Article qui relève que le seul coté négatif des politiques. On peut quand même reconnaître aux politiques qu’ils défendent à merveille le système qui les nourrit. S’ils sont cons, qu’est-ce qu’on est ?

  • Les trois derniers schéma sont intéressants, surtout le 3ème qui est la structure géopolitique des USA, la métaphore de sa décentralisation économique synonyme de tant de centres de décisions et de richesses. Mais il ne faut pas non plus oublier que la création biologique répond à la logique du nombre d’or, qui voit les structures naturelles et sociales se développer ainsi : taper « structures du nombre d’or » dans Google image.

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